Démolition

Réalisateur : Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club,…)

Acteurs : Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper,…

Synopsis : Davis Mitchell, un brillant investisseur, ressent une indifférence incompréhensible après le décès de sa femme dans un accident de voiture. Son comportement devient de plus en plus incohérent et il en vient à faire des confessions surprenantes dans une série de banales lettres de réclamation, qui finissent par attirer l’attention de l’employée du service clients, Karen Mareno. (Source : Allociné)

Date de sortie : 6 avril 2016


Touchant, et je n’écris pas ça souvent.

Même les moments plus lents, ou répétitifs font partie du charme du film (bon, on est d’accord que si je n’avais pas aimé, j’aurais appelé ça des longueurs).

Jake Gyllenhaal, encore une fois, épatant (ça devient lassant à écrire, j’ai l’impression de me répéter, mais à voir c’est que du bonheur). Pas une performance à la Night Call mais tout en nuances, demi-sourires, en regards,… Jouer un gars qui ne ressent rien mais qui se met a évoluer doucement, en même temps, ça exige un minimum de talent.

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The Big Short : Le Casse du siècle

Réalisateur : Adam McKay

Acteurs : Ceux de l’affiche + Hamish Linklater, Jeremy Strong, Marisa Tomei, Finn Wittrock, John Magaro,…

Synopsis : Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre hommes anticipent l’explosion de la bulle financière et vont parier contre les banques. (Source : Allociné)


Présenté comme un Ocean’s Eleven bis par des abrutis du service marketing qui ont aussi eu la bonne idée de mettre en sous-titre « Le casse du siècle » dans le titre VF, The Big Short n’est finalement ni l’un ni l’autre. Pour le coup, il y a de quoi être perplexe quand on voit le film. Que la communication ou même le titre soient pourris, on commence à avoir l’habitude. Mais quand ils trompent sur la démarche même du film, là faut quand même pas déconner. Y a des licenciements qui s’perdent…

Le film est assez étonnant dans la forme et déprimant dans le fond.

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Mistress America

Réalisateur : Noah Baumbach

Acteurs : Greta Gerwig, Lola Kirke, Matthew Shear, Michael Chernus,…

Synopsis : Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait… (Source : Allociné)

Date de sortie : 6 janvier 2016


Mistress America m’a donné l’impression d’être une comédie indépendante américaine typique, film parmi tant d’autres, reprenant les mêmes codes, les mêmes histoires, les mêmes interrogations, les mêmes personnages, les mêmes répliques,… sans rien de particulièrement mémorable mais sans être mauvais non plus.

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La vie très privée de Monsieur Sim (Leclerc)

Réalisateur : Michel Leclerc

Acteurs : Jean-Pierre Bacri, Valeria Golino, Mathieu Amalric, Isabelle Gélinas, Vimala Pons, Vincent Lacoste, Félix Moati,…

Synopsis : Monsieur Sim n’a aucun intérêt. C’est du moins ce qu’il pense de lui-même. Sa femme l’a quitté, son boulot l’a quitté. C’est alors qu’il reçoit une proposition inattendue : traverser la France pour vendre des brosses à dents. Il en profite pour revoir les visages de son enfance, notamment son premier amour, sa fille et son père et faire d’étonnantes découvertes qui vont le révéler à lui-même. (Source : Allociné)


La vie très privée de Mr Sim par Jonathan Coe est un petit bijou d’humour anglais et c’est délicieux.
La vie très privée de Monsieur Sim par Michel Leclerc est simplement un film français et c’est… pas pareil.

Et là, ça m’interpelle quand même : pourquoi lorsque c’est un écrivain anglais qui parle d’un quarantenaire en crise, ça fonctionne, voire même ça m’enchante d’avance et lorsque c’est écrit/réalisé par un français, ça m’emmerde d’avance ? Un anti-chauvinisme primaire ou est-ce que les anglais arrivent à saupoudrer leurs oeuvres d’un second degré salvateur tandis que les français restent désespérement terre-à-terre (parfois avec talent, ça n’empêche pas). Ou bien est-ce plus simplement « les goûts et les couleurs, mon bon monsieur ! » ?

Bref, le film, que vaut le film ?

