The Cape

Scénario : Jason Ciaramella
Dessin : Zach Howard
Couleurs : Nelson Dániel

Date de parution : 2013
Éditeur : Milady

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The Cape c’est l’occasion de renouer avec ses jeux d’enfance, ses fantasmes de super-héros… et de saupoudrer tout ça d’une touche de violence et de mal-être.

En gros, le personnage principal, Eric, paumé et mal dans sa peau, remet la main sur la cape de son enfance. Cette cape avec laquelle il avait fait le saut de l’ange depuis un arbre pour s’écraser au sol. Seulement, cette fois, la cape lui permet de voler. Un Kick-Ass, un Defendor ou un Peter Parker dans sa période pré-Spider-man se serait dit "Chouette, j’vais pouvoir être un super-héros, me la jouer à la Superman itou itou".

Et bien Eric non. Monsieur Eric préfère se la jouer vilain à défaut de super. Et décide de se venger. Et grâce à ça, cet angle sombre, The Cape prend une ampleur fort agréable. C’est vrai, les boy scouts y en a marre, place aux dépressifs et aux désaxés. Aucun remords, aucune tergiversation. De la vengeance et du sang.
En ce sens, le profil du personnage principal n’est pas sans rappeler Chronicle ou The Prodigies. Bref, toutes ces œuvres ou les "super-pouvoirs" sont mis au service du mal-être humain.

The Cape ce n’est pas seulement une histoire aux p’tits oignons (rouges), c’est aussi un super dessin, de supers couleurs et un découpage par chapitres introduits par de supers citations (sauf celle d’Isaac Newton, Fg = G m1 m2 / r², qui bizarrement ne me parle pas trop).
Au milieu de tous ces supers, mais sans héros, des points noirs. Littéralement. Chaque zone d’ombre, plus sombre du dessin est recouverte de points noirs. Ca donne une touche kitsch, qui parasite légèrement la lecture de la BD.

De même, un autre point noir, au figuré cette fois, concernant l’histoire. Le récit est entrecoupé de flash-backs (à moins que ce ne soit l’inverse), et cela n’aurait pas été gênant si la BD n’était aussi courte. Dommage, car arrivé à la fin on commence à peine à s’échauffer. On pourra toujours dire que c’est à l’image de l’intensité de la rage d’Eric, mais n’empêche que je me suis senti floué (on me dira qu’étant l’adaptation d’une nouvelle, il y avait peu de chances d’en faire 18 tomes… j’m’en fiche).

Bien évidemment, merci à Babelio pour son opération Masse Critique.

PS : Toutes mes excuses à Tix qui, j’espère, n’aura pas à rajouter cette BD dans sa wish-list.


Tout seul

Auteur : Christophe Chabouté

Date de parution : 2008
Éditeur : Vents d’Ouest

Résumé : Un phare au milieu de nulle part, habité par un homme que nul n’a jamais vu, pas même les marins chargés du ravitaillement. La solitude depuis toujours. Comment fait-il donc pour la supporter, de quoi est donc faite sa vie ? Que lui reste-t-il donc en plus de son imagination ? (Source : Bedetheque.com)

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Des fois, un petit juron vaut mieux qu’une longue critique. Après avoir fini, à regret, il n’y a que "Bordel de merde…" qui vient (bon, et puis après, on a envie d’en parler quand même, on ne se refait pas).

Tout seul, c’est l’histoire d’un homme (cousin éloigné de Quasimodo et d’Elephant Man), qui vit seul, a toujours vécu seul d’ailleurs, dans un phare au large des côtes. Aucun contact avec la terme ferme et ses habitants. Bref, vous l’avez compris Tout seul parle de solitude. Le gars pêche, mais comme ça ne nourrit pas son homme, celui-ci est ravitaillé par un pêcheur. Le Drive avant l’heure.

Tout seul vaut le détour. Et pas que pour son histoire.

Par son dessin, noir et blanc, à la fois sobre et détaillé, magnifique (Tout Seul Chabouté dans Google Images, ça fera déjà un bon aperçu). Sa construction aussi, on passe de la vie de cet homme aux pêcheurs venant le ravitailler, dont un qui débute et que cet homme seul intrigue, jusqu’à l’activité favorite de l’ermite. La BD est imposante (370 pages) mais jamais l’ennui ne s’invite.

Et cette activité est assez extraordinaire, une véritable ode à l’imagination. Dans le phare, un "Boom" retentit, un dictionnaire tombe sur la table. Au pif, un doigt est mis sur un mot et c’est parti pour imaginer ce que représente ce mot. Ces épisodes imaginaires sont magiques, drôles et parfois (car les mots aussi peuvent être méchants) terriblement cruels.

