Inherent Vice

Réalisateur : Paul Thomas Anderson

Acteurs : Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro, Reese Witherspoon, Jena Malone, Martin Short,…

Synopsis : Los Angeles, années 70. Doc Sportello, un détective privé addict à la drogue, se retrouve mêlé à une affaire de disparition. (Source : Allociné)


Inherent Vice est un film assez exceptionnel (oui, cette critique sera sur un mode « Inherent Vice, c’est cool », je précise car ce film semble donner des réactions « j’adore » ou « je déteste »).

Joaquin Phoenix est une fois de plus à 10 kms au-dessus de la mêlée, Paul Thomas Anderson a une maîtrise de la mise en scène assez folle, la photographie est léchée comme c’est pas permis, quantité de seconds rôles ne déméritent pas non plus, et pour finir Inherent Vice est une sorte d’hybride entre The Big Lebowsky, à peu près n’importe quel film des frères Coen (Fargo disons) et un concert de Woodstock.

Bref, c’est foutraque, cool, planant, souvent drôle. Mais… je n’ai pas compris la moitié du scénario. Dans les grandes largeurs si, mais après, définitivement non. Ça foisonne de personnages, de sous-intrigues, ça part dans tous les sens, avec juste un petit fil rouge autour d’une femme. Et lorsque le personnage principal, défoncé en permanence, semble tout comprendre mieux que moi, je m’interroge sur mes capacités intellectuelles. J’aurais sans doute pu faire un p’tit effort mais honnêtement, c’est le genre de film où je préfère me laisser porter jusqu’à la fin.

Le plus marrant, c’est que j’ai toujours été pris dans les fumées d’Inherent Vice. Comme si l’effet planant de ce film à l’ambiance si particulière déteignait sur la salle (bon, pas toute, au moins 3 personnes sont sorties durant le film). Je ne dis pas que sur 2h30 je n’ai pas eu 1 ou 2 moments hors de l’histoire mais globalement je n’arrive moi-même pas à comprendre comment Paul Thomas Anderson a réussi à faire un scénario aussi bordélique tout en maintenant mon attention.

Quoique ça a peut-être un lien avec cette ambiance hippie si bien portée à l’écran, toutes ces répliques complètement absurdes, ces personnages décalés et/ou crétins , cette narration particulière et cet art du dialogue. Et Joaquin Phoenix bordel de merde… (Bon, y a Josh Brolin qui est cool aussi mais bon. Joaquin Phoenix quoi !).

Envie de le revoir, de repartir pour un trip Inherent Vice. En branchant mon cerveau. Envie de revoir Joaquim Phoenix. Envie de me marrer à nouveau. Envie d’apprécier encore une fois le film. Même si je me suis senti un peu con de ne pas tout piger… Merde, c’était quand même très bon !

Whiplash

Réalisateur & scénariste : Damien Chazelle

Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons

Synopsis : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… (Source : Allociné)

Bande-annonce


 

Une critique de Whiplash ne peut commencer que par un cri du coeur. MON DIEU QUE CE FILM EST BON.

D’abord, il y a la bande-annonce à regarder. Parce qu’elle retranscrit bien le concentré d’énergie, de tension et de beauté musicale dont le film transpire.

Ensuite, il y a la bande originale à écouter (c’est par là sur Deezer). Parce qu’elle est magnifique, tout simplement. Parce que du jazz comme ça, j’en redemande, et parce que mariée à la tension de Whiplash ça crée une ambiance de malade.

Whiplash parle de jazz, de musiciens, d’un batteur. Whiplash parle d’un jeune de 19 ans, élève dans la meilleure école de musique de New-York, et qui est remarqué par le meilleur prof de la dite école, prof qui a en charge un groupe d’élite qu’il mène d’une main de fer (dans un gant de fer). Mais là n’est pas toute l’histoire.

Car ce serait oublier de dire que Terrence Fletcher (le prof) fait passer le sergent major de Full Metal Jacket pour un enfant de chœur, ce serait oublier de dire qu’Andrew Neyman (l’élève) a en lui une détermination à être « parmi les meilleures » qui frise (ou tombe dans) l’obsession la plus extrême. Face à deux personnalités aussi fortes (et aussi odieuses), il n’y a qu’une issue : Whiplash est un fantastique film sur un duel entre deux egos. Sur fond de jazz.

