Spotlight

Réalisateur : Thomas McCarthy (Le chef de gare, Les winners,…)

Acteurs : Mark Rauffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Stanley Tucci, Liev Schreiber, Billy Crudup,…

Synopsis : Retrace l’enquête du Boston Globe qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Église catholique. Une équipe de journalistes d’investigation a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. (Source : Allociné)


Toujours très cathartique ce genre de film : on est avec les gentils reporters qui luttent pour faire éclater un (énième) scandale face à la méchante Église catholique. Niveau armes, les uns ont la ténacité, l’amour de la vérité, un cheval blanc et leur déontologie, pour les autres,… euh…

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Legend

Réalisateur : Brian Helgeland (Chevalier, 42,…)

Acteurs : Tom Hardy, Tom Hardy, Emily Browning, Taron Egerton, David Thewlis

Synopsis : Londres, années 60. Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray, célèbres gangsters britaniques, règnent en maîtres sur la capitale. A la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable. (Source : Allociné)


Après le western, le film de gangsters. Et gangsters anglais s’il vous plaît.

Le gangster anglais contrairement à son homologue américain peut fracasser le visage d’un gars à coups de marteau, en restant poli, et ensuite aller boire le thé chez sa mère. C’est ce petit côté british qui donne à Legend un charme badass. Bon, accessoirement, il y a aussi Tom Hardy qui livre une excellente interprétation. Et deux fois en plus.

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Au cœur de l’océan

Titre originalIn the Heart of the Sea

Réalisateur : Ron Howard

Acteurs : Chris Hemsworth, Ben Wishaw, Brendan Gleeson, Cillian Murphy, Benjamin Walker, Tom Holland,…

Synopsis : La survie en haute mer des rescapés d’un baleinier détruit par un cachalot, en 1820. Une histoire qui inspirera celle de « Moby Dick » à Herman Melville. (Source : Allociné)


 

Au cœur de l’océan ou le film adapté du livre relatant l’histoire vraie qui a inspiré Moby Dick (le remake dans quelques années ? Avec une trilogie préquelle si Disney a racheté le studio entre-temps ?)

On ne va pas se mentir, avec une histoire comme celle-là, il y avait l’assurance de grand spectacle. Et grand spectacle il y a. Ron Howard, qui n’est pas le dernier des incompétents, sait clairement filmer la mer, les bateaux et les jolies baleines. Ou filmer tout court. On sent un certain goût du gros plan sur les petits détails, c’est sympa, ça surprend. Le monsieur est à l’aise avec les scènes d’action comme avec les scènes de calme plat, utilise complètement le bateau, la mer et tout le reste, bref il s’applique et ça fait plaisir. Sur la réalisation, rien à dire.

Mais tout comme Ron Howard est le réalisateur de Willow mais aussi de Da Vinci Code, le film a ses bons et ses mauvais côtés.

Au cœur de l’océan manque de tous les éléments qui font qu’on pourrait éventuellement sentir la larme pointer au coin de l’œil. Ça manque d’émotion, de développement des personnages (les relations entre le capitaine et le second sont tellement teintées de manichéisme que ça en devient gênant, où est passé l’intensité de l’affrontement de deux fortes personnalités ?) et la baleine ne souffrait d’aucun défaut jusqu’à sa dernière scène à la Flipper/Willy. Citons enfin des effets visuels inégaux (beh oui, des effets spéciaux réussis, ça peut faire pleurer de joie. Non, personne ?).

On est quand même sur une histoire vraie qui parle de cannibalisme, de mort et de marins badass. Et finalement, tout ce que je peux en dire, c’est que c’est bien filmé, très joli, les acteurs sont sympas mais le tout manque de spontanéité, de mal-être, de subtilité, de sang (punaise, y a du cannibalisme normalement, et là on voit seulement des os très blancs qui pourraient éventuellement être ceux d’êtres humains), bref Au cœur de l’océan reste finalement trop lisse. Agréable. Mais lisse.