Et bien d’abord il y a Jean-Pierre Bacri. Dans le rôle d’un gars dépressif. Un rôle to-ta-le-ment à contre-emploi donc. Alors oui, Bacri jouant M. Sim c’est d’une telle non-surprise, que ça fait lever les yeux au ciel. Seulement, à force d’habitude ou non, ça fonctionne plutôt pas mal. Le personnage est attachant, à claquer aussi parfois (le fameux combo attachant-exaspérant, là aussi une formule originale). Ce n’est pas « mon » monsieur Sim, celui que j’avais imaginé à la lecture du roman, mais ce monsieur Sim de Michel Leclerc a aussi ses bons côtés. Et puis ça fait quand même plaisir de revoir Jean-Pierre Bacri.

Je dois préciser que j’ai été agréablement surpris dès le début du film. De l’intérêt de m’être dit sur mon chemin jusqu’à la salle « Ils vont me saloper le boulot, ils vont ruiner le bouquin de Jonathan » (oui, je l’appelle Jonathan parfois). L’humour y est, et ça pour La vie très privée de monsieur Sim, c’était quand même un incontournable. Alors, certes, ce n’est pas l’humour fin et anglais de Jonathan Coe, mais l’idée est là.

Il est juste dommage que petit à petit, pendant que l’oiseau fait son nid, le temps lui-même commence à se être long. La faute à un film trop lisse, trop gentil, mal rythmé (entre scènes trop longues et scènes répétitives avec le GPS), trop artificiel dans le road trip et les réunions de cet homme avec son passé ; son amour de jeunesse (scène ratée, inaboutie, semblant sans enjeux alors que merde, c’est son amour de jeunesse). Enfin, l’éparpillement entre les différentes intrigues donne une impression de sous-utilisation de certains personnages ou un sous-développement de certaines intrigues.
Heureusement, les différents flash-backs fonctionnent bien et redynamisent l’histoire.
Malheureusement, les « conversations » de Sim avec son GPS ne fonctionnent pas, au contraire du livre.
Re-heureusement : le film garde une certaine légèreté qu’il arrive bien à équilibrer avec les moments plus mélancoliques. Et ça, c’est pas simple.
Re-malheureusement : la fin. Michel Leclerc donne l’impression d’avoir été lui-même surpris d’y être arrivé si vite en me laissant donc l’impression d’une fin bâclée.

C’est finalement, pour les lecteurs du livre de J. Coe, une adaptation semi-réussie. Car le film reste divertissant, porté par un Bacri en forme. Mais, même s’il n’a pas de gros défauts qui tâchent, la rencontre entre Jonathan Coe et le réalisateur du nom des gens aurait pu donner mieux que ça. Pour les autres, un film qui n’a clairement pas à rougir.

L’homme irrationnel

Réalisateur : Woody Allen

Acteurs : Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey et les autres ne valent pas vraiment d’être mentionnés (et bim)

Synopsis : La relation tumultueuse entre un professeur de philosophie en pleine crise existentielle et sa jeune étudiante, dans une université de campagne. (Source : Allociné)


Et le Woody Allen 2015 arriva, réglé comme une horloge (américaine cette fois).

Il fallut environ 30 minutes pour que je prenne conscience que je m’emmerdais.

Pour le coup, je n’avais aucune connaissance du film ; bande-annonce pas vue, synopsis et critiques pas lus. Mes a prioris étaient positifs sur le duo d’acteurs Joaquin Phoenix/Emma Stone et positivement neutres sur Woody Allen.

Alors, que s’est-il passé ?

D’abord, le Cliché joué par Joaquin Phoenix de l’intellectuel, prof de philo, déprimé, n’attendant rien de cette chienne de vie, qui voit tout en noir,… Des personnages comme ça, il en existe des milliers et celui-ci ne fait clairement pas partie des plus réussis. Joaquin Phoenix, acteur pourtant très talentueux, n’a donc pas grand-chose à se mettre sous la dent (si ce n’est de la bière à en juger par le ventre proéminent qu’il exhibe) et échoue même totalement à retranscrire à l’écran le charisme dont son personnage est censé être doté.

Ensuite, l’intrigue. Simple. Il ne se passe quasiment rien durant le premier tiers du film. Que la phase de plantage du décor prenne son temps, ce n’est pas gênant en soi, mais là le cadre et les personnages n’ont rien d’extraordinaire ou même de simplement réussi (le milieu universitaire, la relation Emma Stone/petit-ami d’Emma Stone qui semblent avoir autant d’affinité qu’une poule et un couteau), l’ennui est donc venu assez vite.

