Artères souterraines

arteres souterrainesAuteur : Warren Ellis

Date de publication : 2010

Quatrième de couverture : Michael McGill, détective privé à la dérive, est embauché par la Maison Blanche pour retrouver la version originale de la Constitution des Etats-Unis, passée de main en main dans les sphères les plus louches depuis sa disparition dans les années 1950. […] Pour un demi-million de dollars, McGill va mener l’enquête et entrer dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque et déviant.


Mon premier policier… ça tombe bien, Artères souterraines est aussi le premier roman de Warren Ellis, plus connu pour son boulot de scénariste de comics. Et pour le coup, on sent une inspiration venant d’ailleurs lorsqu’on lit Artères souterraines.

Dès qu’on lit le résumé ; le détective privé chargé par la Maison Blanche de retrouver la seconde Constitution des Etats-Unis, deux options sont imaginées : soit on aura affaire à un livre premier degré mi-Benjamin Gates mi-thriller politique soit on lira un petit bijou de second degré, d’humour cynico-trash complètement déluré et délirant. Dieu merci, Warren Ellis a choisi la seconde option.

Avec une légère inspiration Malaussiène, le personnage principal « aimant à merde » se lance donc dans une enquête dont le déroulement s’avère très banal ; je vais voir Machin qui m’envoie vers Truc qui me dirige vers Bidule qui etc. En soi, l’enquête n’a pas vraiment d’intérêt, et sans trop spoiler, la nature même du livre recherché est assez décevante (quoique la première chose m’étant venue à l’esprit est plutôt : WTF ?!).

Voilà, après avoir dit pourquoi l’aspect purement policier du livre policier ne cassait pas trois pattes à un canard, abordons maintenant les vrais points forts du livre : son univers décalé et son style enlevé.

Warren Ellis nous fait côtoyer, via son « aimant à merde » toute une galerie de personnages pour le moins colorés. Le serial killer bavard, le privé et ses anecdotes dégueulasses (ou comment goûter un cadavre en 1 leçon), les policiers gays s’injectant de la solution saline dans les testicules, les pratiquants de la macroherpétophilie (« les gens qui veulent niquer avec Godzilla »), aux violeurs d’autruche, aux restaurants texans très spéciaux, etc. Bref que du beau monde. Il y a une certaine cohérence ceci dit vu que notre bon héros est accompagné d’une étudiante spécialisée en « expériences humaines extrêmes auto-infligées ». Et parce qu’on est dans Artères souterraines, le duo ne fonctionne évidemment pas comme un duo ordinaire et nous livre des discussions comme celle-ci :

– Trix, je suis pas bigot, mais plutôt crever que d’éjaculer dans la tête de Jésus.
– On verra ça.
– Et je ne me collerai pas non plus le petit Jésus dans le cul.
– Rabat-joie.

Cette acolyte est d’ailleurs assez savoureuse, ne s’imposant aucun tabou, elle est le pendant libertin et libéré du duo quand lui se spécialise plutôt dans le cynisme désabusé.

Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un oeil vide les morceaux  de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein.

Si le livre est un road trip constitué de rencontres toutes aussi bizarres les unes que les autres, Warren Ellis arrive quand même à aborder la définition du mainstream ou de la circulation de l’information.  Je ne dis pas ça pour essayer de trouver une justification pseudo-intellectuelle au bouquin mais il y a un fond et c’est important de le noter !

Pour finir, au lieu d’un policier classique, je me suis retrouvé à lire un bouquin-patchwork trash, glauque, très porté sur le sexe, cynique, hilarant et outrancier avec des dialogues percutants et des descriptions pas piquées des hannetons. Bref, ce livre est cool, j’ai adoré.
Et un peu comme Malavita, je classerai Artères souterraines au rang des livres truffés de passages dont on a envie d’en faire des citations.

« Pas de cul tant qu’on crèche ici », elle a décrété. Je suis resté seul dans la rue étrangement silencieuse pour Las Vegas, et j’ai écouté mon pénis pleurer.

Le super-rat qui vit dans mon bureau. Un jour, j’ai mis de l’alu sur le sol devant son trou et je l’ai relié à une batterie de voiture. Quand il a posé la patte dessus, il aurait dû se dandiner comme un meurtrier sur la chaise électrique. Mais il est resté là, dressé sur ses pattes arrière comme Tony Montana dans Scarface, tu vois le genre, « je peux les encaisser, vos balles de merde. » Il a absorbé tous les volts de la batterie, a sauté sur mon bureau et il a baisé mon sandwich jusqu’à l’émiettement total. Je hais ce rat.

« Voilà vos frites », a annoncé la serveuse. Une bassine métallique de frites immergés dans huit litres de fromage fondu.
« J’ai demandé une petite portion, a fait Trix.
– C’est la petite portion », a répliqué la serveuse.
Trix a affiché un petit sourire. « Je comprends maintenant comment ils justifient les frites au menu, dans un endroit réservé aux aliments issus de la vache.
– Il faut que vous finissiez vos assiettes, a marmonné Bob. Sinon, je vais être mal vu. »
Trix lui a adressé son plus gentil sourire. « Bob, je t’aime bien. Je fais de mon mieux pour te mettre à l’aise. Mais franchement, si tu crois que je vais avaler toute cette merde, tu peux venir aspirer mes pets, pigé ? »

Malavita (Besson)

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, John D’Leo, Tommy Lee Jones,…

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien… (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

Malavita… Une de mes plus grosses attentes 2013. Sans doute même dans le top 1.

Grosse perplexité au vu du réalisateur, espoir au vu d’un des producteurs (Martin Scorsese) et du casting (Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, Tommy Lee Jones).

Résultat… heureux. Malavita by Besson est une adaptation honnête de Malavita by Benacquista. (Et Capone seul sait que j’aime Malavita by Benacquista). Mon seul souci, andouille que je suis, c’est que j’ai passé le film à le comparer à mes souvenirs du livre (lu il y a 3 ans sur les bords de la river Lee, par beau temps quoiqu’un peu nuageux). Ca ne m’a pas gâche le film, loin de là, mais j’ai hâte de pouvoir le revoir dans quelque temps.

Premier point m’ayant marqué. La quasi-perfection du casting (parfait, dans le sens qu’il colle à ce que je m’étais imaginé des personnages bien sûr). De Niro est parfait en vieil ex-mafieux, Pfeiffer parfaite en épouse de vieil ex-mafieux, Dianna Agron parfaite en belle fille (moui, mal écrit… parfaite en fille au physique avantageux) de vieil ex-mafieux, John D’Leo parfait en fils mafieux de vieil,… bref. N’y a que Tommy Lee Jones qui me paraît un peu fatigué pour le rôle mais de le voir bouder lors du show de Fred Black valait bien cette petite surprise.

Le film simplifie le livre bien sûr, normal même. L’humour de l’histoire est toujours présent, bien qu’édulcoré mais comme à peu près tout. Et j’arrête là ma comparaison pour ceux qui n’ont pas lu le livre (mais doivent le faire).

Niveau réalisation je n’ai pas grand-chose à dire. Ce n’est ni mauvais, ni bon. C’est Besson ne faisant pas de bourde ni d’étincelles. Quant au scénario, il aurait fallu être abruti pour saloper une histoire aussi bonne. La famille de mafieux qui, sous couvert de programme de protection des témoins, se réfugie sans un trou paumé de Normandie et a beaucoup de mal à quitter ses vieilles habitudes. C’est de l’or en barres (de rire). Les personnages, surtout, sont  extraordinaires, d’où l’importance d’un excellent casting.

Honnêtement, si je me tiens uniquement au film lui-même, je m’attendais en fait à tellement pire que ça que ça a été un soulagement.

Malavita, c’est aussi la première fois que la VO me laisse dubitatif. C’est l’histoire d’une famille d’américains qui vient en France. Bon, le livre étant en français, j’imagine que Besson a dû gérer qui parle en quoi. Mais entendre tous ces français (collégiens inclus) qui s’expriment parfaitement en anglais (curé exclus. L’honneur de l’Eglise est sauf)… Le choc est rude. Et porte un coup à la crédibilité de l’histoire. Pas que je doute du niveau linguistique de mes compatriotes, mais… si, en fait, si. Le souci de la VF, d’un autre côté, c’est de remplacer les Fuck et autres Fucking (très importants dans Malavita) par des traductions franco-pourries.

J’arrête là, je pourrais écrire sur des pages concernant Malavita mais j’ai trop peur qu’on me dise (encore :p) que mes critiques sont trop longues. En bref, Malavita est un divertissement honnête et sympathique.
J’ai aussi très envie de connaître l’avis de ceux qui n’ont pas lu Malavita.

Ci-joint ma critique du livre. Qui date du temps où j’étais encore jeune et innocent, écrivant des critiques courtes et aérées.

Insaisissables

Titre original : Now You See Me

Réalisateur : Louis Leterrier

Acteurs : Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Isla Fisher, Woody Harrelson, Mélanie Laurent, Michael Caine, Dave Franco, Michael Kelly,…

Synopsis : « Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, vient de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence. (Source : Allociné)

(excellente) Bande-annonce (bien qu’elle en montre beaucoup trop)

Excellent film de divertissement. Insaisissables, à l’instar des 4 Cavaliers, fait le show. Un film à base de magie est souvent synonyme d’efficacité de toute façon (L’illusionniste, Prestige), et encore plus lorsqu’on a une touche d’Ocean’s Eleven

Ce qui m’a d’abord sauté aux yeux c’est le casting 5 étoiles, le talent qui s’en dégage et le fait que chaque acteur va comme un gant à son personnage. Qui aurait cru que Jesse Eisenberg puisse avoir autant la classe ? Ou Woody Harrelson ? (Bon, tout le monde sans doute…)

Les personnages sont, globalement, bien cernés. Le quator de choc est efficace, drôle (leurs répliques sont un délice), mais pas assez présent à mon goût (mais le  film tourne sans doute moins sur eux que sur l’agent du FBI et sa charmante collègue), le duo d’enquêteurs est extra (oui, j’aime beaucoup Mark Ruffalo et Mélanie Laurent), leur alchimie fonctionne plutôt bien, et les seconds rôles ne déméritent pas (pas besoin de parler de Michal Caine ou Morgan Freeman bien sûr). Le seul point négatif, c’est le truc qu’on essaie de faire passer vite fait sur une amourette vers la fin (je ne dirai pas entre qui et qui bien sûr, mais niveau amourette, y en a pas des tonnes).

Réalisation et scénario sont assez proches dans l’opinion que j’en ai : divertissant, très sympa mais… il y a des mais. Des scènes assez énormes (les interrogatoires notamment), du comique de situation bien trouvé, des répliques bien écrites, des tours de magie et des effets spéciaux parfaits, un bon rythme même si celui-ci se tasse au bout d’un certain moment,… Insaisissables regorge de bonnes choses

Le rythme tourne autour des trois numéros de magie. Ca fonctionne bien, on ne s’ennuie pas, etc. Sauf que tout est fait (synopsis en tête) pour mettre le paquet sur le dernier numéro. C’est vrai que c’est pas du numéro d’amateur, m’enfin, je m’attendais à quelque chose de plus… fou, impressionnant. L’éternelle déception des grandes attentes.

L’autre grosse déception c’est un fil de l’histoire que j’ai trouvé mal exploité. (Et là, j’en parle comment moi, sans en dévoiler ? Hmm ? En dévoilant. Vous êtes prévenus ! 😉 )
Cette d’histoire de l’Oeil est, je trouve, à la fois mal expliquée (j’ai lu que ça pouvait justement donner lieu à un 2e film, blablabla, bof, un film qui n’est pas conçu dès l’origine comme une saga devrait pouvoir se suffire à lui-même) mais est surtout de trop dans le film. Si cet aspect avait été zappé, le film n’en aurait été que plus solide, moins brouillon avec seulement l’histoire du mystérieux commanditaire. L’histoire s’en serait trouvée simplifiée sans perdre de crédibilité, au contraire même. C’est finalement l’aspect qui m’a le plus dérangé.

Ceci dit, fait assez rare pour être noté, c’est la première fois que j’aime vraiment un film de Louis Leterrier (bon, avec ce casting de rêve, casting dont pas un seul acteur ne me déplaît – à part peut-être Dave Franco que je trouve transparent – ça m’aurait fait mal qu’il gâche tout ça. Leterrier, pas Franco. Non, je ne m’embrouille pas)

Bref, c’est dynamique, efficace, drôle, bien joué et impressionnant. Oui c’est un film dans la plus pure tradition du divertissement américain, et on passe donc un excellent moment. D’autant que la french touch est bien plus qu’une simple touche tant les personnages de Mélanie Laurent, de José Garcia, du Crédit Républicain et de la Nouvelle-Orléans apportent au film.

Le Club des veufs noirs

Titre original : Tales of the Black Widowers

Auteur : Isaac Asimov
Traductrice : Michèle Valencia

Date de parution : 1989

Résumé : Les six membres du “club des Veufs noirs” ne sont pas nécessairement veufs ni même célibataires, mais ils se réunissent chaque mois entre eux pour boire, dîner, et…résoudre des énigmes, grâce, le plus souvent, au concours de l’inégalable Henry, leur maître d’hôtel.

———-

Il m’aura fallu du temps pour arriver au bout du club des veufs noirs. Non pas à cause d’une hypothétique piètre qualité (hé, on parle quand même d’Isaac Asimov là, un peu de respect…) mais du fait que ces dernier temps j’ai peu lu. Et pour ça, les recueils de nouvelles sont parfaits. D’autant plus, les recueils de nouvelles comme celui-ci.
Chaque nouvelle se déroule dans le cadre de réunions des Veufs noirs, des hommes, érudits, se réunissant régulièrement pour causer entre eux. A chaque réunion, l’un d’entre eux, hôte de la séance, invite une connaissance pour le questionner.

« Docteur docteur Stacey, commença brusquement Drake, comment justifiez-vous votre existence ?
— De moins en moins à mesure que le temps passe, dit Stacey sans sourciller »

Évidemment, à chaque fois, l’invité a un souci et les Veufs noirs essaient d’y apporter une réponse. Chaque nouvelle a ainsi un cadre familier, (ou qui le devient de plus en plus et fur et à mesure des lectures) mais les situations et protagonistes changent. Ces débuts en terrain connu permettent de s’immerger dans la nouvelle et de « se chauffer » pour aborder l’énigme avec toute la concentration nécessaire (Asimov laisse toujours les indices pour permettre de deviner avant la résolution finale). Et franchement, je trouve ce fonctionnement bien adapté au principe de la nouvelle (sachant que ces nouvelles étaient publiées dans des magazines puis, lorsque le nombre était suffisant, rassemblées en recueil, avec de légers remaniements d’Asimov).

C’est donc un recueil de nouvelles policières (policières seulement dans le sens où il y a une énigme à résoudre). Chaque nouvelle a la même structure : Les Veufs noirs discutent, puis l’énigme se pose à eux, etc… Sachant qu’invariablement la même personne trouve la solution. Isaac Asimov a en revanche la bonne idée de toujours varier les situations et la nature des énigmes. Ainsi, la lecture de plusieurs nouvelles d’affilée n’est jamais monotone.

Il m’aura en revanche fallu au moins 3 nouvelles pour me familiariser avec chacun des Veufs noirs. Autant dire que sur les premières nouvelles, j’attendais avec impatience l’énigme, et par la suite la nouvelle dans son entier était attendue.

Agréables à lire, par le style et l’intelligence qu’elles recèlent, ces nouvelles montrent bien qu’Asimov est aussi doué et intelligent en dehors de la S-F. Bien que pour le moment (en prenant en compte le fait que je n’ai fait que gratter la surface de son œuvre), j’ai une préférence pour ses récits de S-F.

On retrouve également les traditionnelles et croustillantes remarques du maître après chaque nouvelle, détaillant leur contexte d’écriture et publication. Remarques que j’attends toujours avec impatience lorsque la fin de la nouvelle se profile à l’horizon.

Au final, même dans un registre différent que celui que je connais, Asimov est toujours aussi bon. Avec quelques nuances, car même si ces nouvelles sont agréables, intelligentes,… à part sur quelques unes (il y en a 12) je n’ai pas non plus été aussi transporté que j’ai pu l’être sur un recueil tel que L’avenir commence demain. Agréables, divertissantes mais sans être sans être inoubliables.

Cogan : Killing Them Softly

Réalisateur : Andrew Dominik

Avec : Scoot McNairy, Brad Pitt, Ben Mendelsohn, James Gandolfini, Vincent Curatola, Ray Liotta,…

Synopsis : Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère. (Source : Allociné)

———-

Un tripot clandestin est braqué par deux gars un peu paumés, pilotés par un troisième tenant un pressing (quoi de plus normal ?). Des mafieux se faisant braquer, ça ne le fait pas et ceux-ci, via leur avocat, engagent un tueur (alias Brad Pitt) pour ne pas laisser cet outrage impuni. L’histoire est en place, et n’est pas plus compliquée que ça.

Cogan : killing them softly adapte à la crise économique le monde des gangsters, utilisant comme fil directeur des extraits de discours de politiques durant la campagne Obama-McCain comme un écho à ce monde de l’illégal. La crise frappe tout le monde, même les tueurs discutent de leurs prix et doivent voyager en éco.

En soi, le film n’a pas vraiment de suspense. Chaque gangster paraît plus paumé, décalé, incompétent, détruit, amateur que le précédent. Seul Jackie Cogan a le cynisme et la classe qui va avec et essaie de se dépatouiller comme il peut. Ceci dit, pas trop dur d’avoir un personnage qui a la classe quand on s’appelle Brad Pitt. Celui-ci qui tire surtout son épingle du jeu c’est Scoot McNairy (qu’on a pu voir dans Argo ou dans la série Bones) qui livre un jeu impeccable (magnifique scène du bar avec Brad Pitt) et aux antipodes du personnage de Mr Pitt.

Le manque de suspense n’est pas un problème en soi puisque le film semble surtout miser sur la qualité  et l’esthétique de ses scènes, son ambiance sombre soignée et la qualité de jeu de ses acteurs (James Gandolfini est excellent aussi, dommage que son personnage soit aussi ennuyeux). Le seul problème avec un film comme ça, c’est qu’il y a intérêt à avoir des répliques bien ciselées et un rythme impeccable tout du long. Et c’est là que le bât blesse. Andrew Dominik exploite un peu trop ces aspects-là, livrant pour le coup des scène trop longues avec des dialogues parfois bateaux.

On assiste au final à un film qui mélange des scènes stylées, très esthétiques (le trip de Russell et le premier meurtre de Cogan sont magnifiques) avec des moments mous du genou et des dialogues classes avec des répliques mises bout à bout sans but apparent.

Bref, du très bon, du bon et du long. Un bilan mitigé pour un film qui n’est toutefois pas à délaisser !