Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E

Réalisateur : Guy Ritchie

Acteurs : Acteurs : Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Hugh Grant,…

Synopsis : Début des années 60, en pleine guerre froide, l’agent de la CIA Solo et l’agent du KGB Kuryakin sont contraints de laisser de côté leur antagonisme. Les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. (Source : Allociné)


(Mission) impossible de résister à Agents très spéciaux (malgré son titre tout pourri) et à Guy Ritchie, réalisateur du génial Snatch, de l’excellent Rock’n Rolla, du très bon Sherlock Holmes, du bon Sherlock Holmes 2 et du paraît-il fort sympathique Arnaques, crimes et botanique qui (lui) a un chouette titre VF.

Soyons honnêtes, en se basant sur la filmographie de Guy Ritchie, il y avait peu de chances d’être déçu. Au mieux le film était une révélation, au pire un bon moment.

Ce fut finalement un bon moment dont j’ai pensé qu’il avait été très bon en sortant de la salle, et « seulement » bon quelques heures plus tard.

Comme on pouvait s’y attendre (vu la filmographie de Mr. Ritchie mais ça je l’ai déjà dit), le film (je ne dirai pas Agents très spéciaux, on dirait le nom d’une mauvaise comédie américaine des frères Farrelly avec les frères Wayans dedans). Trop de parenthèses, je recommence :

Comme on pouvait s’y attendre, le film est efficace avec des acteurs à l’aise dans leurs rôles et une réalisation particulièrement dynamique, rythmée, qui évite les longueurs, très maîtrisée aussi (dans le sens où on voit que ce n’est pas Jo le clodo ou Uwe Boll aux commandes, que ce soit par la qualité de l’image, le cadrage, l’ambiance très travaillée, etc…). En gros, Guy Ritchie livre le film typique qui ne lésine pas sur les moyens, aussi bon sur la forme que sur le fond et avec le bon équilibre entre action et humour. Tout pour en faire un film réussi.

Au final, toutes ces qualités desservent aussi le film (mais si c’est sensé). Déjà, on peut comparer le film avec une autre comédie d’espionnage d’un autre réalisateur anglais de la même année ; Kingsman : Services secrets. Et au jeu de la comparaison, je suis désolé de le dire mais Guy Ritchie s’incline devant Matthew Vaughn. Moins décalé, moins anglais, un peu moins de tout en fait.

Ensuite ce film est trop lisse, trop propre, pas assez décalé, pas assez imprégné de la patte de Guy Ritchie, pas assez « Snatch » (il y avait le même souci sur Sherlock Holmes 2 d’ailleurs).
Même souci avec Henry « Superman » Cavill, l’acteur anglais qui joue un américain quand Armie Hammer, l’acteur américain, joue le russe (aucun reproche là-dedans, c’est juste que ça m’a fait marrer. Oui, il m’en faut peu). Henry Cavill est très bon dans le rôle du James Bond du film mais… c’est tout. De même, les personnages des deux espions (« Aaah, il parle enfin de l’histoire ». En même temps pas besoin d’en parler, c’est une comédie d’espionnage, donc gentils espions vs méchants vilains) sont charismatiques, beaux, musclés, intelligents, totalement indestructibles mais pas mémorables.

Ah si, la musique apporte beaucoup au film, pêchue et très adaptée aux situations (oui la remarque vient comme un cheveu sur la soupe mais j’ai trouvé nulle part où caser ça).

6 heures, 6 minutes après être sorti de la salle, le verdict tombe. J’ai (déjà) le souvenir d’un film agréable, le genre qu’on revoit avec plaisir (et ça c’est pas rien), mais qui manque du « Petit Truc » pour en faire un film dont on se souvient.

L’honneur est sauf pour Guy Ritchie, mais vivement son prochain « Snatch » (film à voir évidemment). Rendez-vous pour ses deux prochains films : Knights of the Round Table: King Arthur et Sherlock Holmes 3.

A noter que ce film est adapté de la série du même nom de 1964 dans laquelle le rôle de l’espion soviétique était joué par David McCallum que l’on connaît aujourd’hui dans le rôle de Ducky du NCIS.