Heureusement, les 2h passent plutôt bien et ce, grâce au découpage en deux temps ; chasse à la baleine/radeau de la méduse, malgré un deuxième temps plus faible. Les scènes d’intro et de conclusion, quant à elles, méritent à peine d’être mentionnées pour cause d’insipidité. En fait, tout ce qui ne rentre pas dans le champs bateau vs baleine reste finalement assez anecdotique.

Au final, à voir, pas à voir, à voir chez soi, à voir au cinéma ?

Au coeur de l’océan est sans conteste une réussite au niveau film d’aventures grand spectacle avec une réalisation inspirée. Il est juste dommage que le scénario ne suive pas.

Macbeth

Réalisateur : Justin Kurzel

Acteurs : Michael Fassbender, Marion Cotillard, David Thewlis, Paddy Considine, Sean Harris

Synopsis : 11e siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison. (Source : Senscritique)


Alors, alors… Qu’aurait pensé Shakespeare  de ce MacBeth ?

Sans doute qu’après s’être écrié « C’est diablerie ! », il serait mort. D’ennui.

Allez, je suis méchant pour rien, c’est pas bien.
Comme Macbeth.
Pardon, je recommence…

Le film débute bien. C’est absolument magnifiquement sublime. Paysages, couleurs, effets visuels, on en prend plein les yeux, c’est à tomber par terre. Les plans, les cadres sont superbes, et cet aspect perdure durant tout le film.

Évidemment Michael Fassbender est excellent, véritablement habité par son personnage. Rien de très étonnant vu le talent du bonhomme, c’est Fassbender après tout, et qui plus est dans le rôle d’un mec bien torturé. Marion Cotillard ne démérite pas non plus ceci dit. Un peu trop effacée à mon goût, la faute à un rôle un peu trop transparent ou à la comparaison avec Fassbender, je n’en ai aucune idée. Mais c’est sans commune mesure avec l’erreur de casting géante ici connue sous le nom de Jack Reynor dans le rôle de Malcolm et à qui on a envie de dire « T’es gentil, c’est un film de grandes personnes, retourne jouer à Transformers ».

Mais malgré la beauté du film et la qualité de son interprétation, Macbeth ne fonctionne pas vraiment.

Il manque au film de l’émotion, un vrai souffle tragique qui scotcherait le spectateur sur son siège. On se surprend parfois souvent à ne rien ressentir et à le regretter tout en admirant la beauté du film. Plus d’une fois, j’ai eu l’impression d’assister à une « simple » récitation.
C’est ce qui rend le film assez frustrant. La forme est assurée avec une maîtrise rare (on pourra certes parler de grandiloquence ou d’excès par moments mais pour moi ça a fonctionné) et le fond était délivré par Shakespeare. L’ensemble aurait pu être magnifique.

Le tout est aussi très lent, très contemplatif, ce qui en soi n’est pas un défaut, mais qui, ajouté au quasi-vide émotionnel du film, a provoqué chez moi non pas un mais bien deux (brefs) assoupissements. Et ça, c’est impardonnable.

Pour résumer, Macbeth est époustouflant esthétiquement mais décevant sur le reste (Fassbender excepté). Et ça, c’est une vraie tragédie.

The Lobster

Il y a une autre affiche avec Colin Farell mais bon. On parle de Rachel Weisz là, soyons sérieux 2 secondes…

Réalisateur : Yorgos Lanthimos

Acteurs : Rachel Weisz, Colin Farrell, Léa Seydoux, Ben Wishaw, John C. Reilly, Olivia Colman,…

Synopsis : Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. (Source : Senscritique)


En voilà un film étrange.

Un titre intrigant, un synopsis génial et original, une réalisation bizarroïde, voilà qui résume assez bien The Lobster (le homard pour les moins anglophones).

