Le Hobbit : La bataille des cinq armées

Réalisateur : Peter Jackson

Acteurs : Le casting habituel

Synopsis : Suite et fin de la trilogie du Hobbit (je ne me foule pas mais c’est à l’image de Peter Jackson avec sa trilogie).


 Voilà, après 3 ans, c’est une nouvelle trilogie qui prend fin. Et qui, sans avoir à rougir, m’aura quand même biiiieeen moins marqué que le Seigneur des Anneaux.

La structure de ce troisième volet est assez simple. Dès la première minute on retrouve la fin du 2e film, comme après une coupure de pub d’un an. C’est reparti pour un petit moment d’action, de flammes et de dragon (mon dieu que ce dragon est impressionnant, beau et avec une voix qui me…bref). S’ensuit un léger passage à vide, non dénué d’intérêt fort heureusement, et enfin le film attaque le vif du sujet, j’entends par là le titre du film.

Il faut reconnaître une chose à Peter Jackson, après 5 films sur la Terre du Milieu, le ptit gars maîtrise grave. S’il n’est pas le meilleur réalisateur du monde, il est en revanche le meilleur guide touristique mondial de la Nouvelle-Zélande. Les vues aériennes sont magnifiques, les décors ne déméritent pas (même si la Terre du Milieu semble destinée à construire des murailles en carton pâte qui volent en éclats dès  qu’un caillou les touche) et cette fois le temps ne m’a pas semblé long, jamais eu besoin de regarder ma montre. Bon, l’action est (très) présente certes, mais les scènes huis-clos avec Thorïn et son Mal du Dragon sont aussi réussies (et peu subtiles, certes). Peter Jackson se paie même le luxe de nous pondre deux scènes hallucinogènes destinées à faire sortir les épileptiques de la salle (là, en revanche, je ne saurais pas dire si j’ai aimé ou non…).

Sauf que… il y a la romance entre le Roméo Nain et la Juliette Elfe. Tous deux confondants de niaiserie inutile et gâchant inévitablement leurs scènes. « Tu me fais sentir si vivant » « L’amour fait-il toujours aussi mal ? ». Sérieux, on entend même pas ces répliques dans les comédies romantiques. Ou peut-être dans 50 nuances de Grey pour la seconde. D’autant qu’attention, le petit Kili (le Nain) n’est évidemment pas aussi moche et trapu que ses potes Nains. Non, monsieur Kili est plutôt une sorte d’Aragorn d’1m40, c’est plus facile.

De manière  générale, cette romance est à mettre sur la liste des facilités que se permet Peter Jackson (et ses potes scénaristes, m’enfin c’est quand même lui le boss). A commencer par la quantité de sauvetages de dernière minute par Machin ou Bidule qui arrivent pile au moment où l’épée va s’abattre sur Truc ou Chose. Marrant comme les Orcs ont tendance à traîner sur un héros alors qu’un figurant va se faire zigouiller en moins d’une seconde. Évidemment, les aigles seront de la partie pour un énième deus ex machina.
Les facilités ne sont pas seulement sur l’action. Le lâche de service aurait gagné à plus de subtilité ou moins de temps d’écran, pareil pour le triangle Legolas/Tauriel/Kili, pareil pour la parfaite synchronisation du temps d’arrivée des armées de tout un chacun (ok, c’est pour l’effet dramatique mais au bout d’un moment, faut aussi se creuser la cervelle). Le montage avec les scènes de Gandalf au début auraient gagné  à être moins chaotiques, des boucs débarquent de nulle part en pleine bataille, et la liste continue…
Un petit mot sur Legolas qui semble avoir abusé de la chirurgie esthétique numérique mais conserve son habilité à des scènes toujours plus improbables les unes que les autres (mais bon, ça c’est rigolo alors ça va).

Je ne vais pas cracher dans la soupe, Le Hobbit reste un spectacle appréciable. Mais ça aurait pu être tellement plus que ça si Peter Jackson n’avait autant donné l’impression de s’être reposé sur ses lauriers. Ce qui n’est pas le cas de Martin Freeman qui illumine l’écran à chacune de ses scènes. Merci Martin.