Kingsman : Services secrets

Réalisateur : Matthew Vaughn

Acteurs : Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Sophie Cookson, Mark Strong,…

Synopsis : Harry Hart, super espion au service secret des Kingsman, prend sous son aile un jeune un peu perdu et le forme dans le but de sauver le monde d’un sombre complot. (Source : Senscritique)

Bande-annonce


Après 2 mois sans sortie ciné, il fallait bien un Kingsman pour relancer la machine. Le petit dernier de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men : Le commencement,…) confirme une fois de plus le talent du monsieur pour la réalisation de films divertissants, (ultra-)vitaminés qui sortent du lot.

Pas sûr que Kingsman plaise à tout le monde, mais pour les amateurs de films d’espionnage & autres cocktails d’action/humour qui aiment donner des congés à leurs neurones, je ne me fais pas trop de soucis.

Kingsman, c’est le film dont on connaît la recette mais qui arrive quand même à surprendre. Et ça commence dès le début (ça tombe bien), lorsque les enceintes du ciné crachent du… Dire Straits. Voilà, au bout de 2 minutes de générique, j’étais conquis.

Un peu d’explications quand même. Kingsman est l’adaptation du comic book du même nom (et du même scénariste que Kick-Ass, réalisé par… le même réalisateur) et nous envoie dans le monde de la comédie d’espionnage. D’un côté une organisation secrète d’espionnage : Les Kingsman, gentlemen britanniques. De l’autre ; un vilain méchant mégalomane qui veut se faire l’humanité.

Ça ne fait pas dans la dentelle et c’est assumé. On a là tous les codes du genre (mais avec un hommage non pas à tous les films d’espionnage, non, non… aux « vieux » films d’espionnage) remixés à la sauce comédie. Et ça fonctionne plutôt pas mal du tout. D’abord, grâce à la réalisation hyper-péchue de Matthew Vaughn, de l’autre grâce à un casting pas mauvais à défaut d’être parfait. Bon, quand même un mot pour Samuel L. Jackson qui assure bien. Un bon film c’est avant tout un bon méchant.

Le paradoxe avec Kingsman c’est que c’est sa réappropriation des codes du film d’espionnage d’antan qui fait que j’ai beaucoup aimé le film et qui m’empêche de l’adorer. Tout est très attendu voire carrément pas crédible. Et à ce moment précis, je me dis que de toute façon le film ne cherche pas à être crédible et que ce serait n’importe quoi d’attendre qu’il le soit. Puisque de par sa nature, il ne peut pas l’être…
Bref, c’est un très bon film pour peu qu’on ne cherche pas la petite bête. N’empêche que l’attitude des dirigeants de la planète me paraît être franchement n’importe quoi. Et que le plan du méchant est complètement co… Ok, j’arrête.

En gros, les 2h passent vite, c’est très bien réalisé, il y a de très bonnes scènes, Colin Firth est super classe, on ne regarde pas sa montre et on sort avec le sourire. Et c’est le genre de film qu’on a très envie d’avoir en DVD. Voilà.

Skyfall

Réalisateur : Sam Mendes

Avec : Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Naomie Harris, Bérénice Marlohe, Ralph Fiennes, Albert Finney, Ben Whishaw,…

Synopsis : Dans sa 23ème aventure ciné, James Bond doit prouver sa loyauté envers M lorsque le passé de celle-ci revient la hanter, et que le MI6 est attaqué. (Source : Allociné)

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Au vu des critiques assez majoritairement positives sur ce nouveau James Bond, on peut se demander qui n’a pas aimé. Et bien, pas moi.

Avec Sam Mendes aux commandes, il y avait déjà peu de risques d’être déçu, mais en plus de cela, Skyfall marque les 50 ans d’un James Bond, qui au fur et à mesure des années, a su évoluer (au gré de plusieurs liftings, certes)

Skyfall est dominé par un mot d’ordre : la simplicité, celle-ci allant clairement dans le sens d’un hommage global et assez explicite à la franchise. Cette direction prend la forme de multiples scènes et répliques allant de  la scène présentant le nouveau Q à la réapparition de la Bond-mobile jusqu’aux origines même du héros alors que celui-ci était plus James que Bond. Sans parler du dévoilement de l’identité d’une certaine personne à la fin du film, cerise sur le gâteau.

On retrouve les classiques qui ont fait le succès de la franchise : un méchant bien fêlé et particulièrement bien joué par Javier Bardem (dont le but est ici plus personnel, resserrant d’autant plus l’attention sur le monde de Bond), et un générique particulièrement réussi.