Pour faire honneur à deux personnages pareils, il fallait deux acteurs d’exception. Et c’est le cas. D’un coté, il y a J.K Simmons, habitué des seconds rôles notamment chez Jason Reitman (producteur executif du film. Coincidence ?). Absolument magistral, hallucinant, charismatique, écrasant,… bref, qui a trouvé un rôle à sa mesure. Et Miles Teller, que j’ai plus connu dans des rôles moyens dans des films moyens (Divergente, The Spectacular Now,…), jamais transcendant. Jusque là. Un acteur que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui livre ici une sacrée performance, à la hauteur de son aîné.

Whiplash est l’oeuvre d’un jeune inconnu (ah si, il a scénarisé Le Dernier exorcisme : Part II, pardon) mais a tout de l’excellent film, maîtrisé à tous les niveaux.Une photographie léchée comme c’est pas permis, des plans et une façon de filmer la musique qui laisse franchement admiratif, un art de la tension comme j’en ai rarement vu. Le film m’a d’ailleurs fait penser à Black Swan sur ce point.

Du tout début, du roulement de baguettes sur fond noir jusqu’à la toute fin, la tension ne baisse pas. C’est d’ailleurs assez étonnant pour être souligné : le film n’a pas d’introduction, il attaque directement son sujet. Puis c’est le tourbillon ; entre admiration, manipulation, haine, respect, torture psychologique, dépassement (extrême) de soi, rien n’est épargné. Après avoir vu le film, si son énergie ne m’a pas surpris (merci à la bande-annonce), sa dureté psychologique si.
C’est aussi très fort de subtilité ; le harcèlement de Fletcher, l’attitude de Neyman, on les déteste, on les comprend ou on compatit (parfois) mais jamais le film ne cède à la facilité.

Tout au plus, regretterai-je des personnages secondaires assez transparents, du père d’Andrew Neyman à sa petite amie tellement bouffée par les ellipses qu’elle en devient anecdotique, tout au plus à valeur d’illustration de la mentalité d’Andrew. Bref, rien ni personne ne survit au duel des deux personnages.

Le duo d’acteurs magistral, la tension magnifique, le jazz, genre musical parfait dans le cas présent, le final en mode « bombe atomique », l’esthétique du film. Autant d’éléments qui font de Whiplash un des meilleurs films de 2014. A voir, à écouter.

Men, Women & Children

Réalisateur : Jason Reitman

Acteurs : Emma Thompson, Adam Sandler, Judy Greer, Ansel Elgort, Kaitlyn Dever, Rosemarie DeWitt, Dean Norris,…

Synopsis : Décrit la vie de lycéens et de leurs parents.


 Men, Women & Children : 6e film de Jason Reitman (qui semble très prolifique en ce moment, Last Days of Summer étant aussi sorti cette année) et énième film-choral sur les relations entre adultes et entre adolescents, cette fois via Internet.

Le problème de films comme celui-ci, qui essaie à travers la vie de quelques familles, de dépeindre des problèmes universels, c’est qu’il vaut mieux éviter les clichés et les banalités. Ce que n’évite pas (totalement) Men, Women, etc…

La galerie de personnages est assez inégale dans son intérêt et ses nuances, mais reste globalement plutôt réussie. Il y a d’abord la fille anorexique qui n’a d’yeux que pour le connard n°1 du lycée, footballeur, bien évidemment. On aura aussi la pom-pom girl/mannequin et sa mère/photographe/webmaster/agent/(maquereau ?) avides de célébrité.
Nous continuons avec l’ado – lui aussi footballeur – amateur de vidéos porno « déviantes », au contraire de son père qui est plus sur un combo porno classique/prostituées et de sa mère qui est, elle, amatrice de rencontres d’un soir ou deux, par Internet of course. Bref, la famille heureuse et épanouie dont le seul rapport à Internet se résume au sexe. Pourquoi pas.

On a aussi droit au personnage le plus con de toute la création, incarné par Jennifer Garner qui répond à la connerie du personnage par l’insipidité de son jeu. L’idée de ce personnage est de fliquer sa fille sur l’intégralité de ses communications, à recevoir les messages de celle-ci pour les supprimer, la traquer par géolocalisation, éplucher son ordi durant des heures, imprimer 50 pages de transcription de chat,… A ce niveau-là, ce n’est plus un balai dans le cul, c’est toute la clique de l’apprenti sorcier. Et pour le coup, le personnage est tellement caricatural et intégriste qu’il ne sert à rien si ce n’est peut-être donner un peu de suspense à la romance de la fille avec un autre ado, à l’histoire familiale chargée et qui passe son temps à jouer à Guild Wars (ce que ne comprend pas le papa qui préférerait que fiston aille jouer au foot, blablabla).

