Martin Eden

Auteur : Jack London
Traducteur : Philippe Jaworski

Première publication : 1909

4e de couverture : Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise.


Quand on lit un excellent livre, on peut le fermer en se disant « Putain, quelle claque ». Et puis, il y a les livres où on ne se dit rien, parce qu’on est plus en capacité de penser.

Ça remue plus de choses que je ne pourrai jamais décrire, ça touche toutes sortes de cordes sensibles, et tout ça avec style. Jack London utilise toujours les bons mots, dans le bon ordre, pour décrire les bonnes émotions, sensations, et à chaque phrase je me demande où ce type va chercher tout ça.

Quand l’éveil de Martin Eden fait écho à l’éveil que je ressens durant ma lecture, je me dis… Je ne me dis rien, je ressens. Martin Eden a été une lecture inédite, bouleversante.

Des auteurs qui trouvent le mot juste, qui écrivent sans fioritures, qui vont à l’essentiel, décrivent des gens, des sociétés, des sentiments, j’en connais peu mais j’en connais. Ils sont excellents et j’attends leurs livres avec toujours une grande impatience, mais Martin Eden, à mon grand dam, sera sans doute désormais le maître étalon de ce style.

On espère avec Martin, on aime avec Martin, on désespère, on souffre avec Martin. Et la sincérité, l’authenticité, la puissance émotionnelle du roman sont indescriptibles.

Ok, j’en fais un peu des tonnes.

Seulement, j’ai fait traîner la lecture durant des jours simplement pour n’avoir pas à terminer ce livre, et puis j’ai fini par engloutir les 200 dernières pages sans toucher aux crêpes chaudes nutella-bananes posées devant moi.

Alors, certes, je n’argumente pas vraiment sur les qualités de la lecture : histoire, personnages, style… Mais l’émotion ressentie au dernier mot les surpasse tous.

Des romans d’apprentissage, j’en ai lu un certain nombre. Mais des romans où le personnage découvre l’Amour, la Culture, qui a une soif incroyable de savoir, qui veut monter là où il n’y a plus aucune limite, tout ça pour être ramené jusque sous terre par des congénères bornés, ça ne se trouve pas à chaque coin de rue. D’avoir vécu, grâce au style à la fois brut et littéraire de Jack London, l’histoire d’un homme qui s’ouvre et qui se ferme, d’avoir vu l’Innocence s’épanouir et se faner, d’avoir vécu tout ça simplement par des mots, c’est ce qui justifie qu’on ouvre un livre.

Tout y est parfait, jusqu’au rythme, la place importante de l’attente et de la frustration, la rapidité de la chute, les thématiques et les émotions brassées, la profondeur du personnage principal, innocent, impatient, parfait justement parce qu’il ne l’est pas, (l’art et) la manière avec laquelle Jack London réussit à retranscrire le bouillonnement  qui agite cet homme, son ascension intellectuelle, son bonheur devant sa propre ascension, la tristesse de ses découvertes sur le genre humain, la pureté et la puissance du style de Jack London, tout y est incroyable.

C’est beau, sincère, cruel et universel.

Est-ce que j’ai précisé que j’ai aimé Martin Eden ?

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Docteur Sleep

Auteur : Stephen King
Date de parution : 2013

Livre de poche
768 p.

Résumé : Suite de Shining. Danny Torrance est maintenant âgé de 40 ans environ, Il travaille dans un hospice et aide les patients en phase terminale à disparaître.


Docteur Sleep, c’est l’histoire d’une peur. Mais pas du tout comme avec Shining, l’enfant lumière. En fait, ça n’a même rien à voir. Enfin, si c’est lié mais pas là-dessus, mais… bref.

Peur de lire la suite d’un chef-d’œuvre.

Et j’ai mis du temps pour le lire, le livre a traîné pas mal à portée de main, j’en lisais quelques pages, laissais passer quelques jours, etc. La bestiole va sur ses 800 pages, le petit manège aurait pu durer longtemps.

On retrouve donc le petit Dan de Shining, qui a bien grandi, beaucoup picolé et qui finit par toucher le fond. On continue donc sur la « saga de l’alcool » avec ici un focus sur les AA et l’après-alcool. Ce début, un peu lent, de mise en place de l’univers de Docteur Sleep était d’ailleurs sans doute nécessaire pour faire le deuil du Dan qui boit du lait pour passer au Dan qui carbure aux alcools forts. Heureusement, un bouquin comme ça sur le long terme ça passe plutôt pas mal.