Le casting, traditionnel ingrédient d’un film réussi… ou non, est aussi à mettre dans le camp des « Pour » ; même si la miss France du casting n’est pas particulièrement inoubliable, revoir Ralph Fiennes, Albert Finney (Big Fish,…) et Ben Whishaw (Le Parfum,…), et bien… ça fait plaisir.

Pour James Bond lui-même, on sent le héros (à défaut de l’acteur) un peu fatigué, et pour le coup, vu le côté dur et impitoyable que Daniel Craig a donné à 007, l’évolution est assez salutaire.

Après, simplicité ne veut pas dire que les cascades improbables, poursuites endiablées et autres explosions ne sont pas présentes (pauvre Écosse…), seulement le choix des armes est plus réduit et tout aussi efficace. Pour enrober le tout, Sam Mendes nous offre des scènes d’un esthétisme très agréable qui se mélangent parfaitement au film d’action.

La Taupe

Film de Tomas Alfredson

Avec : Gary Oldman, Colin Firth, Tom Hardy, Mark Strong, John Hurt, Benedict Cumberbatch,…

Synopsis : George Smiley est l’un des meilleurs agents du « Cirque », quartier général des services secrets britanniques. Alors qu’il vient à peine de prendre sa retraite, le cabinet du Premier Ministre fait de nouveau appel à lui. Le centre de Moscou, leur ennemi juré, aurait un agent double, infiltré au sein du Cirque. Smiley est chargé de démasquer la taupe parmi ses anciens collègues. (Source : Allociné)


Je ne serai pas aussi catégorique que le Times « Grandiose » ou que le Point « Le meilleur du film d’espionnage » (Je ne m’y connais pas assez d’ailleurs), je me contenterai de dire que La Taupe est un excellent film (et c’est déjà pas mal).

La Taupe dispose d’atouts de poids (en plus de ses pattes puissantes) : ses acteurs, son scénario (adapté du livre de John le Carré) et son réalisateur (Même si celui-ci n’a jusque là réalisé qu’un film, mais quel film aussi… Morse, que je recommande vivement).

Un mot pour décrire La Taupe : (La) classe. La classe de ses acteurs (Gary Oldman, impressionant de sobriété, Colin Firth, l’élégance personnifiée, Benedict Cumberbatch, qui prouve que son talent ne demande qu’à être exploité, Mark Strong, impeccable, Tom Hardy, qui réussit une belle performance malgré sa coupe de cheveux, etc…) La classe du milieu de l’espionnage de l’époque et de ces années-là en général également,…

Pourtant quand on a « classe » et « espionnage » dans la même phrase on peut facilement avoir en tête James Bond (et je ne parle pas de l’éternel débat de qui incarne le mieux l’élégance de 007…). Rien ne serait plus éloigné de la vérité, déjà parce qu’il n’y a ici qu’espionnage, intrigues (un brin obscures par contre. C’est dommage), manipulations et réalisme, mais aussi car George Smiley est le parfait anti-James Bond. Et j’arrêterai là la comparaison !

Deux heures pour trouver la taupe ; pas trop de longueurs et un peu de temps pour le film à se mettre en place. Peut-être une tentative de Tomas Alfredson de laisser le temps au spectateur de s’immiscer dans cet univers assez complexe ou à lui-même de trouver ses marques ? (J’essaie de trouver des excuses, je n’ai pas dit qu’elles étaien bonnes)

Impossible de parler du scénario, mais l’essentiel est dans cette phrase (que je n’arrive pas à me sortir de la tête…) « There is a mole, right at the top of th Circus [le surnom du MI-6] ». Je peux seulement en dire, d’après ma maigre expérience du film d’espionnage, que La Taupe est un film très classique, plus du classique-efficace que classique-sans saveur bien sûr. Quelques bons ingrédients également, en plus de ceux déjà cités, notamment deux personnages-clés de l’histoire… qu’on ne voit pas, ou du moins qu’on ne fait qu’apercevoir. Ou l’art de distiller le mystère au compte-gouttes.

Pour le reste… et bien que les amateurs de film d’espionnage se réjouissent, La Taupe est une réussite. Pas de quoi renouveler le genre mais qui y fait honneur.

L’occasion aussi de confirmer le talent d’une bonne fourchette d’acteurs et d’un réalisateur. (Bien que Morse, dans un genre très différent certes, m’ait plus marqué que La Taupe)

Je ne le précise habituellement pas, mais je recommande vraiment de voir La Taupe en VO !

Un vrai bijou cette bande-annonce, isn’t it ?