Par où commencer… D’abord par le cadre. The Lobster est une dystopie axée sur le couple et le célibat. Les célibataires sont priés de se mettre en couple sous peine de finir transformés en animal. Sauf qu’il vaut mieux être sincère puisque les mensonges sont punis et qu’apparemment les gens ne se mettent en couple que si ils partagent un signe distinctif. Comme dans toute dystopie (à ma connaissance), il y a un mouvement de résistance (de célibataires). Première originalité de The Lobster ; ceux-ci sont tout aussi barges et extrêmes que la société qu’ils combattent. Je rassure les non-amateurs de S-F, on a ici l’impression d’être dans un film réaliste !

Deuxième originalité, la réalisation. On accroche ou on n’accroche pas mais celle-ci est finalement parfaitement raccord avec l’univers dystopique en général, à savoir que les individus sont tellement lobotomisés par la société dans laquelle ils vivent, qu’ils ont tous l’air (au choix ou à la fois) psychopathes, handicapés relationnels et sociaux profonds avec un forte tendance à l’Asperger et dans l’acceptation totale des règles qui régissent leur vie. Quel rapport avec la réalisation ? J’y viens, merci de demander. On arrive au point qui va faire, je pense, la différence sur l’avis que les gens portent sur le film, qui a fait que plusieurs personnes sont parties de la salle et que d’autres sont restées scotchées à leur fauteuil – fort confortable.

La réalisation de Yorgos Lanthimos se ressent à la fois dans les couleurs, les décors, la musique (parfois stressante) mais c’est finalement le jeu d’acteurs qui m’a le plus frappé. Chaque réplique est dite sur un ton monocorde et une parfaite diction, les expressions faciales sont le plus souvent (tout le temps ?) figées, ce qui contribue à la froideur qui se dégage du film. Chaque personnage semble déshumanisé, au même titre que cette voix off qui décrit tout sur la première partie du film contribuant à créer une certaine distanciation.

Car c’est ce qui se dégage du film ; de la froideur et de la violence. Mais aussi de l’émotion, de la poésie et du désespoir. Que ce soit ce jeu d’acteurs assez particulier, les décors, l’intrigue elle-même ou cette musique stridente aux moments de tension, absolument tout contribue à donner au film une ambiance très spéciale. A laquelle j’ai accroché quasiment de bout en bout.

Pourquoi quasiment ? Heureux que vous demandiez. Le petit souci de The Lobster c’est qu’il peut paraître un peu long. Notamment avec des moments (sur la seconde partie du film), où on se demande où tout cela nous mène. Et c’est bien dommage parce que tout le reste est assez remarquable. Excepté peut-être ces scènes en slow motion qui durent (aussi) trop longtemps.

Le jeu d’acteurs maintenant, évidemment Rachel Weisz est talentueuse, magnifique et charismatique (mais là les mauvaises langues vont dire que je ne suis pas objectif dès que je parle de la meilleure actrice du monde). Colin Farrell trouve là un de ses meilleurs rôles, Ben Wishaw est excellent (et m’a fait bondir de 10 cms dans mon fauteuil, allez voir The Lobster pour savoir pourquoi) et surtout… j’ai apprécié Léa Seydoux. (Oooooh, c’est possible ?) Il faut dire que chacun joue dans un registre froid et assez mono-expressif ce qui est de toute façon le jeu de l’actrice. Sauf qu’ici cette froideur est complètement au service du personnage.

Glacial, magnifique et triste, The Lobster peut dérouter. Il n’empêche que le film est sans doute un des plus forts et originaux de l’année.

Et au 1er novembre 2015, tandis que The Lobster attirait  73 927 personnes dans les salles, Les nouvelles aventures d’Aladin en attiraient 709 381. Tout va bien :)

Birdman

Réalisateur : Alejandro González Inárritu

Acteurs : Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis, Andrea Riseborough, Amy Ryan,…

Synopsis : Un acteur has been, connu pour avoir incarné un célèbre super-héros, monte une pièce à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire passée. (Source : Allociné)


 

Birdman est le meilleur film que j’ai vu au cinéma en 2015. C’est aussi le deuxième. Mais ça donne un aperçu de mon ressenti à la sortie de la salle de ciné.