Un nouveau personnage fait son apparition, une petite fille – là aussi, ça facilite la transition avec Shining, on reste sur un profil connu de personnage – et qui, elle aussi, a un gros Don. Et qui dit gros Don dit grosses emmerdes. C’est là que débarquent les vilains, une tribu de tarés qui font des trucs pas jolis jolis. Classique mais efficace, Stephen King alterne les points de vue entre Dan, Abra et les tarés. La taille du livre et le talent de King permettent aussi de creuser la psychologie de chaque protagoniste.

Petit à petit, je me suis détaché de Shining, suffisamment pour apprécier la lecture et c’était parti. Docteur Sleep se lit tout seul, le lien avec Shining est tout de même continu, mais Stephen King part dans une direction très différente, il n’est plus question de huis-clos flippant et mystérieux. Ici, tout est creusé, développé et en plein air. Pour le coup, je n’imagine pas qu’on puisse lire Docteur Sleep sans avoir lu Shining avant (ce qui répond à la question de ceux qui se demandaient « Mais pourquoi y nous bourre le mou avec Shining depuis la première ligne celui-là ? »). Si quelqu’un a tenté l’aventure, je suis preneur d’un avis !

L’avantage avec ce genre de pavés, c’est aussi qu’on a le temps de se faire aux gens. On n’est pas non plus dans du roman contemplatif, ct comme on parle de Stephen King, le suspense est aussi parfaitement maîtrisé. La montée de la tension se fait d’ailleurs (très) petit à petit.

Content de l’avoir lu, aucune déception en vue. Docteur Sleep, si il n’arrive, à mon sens, pas à la cheville du grand frère, est tout de même une réussite, dans un registre différent, mais sur le même univers.

Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

Titre original : Everything I never Told You

Auteur : Celeste Ng
Traducteur : Fabrice Pointeau

Date de parution : 2016

Quatrième de couverture : Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.


Arf.

Toujours se méfier quand on vous vend un livre comme évoquant l’univers de Laura Kasischke. Déjà parce que 1- ben, moi ça m’a rien évoqué du tout 2- on se retrouve à devoir écrire une critique d’un livre dont on ne pense pas grand-chose.

Les choses démarraient pourtant bien entre nous, la couverture était jolie, douce, la police agréable, le papier délicat et la première phrase accrocheuse « Lydia est morte. Mais ils ne le savent pas encore. »

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Lectures aoûtiennes

Comme je me sens d’humeur paresseuse, il n’y aura pas un article par livre lu mais un condensé des lectures d’août. Au programme :

  • Chut de Charly Delwart
  • L’oiseau d’Amérique de Walter Tevis
  • Casse-tête au club des veufs noirs d’Isaac Asimov
  • Shining de Stephen King
  • Profession du père de Sorj Chalandon

 

Chut

Auteur : Charly Delwart – Date de parution : 2015

Portrait d’une ado grecque qui décide de ne plus parler et d’inonder de graffitis les murs de la ville d’Athènes sur fond de crise. Le fond est très intéressant, il donne un visage plus humain à ce qu’on peut suivre aux infos (ceci dit, l’auteur est français, et je me demande dans quelle mesure ce qu’il raconte est ancré ou non dans la réalité). Je suis plus mitigé sur le style qui pourra en rebuter plus d’un(e). Personnellement je m’y suis fait, mais ce n’est définitivement pas un coup de cœur.

L’oiseau d’Amérique

Auteur : Walter Tevis – Date de parution : 1980 – Genre : S-F, dystopie

Un des meilleurs livres de dystopie que j’ai pu lire. L’espèce humaine est en voie d’extinction, et on suit 3 personnages amenant chacun un point de vue complémentaire aux autres ; un homme, une femme et un robot aussi humain que les deux autres.