Très, très peu de texte, place à la force des images et de l’histoire. Quelle oeuvre mes aïeux !


Le Meilleur des mondes

Auteur : Aldous Huxley

Date de parution : 2002
Éditeur : Pocket

4e de couverture : Les expérimentations sur l’embryon, l’usage généralisé de la drogue. Ces questions d’actualité ont été résolues dans l’Etat mondiale totalitaire, imaginé par Aldous Huxley en 1932.

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Comment tomber dans le piège du "classique" en 1 leçon…

Le livre m’étant littéralement mis entre les mains, j’ai enfin pu commencer Le meilleur des mondes. Grande réputation,  souvent cité au même niveau que 1984, j’en attendais d’autant plus que j’emporterais 1984 sur une île déserte (cf Babelio).

Mais la rencontre a très mal commencé. Le début est trèèèès laborieux, plein de descriptions techniques, de personnages arides et peu (pas) intéressants. Mais bon. C’est un classique et puis je vais toujours jusqu’à la fin.

Heureusement, le Sauvage apparaît, personnage extérieur à cette société quelque peu spéciale, mais aussi fascinante que dérangeante. Petite note d’espoir, le personnage est intéressant, le point de vue neuf, bref il se passe quelque chose.

Et…. le soufflet retombe. Ça se remet à tourner en rond, les personnages autour du Sauvage redeviennent peu intéressants. Et j’arrive à la fin avec grand soulagement.

Vous l’aurez compris, je suis complètement passé à côté. Lu sur quelques pages, reposé pour plusieurs jours, repris pour quelques pages, reposé pour plusieurs jours,… L’immersion a été quasi-nulle.

La facette dystopie est très intéressante, aucun souci là-dessus. Comme tout livre du genre elle invite à la réflexion (sexualité, bonheur, drogue, stabilité sociale, tout y passe), a son originalité qui la distingue nettement d’un 1984. Là, chapeau. Mais sur tout le reste,… le scénario est décousu, les personnages j’en ai déjà parlé et le style m’a laissé de marbre. Le fond est riche mais la forme rebutante.

Ça ne peut pas fonctionner à chaque fois. D’autant plus dommage,  que je voulais vraiment l’aimer celui-là.


L’homme qui n’aimait pas les armes à feu. T1 & T2

Scénario : Wilfrid Lupano
Dessin : Paul Salomone
Couleurs : Lorenzo Pieri (T1) – Simon Champelovier (T2)

Date de parution : 2011 (T1) – 2013 (T2)
Éditeur : Delcourt (of course)

Résumé : Début du XXe siècle, Arizona… Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d’affaires, escorté de son acolyte, l’effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert en quête d’un mystérieux papier qui pourrait changer à jamais le cours de l’histoire des États-Unis d’Amérique. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s’associe à une bande de Mexicains sans foi ni loi… Et ils seront sans pitié ! (Source : Bedetheque)

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Je ferai du 2 (tomes) en 1 (critique) ce coup-ci. D’autant que j’ai lu les 2 tomes d’affilée.

De la bonne BD-Western, mais bien au-delà des traditionnels éléments du genre.

L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu (mais s’en sert quand même beaucoup) met en scène une galerie de personnages très divers et hauts en couleur. Nous croisons ainsi l’avocat anglais très précieux et élégant, son acolyte (et client) danois à l’allure de Néandertalien ne pouvant s’exprimer que par borborygmes vocaux, une femme fatale, un jeune bagagiste abruti transi d’amour (je vous laisse deviner pour qui), le chef des brigands mexicains, le vieil indien,…

Pour lier tout ce petit monde, la quête du profit, la vengeance, l’amour et la volonté de faire date dans l’Histoire. Car l’Histoire prend sa place, petit à petit et plus particulièrement dans le deuxième tome où des secrets sont révélés… (mon dieu, quel art du suspense…)

Mais ma critique serait incomplète si j’oubliais de mentionner l’humour de la saga. Car il s’agit bien de western humoristique. A travers personnages et dialogues notamment. La situation est drôle en soi… par ses personnages.

Le solidité scénaristique de Wilfrid Lupano frappe encore puisque les éléments s’imbriquent petit à petit, avec brio et donnant les indices au compte-goutte. Qui connaît qui ? Quelles sont leurs motivations ? Flash-backs sont bien sûr de la partie et une fois de plus personnages sont pourvus d’une vraie profondeur psychologique (oui, même le Néandertalien danois). Sur ce point, le deuxième tome est particulièrement prolixe, de (très) longs flash-backs permettent de couper la poursuite qui a lieu.

Le dessin est précis, très agréable et particulièrement bien colorisé, qu’on soit dans des teintes vives ou plus feutrées. Il s’avère que le coloriste a changé entre les deux tomes. Je n’y ai vu que du feu (si besoin était de prouver mon amateurisme en matière de BD).

Une saga endiablée, vive, drôle, pleine d’action et de cow-boys d’un nouveau genre. C’est très sympathique à défaut d’être inoubliable.


La page blanche

Scénariste : Boulet
Illustrateur : Pénélope Bagieu

Date de parution : 2012
Éditeur : Delcourt

Résumé : Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni son nom ni ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de retrouver la mémoire et son identité. (Source : Bedetheque)

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La page blanche. Un titre parfait pour une excellente BD.

La page blanche c’est cette jeune femme que l’on découvre en même temps qu’elle. "Réveil" sur un banc, totalement amnésique et les premières questions ? Qu’est-ce que je fais là ? Où est-ce que j’habite ? Qui suis-je ?… Car bizarrement, les informations manquantes sont seulement celles la concernant.

Et toute la BD continue sur cette quête d’identité. Qui suis-je ? Qui étais-je ? Qui était-elle ? Le questionnement est particulièrement intéressant d’ailleurs. Si l’on oublie tout ce qui nous concerne, est-on encore la même personne ? L’identité est-ce seulement un amas de souvenirs ? (et je m’arrête là, ça commence à me rappeler mon mémoire).

La BD retrace particulièrement bien cette quête d’identité tout en abordant l’adaptation à cette "nouvelle" vie. Fréquenter des personnes qu’on ne fréquentait pas avant, ne plus aimer son shampoing, bref remplacer celle qui squattait le même corps. En plus du scénario bien ficelé, le dessin de Pénélope Bagieu apporte une simplicité salvatrice pour un thème qui aurait vite fait de devenir un brin trop sérieux.

Car oui, La page blanche c’est aussi de l’humour. Toutes les situations imaginées (mais aussi les vécues) par le personnage principale sont d’ailleurs assez savoureuses. Que va-t-elle trouver en ouvrant la porte de son appartement ? Allez, c’est parti pour plusieurs tours d’imagination. Bref, l’occasion de montrer qu’on peut sérieusement traiter un sujet avec humour.

Le sujet est béton, le scénario bien fait (on ne perd pas trop de temps sur les examens médicaux et le pourquoi de la chose, le suspense est savamment entretenu jusqu’à la révélation finale, juste parfaite). Bref une lecture rafraîchissante et très agréable.


L’homme de l’année. T4, 1967

Scénario : Wilfrid Lupano
Dessin : Gaël Séjourné
Couleurs : Jean Verney

Date de parution : 2013
Éditeur : Delcourt

Résumé : Octobre 1967, la tentative d’insurrection armée en Bolivie échoue. Che Guevara est blessé, capturé, et enfermé dans l’école de La Higuera, un petit village de montagne. Il y passe 18 heures, avant d’être exécuté sur ordre des autorités boliviennes et de la CIA. Ce jour-là, un jeune soldat prénommé Mario a regardé la Révolution droit dans les yeux et l’a abattue d’une rafale de mitraillette. (Source : Bedetheque)

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Tome 4 de la saga "L’homme de l’année". Le concept est sympa : zoom sur un homme durant un contexte particulier (tome 1, 1917 – le soldat inconnu, tome 2, 1431 – l’homme qui trahit Jeanne d’Arc, tome 3, 1815 – l’homme qui hurla Merde à Waterloo)

Pour ce tome, lumière est faite sur le soldat qui exécuta Che Guevara en 1967.

Je reste assez mitigé. Toute l’histoire offre une absence totale de suspense (bon, on ne se demande pas si le Che va réussir à s’en sortir évidemment), et c’est sans doute ce qui m’a le plus déçu. On est dans une reconstitution historique certes (même si l’histoire est à prendre avec des pincettes, mais ça Wilfrid Lupano l’explique parfaitement à la fin de l’histoire) mais ça ne fait pas tout.

En gros, le Che est attrapé dès le début. Les gradés se succèdent au village où le régiment s’est arrêté, on demande un volontaire pour l’exécution. Bon. Le Che a une très rapide discussion avec l’instit’ du village, et voilà. On en apprend finalement assez peu sur le soldat, et sur chaque personnage en général. L’ensemble manque de  développement et ce point m’a laissé une impression de vide. Je ne suis pas spécialement en recherche d’action, mais même la réflexion semble avoir décidé de ne pas être de la fête.

Tout au plus, me souviendrai-je de la fin et du paradoxe qu’elle révèle (l’homme est soigné grâce à l’héritage politique qu’a laissé le Che). Là non plus ce n’est pas un coup de tonnerre dans le récit mais l’ex-soldat aura une phrase qui résumé parfaitement l’ouvrage.

"Il n’empêche qu’en acceptant de tuer cet homme, j’ai commis un grand péché, un très grand péché
- Tu aurais refusé, ça n’aurait rien changé. Un autre l’aurait fait, ça ne l’aurait pas sauvé. Rien ne pouvait le sauver.
- En refusant, ce n’est pas Che Guevara que j’aurais sauvé. C’est moi. Lui, il vit pour toujours. C’est moi que j’ai tué ce jour-là"

Voilà, assez déçu au final.


La stratégie Ender

Réalisateur : Gavin Hood

Acteurs : Asa Butterfield, Abigail Breslin, Harrison Ford, Hailee Steinfeld, Ben Kingsley, Aramis Knight, Viola Davis,…

Synopsis : Dans un futur proche, une espèce extraterrestre hostile, les Doryphores, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu.
Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les meilleurs jeunes esprits pour former des officiers émérites et découvrir dans leurs rangs celui qui pourra contrer la prochaine attaque.

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La Stratégie Ender est le premier film qui passe dans la ville où j’habite, premier film parmi ceux que j’aurais voulu voir (Il était temps, Inside Llewyn Davis, Cartel). Autant dire que j’y allais avec impatience.

Seul dans la salle, salle minuscule, même le dernier rang est collé à l’écran, fauteuil qui fait bien mal au dos, pas grave, j’ai vraiment envie de passer un bon moment. J’ai presque décidé que j’aimais déjà le film et que de toute façon la critique serait bonne.

Générique de fin. Et là, problème. Je ne sais pas quoi penser de La stratégie Ender.

Le problème c’est que le film va très vite sur beaucoup de choses, taillant son chemin à la débroussailleuse. Même Harrison Ford m’a laissé de marbre, de même que le gamin jouant Ender. J’hésitais perpétuellement entre l’attachement et l’exaspération. Bonne bouille, bonnes réactions, mais trop de perfection.

Contexte général : L’Humanité est sortie exsangue de la guerre contre les Doryphores (oui, c’est le nom des méchants Aliens. Sans doute venus sur Terre pour ses pommes de Terre). Et n’a trouvé comme défense que d’entraîner les enfants les plus intelligents pour préparer la prochaine guerre.

Le concept de l’enfant-soldat 2.0 est intéressant. Leur contexte d’entraînement, où chaque marmot et chaque ado est en compétition avec les autres tout en évoluant au sein d’une équipe, où la pression est quotidienne, tout ça est très bien. Le sergent-instructeur qui leur gueule dessus en revanche ça l’est beaucoup moins. Sérieux, on en est encore à recycler du Full Metal Jacket à la sauce Gravity ?! L’adolescent chef d’équipe (petit de taille évidemment, quitte à être dans le cliché) qui prend en grippe le nouveau, ça aussi c’est d’une originalité folle. Le colonel qui ne voit dans ses enfants que des soldats et qui s’oppose au major qui, elle, est dans une approche plus humaine, ça aussi c’est top…

Je ne saurais l’expliquer mais certaines choses sonnent faux, artificiel. La VF n’aide pas du tout ceci dit. D’un autre côté, il y a beaucoup de choses intéressantes, mais c’est comme si le film ne pouvait que gratter la surface d’une histoire beaucoup plus complexe. Le film suit toute la formation d’Ender, c’est un processus qui prend du temps et pourtant le film va à toute vitesse.
En revanche, j’applaudis la fin. Là, je ne l’avais pas vue venir.

Les effets spéciaux sont excellents, les costumes aussi (bon, tout est très neuf, très beau, toussa toussa) et le rythme agréablement spécial. Car La stratégie Ender c’est avant tout la formation du héros, en école militaire certes mais même si les situations qui se présentent sont assez convenues, les réactions d’Ender sont intéressantes. Cette formation dure d’ailleurs… ben tout le film.

Je ne critiquerai pas le côté Matrix (pas pour les lunettes noires ou les ralentis mais sur le côté "élu"). Après tout, on commence à être bien habitué au fait qu’un seul humain sur des milliards peut sauver ses copains. Comme de par hasard !

Bref, ce film m’énerve. Il y a d’excellentes choses, d’autres potentiellement excellentes et certaines beaucoup moins. Je ne cesse de lire que le film ne fait pas honneur à la complexité du livre. A rajouter dans la liste des bouquins à lire donc.

Edit en mode "quelques jours après" : Bon, ben… pas de souvenirs impérissables. Bon quand même mais avec toujours la petite voix qui dit "oui, c’était bien, m’enfin bon… voilà quoi, on s’comprend hein ?"

Edit bis : Pis c’est pas la critique qui est longue, c’est la colonne qui est petite :)

 


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