Crimson Peak

Réalisateur : Guillermo Del Toro

Acteurs : Jessica Chastain, Tom Hiddleston, Mia Wasichowska

Synopsis : Après avoir succombé aux charmes d’un bel inconnu, une jeune femme se retrouve dans une étrange maison au faîte d’une montagne d’argile rouge sang (Source : Senscritique)


Guillermo Del Toro représente, normalement, tout ce que j’aime chez un réalisateur : la création d’un univers particulier et reconnaissable, un talent dans les ambiances, un goût prononcé pour le fantastique/S-F,… et pourtant j’ai du mal avec ce réalisateur. Si, j’ai bien aimé Pacific Rim.

Et il y a eu Crimson Peak. Qui n’a rien changé et qui s’inscrit finalement dans ce que j’ai dit précédemment.

Crimson Peak a une esthétique irréprochable (surtout à partir du moment où les personnages arrivent à la fameuse maison), Guillermo Del Toro est fidèle à lui-même et n’a pas lésiné sur les moyens.
Toujours dans la lignée Deltoroienne (Del Torienne ?), les créatures sont très réussies, quoiqu’un peu trop uniformes et lisses niveau couleur/texture pour certaines peut-être (oui, c’est du chipotage). Vous l’aurez compris, niveau technique, Crimson Peak est quasi-parfait.
Comme attendu, le casting Wasikoswka-Hiddleston-Chastain est toujours plein de talent, particulièrement pour les deux premiers. Pas que  Jessica Chastain démérite mais ça doit être la première fois que je la vois avec une autre couleur de cheveux que roux et ça m’a tout chamboulé.

Bon, au final, pourquoi est-ce que Crimson Peak n’a pas été LE film qui m’a fait changé d’avis sur Guillermo Del Toro ?

Le scénario et le rythme (et la musique aussi un p’tit peu)

Le scénario est inégal, pas subtil pour deux sous ; le début est convenu et pas super folichon, l’arrivée à la Maison est sympa… puis les choses font pschiit. Resituons le cadre : une maison jolie mais flippante et dans un sale état, une jeune femme qui erre dans les couloirs la nuit et se fait des frayeurs. Pas très original certes et ce qui aurait pu l’être n’est pas, à mon sens, suffisamment mis en valeur.
L’intrigue, contrairement à ce que laisse présager la bande-annonce, n’est pas axée sur un affrontement humains vs fantômes/monstres/maison hantée (ce n’est pas un reproche, loin de là) mais plutôt sur une sorte de conte gothique. Dit comme ça, ça fait envie mais dans les faits l’histoire est finalement assez pauvre, mal mise en valeur et avec de gros problèmes de rythme.

La dernière partie du film est complètement différente ceci dit ; rythmée, forte, violente, esthétiquement parfaite. Dommage qu’elle arrive aussi tard car elle laissait à voir toute l’intensité qui manquait au film.

Bref. Crimson Peak est un beau film. Et c’est déjà pas mal.

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Penny Dreadful

Créateur : John Logan
Acteurs : Eva Green, Josh Hartnett, Timothy Dalton, Hary Treadaway, Billie Piper, Reeve Carney, Rory Kinnear,…

Statut : en cours
Nombre de saisons : 1 (10 épisodes)

Résumé : Londres, 1891, une jeune femme aux pouvoirs puissants, un explorateur et un bandit américain, s’unissent pour lutter contre des menaces surnaturelles. (Source : Senscritique)


Penny Dreadful, c’est la petite série fantastico-horrifique de l’été à l’esthétique prononcé dont le résumé sonne comme La ligue des Gentlemen Extraordinaires mais qui s’avère bien moins catastrophique.

C’est aussi dans l’ordre : une promesse, une déconvenue saupoudrée de perplexité et enfin du contentement.

Je m’explique.

Penny Dreadful s’annonce a priori simple : Monsieur Murray cherche sa fille, il est aidé de Miss Ives, et le duo est bientôt rejoint par Ethan Chandler, tireur d’élite dans les foires, et Victor Frankenstein (oui, LE Frankenstein).