Les Chevaliers d’Émeraude. 1, Le Feu dans le ciel

Auteur : Anne Robillard

Date de parution originale : 2003

Résumé : L’Empereur Noir, Amecareth, a levé ses armées pour envahir les royaumes du continent d’Enkidiev. Les sept Chevaliers d’Émeraude sont les seuls à pouvoir repousser les forces du Mal. Ils devront pour cela accomplir l’étrange prophétie qui lie Kira, une petite fille de deux ans, au sort du monde.


 

Les Chevaliers d’Emeraude… saga de fantasy jeunesse connue. Anne Robillard est même présentée comme la « J.K. Rowling québécoise » selon la quatrième de couverture. J’étais dans de bonnes dispositions et prêt à aimer (oui, il m’arrive d’être un lecteur facile).

Mais ce premier tome a été une douche froidement tiède.
Rapide présentation : Nous avons un continent formé d’une belle quantité de royaumes : Royaume d’Emeraude, de Rubis, de Diamant, de Turquoise,… + le Royaume des Fées, des Elfes,… De l’autre côté de l’océan, le méchant-vilain Empire noir (apparemment Royaume noir ça ne fait pas assez peur, il faut un Empereur).

Là, déjà, le nom des royaumes m’a laissé franchement dubitatif. Trop habitué à avoir des noms créés de toutes pièces à la Rohan, Gwendalavir, Tolnedrie,… ces appellations de jolies pierres m’a semblé être un manque d’inspiration. D’autant que ces noms ne sont ni utilisés ni expliqués dans la culture de chaque royaume.

Pourtant l’histoire ne fonctionne pas mal du tout. Le méchant Empereur envoie ses soldats-lézards et ses dragons (là aussi, des reptiles au service du mal, quelle surprise) pour… une certaine mission. L’ordre des Chevaliers d’Émeraude, fièrement composé de ses 7 chevaliers (6 hommes et 1 femme parce que quand même il faut une touche féminine dans ce monde de brutes et qui ne soit pas une princesse éthérée) doit donc organiser la défense du continent. Voilà pour le résumé du tome 1. On a aussi droit à une mystérieuse enfant/créature mauve qui est bien utilisée dans le récit et dont on sent déjà le potentiel pour la suite de la saga. Le boss des Chevaliers est « le plus fort chevalier de l’univers » mais qui a quand même ses petits défauts, le monsieur est en effet un brin colérique,… Rien de bien folichon sur le personnage mais là non plus pas pas trop de soucis de ma part.

Là où vraiment Anne Robillard m’a exaspéré ou prodigieusement gonflé (au choix), c’est sur son style. C’est maladroit, souvent lourd et pas subtil pour deux sous. Tout est expliqué, les réactions/comportements sont mièvres ou clichés et la psychologie des personnages ne fait clairement pas partie des points forts du roman. En fait, que ce soient les royaumes ou les personnages, le tout manque d’identité et de personnalité.

Si je devais en rajouter un peu, j’ajouterais que ce premier tome tire en longueur. Trop de situations répétitives ; chaque chevalier va voir un roi pour lui expliquer l’urgence de la situation. Dieu merci, il n’y a que 7 chevaliers… mais malheureusement, les rois ne reçoivent pas qu’une visite.

Bien sûr, la saga plaît – et c’est tant mieux – et encore mieux elle semble plaire à son public-cible. Elle m’a beaucoup rappelé la saga de la Trilogie des Joyaux de David et Leigh Eddings mais en moins bon (histoire et style), sachant que cette Trilogie des Joyaux est « bien mais pas top » dans la biblio du couple. Et c’est plutôt celle-ci que je conseillerais aux amateurs de pierres précieuses d’ailleurs.

Blood Song, 1. La voix du sang

Titre original : Raven’s Shadow, book 1: Blood Song

Auteur : Anthony Ryan

Date de sortie : Juin 2014

Résumé : Vaelin n’a que dix ans quand son père, le Seigneur de Guerre du roi, l’abandonne au pied de la grille d’entrée du Sixième Ordre. Cette commanderie éduque les frères qui sont de toutes les batailles. Vaelin y découvrira la vie austère, solitaire et dangereuse d’un combattant de la Foi, qui n’a désormais plus d’autre famille que l’Ordre. De révélations en révélations, une seule vérité se fait jour : Vaelin Al Sorna est promis à un grand destin. (Source : Livraddict)


 

Retour gagnant a la fantasy depuis… l’Assassin royal. Alors même si Blood Song n’égale pas la saga de Hobb (le premier cycle), elle n’a clairement pas à rougir.

