Mad Max : Fury Road

Réalisateur : George Miller

Acteurs : Charlize Theron, Tom Hardy, Nicholas Hoult,…

Synopsis : Max est capturé et fait prisonnier dans la Citadelle dirigée par Immortan Joe. C’est alors qu’il se retrouve embarqué dans une course poursuite explosive. (Source : Senscritique)


Sapristi, quel film ébouriffant.

Pardon. Je recommence.

Bordel, qu’est-ce que ce film envoie !

Univers post apocalyptique + Action + Course-poursuite + la « Mad Max touch » : Un excellent blockbuster.

Évacuons la question du scénario d’entrée. Non pas qu’il soit mauvais ou incohérent. Pas du tout. On a là un scénario dans sa plus simple expression. Un groupe de personnages allant de A vers B, de B vers A (mais sans la musique du groupe suédois),… et une course-poursuite qui constitue la majorité du film. Pourquoi s’embarrasser d’un scénario complexe et sources d’incohérences quand l’univers de Mad Max et la réalisation de George Miller se suffisent à eux-mêmes ?

Et… c’est bon. C’est décoiffant, ça scotche au siège. La musique est parfaite, l’action, même omniprésente (voire en accéléré) reste parfaitement lisible, d’une précision quasi-chirurgicale et d’un montage impressionnant. La photographie est magnifique ; les couleurs du film de jour et les couleurs de nuit sont, elles aussi, parfaites. Le casting est très bon, Charlize Theron en tête, juste, charismatique et pas caricature pour un sou, j’irais même jusqu’à dire qu’elle éclipse Tom Hardy que j’ai trouvé un peu pâlot.

Ce qui m’impressionne dans Mad Max : Fury Road c’est la cohérence de l’ensemble. Tout (et tous) respire(nt) la folie et la fureur.
Pourquoi j’ai aimé Mad Max ? Parce qu’avec ses paysages secs, désertiques, son métal cabossé, rouillé et omniprésent, ses dialogues réduits à peau de chagrin, aussi secs que ses personnages sont tarés ou déterminés,… et même dans sa grandiloquence (il suffit de voir ce véhicule-orchestre avec son guitariste suspendu en l’air jouant comme un malade)

Bref, grâce à tout ça, Mad Max est une référence à la fois dans le post-apocalyptique et l’action, un blockbuster avec une identité particulière. Un blockbuster qui change des copies interchangeables de Bay et Emmerich, grâce à qui le mot blockbuster est quasiment devenu péjoratif.

Pour le coup, je trouve que les moyens actuels donnent à Mad Max les moyens de son ambition. Mieux, George Miller prouve qu’avec un film d’action aussi ébouriffant, on peut rester dans une forme épurée et surtout avec une identité, une vision  qui font que son film ne peut tout simplement pas être réduit à une bête course-poursuite dans le désert.

Mais même Mad Max : Fury Road n’est pas exempt de défauts. Notamment, les flash-backs/hallucinations pleins d’émotion et de tension de Max qui-nous-font-bien-comprendre-à-quel-point-le-personnage-en-a-bavé. C’est mignon tout plein, pas spécialement subtil (le film en soi n’est pas subtil ceci dit) mais pas non plus vraiment utile. Pour le reste, on aime ou on aime pas le genre.

Bon, c’est pas l’tout mais à force de dire combien le film est hallucinant, dans son genre, faudrait peut-être penser à aller le voir maintenant.