Le roman est classique sur certains points notamment sur le personnage principal qui s’éveille et découvre l’horreur de la société dans laquelle il vit. Mais le roman est suffisamment développé pour partir plus loin que cet éveil et part sur une facette plus aventurière. Le héros découvrant la lecture et l’écriture, le style et le vocabulaire évoluent. C’est bien écrit, bien structuré et surtout extrêmement bien pensé (la lecture n’existe plus, la « police secrète » est pour une fois assez discrète, la société est axée autour de l’Intimité et de la Vie privée, chacun peut consommer des drogues légalement,…qui a dit « le rêve ! » ?)

Casse-tête au club des veufs noirs

Auteur : Isaac Asimov – Date de parution : 1990 – Genre : Nouvelles, policier

Avant-dernier recueil de nouvelles policières du club des Veufs noirs d’Asimov. Difficile de parler d’un recueil alors mon avis sera aussi très court… Sans pouvoir expliquer pourquoi ce recueil m’a paru plus réussi et surtout moins inégal que d’autres. A ce stade, et si l’on a lu tous les recueils précédents, on identifie surtout bien les protagonistes et on y gagne beaucoup en confort de lecture. Les intrigues sont aussi assez originales pour certaines.

Shining

Auteur : Stephen King – Date de parution : 1977 – Genre : Horreur, fantastique

Révélation du mois (avec l’oiseau d’Amérique. Ça fait beaucoup de révélations pour peu de livres lus mais je fais ce que je veux).
Grosse surprise : le film ne reprend finalement que très (très) peu d’éléments du livre. Beaucoup plus développé, celui-ci est à la fois très bien écrit et très bien construit. Plutôt long, il prend le temps de développer ce climat anxiogène, et ça c’est un vrai régal. Gros bon point, il sait à la fois développer sur le don de Danny et sur l’hôtel Overlook sans non plus dévoiler trop d’éléments sur ce dernier.
Ah, et la fin est différente du film aussi.
Bref, avec le film et le livre on en est à deux chefs-d’œuvre chacun dans leur domaine et avec leurs différences respectives.

Profession du père

Auteur : Sorj Chalandon – Date de parution : 2015

Le dernier Sorj Chalandon qui l’envoie direct (si ce n’était déjà fait ?) dans le groupe des meilleurs auteurs français, ou auteurs tout courts. Une fois de plus, la plume concise, sans chichis ni fioritures, franche, honnête et authentique de Sorj Chalandon frappe. La nouveauté (pour moi) est que cette plume n’est cette fois pas au service d’un conflit géopolitique mais d’un conflit familial. La violence physique et surtout psychologique du père de l’enfant est assourdissante, sublimée par ce « style Chalandon » si frais et si percutant.
Krol en parle très bien ici.

Artères souterraines

arteres souterrainesAuteur : Warren Ellis

Date de publication : 2010

Quatrième de couverture : Michael McGill, détective privé à la dérive, est embauché par la Maison Blanche pour retrouver la version originale de la Constitution des Etats-Unis, passée de main en main dans les sphères les plus louches depuis sa disparition dans les années 1950. […] Pour un demi-million de dollars, McGill va mener l’enquête et entrer dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque et déviant.


Mon premier policier… ça tombe bien, Artères souterraines est aussi le premier roman de Warren Ellis, plus connu pour son boulot de scénariste de comics. Et pour le coup, on sent une inspiration venant d’ailleurs lorsqu’on lit Artères souterraines.

Dès qu’on lit le résumé ; le détective privé chargé par la Maison Blanche de retrouver la seconde Constitution des Etats-Unis, deux options sont imaginées : soit on aura affaire à un livre premier degré mi-Benjamin Gates mi-thriller politique soit on lira un petit bijou de second degré, d’humour cynico-trash complètement déluré et délirant. Dieu merci, Warren Ellis a choisi la seconde option.

Avec une légère inspiration Malaussiène, le personnage principal « aimant à merde » se lance donc dans une enquête dont le déroulement s’avère très banal ; je vais voir Machin qui m’envoie vers Truc qui me dirige vers Bidule qui etc. En soi, l’enquête n’a pas vraiment d’intérêt, et sans trop spoiler, la nature même du livre recherché est assez décevante (quoique la première chose m’étant venue à l’esprit est plutôt : WTF ?!).

Voilà, après avoir dit pourquoi l’aspect purement policier du livre policier ne cassait pas trois pattes à un canard, abordons maintenant les vrais points forts du livre : son univers décalé et son style enlevé.