Son tour de force : avoir un film monté comme un seul plan-séquence. Ça donne un peule tournis et surtout ça épate par la maîtrise dont fait preuve Innaritu. Bon, ça m’a aussi gêné au début du film (dans le sens où je n’arrivais qu’à voir ce plan-séquence sans rentrer dans l’histoire), et puis au bout d’un moment, fin de la gêne et début du plaisir.
Le génie dans tout ça c’est que ce ce plan-séquence n’empêche pas la présence d’ellipses qui prennent une place toute autre grâce à l’absence des coupures entre les scènes. Bref, c’est beau.

Et ça l’est d’autant plus que la photographie elle-même est superbe, tous les gros plans sont magnifiques, comme cette scène de coup de gueule d’Emma Stone contre pôpa, tellement forte et belle qu’elle m’en a collé des frissons (la scène pas Emme Stone, faut pas déconner).

Pour le fond de l’histoire, y a pas grand chose à dire, c’est un film sur une pièce de théâtre sur un homme torturé joué par un acteur torturé dont l’histoire est quasiment celle de l’acteur qui le joue. Mais si c’est très clair. Ca semble aussi très nombriliste ce côté les artistes qui parlent des artistes. Mais ça ne l’est pas. Ca pourrait, il ne faut pas que l’idée soit trop reprise mais… ça fonctionne. La relation théâtre/cinéma (de divertissement) est plutôt intéressante d’ailleurs.

Le film a aussi un côté huis-clos très sympa ; tout ce petit monde dans un théâtre aux couloirs étroits et oppressants dans un fond sonore se résumant globalement à une batterie géniale et oppressante. A mentionner évidemment la voix de Birdman à classer dans les meilleures voix du cinéma à côté du pote Smaug. Ah oui, j’ai mentionné cette schizophrénie du personnage principal ? Non ? Tant pis.
Ce huis-clos théâtral m’a aussi donné une impression de « faux » sur les personnages, les dialogues, les situations… Ce n’est pas péjoratif, du tout, mais il a fallu un petit temps d’adaptation à cette impression tellement subjective qu’elle n’a pas forcément d’intérêt et je vais m’arrêter d’en parler à la fin de cette phrase qui n’en finit pas. Voilà.

Birdman n’est pas mon film parfait, évidemment ; la petite réflexion sur les critiques professionnels n’est pas hyper subtile tout comme les coupures du faux plan séquence mais là le petit spectateur amateur que je suis va juste fermer sa gueule parce que quand même cette maîtrise technique d’Innaritu est tout simplement à tomber par terre.

Un ptit mot sur le trio Keaton-Norton-Stone aussi à tomber par terre (bref, Birdman est un film qui donne des bleus).

Pour finir, le truc cool avec Birdman c’est que le sujet en soi n’est pas follement original (l’acteur has-been ayant des rapports compliqués avec sa fille et qui essaie de remonter la pente) mais le traitement technique époustouflant d’Innaritu, l’existence de Birdman himself et ce côté distanciation avec Keaton/son personnage, le film/la pièce qui questionnent la célébrité, l’ego,…. en font le meilleur film que j’ai vu en 2015 (et pas qu’au cinéma, pis là c’est pas le 2e film vu, c’est le 45e, c’est Seriebox qui le dit (super site, je vous le conseille)).

Night Call

Titre VO : Nightcrawler

Réalisateur & scénariste : Dan Gilroy

Acteurs :  Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton,…

Résumé : Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite… (Source : Allociné)

Bande-annonce
(qui en dévoile beaucoup, mais on sent bien l’ambiance quand même…)


 

Il était normalement prévu que j’aille voir Le Domaine des Dieux… mais un concours de circonstances (tout à fait passionnantes) a fait que je me suis retrouvé à (choisir d’)aller voir Night Call. Peu de points communs entre les deux mais je ne pense pas avoir perdu au change.

