La La Land

Réalisateur : Damien Chazelle

Acteurs : Emma Stone, Ryan Gosling, J.K. Simmons (mais lui, ça fait vraiment rôle tertiaire pour le récompenser d’avoir fait de Whiplash un si bon film)

Résumé : Une jeune femme qui veut devenir actrice rencontre un jeune homme qui veut ouvrir son club de jazz, parce qu’il n’aime que le jazz et rien que le jazz, se rencontrent, dansent, chantent et essaient d’atteindre leur rêve chacun de leur côté mais ensemble.


My goodness, he’s back !

Oui, alors, non, pas vraiment, c’est juste que j’avais besoin d’en causer, et donc, évidemment, au lieu de le laisser pourrir sur mon ordinateur, d’en faire profiter un maximum de personnes.

Alors, pourquoi ce besoin de partager ? Parce que  pourquoi je suis passé à côté de La La Land et que c’est révélateur de quelque chose *suspense*.

La La Land est révélateur d’un problème qu’on connaît tous assez bien, je pense. J’ai décidé de l’appeler le « syndrome Helsinki », de l’espagnol « el » (le) et de l’anglais to sink (couler), que je traduis par « le naufrage des grandes attentes ». Je m’explique.

J’avais adoré Whiplash (de Damien Chazelle), brillant à plus d’un niveau ; psychologie des personnages, et surtout ce qu’il me faisait ressentir, qu’il s’agisse de frustration, de colère, de joie,…. C’était un film exceptionnel, pour un réalisateur qui s’annonçait donc tout aussi bon.
En plus de ça, le couple star, Emma Stone et Ryan Gosling, sont deux acteurs que j’affectionne tout particulièrement, que ce soit pour leur talent à jouer des rôles dramatiques aussi bien que comiques ou leur alchimie cinématographique.
Bon, par contre, je ne suis pas un fan pur et dur des comédies musicales mais suffisamment (Singing in the rain, Les chansons d’amour, The Rocky Horror Picture Show, The Blue Brothers) pour espérer aimer celle-là.
J’essaie aussi dans la mesure du possible de ne pas tenir compte des critiques avant d’aller voir un film, mais le maxi gros hyper méga battage médiatique autour du film m’a atteint, à mon grand dam.

« Bon, il parle quand du film ? – Chhhhhhut, c’est intéressant ce qu’il dit ! »

Evidemment, ce qui devait arriver, arriva. Le film débute, petit plan-séquence musical sympathique et c’est parti. Et là, pschhiiiit, je ne suis pas dans le film, enfin si, mais par moments seulement, donc ça ne compte pas.

Pourtant, le film a des points positifs évidents : Bien réalisé, bien joué, une bande originale qui reste en tête (que j’écoute depuis ma séance au cinéma aussi, ça doit jouer).

La La Land est une comédie musicale typique, et pourtant essaie de se placer à part. Le film joue le jeu et sur les codes du genre : Une romance – classique -, une histoire qui tourne sur les rêves d’une vie, artistique of course, des gens gentils, des couleurs vives, de beaux couchers de soleil, et plein d’émotions.

Là où le film s’essaie à plus que ça est pourtant assez intéressant : le cassage de la conclusion de certaines scènes-clés (le premier baiser,…) par des éléments perturbateurs, cette volonté de montrer que tout est illusion (le personnage est devant un paysage magnifique… qui s’avère n’être qu’une affiche ou un décor) ou sur le dénouement de l’histoire lui-même. L’effort est appréciable, original mais m’a quand même semblé parfois trop artificiel, trop forcé. Le potentiel comique de plusieurs de ces effets est indéniable mais ce message du film insistant sur l’illusion du monde qu’il crée a eu la manie de me faire sortir du film tout en me laissant admiratif de la méthode.

Le film m’a aussi semblé trop se complaire dans certains effets, notamment sur son utilisation de la lumière et de cette manie de faire le noir total excepté un projecteur braqué sur un personnage. Je me dis que cette artificialité est liée au genre (sur les décors ou les couleurs très vives) ou au lieu de l’histoire (Los Angeles, ville du spectacle). Trop timide aussi parfois, sur la quantité ou l’audace des scènes chantées/dansées.

