The Voices

Réalisatrice : Marjane Satrapi

Acteurs : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki  Weaver,…

Synopsis : Jerry vit à Milton, petite ville tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit aussi régulièrement sa psy à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments… (Source : Cinetrafic)


 

The Voices nous conte la charmante histoire de Jerry, homme affable et souriant, ami des bêtes et meurtrier de son prochain. Ce dernier point n’est certes pas mentionné dans le synopsis, m’enfin à regarder l’affiche on se doute qu’il n’est pas en train de préparer une bolognaise. Bref, Jerry travaille dans une entreprise comme emballeur de baignoires et se voit affublé d’un immonde uniforme rose bonbon (rien que ça donnerait des idées de meurtre à n’importe qui). Sauf que ces idées viennent ici de M. Moustache, son chat psychopathe et plein de romantisme (parfaitement résumé par la délicieuse réplique « Did you fuck the bitch ? »).

On le comprend très vite, Jerry n’est pas un modèle de santé mentale. Mais  lorsqu’on croise : Gemma Arterton comme collègue, une psy con comme ses pieds (« Vous ne prenez pas du tout vos médicaments pour ne pas virer American Psycho, oh c’est pas bien mon p’tit Jerry ! »), une police quasi absente (sauf pour dire après un seul meurtre qu’on a affaire à un serial killer. Même dans Esprits Criminels, ils l’ont pas osée celle-là) et une voix qui pousse au crime, faut pas s’étonner que ça pète.

Pour prendre les choses dans l’ordre : Ryan Reynolds est cool. Il joue parfaitement le gars décalé, gentil, aussi attachant que psychopatement schyzo, qui se fait bouffer par ses voix. C’est qu’on aurait de la peine pour le bougre.
Autre bon point, le gore. A la fois suggéré, sanguinolent et bien mis en scène, notamment sur le premier meurtre. Et rien que ça, ça vaut d’être salué. Pas facile de se démarquer dans l’industrie du divertissement sur la question du sang.

Pour la suite, pas possible de faire une présentation classique. The Voices ne l’est pas. Bizarre, décalé, ça oui. Comédie horrifico-noire, elle joue parfaitement sur le décalage entre le monde réel et le monde vu par Jerry. Et pour ça, Marjane Satrapi (car c’était elle) joue sur les décors, les couleurs et les petits papillons. La propreté et le kitsch de l’univers de Jerry sont donc normaux (pour lui) et son appartement est le plus représentatif de cette fracture entre la réalité et sa réalité.

Mais lorsque j’écris comédie, on ne rit pas non plus à gorge déployée, on oscille plutôt avec quelques moments de tension, de malaise, de sourire,… Le « Terrifiant et à mourir de rire » de l’affiche est d’ailleurs franchement exagéré. En fait, j’ai même l’impression qu’en plus d’avoir par moments une réalisation maladroite, Marjane Satrapi a eu du mal à doser thriller et comédie ou au moins à donner une intensité aux deux genres. L’intrigue manque de tension, certains éléments ne sont pas assez développés ; le chien est, à mon sens, sous-exploité, la psy n’est pas crédible, même Jerry manque de… quelque chose, d’une violence dans son rapport aux voix peut-être.
Globalement, c’est tout le film qui m’a donné cette impression de manque. Un gros potentiel, un film original, décalé mais qui peine à s’imposer. Et à attendre toujours plus ; plus fou, plus noir, plus développé, plus « écrit », il m’a manqué l’enthousiasme nécessaire pour penser en sortant « ça, c’est un putain de bon film ».

Mais c’était sympa. Je le conseille, rien que pour l’expérience. Parce que des films comme The Voices, y en a pas 100 non plus. Si une partie de moi a aimé le film, une autre est plus mitigée. Et mMême à l’avoir vu hier, je sais que je le reverrai dès que possible, rien que pour me mettre d’accord avec nous-même.