La quête principale est finalement très monotone : de lieu en lieu, le groupe cherche, ne trouve pas, continue. La « fin » de la quête est elle aussi assez décevante, il me semble même m’être entendu dire « Tout ça pour ça ? ».
Les intrigues secondaires m’ont plus intéressé ; la romance maladive d’Ethan Chandler/Brona Croft, la présence de Dorian Gray (oui, LE Dorian Gray) dont on contemple d’ailleurs plus d’une fois l’anatomie.
Ce personnage qui m’a paru assez inutile de prime abord a fini par trouver sa place, bien que j’espère, pour la seconde saison, un rôle plus actif pour celui-ci. Mais l’intrigue qui m’a le plus accroché, c’est celle de Frankenstein et de sa créature ; magnifiques interprétations, rapports compliqués,… j’en redemande.

Penny Dreadful c’est aussi (et surtout ?) un super casting : Eva Green (époustouflante, bien qu’un brin too much parfois), Josh Hartnett (sobre et avec un personnage un peu fade mais prometteur), Timothy Dalton, Harry Treadaway (pas le plus connu mais assurément le plus maquillé),…

Et pour finir, une ambiance très bien retranscrite, très sombre, parfois sanglante, qui sonnerait presque vraie. Bref, la réalisation n’est pas affaire d’amateurs. La bande-annonce donne un très bon aperçu d’ailleurs.

Pourquoi tout ceci ne suffit-t-il pas à susciter un fort engouement ? L’intrigue, surtout. C’est bien joué, tout est très bien mais ça manque de quelque chose. De souffle, de dynamisme, de bases solides. Ça traîne trop par moments, ça manque de lien entre les personnages,…. Bref, l’empathie a un peu de mal à se faire une place dans tout ça. En espérant un mieux dans la saison 2 l’année prochaine.

Dark Skies

Réalisateur : Scott Charles Stewart

Acteurs : Keri Russell, Josh Hamilton, Dakota Goyo, Kadan Rockett, J.K. Simmons,…

Synopsis : Dans une banlieue paisible, la famille Barrett voit soudainement sa vie basculer suite à des évènements étranges qui, chaque nuit, viennent troubler la tranquillité de sa maison. Lorsque leur fils cadet évoque un mystérieux « Ogre des sables » lui rendant visite le soir, leur quotidien tourne alors au cauchemar : ils deviennent victimes d’inquiétants trous de mémoires, et de soudaines pertes de contrôle de leur corps. Ils se retrouvent alors impuissants pour affronter ce qui va se révéler être une force extra-terrestre cherchant à s’emparer de leurs enfants… (Source : Allociné)

Bande-annonce

Dark Skies ou l’impression d’avoir vu un film en mode « service minimum ».

N’en déplaise à Mr Stewart, il ne s’agit pas de prendre toutes les ficelles des films de suspense fantastique, de remplacer le fantastique par de la S-F et roule Ginette… Les E.T. sont traités comme des fantômes, et ça reflète déjà un manque certain d’imagination, en plus de manquer de punch et de crédibilité.

On passe limite plus de temps sur les soucis de la petite famille : argent, chômage, ado en crise,… que sur les méchants hommes gris. En soi, l’idée n’est pas mauvaise. Mais alors qu’est-ce que c’est emmerdant ennuyant… Et lorsque j’en arrivais à espérer que quelque chose arrive -enfin- et qu’une fois ce quelque chose passé… ben… j’espérais quelque chose de bien mieux à suivre, il y avait clairement un problème.

Autre souci pour ma part ; un casting transparent qui manquait autant de crédibilité et de dynamisme que la réalisation. C’est surtout là le problème en fait : un film qui repose sur le suspense et l’épouvante et qui manque de suspense et d’épouvante. Gênant. D’autant plus, lorsque certains personnages ne servent vraiment à rien (le copain débile de Jess, « l’expert ès aliens » ; feignasse qui préfère prendre des chats que des chiens parce que les chiens qui aboient quand les aliens approchent, ben ça l’empêche de dormir…).