Pourtant, je me dis que cette timidité sur ces scènes-là est voulue : Emma Stone et Ryan Gosling ne sont ni chanteurs ou danseurs, et le film joue tout autant sur son côté musical que sur l’équilibre film traditionnel/hommage aux comédies musicales d’antan et la modernité dont il fait preuve (critique du monde du spectacle, de Los Angeles et des castings, inclus). C’est, au final, comme si cette romance classique était un prétexte amusant, un loisir de Damien Chazelle pour dépoussiérer un genre et lui rendre hommage tout en critiquant le monde dont il vient.

Le film est techniquement, visuellement magnifique, sa fin est brillante à plus d’un titre [Spoiler] à la fois un « Et si » les personnages avaient pris une autre décision et un « Et si » ce film avait été vraiment été tourné à la Hollywood [Fin du spoiler], il sait surprendre et faire preuve de classicisme, être entraînant ou mélancolique.

Voilà ce qui est énervant : je pense avoir aimé le film mais j’aurais aimé l’avoir adoré, j’aurais adoré sortir enthousiasmé, et ce que je trouve « intéressant mais forcé », je l’attribue au fait d’être passé à côté dès le début. C’est là où notre perception d’un film peut se révéler assez casse-couilles : suivant notre état d’esprit, nos attentes, le moment du visionnage, si on a faim ou non, on trouvera tel effet, telle histoire ou tel personnage réussi ou raté. Et La La Land me semble être en plein dans ce cas.

Il y a quand même une chose qui transcende ces atermoiements : Damien Chazelle, comme le montrait déjà Whiplash, sait filmer la musique. Ou plutôt, sait filmer les musiciens en action ; ses gros plans, sa gestion du montage, je trouve sa manière de faire brillante.

Et parce que, j’ai eu le temps de bien digérer tout ça, et que je veux en profiter, je retourne le voir dans quelques jours. Faut quand même pas déconner.

Café Society – The Nice Guys – Julieta

Pour faire (encore plus) court : 1 film sympathique, 1 très bon film, 1 excellent film !

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Money Monster

Réalisateur : Jodie Foster

Acteurs : George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell, Dominic West, Caitriona Balfe,…

Synopsis : Lee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs… (Source : Allociné)


Money monster, ou quand le mélange des genres débouche sur quelque chose d’étrange. Et de raté. (« Wow, il attaque fort ! »)

Je ne m’attendais a rien de précis en allant voir le film, pas vu la bande annonce, juste lu le synopsis, et même après avoir vu le film je ne sais pas qul est le but ou le message. S’il y en a un.

Thriller ? Dénonciation de la finance ? De la collusion entre médias et entreprises ? Simple divertissement ou film politique ? Le problème c’est que le film semble vouloir jouer sur les 2 tableaux sans y arriver. Résultat il se retrouve le cul entre deux chaises et moi à me demander ce que j’ai regardé.

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Dalton Trumbo – Les malheurs de Sophie

Parce que pas d’inspiration pour faire une critique par film, parce que pas envie de me creuser la tête non plus et enfin parce qu’envie de parler de Ma Loute et de Money Monster assez rapidement : un rapide avis sur Dalton Trumbo et Les malheurs de Sophie. 🙂

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Green room

Réalisateur : Jeremy Saulnier (Blue Ruin,…)

Acteurs : Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, Macon Blair, Mark Webber,…

Synopsis : Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires (Source : Allociné)


Blue ruin était déjà bluffant, d’un réalisme fort, avec une violence magnifiée par la maîtrise de la réalisation, et Green Room ? Pareil. La différence est qu’on passe d’un film de vengeance d’un homme à un film de survie d’un groupe.

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Maggie a un plan

Réalisateur : Rebecca Miller

Acteurs : Greta Gerwig, Ethan Hawke, Julianne Moore, Bill Hader,…

Synopsis : Maggie a bien l’intention de faire un bébé toute seule, mais elle rencontre John, professeur anthropologie et écrivain en devenir, dont elle tombe amoureuse.
John, lui, n’est pas très heureux en mariage avec la tumultueuse Georgette. Il la quitte pour Maggie, qui attend désormais un bébé, mais après quelques années de vie commune, Maggie a un autre plan en tête et aimerait jeter à nouveau John dans les bras de Georgette. (Source : Allociné)


Je commence à beaucoup apprécier Greta Gerwig, sans comprendre pourquoi. Je n’ai pour le moment eu un coup de coeur sur aucun de ses films, Maggie a un plan compris. J’attends aussi de la voir dans un film qui ne soit pas une comédie dramatique bobo new-yorkais néo-woodyallienne. Mais elle dégage quelque chose , un je ne sais quoi qui fait que j’y reviens et que j’ai toujours envie d’y revenir. Peut-être l’espoir que son prochain personnage sera enfin différent du précédent ou de celui d’avant ?