Warren Ellis nous fait côtoyer, via son « aimant à merde » toute une galerie de personnages pour le moins colorés. Le serial killer bavard, le privé et ses anecdotes dégueulasses (ou comment goûter un cadavre en 1 leçon), les policiers gays s’injectant de la solution saline dans les testicules, les pratiquants de la macroherpétophilie (« les gens qui veulent niquer avec Godzilla »), aux violeurs d’autruche, aux restaurants texans très spéciaux, etc. Bref que du beau monde. Il y a une certaine cohérence ceci dit vu que notre bon héros est accompagné d’une étudiante spécialisée en « expériences humaines extrêmes auto-infligées ». Et parce qu’on est dans Artères souterraines, le duo ne fonctionne évidemment pas comme un duo ordinaire et nous livre des discussions comme celle-ci :

– Trix, je suis pas bigot, mais plutôt crever que d’éjaculer dans la tête de Jésus.
– On verra ça.
– Et je ne me collerai pas non plus le petit Jésus dans le cul.
– Rabat-joie.

Cette acolyte est d’ailleurs assez savoureuse, ne s’imposant aucun tabou, elle est le pendant libertin et libéré du duo quand lui se spécialise plutôt dans le cynisme désabusé.

Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un oeil vide les morceaux  de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein.

Si le livre est un road trip constitué de rencontres toutes aussi bizarres les unes que les autres, Warren Ellis arrive quand même à aborder la définition du mainstream ou de la circulation de l’information.  Je ne dis pas ça pour essayer de trouver une justification pseudo-intellectuelle au bouquin mais il y a un fond et c’est important de le noter !

Pour finir, au lieu d’un policier classique, je me suis retrouvé à lire un bouquin-patchwork trash, glauque, très porté sur le sexe, cynique, hilarant et outrancier avec des dialogues percutants et des descriptions pas piquées des hannetons. Bref, ce livre est cool, j’ai adoré.
Et un peu comme Malavita, je classerai Artères souterraines au rang des livres truffés de passages dont on a envie d’en faire des citations.

« Pas de cul tant qu’on crèche ici », elle a décrété. Je suis resté seul dans la rue étrangement silencieuse pour Las Vegas, et j’ai écouté mon pénis pleurer.

Le super-rat qui vit dans mon bureau. Un jour, j’ai mis de l’alu sur le sol devant son trou et je l’ai relié à une batterie de voiture. Quand il a posé la patte dessus, il aurait dû se dandiner comme un meurtrier sur la chaise électrique. Mais il est resté là, dressé sur ses pattes arrière comme Tony Montana dans Scarface, tu vois le genre, « je peux les encaisser, vos balles de merde. » Il a absorbé tous les volts de la batterie, a sauté sur mon bureau et il a baisé mon sandwich jusqu’à l’émiettement total. Je hais ce rat.

« Voilà vos frites », a annoncé la serveuse. Une bassine métallique de frites immergés dans huit litres de fromage fondu.
« J’ai demandé une petite portion, a fait Trix.
– C’est la petite portion », a répliqué la serveuse.
Trix a affiché un petit sourire. « Je comprends maintenant comment ils justifient les frites au menu, dans un endroit réservé aux aliments issus de la vache.
– Il faut que vous finissiez vos assiettes, a marmonné Bob. Sinon, je vais être mal vu. »
Trix lui a adressé son plus gentil sourire. « Bob, je t’aime bien. Je fais de mon mieux pour te mettre à l’aise. Mais franchement, si tu crois que je vais avaler toute cette merde, tu peux venir aspirer mes pets, pigé ? »

Le monde de Charlie (livre)

Titre original : The Perks of being a Wallflower

Auteur : Stephen Chbosky (qui est aussi le réalisateur de l’adaptation de son propre livre)

Résumé : Au lycée,où il vient d’entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige ; pour les autres c’est juste un « freak ». En attendant, il reste en marge, jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : le voilà entré dans la danse…et tout s’accélère. (Source : Livraddict)


 

J’ai un peu hésité avant de lire Le monde de Charlie. J’avais vraiment beaucoup aimé le film (que je vous conseille donc), je savais qu’il y aurait comparaison entre les deux. Et puis la curiosité l’a emportée (comme d’habitude).

Alors, ce monde de Charlie ?

Chouette. Un très bon moment de lecture.