Certains personnages sont intéressants car nuancés, d’autres sont clichés. Bref, le tout est inégal. Et c’est dommage car l’intégration des navigations internet, des conversations SMS, bref de toute la partie numérique est très bien retranscrite à l’écran, le montage entre les différentes familles est impeccable et le casting, Jennifer Garner excepté, est excellent. Même Adam Sandler est juste. C’est dire.

Men, Women & Children a vraiment du potentiel sur l’idée, il y a de bonnes choses, les 2h passent assez vite, l’idée de la voix off et son ton décalé fonctionne très bien, la mise en scène est agréable et esthétique, les dialogues sont globalement bons et déclenchent souvent des rires dans la salle.

Après… 80% de l’usage d’Internet est résumé au sexe/aux sites pro-ana ou aux jeux vidéo (bon, on est d’accord que voir quelqu’un faire une recherche, consulter ses mails ou regarder des vidéos sur Youtube c’est pas bien passionnant), Guild Wars, normalement MMORPG gratuit, devient payant durant une scène, et les amateurs de porno semblent ne pas connaître l’option « Navigation privée » de leur navigateur. Le film a même tendance à dégager une impression de cliché dès qu’Internet entre en jeu. Pas sur tout évidemment mais suffisamment pour ajouter de la perplexité au divertissement.

Si le film n’est pas un film sur Internet mais bien sur les relations sociales ; Internet ne change au final pas grand-chose mais amplifie des problèmes déjà existants, il manque quand même de consistance et de développement sur la durée. Jason Reitman a aussi tendance à un peu trop forcer le trait, trop expliquer, quitte à passer pour moralisateur et chiant ou passer rapidement sur certains aspects du scénario. De plus, l’inégalité qui ressort fait dire « C’était vraiment bien, mais… en fait non, c’est juste sympa parce que quand même y a ça qui… ».

Night Call

Titre VO : Nightcrawler

Réalisateur & scénariste : Dan Gilroy

Acteurs :  Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton,…

Résumé : Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite… (Source : Allociné)

Bande-annonce
(qui en dévoile beaucoup, mais on sent bien l’ambiance quand même…)


 

Il était normalement prévu que j’aille voir Le Domaine des Dieux… mais un concours de circonstances (tout à fait passionnantes) a fait que je me suis retrouvé à (choisir d’)aller voir Night Call. Peu de points communs entre les deux mais je ne pense pas avoir perdu au change.

Night Call, c’est l’histoire de Lou Bloom, un type qui cherche sa voie mais qui a déjà décidé que la morale il s’asseyait dessus. Sans passer par les conseils avisés de Pôle Emploi, il passe de voleur de ferraille à paparazzi amateur. Et pas pour les stars mais pour les accidents, meurtres et autres événements sanguinolents. Premier arrivé sur les lieux avec pompiers et policiers. Bref, du bon gros vautour. Qui revend ensuite ses délicieuses images aux sangsuses de la télévision.

Je ne suis pas connaisseur de nos programmes télévisés mais il ne me semble pas que ce niveau de trash soit sur nos écrans. Ce qui en fait/ferait un film sur un phénomène américain. Heureusement, cette spécificité n’atténue pas du tout le malaise que peut provoquer Night Call. Le métier et ses implications pas morales pour deux sous ont finalement une portée assez universelle.

J’ai écouté une interview de Jake Gyllenhaal il y a quelques jours où une journaliste faisait une comparaison entre Night Call et Taxi Driver.
Loin de moi l’idée de jouer aux « Ce film s’inspire de/rend hommage à/… » (on y voit trop souvent ce qu’on veut y voir) mais j’avoue que durant le visionnage, j’ai d’abord (effectivement) pensé à Taxi Driver (pour le personnage dérangeant), puis à Drive (pour l’ambiance et la voiture. Non, ça ne va pas bien loin), puis à American Psycho (pour le personnage qui passe de dérangeant à barge).

Night Call, c’est aussi, et avant tout, un personnage principal et son acteur. Certes la réalisation a de la gueule, c’est d’ailleurs très agréable, certes la musique accompagne très bien le tout, l’ambiance est là, tout ça… mais ce qui porte le film c’est Jake Gyllenhaal et son personnage de Lou Bloom. Ce qui a aussi pour effet de rendre les personnages secondaires assez fades (même la personnage la plus principale des secondaires, Rene Russo), et c’est bien dommage.

