Astérix : Le domaine des dieux

Réalisateurs : Alexandre Astier & Louis Clichy

Résumé : Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de  tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : « Le Domaine des Dieux ». (Source : Allociné)


 

L’adaptation des aventures d’Astérix, Obélix, Idéfix, Panoramix i tutti quantix, énième épisode.

Alors, bon ou pas bon ?

Non, sérieusement, on parle quand même d’un film avec Alexandre Astier à la réalisation. Donc, bon film. Ce qui porte à deux, le nombre de films réussis sur les adaptations sur grand écran. Après Chabat, Astier. Deux Maîtres de l’humour, normal.
Sauf que… j’ai aimé Le domaine des dieux mais avec des nuances. D’abord, alors que sur Mission Cléopâtre, je sentais plus du Chabat que du Astérix, sur Le domaine des dieux, j’ai plus senti du Astérix que du Astier. D’où les nuances.

Commençons par l’adaptation en elle-même. Le film parle du postulat de départ de la BD et crée à peu près tout le reste. Là, rien de bien méchant au contraire, adapter fidèlement la BD ça voulait dire faire un court-métrage, soyons honnêtes. Le scénario est assez classique ; scènes répétitives pour montrer le temps qui passe, « gros » suspense et action de fin, moments familiaux avec le petit Applejus,…

Niveau animation, là c’est très réussi. Astérix en film « normal » c’est étrange, mais Astérix en film d’animation, on y est, c’est ce qu’il faut : les personnages ne sont pas dénaturés, il y a moyen de se faire plaisir sur les effets spéciaux et les sangliers,… Sauf que. Il y a les voix. Un des points noirs du film. A force de vouloir caser de la célébrité à tout va (et vas-y que je te colle tous les noms sur un quart de l’affiche,…), on perd de vue l’essentiel : le personnage. C’est bien beau d’entendre Elie Semoun, Florence Foresti ou Alain Chabat, mais lorsqu’on se met à entendre Elie Semoun (qui se fait bien plaisir à faire du… Elie Semoun) à la place de son personnage, y a un problème. C’est sans doute moi qui psychote, mais tant pis, j’ai quand même l’impression qu’on perd de vue l’essentiel.

Pour le reste, on reconnaît bien la patte Astier – et ça, ça fait plaisir -, aussi bien sur les dialogues que sur le fond (le centurion entouré d’abrutis, Astérix entouré… d’abrutis,… pourquoi est-ce que je pense à Kaamelott d’un coup ?). Autant dire qu’on se marre bien. A partir de là, le job est fait et Môsieur Astier se paie même le luxe de caser un ptit C »est pas faux », histoire de flatter du fan. Autre crédit à porter à l’attention du maître ; le choix l’adapter le tome du domaine des dieux. Un choix original et plus original qu’Astérix en Hispanie, en Corse, chez les Goths,… Ce qui l’est moins, c’est l’introduction de cette famille romaine dans l’histoire, trop lisse, trop familial, trop décevant.

À noter aussi, et c’est appréciable, l’équilibre qu’on peut trouver entre le scénario d’Alexandre Astier et la réalisation animée de Louis Clichy. Il y a un réel savoir-faire des deux côtés, l’animation autant que le scénario, ce n’est que du bonheur. Bon, presque que du bonheur, sur 1h20 de film, j’ai senti 2, 3 longueurs.

Très personnellement, pour moi, dans mon cas et ça n’engage que moi, j’ai quand même trouvé le talent astien comprimé par les codes d’Astérix, ou les respectant au choix (on a bien compris qu’il s’agissait d’irréductibles gaulois, qu’ils n’étaient pas très malins, qu’ils aimaient le sanglier,…) Je crois que je m’attendais aussi (surtout ?) à avoir un Mission Cléopâtre bis en terme de niveau d’humour, qui, finalement se servait plus d’Astérix comme d’un prétexte.

Bref, malgré les quelques reproches que je peux faire à cette adaptation, le format film d’animation correspond parfaitement à l’univers d’Astérix, Alexandre Astier est fidèle à lui-même et on passe un très bon moment, à supposer que l’on aime Astérix, bien sûr (et A. Astier mais qui ne l’aime pas ?)

Frankenweenie

Réalisateur : Tim Burton

Synopsis : Après la mort soudaine de Sparky, son chien qu’il adorait, le jeune Victor se tourne vers le pouvoir de la science pour ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher sa création « faite main », mais quand Sparky s’échappe, les camarades de Victor, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences… (Source : Allociné)

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Que dire, si ce n’est que ça fait bien plaisir de retrouver du « pur » Tim Burton ? A croire que celui-ci ne s’épanouit qu’à travers l’animation. Ou que son univers si… « Burtonien » ne peut être retranscrit qu’à travers l’animé. Et particulièrement en stop motion.