L’univers d’abord, pas trop compliqué, cohérent, et c’est déjà pas mal. Pas encore très développé sur le plan politique et les intrigues attenantes mais chaque chose en son temps. J’ai quand même regretté le manque de développement sur les Ordres.

Niveau héros, Blood Song ne renouvelle pas le genre. Varlin est un être d’exception, très doué dans tout ce qu’il fait, une vraie légende vivante, etc… ça ne le rend pas moins sympathique, et un vrai héros sans grand chose d’Anti(-héros), ça n’est pas mal non plus.

Autre non-surprise, la structure du roman. On commence sur un roman d’apprentissage jusqu’à ce que Vaelin soit prêt. Pourquoi pas, c’est une formule connue mais toujours très efficace. Les flash-forwards avec le chroniqueur impérial sont en revanche une excellente idée surtout quand on voit les différences de versions entre les deux hommes.

Blood Song bénéficie en vrac, d’un style direct et agréable, d’une intrigue classique mais bien menée et qui prend quand même le temps de se mettre en place (malgré un héros qui a une tendance à poser souvent des questions très directes à ses interlocuteurs), un univers bien fait et des personnages qui à défaut d’être hauts en couleur font le job. Je pinaillerai quand même sur les relations entre personnages assez inégales dans leur qualité.

Amateur de fantasy à défaut d’être spécialiste, je peux quand même avouer que sur 700 pages de roman, jamais Blood Song ne m’a paru long. Je dirais même qu’arrivé à la fin j’ai ressenti une certaine hâte de lire la suite. Et ça, si ce n’est pas le gage d’un roman réussi…

La Reine solitaire – T6

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 6 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : « Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l’assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ? » (Source : Amazon)

Dernier tome du premier cycle de l’Assassin Royal et dernier article qui n’intéresse pas grand-monde (mais bon, une fois commencé, y a plus qu’à finir comme doit le dire quelqu’un quelque part).

Comme le résumé si bien Fitz :

« Les privations et les épreuves continuelles finissent par donner des journées monotones qui ont tendance à se confondre quand on les raconte »

Je n’aurais pas mieux dit. Pour la première moitié de ce tome, je ne fais aucune différence avec le tome précédent. Tout est axé sur la recherche de Vérité (le roi, pas la notion). Et les retrouvailles sont à l’image de la saga, nuancées et compliquées (pourquoi ai-je l’impression de me répéter ?)

La seconde moitié est assez particulière (et c’est là qu’entre en jeu le numéro d’équilibriste qui est d’en dire le plus en disant le moins). La mission vitale réunissant les personnages garde en haleine, d’autant qu’on se demande jusqu’où chacun sera prêt à aller. On ne coupe également pas au traditionnel pic d’action avant l’épilogue, parfaitement maîtrisé, mais qui m’a quand même semblé un peu trop facile (dans l’idée) après quoi sont passés tous les personnages. De même qu’après avoir fini ce cycle, je ne vois pas trop l’importance du prophète blanc contrairement à son… acolyte.

Marrant comme les trois premiers tomes sont différents des trois autres. On passe d’un univers politique féroce et réaliste via le parcours initiatique d’un enfant à un long périple de fantasy incluant beaucoup de marche, de pensées et de magie. Deux parties très différentes qui réussissent toutefois à être complémentaires (même si pour le coup, c’est comme s’il y avait une baisse de régime)

Quoiqu’il en soit, ce dernier tome clôt admirablement le cycle. Son épilogue est également surprenant de classicisme (non pas que ce soit une mauvaise chose, c’est très reposant).

Et maintenant, direction le cycle des aventuriers de la mer pour un retour prévu à l’assassin royal (bon, là j’ai un Asimov en cours, et ensuite deux autres lectures. Et je ne pense pas refaire une chronique par livre vu le succès fou de ces tomes-ci^^)

En bref (parce toutes les bonnes choses ont une fin. Quoique non pas toutes. Ce serait horrible…). Bref… un excellent cycle de fantasy (oui, tout ça pour ça).

– Dans les épisodes précédents… –

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule
T-4 Le Poison de la vengeance
T-5 La Voie magique

La Voie magique – T5

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 5 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : « Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : « Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l’Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l’appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l’usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d’autres forces sont en marche… Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c’est par lui que s’accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c’est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie… » (Source : Amazon)

Bizarre de parler de ce tome à part du tome précédent quand il ne s’agit que d’un seul livre (oui, j’ai déjà du le dire). Mais cette division artificielle se fait encore plus sentir lorsqu’on aborde (et qu’on finit) ce 5e tome.