Bien sûr, ce n’est pas un monde idéal. Même si on ne peut pas vraiment comparer livre et film (un livre et un film ça n’a rien à voir, blablabla), je préfère tout de même le film (et puis il y a tout de même cette foutue manie de coller l’affiche du film en couverture de livre. Comment ne pas penser à l’autre en lisant l’un, je vous le demande…).

Bref, ici, Charlie, ado troublé (suicide du meilleur ami, mort de la tante préférée, vie sociale faible,…) écrit (ah oui, c’est un roman épistolaire) couche son quotidien sur des lettres qu’il envoie à … quelqu’un. D’entrée, j’ai tiqué. Qui est ce destinataire, quel intérêt de lui écrire,… ? C’est con comme tout, mais cet aspect m’a gêné. On sait pourquoi Charlie a choisi un inconnu mais je n’ai pas aimé.

Le style est, lui, très fluide, volontairement oral, sans aucune négation, des Y à la place des il, des phrases très simples,… C’est sympa, ça ne pique pas les yeux mais je ne sais pas. Ce style m’a gêné à certains moments, je l’ai aimé à d’autres (pas chiant le lecteur).

Non, en fait, la force du monde de Charlie (titre original (génial) : The perks of being a wallflower. Ne cherchez pas sur Google Traduction, cet abruti vous met le titre VF du livre en traduction française au lieu de traduire comme on lui demande. J’adore). Bref. La force du monde de Charlie c’est son fond. La justesse du ressenti, des actions, des caractères des personnages. De tout. C’est aussi ce qui m’avait plu dans le film d’ailleurs (en plus de l’interprétation. Entre autres choses). Certes, le livre a sa galerie de personnages formatés (l’enseignant cool et compréhensif, le père autoritaire,…) mais bon. Ça passe.

La force du Monde de Charlie, c’est de sortir du tas des bouquins banals sur l’adolescence et ses petits tracas. Le mélange des personnages décalés, de la place importante du Rocky Horror Picture Show et de la justesse de tonB fonctionne. Bon, honnêtement, un énième livre sur l’adolescence, ça l’est aussi. Mais le livre réussit à avoir un « petit plus ». Certes, on y retrouve pêle-mêle des thématiques bien originales (le rejet, l’homosexualité, l’amour, l’amitié, les relations de couple, la violence, la drogue,…) mais, il le fait bien.

Pour finir, ce monde de Charlie-ci n’aura pas été une déception par rapport au film ni le meilleur-livre-que-j’ai-lu-de-ma-vie. Un bon livre.

La chanson de Regina

Titre original : Regina’s song

Auteurs : David Eddings & Leigh Eddings

Date de parution : 2003

Résumé : Régina et Renata sont des jumelles aux liens très forts. Lorsque l’une d’entre elles – mais laquelle ? – est violée puis assassinée, l’autre sombre… (Source : Senscritique)


 

David Eddings (sans oublier Leigh) est (ou sont. Enfin bref…) un de mes auteurs favoris de fantasy. Belgariade/Mallorée/Préquelles sont de vrais bijoux.

Aussi, quand je suis tombé, totalement par hasard, sur La chanson de Regina, j’ai sauté sur l’occasion. Pas de fantasy mais un thriller fantastique. L’occasion parfaite de sortir de leurs sentiers battus.

Je n’ai pas retrouvé ce que j’avais ressenti avec leur fantasy, et certains éléments m’ont laissé dubitatif. Tout est beaucoup trop expliqué, trop bavard, trop de pages passées sur des situations banales, répétitives. On retrouve aussi le goût des Eddings pour former une communauté de personnages très liées, complémentaires avec un fort caractère. Sympathique, amusant, mais aussi un peu attendu.

L’histoire en elle-même est intéressante, originale, bien ficelée. Mais comme je l’ai écrit, aussi trop longue, trop bavarde. Les effets en sont un peu gâchés.

Heureusement, le temps passé à la lecture de la chanson est resté très agréable, le style sans être particulièrement brillant est toujours simple et plein d’humour dans les dialogues (là aussi, une autre caractéristique Eddingsienne).

Une excursion hors-fantasy que je ne regrette pas , loin de là, mais M. et Mme Eddings ont livré leur meilleur travail avec Belgarath & Cie.