En tout cas, c’est une fois de plus l’esthétique made in Burton couplé aux thèmes chers aux Maître qui fait mouche. Ajoutez à cela, un film animé en noir et blanc, qui colle parfaitement au fond.

Mais aussi, tout un tas d’éléments :

Les personnages,  les enfants notamment, sont particulièrement bien faits (autrement dit : flippants, décalés, dérangés et attachants) et reflètent parfaitement la maîtrise graphique qui caractérise le film.
Les références foisonnent ; il y en a pour chacun. Plusieurs visionnages et une culture cinématographique de base seront nécessaires. Avis aux amateurs !
Mélancolique, noir… l’univers est reconnaissable à dix kilomètres.

Cependant, nul film n’est parfait, Frankenweenie n’y fait pas exception, particulièrement pour la fin. Soit Tim se ramollit avec l’âge soit Disney a tenu à ajouter son grain de sel (en plus de la 3D, une fois de plus prétexte à entuber le spectateur)

Et pour ceux qui voudraient, prolonger l’expérience, il y a toujours possibilité de s’orienter vers le court-métrage d’origine, fait en 1984.

The Prodigies

Film d’Antoine Charreyron

Synopsis :Jimbo est un enfant roi, sorte de prodige inouï doté de capacités mentales inimaginables; il a grandi et est devenu un homme épanoui seulement il sait que quelque part il y a des enfants qui lui ressemblent et il veut les trouver et les réunir. Sa quête l’emmène à découvrir cinq adolescents comme lui incroyablement surdoués, capables même de manipuler les esprits. Mal dans leur peau, portant chacun leur lot de doutes et de souffrance, ils sont heureux de se trouver enfin des semblables…Mais leur joie est de courte durée : une nuit, dans Central Park, à New York, les cinq ados sont sauvagement agressés. Après avoir vécu l’horreur, ils décident d’agir ensemble pour se venger. (Source : Allociné) Adaptation du roman La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric, publié en 1981.

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La BO de The Prodigies m’avait vraiment donné envie de le voir : Un film d’animation fantastique (français, ça change en plus !) plutôt tourné vers un public adulte-ado avec comme protagonistes des jeunes-à-pouvoir et le tout servi par des graphismes fort sympathiques.

Au final, un bon film d’animation effectivement, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu. Par les graphismes notamment, c’est un style plutôt épuré, on n’a aucun détail (Et ça se voit surtout au niveau des visages, complètement figés), et c’est par moments même assez..rustique, voire bâclé. Globalement, ils se défendent pas trop mal, mais en surface seulement. J’ai bien aimé le design « général » tout en regrettant ce côté minimaliste (Les cheveux/barbes à la playmobil ça ne me dérange pas, la peau réduite à une couleur uniforme et sans expression un peu plus)

Par contre, il y a ces scènes épurées jusqu’au maximum, apparaissant dans des moments extrêmes : Fond blanc, aucun décor et les « méchants » transformés en monstres sanguinaires, superbe. Couleur bleu au lieu du rouge sang, formes géométriques à la place de giclées de sang, etc…

L’histoire, elle, est bien fichue (Dommage, la scène du bunker vers la fin  est… peu/pas crédible/satisfaisante  à mon goût, ça part un peu trop dans le n’importe quoi.) Le thème des cinq jeunes très intelligents  pouvant aussi contrôler les esprits et les corps des autres est bien traité. Ici pas de super-héros, mais des « enfants-rois » qui utilisent leurs pouvoirs pour se venger de ce monde qui les a toujours rejeté, agressé. Élément déclencheur : Une agression très violente (Laissez vos enfants chez vous ;-) ) dans Central Park, qui les fait basculer du côté obscur. Ou quand les victimes deviennent des bourreaux implacables et surpuissants. Cet aspect là de changement de rôle est bien sympathique par contre.

On est bien tenu en haleine de bout en bout, et la fin ouverte est plutôt satisfaisante. J’ai aussi apprécié le fait d’avoir droit un film d’animation qui peut être aussi dur qu’un film normal. (Est-ce que c’est une question de nationalité je n’en sais rien du tout !) Mais il manque quelque chose pour faire de The Prodigies un film d’animation incontournable.

Ah et dernière chose : Décidément la 3D continue film après film à prouver sa totale inutilité… (Car oui, c’est un film en 3D, mais ma critique aurait été exactement la même si je l’avais vu en 2D.)