L’acteur, d’abord. Ce type est un vrai caméléon. Il est ici totalement méconnaissable (perte de 14 kilos), le visage émacié, le regard fou,… et ajouté à ça le talent qu’on lui connaît (ou pas, mais si c’est le cas, qu’attendez-vous ?), le petit Jake, qui a bien grandi depuis Donnie Darko (à voir pour ceux qui aiment les films « un peu » space) porte le film sur ses épaules. Ses expressions, ses postures, sa manière de s’exprimer, tout son jeu est juste (et fait donc en sorte que tout ce que dise son personnage sonne faux. Y a pas du talent, là ?).

jake gyllenhaak night call

D’autant que Jake Gyllenhaal (je fais du copier/coller sur le nom, il pouvait pas s’appeler McConaughey, Schwarzenegger ou même Wasikowska, sérieusement ? c’est pourtant plus simple à écrire…) a de quoi faire.
Le personnage de Lou Bloom est assez étonnant. Il fait gars paumé mais ne l’est pas ; le bonhomme sait pertinemment où il veut aller, et gare à ceux qui se dressent sur son chemin, d’autant que vu son look, on aurait tendance à le sous-estimer (ou à le fuir si on le croise dans une ruelle sombre. Ce qui a de fortes fortes chances d’arriver vu que toutes les scènes du film se déroulent de nuit). Pour ajouter au malaise que provoque Lou Bloom, celui-ci absorbe tout ce qu’il lit sur Internet pour le ressortir dès qu’il peut avec un ton neutre, sonnant faux, alignant clichés après banalités. Et toujours avec le sourire s’il vous plaît.

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Bon, sauf là.

Bref, ce gars, en bon psychopathe autodidacte ambitieux assoiffé de reconnaissance fait flipper mais fascine aussi. Le genre qu’on aime détester. L’avoir placé dans le cadre des chaînes d’information, de la manipulation de la même information, du voyeurisme ne fait qu’amplifier le malaise que provoque le personnage. Car Night Call reste avant tout un film sur « Moi, Lou B., psychopathe caméraman » qu’un film sur le « journalisme » trash.

Une bonne surprise, si vous avez un créneau de libre, à voir !

Magic in the Moonlight

Réalisateur & scénariste : Woody Allen

Acteurs : Emma Stone, Colin Firth, Hamish Linklater, Marcia Gay Harden, Simon McBurney,…

Synopsis : Dans les années 20, dans le sud de la France, un Anglais, magicien, est appelé à à démasquer une medium, potentielle escroc… S’ensuivent des complications tant professionnelles que personnelles. (Inspiré du synopsis d’Allociné)


 

Le nouveau Woody Allen : Bon cru ou piquette de supermarché ? (et là, s’arrête l’analogie oenologique, j’y connais que dalle en vin).

Agréable, sympathique, tout à fait honorable, mignon tout plein, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

Le film se résume (en gros) au duo entre le très classe et britannique Colin Firth (j’entends déjà les Hiiiiiiii Coliiiiiiiin) et la non moins charmante et délicieuse Emma Stone (là, je n’entends qu’un silence admiratif).

Magic in the Moonlight, qui partage déjà avec Minuit à Paris ce point commun d’avoir un titre qui commence par un M, se passe aussi en France. Mais dans le Sud cette fois. Et ce sera tout pour la géographie, ce n’est pas vraiment ce que j’ai le plus retenu du film. En gros, tout comme Paris, tout est très joli.

Magic in the Moonlight rejoint également Scoop et Le Sortilège du scorpion de Jade au club des films avec de la magie dedans.

Le magicien, ici, c’est Colin Firth à qui l’on demande de confondre une « médium » aka Emma Stone qui a élu domicile chez de riches pigeons. C’est l’occasion de confronter l’homme rationnel, qui pense qu’après la mort il n’y a rien, que toute démonstration magique peut être expliquée scientifiquement,… à ceux qui ont besoin de croire, tout simplement.

La thématique du film est intéressante, d’autant mieux mise en valeur que l’apôtre du rationalisme est très sûr de lui, égocentrique et, surtout, a la répartie facile ; ses très nombreux traits d’esprit font souvent mouche. Sa confrontation avec la charmante medium a le don de le tournebouler et de pimenter un peu l’histoire. Ces deux caractères forts, qui exercent déjà une attraction forte sur leur entourage, s’attirent irrémédiablement, malgré leurs différences (qui a dit d’âge ?) et l’alchimie fonctionne d’ailleurs parfaitement entre les deux. Heureusement vu l’importance du duo dans le scénario.

Sur ce casting principal, pari réussi. Impeccables, chacun joue sa partition sans fausses notes, à croire que les rôles ont été écrits sur mesure. Les répliques sont bien écrites, drôles, cinglantes, à croire que le scénariste a l’habitude de manier la plume… Magic in the Moonlight ferait d’ailleurs une très bonne pièce de théâtre.

Les personnages principaux monopolisent certes toute l’attention, mais deux, trois personnages secondaires réussiront à éveiller l’attention : la tante sympathique de Colin, le soupirant débile d’Emma.

Je me demande quand même si Magic in the Moonlight me laissera un grand souvenir. Sans doute pas. Trop repose sur les répliques (très travaillées, il faut bien l’avouer) et le duo gagnant. En dehors de ça, les scènes ont une tendance à se répéter et le changement de Colin Firth (mais quel changement ? Mystère) est trop brusque, trop caricatural pour y croire (même noyé dans cette légèreté qui n’excuse pas tout). De même que j’ai trouvé la fin brusque et bâclée.

L’ambiance est très soignée, que ce soit sur la photographie, les costumes, la musique (d’ailleurs sur la musique… chouette mais bon sang j’ai eu l’impression d’entendre le même morceau rétro durant tout le film), les paysages « carte postale »,… Soignée et proprette mais pas inoubliable.

Terminons sur une note positive : L’ensemble est léger, drôle, et parfois très bavard. Trop sans doute.
Re-terminons sur une note positive : En bref, c’est très sympathique et ça met bien en valeur Firth et Stone (oui, je n’écris que les noms de famille, j’ai moins l’impression de me répéter).

Gone Girl

Réalisateur : David Fincher
Scénariste : Gillian Flynn

Adapté du livre Les Apparences de Gillian Flynn

Acteurs : Ben Affleck, Rosamund Pike, Carrie Coon, Neil Patrick Harris, Tyler Perry, Kim Dickens, Patrick Fugit,…

Résumé : Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise, ils quittent Manhattan pour retourner s’installer dans la ville du Missouri où Nick a grandi. Mais le jour de leur 5ème anniversaire de mariage, Amy disparaît et Nick retrouve leur maison saccagée. Lors de l’enquête tout semble accuser Nick. Celui-ci décide, de son côté, de tout faire pour savoir ce qui est arrivé à Amy et découvre qu’elle lui dissimulait beaucoup de choses. (Source : Allociné)


 Il est arrivé le Fincher nouveau (Hallelujah).

Brisons le suspense dès maintenant. C’est un très bon film. Et là ce n’est pas une opinion, c’est un fait. Pis c’est tout.

Il est très difficile de parler de Gone Girl en fait… L’intrigue est tellement importante que je ne peux parler que de la première heure du film (sur 2h30).

Tout d’abord, il faut aborder l’évidence ; la réalisation est comme à son habitude impeccable et méticuleuse, tout est propre et maîtrisé, que ce soit la photographie toujours assez froide, la bande originale, l’utilisation des flash-backs et de la voix off, la tension permanente, tout est parfait. C’est sobre et classe (un peu comme le nouveau look du blog ) : c’est David Fincher.

Du côté de l’interprétation, pas grand-chose à dire si ce n’est que Rosamund Pike est absolument époustouflante dans toutes les facettes de son personnage. Du coup Ben Affleck souffre quand même un peu de la comparaison, ce qui n’empêche pas leur duo de bien fonctionner, Fincher merci. Sans casser des briques (vraiment étrange cet acteur, il peut faire du pire comme du bon) il ne démérite pas mais manque vraiment d’intensité. Je ne sais pas si c’est voulu ou lié à son personnage ceci dit.
Un petit mot sur Neil Patrick Harris. Et bien, comme Ben Affleck en fait. Sympa sans être transcendant. Et même si le personnage est différent de Barney, la série est encore trop récente pour moi. Et son personnage trop peu mémorable (ou trop peu exploité).

Ensuite, l’intrigue (oui, c’est très scolaire comme présentation mais j’ai pô d’idées). Bon là, ça va être rapide, le film entre direct dans le vif du sujet en expédiant promptement tout générique de début. Et décide de casser complètement le rythme et l’histoire au bout d’un moment. Passé ce moment, je ne peux rien dévoiler. Disons juste que… non, rien du tout.
Toujours est-il qu’au milieu de ce thriller à intrigues, on a l’occasion de voir un film abordant intelligemment les medias (ou plutôt un film à charge contre certains medias), le mariage (une vision cynique du mariage. Niark) et les apparences sous lesquelles se cachent les gens (Apparences étant le titre du livre duquel est adapté le film. Bien meilleur titre que Gone Girl d’ailleurs, beaucoup plus révélateur). Ces (fausses) apparences sont d’ailleurs créatrices de tension.