Astérix : Le domaine des dieux

Réalisateurs : Alexandre Astier & Louis Clichy

Résumé : Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de  tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : « Le Domaine des Dieux ». (Source : Allociné)


 

L’adaptation des aventures d’Astérix, Obélix, Idéfix, Panoramix i tutti quantix, énième épisode.

Alors, bon ou pas bon ?

Non, sérieusement, on parle quand même d’un film avec Alexandre Astier à la réalisation. Donc, bon film. Ce qui porte à deux, le nombre de films réussis sur les adaptations sur grand écran. Après Chabat, Astier. Deux Maîtres de l’humour, normal.
Sauf que… j’ai aimé Le domaine des dieux mais avec des nuances. D’abord, alors que sur Mission Cléopâtre, je sentais plus du Chabat que du Astérix, sur Le domaine des dieux, j’ai plus senti du Astérix que du Astier. D’où les nuances.

Commençons par l’adaptation en elle-même. Le film parle du postulat de départ de la BD et crée à peu près tout le reste. Là, rien de bien méchant au contraire, adapter fidèlement la BD ça voulait dire faire un court-métrage, soyons honnêtes. Le scénario est assez classique ; scènes répétitives pour montrer le temps qui passe, « gros » suspense et action de fin, moments familiaux avec le petit Applejus,…

Niveau animation, là c’est très réussi. Astérix en film « normal » c’est étrange, mais Astérix en film d’animation, on y est, c’est ce qu’il faut : les personnages ne sont pas dénaturés, il y a moyen de se faire plaisir sur les effets spéciaux et les sangliers,… Sauf que. Il y a les voix. Un des points noirs du film. A force de vouloir caser de la célébrité à tout va (et vas-y que je te colle tous les noms sur un quart de l’affiche,…), on perd de vue l’essentiel : le personnage. C’est bien beau d’entendre Elie Semoun, Florence Foresti ou Alain Chabat, mais lorsqu’on se met à entendre Elie Semoun (qui se fait bien plaisir à faire du… Elie Semoun) à la place de son personnage, y a un problème. C’est sans doute moi qui psychote, mais tant pis, j’ai quand même l’impression qu’on perd de vue l’essentiel.

Pour le reste, on reconnaît bien la patte Astier – et ça, ça fait plaisir -, aussi bien sur les dialogues que sur le fond (le centurion entouré d’abrutis, Astérix entouré… d’abrutis,… pourquoi est-ce que je pense à Kaamelott d’un coup ?). Autant dire qu’on se marre bien. A partir de là, le job est fait et Môsieur Astier se paie même le luxe de caser un ptit C »est pas faux », histoire de flatter du fan. Autre crédit à porter à l’attention du maître ; le choix l’adapter le tome du domaine des dieux. Un choix original et plus original qu’Astérix en Hispanie, en Corse, chez les Goths,… Ce qui l’est moins, c’est l’introduction de cette famille romaine dans l’histoire, trop lisse, trop familial, trop décevant.

À noter aussi, et c’est appréciable, l’équilibre qu’on peut trouver entre le scénario d’Alexandre Astier et la réalisation animée de Louis Clichy. Il y a un réel savoir-faire des deux côtés, l’animation autant que le scénario, ce n’est que du bonheur. Bon, presque que du bonheur, sur 1h20 de film, j’ai senti 2, 3 longueurs.

Très personnellement, pour moi, dans mon cas et ça n’engage que moi, j’ai quand même trouvé le talent astien comprimé par les codes d’Astérix, ou les respectant au choix (on a bien compris qu’il s’agissait d’irréductibles gaulois, qu’ils n’étaient pas très malins, qu’ils aimaient le sanglier,…) Je crois que je m’attendais aussi (surtout ?) à avoir un Mission Cléopâtre bis en terme de niveau d’humour, qui, finalement se servait plus d’Astérix comme d’un prétexte.