Night Call, c’est l’histoire de Lou Bloom, un type qui cherche sa voie mais qui a déjà décidé que la morale il s’asseyait dessus. Sans passer par les conseils avisés de Pôle Emploi, il passe de voleur de ferraille à paparazzi amateur. Et pas pour les stars mais pour les accidents, meurtres et autres événements sanguinolents. Premier arrivé sur les lieux avec pompiers et policiers. Bref, du bon gros vautour. Qui revend ensuite ses délicieuses images aux sangsuses de la télévision.

Je ne suis pas connaisseur de nos programmes télévisés mais il ne me semble pas que ce niveau de trash soit sur nos écrans. Ce qui en fait/ferait un film sur un phénomène américain. Heureusement, cette spécificité n’atténue pas du tout le malaise que peut provoquer Night Call. Le métier et ses implications pas morales pour deux sous ont finalement une portée assez universelle.

J’ai écouté une interview de Jake Gyllenhaal il y a quelques jours où une journaliste faisait une comparaison entre Night Call et Taxi Driver.
Loin de moi l’idée de jouer aux « Ce film s’inspire de/rend hommage à/… » (on y voit trop souvent ce qu’on veut y voir) mais j’avoue que durant le visionnage, j’ai d’abord (effectivement) pensé à Taxi Driver (pour le personnage dérangeant), puis à Drive (pour l’ambiance et la voiture. Non, ça ne va pas bien loin), puis à American Psycho (pour le personnage qui passe de dérangeant à barge).

Night Call, c’est aussi, et avant tout, un personnage principal et son acteur. Certes la réalisation a de la gueule, c’est d’ailleurs très agréable, certes la musique accompagne très bien le tout, l’ambiance est là, tout ça… mais ce qui porte le film c’est Jake Gyllenhaal et son personnage de Lou Bloom. Ce qui a aussi pour effet de rendre les personnages secondaires assez fades (même la personnage la plus principale des secondaires, Rene Russo), et c’est bien dommage.

L’acteur, d’abord. Ce type est un vrai caméléon. Il est ici totalement méconnaissable (perte de 14 kilos), le visage émacié, le regard fou,… et ajouté à ça le talent qu’on lui connaît (ou pas, mais si c’est le cas, qu’attendez-vous ?), le petit Jake, qui a bien grandi depuis Donnie Darko (à voir pour ceux qui aiment les films « un peu » space) porte le film sur ses épaules. Ses expressions, ses postures, sa manière de s’exprimer, tout son jeu est juste (et fait donc en sorte que tout ce que dise son personnage sonne faux. Y a pas du talent, là ?).

jake gyllenhaak night call

D’autant que Jake Gyllenhaal (je fais du copier/coller sur le nom, il pouvait pas s’appeler McConaughey, Schwarzenegger ou même Wasikowska, sérieusement ? c’est pourtant plus simple à écrire…) a de quoi faire.
Le personnage de Lou Bloom est assez étonnant. Il fait gars paumé mais ne l’est pas ; le bonhomme sait pertinemment où il veut aller, et gare à ceux qui se dressent sur son chemin, d’autant que vu son look, on aurait tendance à le sous-estimer (ou à le fuir si on le croise dans une ruelle sombre. Ce qui a de fortes fortes chances d’arriver vu que toutes les scènes du film se déroulent de nuit). Pour ajouter au malaise que provoque Lou Bloom, celui-ci absorbe tout ce qu’il lit sur Internet pour le ressortir dès qu’il peut avec un ton neutre, sonnant faux, alignant clichés après banalités. Et toujours avec le sourire s’il vous plaît.

jake gyllenhaak night call2

Bon, sauf là.

Bref, ce gars, en bon psychopathe autodidacte ambitieux assoiffé de reconnaissance fait flipper mais fascine aussi. Le genre qu’on aime détester. L’avoir placé dans le cadre des chaînes d’information, de la manipulation de la même information, du voyeurisme ne fait qu’amplifier le malaise que provoque le personnage. Car Night Call reste avant tout un film sur « Moi, Lou B., psychopathe caméraman » qu’un film sur le « journalisme » trash.

Une bonne surprise, si vous avez un créneau de libre, à voir !