La première moitié est à l’image du tome précédent : Robin Hobb fait bien traîner les choses (ou prend son temps, c’est selon le point de vue), ici sous la forme d’un bon vieux périple à la mode fantasy. Le côté imposé de la quête est intéressant cependant, le Fitz ne répondant pas à un vibrant appel du cœur ou quelque autre bon sentiment (enfin, pas seulement).

Péripéties, retrouvailles et une grosse blessure se succèdent. La patte Assassin Royal se retrouve toujours autant. Ne serait-ce que dans la blessure. Au moins celle-ci ne se soigne pas en 2 chapitres. De même que les retrouvailles sont empreintes de colère, de ressentiment, de joie, bref de sentiments conflictuels.

Mais à la fois, ça traine et à la fois on prend toujours autant de plaisir à lire, tout en trépignant d’impatience (oui, c’est bien fatiguant tout ça ! La vie de lecteur est parfois bien difficile…). Le pauvre Fitz continue à en prendre plein la gueule, mais les choses se sont plus claires à partir de la moitié du livre lorsque celui-ci retrouve un vieil ami. Suivi d’autres. Fitz se pose un moment (pas vraiment le choix de toute façon) puis c’est reparti pour un tour. A ce stade, j’ai vraiment eu l’impression d’être dans le SDA : beaucoup, beaucoup de marche. Mais, malgré le manque, parfois, de dynamisme, le refrain est toujours le même : une fois le livre fermé (ou la liseuse éteinte), il ne reste que l’envie d’y retourner.

Plus que pour le 4e tome, une nouvelle facette m’a captivé ; la place grandissante de l’Art chez Fitz (une des formes de magie de l’Assassin Royal), avec ce mélange de danger et d’attraction exercée sur son esprit. C’est aussi grâce à l’Art et son influence sur les rêves de Fitz qu’on sait ce qui arrive à certains personnages absents de l’aventure. On sort du petit groupe « Communauté de l’Anneau bis repetita », et ça fait un bon souffle d’air frais.

Mais une fois de plus, la fin du livre sonne comme la fin d’un « banal » chapitre. Que faire d’autre sinon embrayer sur le tome 6 ?

– Dans les épisodes précédents… –

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule
T-4 Le Poison de la vengeance

Le Poison de la vengeance – T4

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 4 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : « Au royaume de Castelcerf, le Mal a triomphé. Le prince Royal s’est emparé du pouvoir au détriment de son frère aîne, l’héritier direct, le prince Vérité. Celui-ci a disparu. Est-il mort ? Est-il caché dans le montagnes ?
Menacée par les raids des pirates, de plus en plus dévastateurs, la Cour s’est installée à l’intérieur des terres. Pour le jeune Bâtard Fitz, ressuscité d’entre les morts, il faut apprendre à vivre. Mais quelle voie choisir ? Celle de la civilisation que lui enseignent, chacun à sa manière, ses deux protecteurs, ou celle de la Nature vers laquelle le tire irrésistiblement son vieux complice, le loup Œil-de-Nuit ? » (Source : Amazon)

Comme je l’avais entendu, un tome en-dessous des autres. Non pas qu’il ne s’y passe rien, mais on est tout de même souvent proche du degré zéro de l’intensité. 1/4 du livre est d’abord consacré au règlement des ressentiments, regrets accumulés lors des tomes précédents. Sorte d’inventaire sentimental des actions passées. L’inventaire passé, on passe à de longues marches, au gré des buts que se fixe Fitz.

La division française des tomes de l’Assassin Royal est vraiment naze (les tomes 4, 5 et 6 n’en sont en fait qu’un seul), ainsi la fin de ce tome n’est pas une fin de tome mais de chapitre (la parade est simple par contre : se faire les tomes 4 à 6 d’affilée).

Cette baisse d’intensité est battue en brèche lors de la tentative d’assassinat, qui fournit une action salvatrice pour le roman plus que pour son personnage principal grâce à un suspense, une fois de plus, savamment mené.