Bref, malgré les quelques reproches que je peux faire à cette adaptation, le format film d’animation correspond parfaitement à l’univers d’Astérix, Alexandre Astier est fidèle à lui-même et on passe un très bon moment, à supposer que l’on aime Astérix, bien sûr (et A. Astier mais qui ne l’aime pas ?)

Lucy

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Min-Sik Choi, Amr Waked,…

Résumé : A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté,  une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. (Source : Allociné)

Bande-annonce


 

 Lucy. Beaucoup de curiosité en entrant, beaucoup de perplexité en sortant.

Pas de doute, c’est du Besson à 100%. Réalisé, scénarisé, produit. M’enfin on est encore loin du Besson du Cinquième Élément.

Le pitch rappelle Limitless ; on utilise qu’une petite partie du cerveau mais prenez un peu de machin synthétique et hop on utilise beaucoup plus. Là s’envolent tous points communs et presque mon intérêt.

Luc Besson m’avait quasiment réconcilié avec lui-même avec Malavita, il ne manquait plus que Lucy et il m’avait à 95% dans la poche. C’était presque déjà le cas avec la bande-annonce : Scarlett Johansson, un pitch qui envoie du pâté poitevin, beaucoup d’effets spéciaux.

Au final qu’est-ce qu’on a ? Scarlett Johansson et beaucoup d’effets spéciaux. J’imagine Luc Besson vomiss… écrivant son scénario « Mmhh, là on met des effets spéciaux, là une punch line… Zut l’histoire entre les deux prend trop de place, on la vire ». Je caricature, mais le monsieur semblait avoir oublié les mots développement et subtilité.

Il n’y a pas que du mauvais (heureusement). Tout va à cent à l’heure, difficile de réfléchir (paradoxalement). C’était peut-être le but, j’ai eu l’impression de souvent penser « Mais là, pourquoi il… ? Ah, mais il manque un bout de film, l’autre n’a pas… ah mais comment elle… ? » Mais les effets spéciaux sont très réussis et l’histoire se suit plutôt facilement.

Allez je m’organise. Les personnages ; le méchant est un méchant mafieux taïwanais qui n’a pas appris à ses abrutis d’employés qu’on ne frappe pas un ventre fraîchement ouvert et rempli de drogue, un flic qui confie son cerveau à Scarlett au premier coup de téléphone (bon là je ne le blâme pas), une Scarlett qui… fait ce qu’elle semble avoir à faire, un scientifique qui semble être là pour founir à Scarlett quelqu’un qui comprend ce qu’elle vit (ben oui, si c’était quelqu’un qui ne comprend pas, ça rallongerait le film),… et voilà.

La musique est forte, rythmée et forte. Les effets spéciaux sont très présents, bien faits et très présents. La réalisation, basique. Les cascades de voitures sonnent comme une réminiscence nostalgique de Taxi. Les multiples images de Discovery Channel,.. là je sèche,… là pour enfoncer le clou des fois qu’on aurait pas tout compris ?

Bref, c’est sympa (si, si) mais quand on creuse… Non, franchement c’est du divertissement honnête. C’est juste que j’en attendais un poil plus, mais c’est tout…

Malavita (Besson)

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, John D’Leo, Tommy Lee Jones,…

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien… (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

Malavita… Une de mes plus grosses attentes 2013. Sans doute même dans le top 1.

Grosse perplexité au vu du réalisateur, espoir au vu d’un des producteurs (Martin Scorsese) et du casting (Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, Tommy Lee Jones).

Résultat… heureux. Malavita by Besson est une adaptation honnête de Malavita by Benacquista. (Et Capone seul sait que j’aime Malavita by Benacquista). Mon seul souci, andouille que je suis, c’est que j’ai passé le film à le comparer à mes souvenirs du livre (lu il y a 3 ans sur les bords de la river Lee, par beau temps quoiqu’un peu nuageux). Ca ne m’a pas gâche le film, loin de là, mais j’ai hâte de pouvoir le revoir dans quelque temps.