Le problème d’un film reposant sur son intrigue, c’est qu’on se met à scruter tous les petits détails, à guetter les incohérences,… et là, j’avoue que j’ai quelques petits doutes nécessitant (comme c’est dommage) un autre visionnage.

Ah, j’allais oublier la grande surprise du film. D’un thriller de Fincher, j’attendais du suspense mais de l’humour pas du tout. On n’est pas dans l’humour à la Toto mais de l’humour cynique toujours bien dosé et qui fait alterner une salle entre silence (admiratif bien sûr) et rires. On n’en est pas à se taper les mains sur les cuisses mais c’est suffisamment étonnant pour être signalé.

Boyhood

Réalisateur : Richard Linklater

Acteurs : Ellan Coltrane, Ethan Hawke, Patricia Arquette, Lorelei Linklater,…

Résumé : La vie du jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. (Inspiré du synopsis d’Allociné)

Bande-annonce


Poussé par l’originalité du projet, Boyhood était un passage quasi obligé.

Bilan de ce 12 years a boy ? Bof, bof.

Un projet sur 12 ans avec les mêmes acteurs, c’est inédit (à ma connaissance), original, intéressant… bref ça interpelle. Richard Linklater semble aimer les projets sur le long terme, en témoigne sa saga « Before » avec Ethan Hawke et Julie Delpy (pas vue par contre, des avis ?).

Le quotidien d’une famille, ça ne fait pas rêver mais après tout le sujet ne fait pas tout, il suffit de voir Le rôle de ma vie, dans un registre différent certes.

Et à voir, c’est effectivement intéressant. Voir d’une scène à l’autre Mason grandir, changer, de même que sa sœur, ses parents,… c’est amusant. Sauf qu’amusant, ça ne remplit pas 2h45 de film.

Boyhood, c’est un garçon qui grandit, passe d’enfant à ado, d’ado à jeune adulte. Voilà. La famille est recomposée, on peut donc voir maman avoir de nouveaux copains/maris qui finissent invariablement par s’avérer être des connards. Papa, qui est assez sympathique au début surtout finit par être, et je le cite « chiant et castré ». Pour le reste, toutes les « étapes » y passent ; les premières fêtes, les flirts, la discussion sur le sexe,… Qui a dit cliché ? (bon, j’exagère là, cet aspect du scénario ne m’a pas du tout gêné).

La vie passe, les gens changent. Voilà ce qui est filmé par Richard Linklater. Sans vraiment rien ajouter de plus. Boyhood m’a plus fait penser à un documentaire qu’à ces comédies dramatiques indépendantes qui arrivent à sublimer le quotidien. La réalisation paraît ainsi assez lisse, voire absente. Le montage, par contre, est excellent. Les scènes séparées par les années coulent toutes seules (12 ans résumés en presque 3 heures, il y a du défi !).

L’interprétation est aussi assez décevante. Je ne parlerai pas de Patricia Arquette et Ethan Hawke qui font le job mais plutôt des 2 gamins/ados dont une est la fille du réalisateur. Petit à petit, l’acteur jouant Mason m’a perdu. Toujours à marmonner sous son air lent et stone, c’est vite devenu insupportable. La psychologie peu développée du personnage m’a aussi empêché un quelconque attachement. Absence d’attachement qui est devenue claire à la troisième fois où j’ai regardé ma montre.

Pourtant Boyhood n’est pas mauvais, pas du tout. Mais mis à part sa spécificité, je n’ai pas trouvé grand-chose ; trop long, scénario peu intéressant. Dommage. Alors, oui il filme « la vie », mais d’un film j’attends plus que simplement ça. Je comprends mieux ce résumé qu’on trouve partout « Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur… »… Euh, et l’histoire ? Ben, l’histoire elle est chiante ennuyante. Comme la vie ?^^ (Hmm, peut-être est-ce le message du film finalement ?)

C’est assez paradoxal mais  je trouve que le film manque d’ambition alors que ce projet sur 12 ans est d’une ambition assez géniale. Et puisqu’on est dans le paradoxe, je le conseillerais quand même, ça reste un beau projet à découvrir.