C’est quand même bien dommage parce qu’en soi le film n’est pas désagréable (encore heureux). Il manque seulement de créativité, de savoir-faire, de dynamisme et de crédibilité. Mais c’est tout. L’idée d’avoir un mix de Mama et de Signes était pourtant alléchante. Mais autant Mama avait une vraie réalisation, un savoir-faire perceptible sur certains plans, autant Dark Skies semble avoir été réalisé et monté par le petit stagiaire de service.

Ah, j’allais oublier le petit « twist » merdique de la fin ! Style : « Aha, on avait disséminé des indices dans le film, mais vous n’avez rien vu venir ! » Non, non c’est juste que ça ne sert strictement à rien, ça sort de nulle part et… ça ne sert à rien.

Mamá

Réalisateur : Andrés Muschietti

Acteurs : Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Daniel Kash, Javier Botet,…

Synopsis : Deux petites filles ont disparu dans les bois le jour où leur parents ont été tués. Des années plus tard, celles-ci sont retrouvées et adoptées. Mais une certaine Mama continue de leur rendre visite… (Source : Allociné)

Bande-annonce

« Mama just killed a man,
Put a gun against his head,
Pulled my trigger now he’s dead,
Mama, life had just begun,
But now I’ve gone and thrown it all away
Mama ouhou ouhouh« 

(Désolé, j’étais obligé)

Une bonne surprise ce petit film !

À la fois très classique par les techniques utilisées (Ah, si seulement Edison avait anticipé les spectres, on aurait moins de souci. Et puis c’est bizarre ce couloir sombre même éclairé…), ordinaire sur certaines ficelles scénaristiques, Mama réussit toutefois à se démarquer.

Je prendrai les choses dans l’ordre du film.

Les petites filles (celles mentionnées dans le synopsis au-dessus, synopsis que vous avez lu bien sûr) ont maintenant disparu depuis 5 ans lorsque deux hommes trouvent la voiture accidentée. Ils la prennent donc comme point de départ en faisant renifler à leur chien une peluche d’une des filles. Le chien retrouve bien sûr la cabane où elles se sont abritées (oui, oui, le chien les retrouve à l’odeur. Cinq ans après. Sur un tapis de feuilles mortes. Et la marmotte elle met le chocolat…). A partir de là, les gamines reviennent à la civilisation. L’aînée se réadapte petit à petit alors que la plus petite semble bloquée au stade néandertalien.

Leur oncle et sa rockeuse de copine passent d’un petit appart à une grande maison (bien plus pratique pour coller les miquettes) pour diverses raisons et Mamà emménage avec la petite famille, se faisant de plus en plus présente et pressante.

L’avantage de Mamà (oui, l’accent est dans le mauvais sens, mais j’ai légèrement la flemme de le changer), c’est sa volonté (enfin je pense) de se démarquer du reste des films d’horreur/épouvante.

Dans les personnages déjà. Si c’est un couple qui recueille les enfants, monsieur est vite mis de côté et c’est madame, alias Jessica Chastain qui a troqué le roux pour le noir, qui écope du premier rôle. L’avantage de celle-ci c’est qu’elle n’a rien demandé de tout ça, préfère jouer avec son groupe que jouer la mère au foyer, et n’a pas vraiment l’instinct maternel. Si les choses changent (évidemment) au moins on n’est pas dans la blonde qui hurle quand le chat lui passe entre les jambes.
L’autre « + » c’est la présence des enfants-sauvages, leur réadaptation et leur rapport à Mamà ou à leurs nouveaux parents. Deux comportements différents en plus de ça, qui permettent deux développements intéressants.
La traditionnelle entité maléfique est aussi plus « humaine », plus maternelle que sanguinaire ce qui ne l’empêche pas d’être flippante et meurtrière à ses heures. Au moins on n’est pas dans le bête « Moi tuer humains car moi méchant fantôme ».