Premier point m’ayant marqué. La quasi-perfection du casting (parfait, dans le sens qu’il colle à ce que je m’étais imaginé des personnages bien sûr). De Niro est parfait en vieil ex-mafieux, Pfeiffer parfaite en épouse de vieil ex-mafieux, Dianna Agron parfaite en belle fille (moui, mal écrit… parfaite en fille au physique avantageux) de vieil ex-mafieux, John D’Leo parfait en fils mafieux de vieil,… bref. N’y a que Tommy Lee Jones qui me paraît un peu fatigué pour le rôle mais de le voir bouder lors du show de Fred Black valait bien cette petite surprise.

Le film simplifie le livre bien sûr, normal même. L’humour de l’histoire est toujours présent, bien qu’édulcoré mais comme à peu près tout. Et j’arrête là ma comparaison pour ceux qui n’ont pas lu le livre (mais doivent le faire).

Niveau réalisation je n’ai pas grand-chose à dire. Ce n’est ni mauvais, ni bon. C’est Besson ne faisant pas de bourde ni d’étincelles. Quant au scénario, il aurait fallu être abruti pour saloper une histoire aussi bonne. La famille de mafieux qui, sous couvert de programme de protection des témoins, se réfugie sans un trou paumé de Normandie et a beaucoup de mal à quitter ses vieilles habitudes. C’est de l’or en barres (de rire). Les personnages, surtout, sont  extraordinaires, d’où l’importance d’un excellent casting.

Honnêtement, si je me tiens uniquement au film lui-même, je m’attendais en fait à tellement pire que ça que ça a été un soulagement.

Malavita, c’est aussi la première fois que la VO me laisse dubitatif. C’est l’histoire d’une famille d’américains qui vient en France. Bon, le livre étant en français, j’imagine que Besson a dû gérer qui parle en quoi. Mais entendre tous ces français (collégiens inclus) qui s’expriment parfaitement en anglais (curé exclus. L’honneur de l’Eglise est sauf)… Le choc est rude. Et porte un coup à la crédibilité de l’histoire. Pas que je doute du niveau linguistique de mes compatriotes, mais… si, en fait, si. Le souci de la VF, d’un autre côté, c’est de remplacer les Fuck et autres Fucking (très importants dans Malavita) par des traductions franco-pourries.

J’arrête là, je pourrais écrire sur des pages concernant Malavita mais j’ai trop peur qu’on me dise (encore :p) que mes critiques sont trop longues. En bref, Malavita est un divertissement honnête et sympathique.
J’ai aussi très envie de connaître l’avis de ceux qui n’ont pas lu Malavita.

Ci-joint ma critique du livre. Qui date du temps où j’étais encore jeune et innocent, écrivant des critiques courtes et aérées.

9 mois ferme

Réalisateur : Albert Dupontel

Acteurs : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Philippe Uchan, Nicolas Marié, Jean Dujardin,…

Résumé : Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend… (Source : Cinétrafic)

 

Bande-annonce

Est-ce que j’ai aimé 9 mois ferme ? Yep. Est-ce que j’en suis tombé de mon siège (qui grinçait) ? Nop.

9 mois ferme a tout de même fait fort. Effacer 35 minutes d’accumulation de frustration pour cause de pubs intempestives, et ce dès le début, c’est à mettre à son crédit.

Un autre bon point, c’est que le film m’a réconcilié avec Albert Dupontel réalisateur depuis son très décevant Enfermés dehors. Bon, je ne retrouve toujours pas le niveau de Bernie mais on n’peut pas tout avoir !

Albert Dupontel a un certain talent pour créer des personnages. Son personnage de marginal évidemment qui lui va (là aussi, évidemment) comme un gant. Dupontel fait du Dupontel et j’adore ça. La scène où celui-ci ré-imagine le meurtre est d’ailleurs assez tordante. La galerie de personnages secondaires assure aussi le show, de l’avocat incompétent au juge malchanceux jusqu’à l’apparition de Terry Gilliam ou de Jean Dujardin, tous roulent comme sur des roulettes.

