Ce qu’il advint du sauvage blanc

Auteur : François Garde

Sortie : 2013
Éditeur : Gallimard (Folio)

4e de couverture : Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d’Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l’a recueilli. Il a perdu l’usage de la langue française et oublié son nom.
Que s’est-il passé pendant ces dix-sept années ? C’est l’énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l’homme providentiel qui prend sous son aile à Sydney celui qu’on surnomme désormais le « sauvage blanc ».

Choisi pour l’opération Masse Critique de Babelio (que je remercie une fois de plus) grâce à son scénario Robin Crusoé/L’Enfant Sauvage, plus la curiosité de lire un Goncourt (même du premier roman), j’ai déchanté sur les premières pages. Extrêmement classique, j’ai très vite eu peur de m’ennuyer.

Le classicisme du style est cohérent avec l’histoire qui se déroule au XIXe siècle, et la moitié du livre est d’ailleurs écrite à la première personne par un scientifique. Ça se comprend donc. Et au final, ça s’apprécie aussi. Tout en donnant l’impression d’un livre terriblement sage, la raie sur le côté et les chaussettes remontées jusqu’aux genoux.

La construction est aussi très basique avec une alternance de points de vue.
D’abord, les débuts du naufragé et de son acclimatation à la vie indigène. Écrit à la troisième personne, parlant du naufragé par un « Il » très impersonnel puis par son prénom au bout d’un certain temps. Pas super folichon, et surtout très lassant passé quelques chapitres. D’autant plus quand on s’aperçoit que la situation et le personnage n’évoluent pas. Ah si, sur les derniers chapitres. Pour tout dire, j’attendais toujours avec impatience le chapitre suivant. Le souci, c’est que le personnage est très passif et ne fait qu’observer sans réfléchir. Que Robinson Crusoé m’a manqué…

Ensuite, les lettres rédigées par le scientifique bon samaritain qui s’occupe du naufragé. Pour moi, les chapitres les plus intéressants. D’abord, parce que contrairement aux autres, ceux-ci introduisent autant de réflexion que de factuel. C’est parfois assez artificiel, surtout quand l’auteur résume sa dernière rencontre avec le destinataire des lettres « Vous m’avez dit que…, puis vous avez fait telle chose… » Super. Sur la fin du livre, le procédé s’essouffle.

Non, je rectifie, l’histoire s’essouffle. Un peu la saison de trop pour les sérivores. Le scientifique a tiré tout ce qu’il a pu du sauvage blanc (c’est-à-dire peanuts), chacun fait sa vie ou ce qu’il en reste et il y a comme un léger flottement. Dommage de finir là-dessus. Inspiré d’une histoire vraie n’excuse pas tout non plus.

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