En revanche, mauvais point pour le personnage débile de la tante (ou grand-mère ? zut…) qui veut la garde des fillettes. Entrer par effraction de nuit pour trouver des preuves de mauvais traitement, on peut pas dire que ce soit très finaud… Mais [Attention spoiler] [vous êtes prévenus] demander à la même dame (certes de dos mais bon) qui bouge façon stop-motion en imitant le rhinocéros en rut si elle va bien, c’est pas spécialement fin non plus… Bref.

La fin, quant à elle, est plutôt satisfaisante même si on peut se demander pourquoi ça n’est pas arrivé plus tôt.
A noter aussi quelques plans plutôt sympas ,ce qui ne gâte rien.

Bref, un bon film du genre, maîtrisé, touchant même, mêlant l’amour à la peur et avec un excellent casting, fillettes en tête (pis ça fait bien plaisir de voir Jamie Lannister).

À noter qu’on ne compte plus les films du genre qui ne font aucun effort, alors quand ça change, ben ça fait plaisir.

Chroniques de Tchernobyl

Chroniques de Tchernobyl - afficheRéalisateur : Bradley Parker

Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de parution DVD : 12 novembre 2012

Synopsis : Six touristes engagent un guide touristique de l’extrême pour les mener dans la ville abandonnée de Pripyat, ancien lieu de résidence des travailleurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Au cours de leur exploration, ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls… (Source : Allociné)

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Je ne m’attendais pas au chef d’œuvre de l’année, mais avec un film d’horreur on peut tout de même s’attendre à du suspense, quelques sursauts, bref que le film remplisse son contrat (tout en essayant d’occulter le fait qu’Oren Peli participe au scénario et à la production).

Il faut dire que la ville fantôme de Pripiat est un cadre rêvé pour un film du genre. Quoi de mieux qu’une ville déserte qu’on imagine grouillante d’habitants radioactifs/cannibales/mutants/assoiffés de sang/…

Dans le rôle de la nourriture à zombie, nous avons ici quelques touristes. Les quatre qu’on suit depuis le début ; un couple, une amie du couple et un frère qui vit sur place. On ajoute à ça deux autres touristes (faut bien nourrir les mutants hein) et un guide. Ensuite, on apprend vite sur le chemin que le chemin vers Pripiat est bloquée par l’armée et qu’il faut faire demi-tour. Que nenni dit le guide, qui connaît un moyen détourné d’arriver à la ville. On sent déjà l’affaire mal engagée. Et à raison.

Tous les ingrédients du film, sans exception, sont des classiques du genre. On fait sursauter le spectateur en faisant apparaître une silhouette dans le dos des personnages, on fait du caméra à l’épaule de nuit avec des pannes de lampe torche,… et le tout en utilisant des « dialogues » écrits par le stagiaire du moment ; « Oh non, je regrette tellement cette visite ».
Ça fonctionne plus ou moins, on regrette le manque de gore, on espère plus d’utilisation du contexte géographique, plus de sursauts, mais soit, Chroniques de Tchernobyl est un film d’horreur soft, pourquoi pas. Il reste acceptable après tout.

Sauf que… la fin arrive. Et là, on se demande si le stagiaire de tout à l’heure n’a pas refilé le scénario à son neveu de cinq ans ou s’il a voulu faire payer son salaire de misère. Les fins sont globalement attendues pour le genre de l’horreur, mais là, un tel bâclage ce n’est plus un choix artistique, c’est un foutage de gueule en bonne et due forme.

Le film n’était déjà pas extraordinaire, mais la dernière impression est carrément exécrable. On peut ajouter à ça un sentiment de frustration. Le cadre offert ici regorgeait de potentialité mais filmer deux, trois immeubles abandonnées en faisant grésiller le compteur geiger ne suffit pas.

Tout n’est pas à jeter, mais un tout petit peu plus de talent n’aurait pas été de trop.

Pour terminer sur quelque chose de positif, merci à Cinetrafic et à leur opération DVDTrafic !

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