Là où je n’ai pas adhéré, c’est… sur le reste. Le film fait 1h20. Ok, génial ça peut permettre un film défilant à un rythme endiablé. Mais j’y ai trouvé des problèmes de rythmes à certains moments, des scènes manquant de pep’s et un scénario trop grossier. Que  certains événements arrivent pile au bon moment (arf, cette difficulté de ne pas spoiler j’vous jure !), pas de problèmes, après tout c’est une comédie, pas un documentaire sur le système judiciaire, Dupontel est en droit de simplifier les choses pour aider l’histoire. Mais bon. Bof quoi. (il est 0h34 j’ai le droit de faire une pause dans mes arguments). Bref, on adhère ou pas. Moi… mouais. Ce serait passé si je n’avais pas espéré plus de dynamisme pour un film aussi court.

Après, la réalisation est quand même chiadée, des dialogues font mouche et la musique habille très bien le film. Mention spéciale au morceau « 9 mois ferme » de Camille sur le générique de fin.

Allez, en bref, j’ai passé un bon moment, j’ai ri, j’ai aimé les acteurs (le duo Kiberlain/Dupontel fonctionne super bien) et les personnages. Il n’y a que l’histoire qui ne m’a pas emporté, mais celle-ci est suffisamment originale pour fonctionner, de même que l’humour décalé à la Dupontel marche toujours. Emporté ou non, ça reste pour moi une comédie de qualité.

Ah, petit appel aux personnes qui ont vu le film. J’ai eu le temps d’apercevoir David Marsais & Grégoire Ludig au générique mais je n’ai pas vu pour quoi. Help.

Insaisissables

Titre original : Now You See Me

Réalisateur : Louis Leterrier

Acteurs : Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Isla Fisher, Woody Harrelson, Mélanie Laurent, Michael Caine, Dave Franco, Michael Kelly,…

Synopsis : « Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, vient de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence. (Source : Allociné)

(excellente) Bande-annonce (bien qu’elle en montre beaucoup trop)

Excellent film de divertissement. Insaisissables, à l’instar des 4 Cavaliers, fait le show. Un film à base de magie est souvent synonyme d’efficacité de toute façon (L’illusionniste, Prestige), et encore plus lorsqu’on a une touche d’Ocean’s Eleven

Ce qui m’a d’abord sauté aux yeux c’est le casting 5 étoiles, le talent qui s’en dégage et le fait que chaque acteur va comme un gant à son personnage. Qui aurait cru que Jesse Eisenberg puisse avoir autant la classe ? Ou Woody Harrelson ? (Bon, tout le monde sans doute…)

Les personnages sont, globalement, bien cernés. Le quator de choc est efficace, drôle (leurs répliques sont un délice), mais pas assez présent à mon goût (mais le  film tourne sans doute moins sur eux que sur l’agent du FBI et sa charmante collègue), le duo d’enquêteurs est extra (oui, j’aime beaucoup Mark Ruffalo et Mélanie Laurent), leur alchimie fonctionne plutôt bien, et les seconds rôles ne déméritent pas (pas besoin de parler de Michal Caine ou Morgan Freeman bien sûr). Le seul point négatif, c’est le truc qu’on essaie de faire passer vite fait sur une amourette vers la fin (je ne dirai pas entre qui et qui bien sûr, mais niveau amourette, y en a pas des tonnes).

Réalisation et scénario sont assez proches dans l’opinion que j’en ai : divertissant, très sympa mais… il y a des mais. Des scènes assez énormes (les interrogatoires notamment), du comique de situation bien trouvé, des répliques bien écrites, des tours de magie et des effets spéciaux parfaits, un bon rythme même si celui-ci se tasse au bout d’un certain moment,… Insaisissables regorge de bonnes choses

Le rythme tourne autour des trois numéros de magie. Ca fonctionne bien, on ne s’ennuie pas, etc. Sauf que tout est fait (synopsis en tête) pour mettre le paquet sur le dernier numéro. C’est vrai que c’est pas du numéro d’amateur, m’enfin, je m’attendais à quelque chose de plus… fou, impressionnant. L’éternelle déception des grandes attentes.