Le Feu de Dieu

Auteur : Pierre Bordage

Date de parution : 2009

Résumé : Prévoyant la catastrophe, Franx a convaincu les siens de fortifier le Feu de Dieu, une ferme du Périgord, conçue pour une autonomie totale de plusieurs années. Mais le cataclysme le surprend à Paris et pour rejoindre sa famille, il entreprend une impossible odyssée, à pied dans des ténèbres perpétuelles en compagnie d’une autre survivante, une petite fille muette. Pendant ce temps, dans l’arche transformée en bunker, sa femme et leurs deux enfants se retrouvent sous la menace d’un dangereux paranoïaque qui a pris possession des lieux. (Source : Livraddict)


 

Et c’est reparti pour une autre exploration des mondes post-apocalyptiques. Cette fois, point de zombies, de virus ou de guerre nucléaire. Non, ce coup-ci, la Terre perd son magnétisme ou je-ne-sais-quoi-d’autre. En résulte une pluie de cendres perpétuelle, des températures entre -50° et -70°, des tremblements de terre,… bref c’est le bordel.

Au milieu de tout ça, une famille séparée et un psychopathe à tendance parasite.
Le père, Franx, à Paris au moment de la catastrophe et qui cherche à revenir dans l’abri qu’il a contribué à construire dans son délire survivaliste et dans le Périgord (mais comme l’a dit Desproges « Ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi »). Dans cette ferme, sa famille, enfermée avec un abruti psychopathe (oui, il est apparemment possible d’être les deux).

Structure très classique mais efficace d’alternance entre le périple du père et du huis-clos de la famille. Ça dynamise le récit, ça permet de faire des mini-cliffhangers à la fin des chapitres, c’est aussi très attendu.

Je ne cracherai pas dans la soupe, la lecture du Feu de Dieu a été très agréable, le livre malgré sa taille se lit comme du p’tit lait. Pierre Bordage a une écriture simple, claire, sans bavures. Ou presque. De temps en temps, au détour d’une phrase, on est pris en traître par une phrase du style : « Les chances de survie ne résidaient pas dans l’isolement, dans la fermeture, mais dans l’ouverture et le partage. » Vite, fermer le livre et aller vomir un peu…

D’un côté, le roman est terriblement prévisible, simpliste, voire exaspérant, cf le journal tenu par Zoé, jeune fille évidemment très mature, qui adooore s’interroger sur l’orthographe des mots et balancer des vérités profondes, ou le côté je-sais-exactement-tout-ce-qui-se-passe de Franx. De l’autre, l’ambiance post-apocalyptique est vraiment excellente, quelques traits psychologiques sont bien sentis, et la touche fantastique quoique me laissant perplexe sur son utilité, est bien amenée.

Du bon, du moins bon. Mais une sensation quand même agréable une fois le livre refermé. Pô mal.

World War Z

Réalisateur : Marc Forster

Acteurs : Brad Pitt, Mireille Enos, Daniella Kertész, James Badge Dale,…

Synopsis : Un jour comme les autres, Gerry Lane, ancien membre de l’ONU, se retrouve pris avec sa famille dans une brutale et soudaine attaque de zombies au cœur des rues de Philadelphie. Le phénomène est inexpliqué et inexplicable, mais une pandémie se répand à toute vitesse aux quatre coins de la planète. Gerry est alors chargé par ses anciens supérieurs de partir avec une équipe de militaires et de scientifiques pour trouver un antidote au plus vite. Son périple le mènera de Corée du Sud en Israël. (Source : Wikipedia)

Bande-annonce

Bonne surprise ! J’avais quand même un petit peu peur, vu le titre de série Z, et un petit peu rassuré, vu la présence de Brad Pitt, mais World War Z gère plutôt bien pour un film-catastrophe de zombies.

Sur le « Z » déjà, autrement dit, la vision du zombie (je précise, on ne sait jamais). Des morts-vivants rapides, tenaces et surtout qui la jouent collectif (la scène de la muraille de Jérusalem est excellente, quoi de mieux pour grimper une muraille que de s’empiler les uns sur les autres ?), c’est appréciable. Plusieurs autres caractéristiques montrent qu’il y a eu une vraie réflexion sur le comportement des zombies, et ça, ça fait plaisir.