L’écriture est toujours aussi immersive, le contenu l’est un peu moins. Typiquement le tome dont je serai incapable de parler dans quelque temps. Le plaisir aura surtout été immédiat. Et c’est toujours sympa d’avoir un auteur qui prend le temps de faire traîner son personnage sans but, de le faire réfléchir, douter… Même si c’est la première fois que je trouve que la psychologie fouillée l’est parfois trop. Des réflexions intéressantes ont vite fait de se transformer en auto-apitoiement. M’enfin, il fallait bien que des points négatifs apparaissent !

Le Poison de la vengeance est tout de même un régal à lire. On parle de l’Assassin Royal après tout.

– Dans les épisodes précédents… –

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule

La Nef du crépuscule – T3

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 3 sur 13

Date de parution : 1996

Résumé : « Il y a longtemps, le roi Sagesse a subi le siège implacable de pirates venus de la mer. Tout le reste ayant échoué, il a résolu de passer l’hiver à chercher un peuple légendaire: celui des Anciens. » A l’heure ou Vérité arme sa flotte, les Six-Duchés sont plus que jamais menacés par les assauts des Pirates rouges. Et si le salut du royaume passait par la quête de ces êtres mythiques dont nul ne peut affirmer l’existence ? Mais le départ du roi-servant va ouvrir une voie royale à son cadet pour s’emparer du trône. Plus que jamais, FitzChevalerie devra faire usage de ruses – et de poisons – potin protéger la dynastie (Source : Amazon)

J’ai bien conscience de la limite de critiques concernant les tomes composant une saga. Particulièrement, au fur et à mesure que j’avance. Mais bon… tant pis !

Effectivement, ce tome contient plus d’action. Les navires de combat sont opérationnels et permettent, partiellement, de mieux lutter contre les pirates. Notre bon héros expérimente donc le combat naval et s’investit beaucoup dans l’Art en conviant son roi-servant à partager son esprit. Sachant que Fitz le partage déjà avec son loup, la cohabitation est très intéressante. D’autant qu’on est plus que dans une simple cohabitation d’esprits, puisque Fitz va jusqu’à ressentir les émotions des autres, émotions qui sont des conséquences de ce qu’ils voient à travers ses yeux à lui. Compliqué ? Pas du tout. C’est seulement que je ne m’appelle pas Robin Hobb et que je n’ai pas son talent.

Ce tome n’est pas seulement plus dynamique, il est également beaucoup plus sombre. Le départ du « bon » roi-servant laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres et le méchant Royal s’en donne à cœur joie, face à un père tellement diminué… qu’il ne sert plus à grand-chose. A la fin de ce 3e tome, c’est l’apothéose. On voit mal comment la situation pourrait aller mieux. Tout fout l’camp ma pov’ dame.

Mais comme souvent, la noirceur des événements permet de faire briller les personnages (et l’écriture. A croire que le drame exacerbe le talent). Chacun à sa manière, qu’il soit bon, moins bon, lâche, acolyte, mère, mentor, amoureuse,… contribue à créer une ambiance de déclin et d’affaiblissement général. Même les bons personnages font des erreurs et des mauvais choix. Toute cette nuance est d’un enrichissement extraordinaire, à commencer par le héros, en proie permanente aux doutes, à la colère, à faire lui aussi des bons et des mauvais choix…

A titre de comparaison, j’adore (vraiment) (beaucoup) la saga d’Ewilan de Pierre Bottero, mais avec l’Assassin Royal, on sent très nettement que cette saga-ci joue dans une autre catégorie (et s’adresse à un public différent, évidemment. Les deux œuvres sont de toute façon très différentes).

Pour une fois, j’aurai un léger bémol concernant ce tome. L’histoire d’amour Fitz/Molly a tendance à traîner. Et même si elle trouve sa place au milieu de toutes les intrigues, la lassitude a fini par pointer le bout de son nez. A la décharge des personnages, la situation est, il est vrai, assez sensible.

Le 2e tome a vraiment donné l’impression de préparer les bouleversements de ce 3e tome. Captivant. Mais, je vais me lire un livre différent avant d’embrayer sur le 4e (et 5e tome, voire 6e, puisque ces 3 tomes n’en formaient à l’origine qu’un seul. Et que ce tome clôt le premier cycle. Qu’ensuite il y a la saga des Aventuriers de la mer. Puis le 2e cycle de l’Assassin royal et blablablablabla. Trop chouette tout ce qu’il reste à lire)

– Dans les épisodes précédents… –

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi