High-Rise

Réalisateur : Ben Wheatley (Touristes,…)

Acteurs : Tom Hiddleston, Jeremy Irons, Luke Evans, Sienna Miller, Elisabeth Moss, James Purefoy, Sienna Guillory,…

Synopsis : Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix. Bientôt, il se prend à leur jeu. (Source : Allociné)

Adapté du roman : I.G.H. de J.G Ballard


Bon, si vous voyez écrit High-Five dans l’article, c’est normal, je ne m’en suis aperçu qu’en me relisant, et maintenant que j’ai ça dans la tête, il est fort probable que j’en oublie encore..

High-Rise est une belle déception. Confirmée par la bonne quinzaine de personnes qui ont quitté la salle. De Ben Wheatly je ne connais que Touristes, la comédie noire bizarre et assez cool, les attentes ne crevaient donc pas le plafond, surtout vu la différence entre les deux films, High-Rise se situant plutôt dans la dystopie bizarroïde en huis-clos.

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Nous autres

Titre original : My

Auteur : Eugène Zamiatine
Traducteur : B. Cauvet-Duhamel

Date de parution originale : 1920

Résumé : Journal d’un homme, D-503, dans une société dystopique.


Du côté dystopique, la lecture, peu concluante du meilleur des mondes m’avait quelque peu refroidi, surtout avec la réputation de classique que se trimballe (injustement, et toc) le roman dans le milieu. Il aura fallu que j’aille voir une pièce de théâtre adaptée de Nous autres pour me mettre le livre entre les mains.

Verdict ? Si j’avais trouvé Le meilleur des mondes vieillot et aride, Nous autres me faisait bien plus peur. Cliché quand tu nous tiens, après tout pourquoi un roman dystopique soviétique de 1920 serait-il rébarbatif ? Bref. Verdict, donc ?

Déjà, l’expérience a été meilleure qu’avec Le meilleur des mondes. C’est pas rien. Même si le bouquin a plus de 90 ans, le style n’est ni vieillot ni (trop) aride. Il serait même plutôt bon, si l’on excepte le fait que le personnage, mathématicien, fait tout tourner autour des maths. Et vas-y que je te compare la société à une droite, le ciel à une équation et la chaise au carré de l’hypoténuse de Pi. Ça ne se lit pas non plus aussi bien que du Asimov (Amen), il y a ces moments où il faut forcer la concentration parce qu’on se rend compte au bout de 2, 3 pages qu’on ne bite pas un mot de ce qu’on lit. La faute à ce style, qui reste, mine de rien, très mathématique.

La structure de la société décrite fait rêver – ou cauchemarder – : Chaque heure de la journée est planifiée, chacun fait la même chose que les autres, sauf sur deux heures « personnalisées ». La règle ici, c’est la logique pure. L’ennemi, c’est la liberté individuelle. La police « Les Gardiens » est relativement discrète et surtout bien moins anxyogène que 1984. Il manque un peu de danger dans l’air. Jusqu’à un certain point, et jusqu’au passage où tout s’accélère.

« Tous les matins, avec une exactitude de machines, à la même heure et à la même minute, nous, des millions, nous nous levons comme un seul numéro. À la même heure à la même minute, nous, des millions à la fois, nous commençons notre travail et le finissons avec le même ensemble. Fondus en un seul corps aux millions de mains, nous portons la cuiller à la bouche à la seconde fixée par les Tables; tous, au même instant, nous allons nous promener, nous nous rendons à l’auditorium, à la salle des exercices de Taylor, nous nous abandonnons au sommeil… »

Là, où Nous autres réussit son coup, c’est sur sa structure narrative. Le livre est écrit par D-503, afin d’être placé dans le vaisseau spatial en train d’être construit pour porter la bonne parole de l’État Unique aux pauvres extra-terrestres qui ne connaissent pas cette délicieuse et flippante société maniaque du contrôle. Le livre que le lecteur tient dans les mains est donc censé être un journal « intime », un carnet de bord d’un homme dont on lit l’évolution. Le narrateur s’adresse donc directement au lecteur, lui explique bien les choses,…

Ce qui est aussi intéressant, c’est que cet homme en vient à transgresser les règles qui régissent sa vie, pour une femme (1984 semble n’avoir pas tout inventé. Seulement (beaucoup) amélioré), mais sans vraiment essayer de remettre en cause la société qui l’entoure. Amoureux certes mais quand même content de cette vie. Cette lutte, interne, est particulièrement réussie.

Bref, même si loin de déloger 1984 de mon piédestal, Nous autres, a été une bonne découverte.

« Que mon journal, tel un sismographe sensible, donne la courbe de mes hésitations cérébrales les plus insignifiantes. Il arrive que ce soit justement ces oscillations qui servent de signes précurseurs. »

Le Meilleur des mondes

Auteur : Aldous Huxley

Date de parution : 2002
Éditeur : Pocket

4e de couverture : Les expérimentations sur l’embryon, l’usage généralisé de la drogue. Ces questions d’actualité ont été résolues dans l’Etat mondiale totalitaire, imaginé par Aldous Huxley en 1932.

Comment tomber dans le piège du « classique » en 1 leçon…

Le livre m’étant littéralement mis entre les mains, j’ai enfin pu commencer Le meilleur des mondes. Grande réputation,  souvent cité au même niveau que 1984, j’en attendais d’autant plus que j’emporterais 1984 sur une île déserte (cf Babelio).

Mais la rencontre a très mal commencé. Le début est trèèèès laborieux, plein de descriptions techniques, de personnages arides et peu (pas) intéressants. Mais bon. C’est un classique et puis je vais toujours jusqu’à la fin.

Heureusement, le Sauvage apparaît, personnage extérieur à cette société quelque peu spéciale, mais aussi fascinante que dérangeante. Petite note d’espoir, le personnage est intéressant, le point de vue neuf, bref il se passe quelque chose.

Et…. le soufflet retombe. Ça se remet à tourner en rond, les personnages autour du Sauvage redeviennent peu intéressants. Et j’arrive à la fin avec grand soulagement.

Vous l’aurez compris, je suis complètement passé à côté. Lu sur quelques pages, reposé pour plusieurs jours, repris pour quelques pages, reposé pour plusieurs jours,… L’immersion a été quasi-nulle.

La facette dystopie est très intéressante, aucun souci là-dessus. Comme tout livre du genre elle invite à la réflexion (sexualité, bonheur, drogue, stabilité sociale, tout y passe), a son originalité qui la distingue nettement d’un 1984. Là, chapeau. Mais sur tout le reste,… le scénario est décousu, les personnages j’en ai déjà parlé et le style m’a laissé de marbre. Le fond est riche mais la forme rebutante.

Ça ne peut pas fonctionner à chaque fois. D’autant plus dommage,  que je voulais vraiment l’aimer celui-là.