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Captain America : Civil War

Réalisateurs : Anthony Russo & Joe Russo

Acteurs : Est-ce bien la peine ?

Synopsis : À la suite d’une intervention des Avengers qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision.
Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe. (Source : Allociné)


Je pensais attendre plus longtemps avant de me jeter sur le dernier Marvel et 3e Captain America officiel/3e Avengers officieux. Et puis, en fait… non.

Fait étrange, je ne suis pas sorti de la salle des étoiles plein les yeux à me demander quand je retournerais le voir. J’aime le MCU (Marvel Cinematic Universe), j’ai aimé le 2e Avengers (qui a divisé semble-t-il), j’ai même trouvé Ant-man sympa. Et Civil war ?

Civil war est le pur produit d’années d’expérience Marvel, il est quand même difficile de vraiment se planter. Le film réussit a brasser des super héros à la tonne sans s’emmêler les pinceaux et à en introduire de nouveaux assez réussis (me voilà à peu près réconcilié avec Chadwick Bosman depuis Gods of Egypt). Tout est bien calibré, tout va bien.

Ou presque. Déjà parce que les super héros se mettent sur la gueule et ensuite parce que le scénario est un traître. Pas par rapport aux comics, que je n’ai pas lus, mais par rapport a son potentiel. Iron man, Captain America and co commencent à se déchirer sur un point politique : l’encadrement des super héros/justiciers par l’ONU et la fin de leur association privée de cow-boys. Les points de vue sont intéressants, la machine commence à se lancer, et puis… pouf plus rien. Les accords, les divergences politiques passent à la trappe et une autre intrigue prend le pas. Et pas la plus intéressante. D’autant plus sur la fin avec toute la scène « bunker » qui repose sur la mise au placard des principes d’un personnages, mais aussi, et c’est pire, de la chance ou au moins un pari du « méchant ».

Heureusement, les combats sont excellents, caméraman avec parkinson excepté (cette manie de filmer de l’action hyper-rapide, caméra à l’épaule, c’est assez énervant/gerbant), mais voir du super héros se taper sur la tête, ça par contre, j’aime bien (les plaisirs simples) d’autant plus quand c’est bien fait. Mais là aussi, Civil War se prend un peu les pieds dans le tapis. Ne serait-ce que le grand (et réussi) combat de l’aéroport où le minimalisme du décor permet de mettre en valeur des combats d’envergure et diversifiés mais où le manque d’engagement des protagonistes réduit à zéro toute tension. Ils n’en sont pas à s’excuser à chaque coup mais presque. Après, je ne vais pas hurler que je veux des morts et du sang, on va me regarder de travers.

A noter, l’évolution des deux leaders, Tony Stark, qui si il garde son humour, évolue en un bonhomme plus sombre et moins bouffon et Captain America, moins Boy scout et avec un côté cow-boy texan. C’est là aussi, qu’on sent la force du MCU, film après film, les personnages prennent de l’épaisseur. Tous ? Non, car un personnage continue de se faire latter la tronche par les scénaristes. Hawkeye, qui avait eu droit à un beau développement sur Avengers 2 redevient ce personnage sans développement et relégué en second plan. Retraité le gars ? Rien à faire, il faut du monde, y a qu’à dire que tout ce qui était important pour lui avant ne l’est plus maintenant, on s’en fout il n’a jamais eu son propre film…

Civil war n’est pas non plus THE bouleversement dans le MCU, c’est dommage (toujours ce manque d’enjeux et de tension). Certes la situation à la fin n’est pas la même qu’au début (déjà parce que les personnages sont un peu plus âgés… non ?) mais c’est finalement beaucoup plus fin (pas au sens « subtil » mais plutôt « tout ça pour ça ? ») que ce que j’avais imaginé. Le film aurait mérité plus de prise de risques surtout vu le sujet abordé mais tant pis. C’était un bon Marvel quand même et ça m’a fait bien plaisir.