Woody Allen a une façon bien particulière de faire ses films, avec des répliques travaillées, une ambiance légèrement artificielle (ceci n’est pas un reproche) et habituellement ces éléments ne me dérangent pas, au contraire il y a un certain charme. Mais là, les personnages pas intéressants, les acteurs principaux peu inspirés (à la différence des acteurs secondaires totalement transparents, Parker Posey exceptée), ça faisait beaucoup.

Même les acteurs semblent dépités.

Et puis finalement, un semblant d’intrigue a pointé le bout de son nez avec un élément déclencheur assez prometteur qui donnait vie au personnage de Joaquin Phoenix. Un espoir vite éteint, tant la manière de l’aborder a été lisse et surexpliquée à défaut de développée. Les conséquences psychologiques et relationnelles rappellent trop Match Point ou Le rêve de Cassandre à mon goût et manquent surtout de consistance.

On est certes dans une comédie légère (dans le fonds comme dans la forme) et l’aspect thriller était intéressant mais il y a cette impression persistante que Woody Allen s’est laissé aller à la facilité. Heureusement, le dénouement est réussi – bien qu’attendu – il est dommage que la toute dernière scène m’ait aussi donné cette impression de cliché.

J’en veux quand même à Woody Allen, pas pour le fait que tout est trop facile, vite expédié ou peu développé, mais pour la façon dont il s’est (mal) servi de deux acteurs talentueux. Le choix des personnages par rapport aux acteurs est attendu (comme pour Magic in the Moonlight mais ça ne m’avait pas gêné) et les deux ne peuvent finalement pas faire de miracle.

L’idée du film était intéressante. On ne partait pas sur un film majeur de Woody Allen mais le scénario semble être resté au stade d’esquisse. C’est dommage car on sent l’esprit Woody Allen à plein nez. Tout comme sa paresse.

Une belle fin

Titre original : Still Life

Réalisateur : Uberto Pasolini

Acteurs : Eddie Marsan,… pis c’est quand même à peu près tout.

Synopsis : Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May a pour mission de retrouver les proches des personnes décédées sans famille connue. Malgré sa bonne volonté, il est toujours tout seul à leurs obsèques, à devoir rédiger leurs éloges funèbres… Lorsque son patron s’apprête à le licencier, John décide de redoubler d’efforts sur un cas qui va changer son existence et prouver qu’il n’a pas totalement dit son dernier mot. (Source : Allociné)


 C’est beau quand un film laisse exactement la même impression que son personnage principal. Sauf qu’ici, John May, est assez terne et aussi charismatique que la boîte de thon qu’il s’enfile à chaque repas (mais avec une tranche de pain de mie grillée, monsieur est audacieux). Bon je suis méchant d’entrée, mais le film s’en sort plutôt bien.

En gros, Une belle fin, c’est l’histoire d’un type qui a une vie pourrie et qui s’occupe de l’enterrement des autres gens qui ont eu une vie pourrie et dont la mort ne gêne l’entourage que par l’odeur. Heureusement, John May peut compter sur tout le soin et l’amour qu’il porte à son travail. Et heureusement, parce qu’à côté, il n’a strictement rien ni personne.

Ça aussi, c’est à l’image du film ; déprimant. Du début jusqu’à la fin. Une belle fin certes mais pas bien joyeuse quand même.

Le début du film pose bien la situation, on cerne le quotidien vide du personnage, son boulot triste (ah oui, il est chargé de s’occuper des enterrements des gens qui n’ont personne et essaie de trouver quelques proches pour y assister (pas beaucoup de succès de ce côté-là)) Et puis, élément déclencheur : « Mon pote, t’es viré, l’affaire que tu as actuellement (et qui concerne comme de par hasard quelqu’un qui habite en face de chez lui, dans le même type d’appartement, identification toussa toussa,…) sera la dernière. » Bim.

Et là, ça devient plus intéressant (pas que ça ne l’était pas avant mais ça bouge – un p’tit peu – plus disons). John May va donc voir tous les gens qui ont pu connaître le défunt et reconstitue la vie du type.

Bon, vous l’avez compris, en soi, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. L’anti-héros (très, très) solitaire, (très, très) organisé qui en apprend sur lui à travers la recherche sur quelqu’un d’autre, et qui petit à petit se déride et ose quelques petits trucs c’est du déjà vu. Heureusement à partir de l’élément déclencheur, le scénario bouge un peu plus.

Bref, assez de fond, que vaut la forme ? Ben c’est pas mal. Aucun vrai défaut, mais un manque d’épaisseur. Une comédie dramatique introspectivo-dépressive dans toute sa splendeur. Ce n’est pas mauvais du tout, loin de là ; bon acteur (les seconds rôles sont plutôt du genre invisibles), bande originale très agréable, bons plans, bonnes idées, bonne fin. L’esthétique est plutôt soignée. La réalisation s’agite aussi un peu plus à partir du moment où le personnage se réveille (Oooooh, comme c’est bien pensé).

Alors oui, c’est agréable sans être transcendant, ça peut aussi facilement coller le bourdon. Et malgré ses imperfections, ça reste un film touchant, qui dans le rapport qu’on entretient à la mort montre aussi celui qu’on entretient à la vie (blablabla, enfin, là c’est bon, je suis sûr que vous voyez quel genre de film c’est, surtout après avoir vu la bande-annonce que j’ai fait l’effort d’intégrer à l’article !).

Mais merde quand même, le gars de 45 piges qui vit comme un moine et ne bouffe que du thon en boîte avec une pomme en dessert, n’a aucun passe-temps, rien… ça sent le scénariste qui tape dans le tiroir à clichés.

Inherent Vice

Réalisateur : Paul Thomas Anderson

Acteurs : Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro, Reese Witherspoon, Jena Malone, Martin Short,…

Synopsis : Los Angeles, années 70. Doc Sportello, un détective privé addict à la drogue, se retrouve mêlé à une affaire de disparition. (Source : Allociné)


Inherent Vice est un film assez exceptionnel (oui, cette critique sera sur un mode « Inherent Vice, c’est cool », je précise car ce film semble donner des réactions « j’adore » ou « je déteste »).

Joaquin Phoenix est une fois de plus à 10 kms au-dessus de la mêlée, Paul Thomas Anderson a une maîtrise de la mise en scène assez folle, la photographie est léchée comme c’est pas permis, quantité de seconds rôles ne déméritent pas non plus, et pour finir Inherent Vice est une sorte d’hybride entre The Big Lebowsky, à peu près n’importe quel film des frères Coen (Fargo disons) et un concert de Woodstock.

Bref, c’est foutraque, cool, planant, souvent drôle. Mais… je n’ai pas compris la moitié du scénario. Dans les grandes largeurs si, mais après, définitivement non. Ça foisonne de personnages, de sous-intrigues, ça part dans tous les sens, avec juste un petit fil rouge autour d’une femme. Et lorsque le personnage principal, défoncé en permanence, semble tout comprendre mieux que moi, je m’interroge sur mes capacités intellectuelles. J’aurais sans doute pu faire un p’tit effort mais honnêtement, c’est le genre de film où je préfère me laisser porter jusqu’à la fin.

Le plus marrant, c’est que j’ai toujours été pris dans les fumées d’Inherent Vice. Comme si l’effet planant de ce film à l’ambiance si particulière déteignait sur la salle (bon, pas toute, au moins 3 personnes sont sorties durant le film). Je ne dis pas que sur 2h30 je n’ai pas eu 1 ou 2 moments hors de l’histoire mais globalement je n’arrive moi-même pas à comprendre comment Paul Thomas Anderson a réussi à faire un scénario aussi bordélique tout en maintenant mon attention.

Quoique ça a peut-être un lien avec cette ambiance hippie si bien portée à l’écran, toutes ces répliques complètement absurdes, ces personnages décalés et/ou crétins , cette narration particulière et cet art du dialogue. Et Joaquin Phoenix bordel de merde… (Bon, y a Josh Brolin qui est cool aussi mais bon. Joaquin Phoenix quoi !).

Envie de le revoir, de repartir pour un trip Inherent Vice. En branchant mon cerveau. Envie de revoir Joaquim Phoenix. Envie de me marrer à nouveau. Envie d’apprécier encore une fois le film. Même si je me suis senti un peu con de ne pas tout piger… Merde, c’était quand même très bon !