Autre bon point, le personnage de Brad Pitt. La bande-annonce m’avait donné l’impression qu’il s’agissait de l’unique gars sur lequel repose l’espoir de toute l’humanité. Bon, au final, il s’avère que oui, plus ou moins, mais le gars en question est « simplement » un des meilleurs enquêteurs de l’ONU et pas un Rambo Jr. Et le bonhomme a pas trop le choix de toute façon, vu la vie de sa famille repose littéralement sur la manière dont il emploie la sienne.

À noter tout de même que si le film se veut d’un certain réalisme, le personnage principal a un petit côté Superman (comprendre indestructible) qui n’était pas du tout (mais alors pas du tout) nécessaire. Cas typique du film où la surenchère d’effets spéciaux dessert le scénario. D’un autre côté, un poil plus d’hémoglobine (et de gore donc) n’aurait pas été du luxe (après tout, on est dans un film de zombies ou on n’est pas dans un film de zombies ?). Je ne suis pas médecin, mais couper une main ça fait plus que quelques gouttes de sang. A moins que Disney n’ait été de la partie.

Autre gros avantage de World War Z, c’est le « World ». Monsieur Pitt fait le tour de la planète, et non seulement ça fait voir du paysage (sauf pour la Corée du Sud de nuit et sous la pluie) mais en plus ça apporte un vrai dynamisme au film. Ça permet également de voir comment certains pays font face à l’invasion de zombies (Mention spéciale du jury, palme d’or, etc… à la Corée du Nord pour sa créativité et son efficacité), mais ça apporte aussi différentes atmosphères : Israël en extérieure, beaucoup de soleil et de sable, le Pays de Galles (moins de soleil et de sable) mais surtout une ambiance plus portée sur le huis-clos.

Pour la fin, même si la solution mériterait plus de développement, le film reste sur une fin ouverte qui permettra au second film d’avoir une base solide. Celui-ci ne finit pas sur une morale lourdingue, c’est déjà ça. L’avantage d’un sujet aussi vaste et riche de possibilités, c’est qu’une saga ne part pas sur rien.

World War Z est à mon sens un blockbuster-film catastrophe avec des zombies plutôt réussi. L’approche est originale (la question n’est pas seulement de survivre mais aussi de trouver une solution), l’espace également (on n’est plus dans un espace clos, mais à l’échelle de la planète). Bref, une approche différente et que je me garderai donc bien de comparer aux purs films de zombie style L’Armée des morts. Ah, la musique est chouette aussi.

La route

Auteur : Cormac McCarthy

Résumé: Dans un décor post-apocalyptique, un homme et un enfant marchent sur une route. Pour seuls bagages, ils poussent un caddy rempli de vieilles couvertures, de quelques boîtes de conserves et d’une lampe à pétrole. Ils vont vers le Sud, dans l’espoir de trouver d’autres personnes comme eux, rares survivants de la fin du monde n’étant pas encore retournées à la barbarie.

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Deux choses m’ont frappé dans ce livre : Le style et le sujet.

Pour le style, j’ai quand même mis quelques pages à m’y faire. Très épuré, déroutant. Particulièrement au niveau des dialogues. J’ai persévéré et heureusement ! Je comprends cependant qu’il ne plaise pas à tout le monde.
Son traitement des personnages est aussi original. On ne connait pas leur nom ; c’est toujours « L’homme » « Le petit » « L’enfant ». Sans prénom à mettre sur ces personnages une distanciation se met en place. Distanciation amplifiée par le style.
Et malgré tout ce minimalisme (Minimalisme auquel sont réduits aussi le père et son fils mais dans leur mode de vie…) le style nous fait vivre toute l’horreur de cette (sur)vie. La sobriété au service de l’efficacité.

Le sujet, les conséquences d’une apocalypse, est magnifiquement traité. On ne sait pas du tout pourquoi tout cela a eu lieu, mais au fond, en y réfléchissant ce n’est franchement pas important. Comment survivre ? Pourquoi survivre ? Là sont les vraies questions.

Je vois La route comme un livre sans espoir. Sauf peut-être sur la fin, une mince lueur. Mais tellement puissant..