L’autre grosse déception c’est un fil de l’histoire que j’ai trouvé mal exploité. (Et là, j’en parle comment moi, sans en dévoiler ? Hmm ? En dévoilant. Vous êtes prévenus ! ;) )
Cette d’histoire de l’Oeil est, je trouve, à la fois mal expliquée (j’ai lu que ça pouvait justement donner lieu à un 2e film, blablabla, bof, un film qui n’est pas conçu dès l’origine comme une saga devrait pouvoir se suffire à lui-même) mais est surtout de trop dans le film. Si cet aspect avait été zappé, le film n’en aurait été que plus solide, moins brouillon avec seulement l’histoire du mystérieux commanditaire. L’histoire s’en serait trouvée simplifiée sans perdre de crédibilité, au contraire même. C’est finalement l’aspect qui m’a le plus dérangé.

Ceci dit, fait assez rare pour être noté, c’est la première fois que j’aime vraiment un film de Louis Leterrier (bon, avec ce casting de rêve, casting dont pas un seul acteur ne me déplaît – à part peut-être Dave Franco que je trouve transparent – ça m’aurait fait mal qu’il gâche tout ça. Leterrier, pas Franco. Non, je ne m’embrouille pas)

Bref, c’est dynamique, efficace, drôle, bien joué et impressionnant. Oui c’est un film dans la plus pure tradition du divertissement américain, et on passe donc un excellent moment. D’autant que la french touch est bien plus qu’une simple touche tant les personnages de Mélanie Laurent, de José Garcia, du Crédit Républicain et de la Nouvelle-Orléans apportent au film.

L’écume des jours

Réalisateur : Michel Gondry

Acteurs : Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Charlotte Le Bon,…

Synopsis : L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite. (Source : Allociné)

Bande-annonce

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Que dire de L’écume des jours made in Gondry…

Autant commencer par le début : Le petit Boris Vina, né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray développe très tôt un goût prononcé pour les sudokus, le dessin au feutre Velleda et à ses heures perdues, l’écriture.

[Quelques dizaines d’années plus tard]

J’ai lu L’écume des jours il y a quelques années maintenant, et au moment de voir le film il ne me restait en mémoire que l’univers poétiquement absurde, quelques noms et bribes d’histoire. J’avais toute confiance en Michel Gondry pour l’adaptation, et en Romain Duris pour l’agacement (chacun ses têtes de turc hein).

Michel Gondry a vraiment une imagination débordante. Mais à tel point que celle-ci submerge tout le reste. Une bonne partie du film voit un défilement incessant d’effets spéciaux, de stop motion à en faire une overdose, de trouvailles visuelles,… qu’au bout de 10 minutes je saturais déjà et attendais avec inquiétude les 1h50 à venir. Tout va à 100 à l’heure, laissant à peine le temps de respirer (asthmatiques, emmenez votre inhalateur, épiléptiques, emmenez…euh… faites attention). J’exagère un peu, mais il m’a semblé  avoir à peine le temps de me concentrer sur l’histoire.

En dehors de tout ce déchaînement visuel, je suis resté totalement de marbre sur la rencontre Colin/Chloé. Manque d’émotion, manque d’alchimie entre les personnages (ou acteurs ? Bref…), je n’ai rien ressenti. Heureusement le personnage d’Omar ajoute une touche de bonne humeur salvatrice, les autres personnages secondaires sont tout aussi sympathiques.

Et puis, miracle. Soudain le nénuphar débarque et m’a sauvé le film. Tristesse, mélancolie, peur et déchirements ont eu l’air d’apaiser un Michel Gondry sous ecstasy et de rendre (presque) sympathique Romain Duris. Personnages et décors péréclitent avec talent (sauf la souris qui m’aura cassé les… pieds jusqu’à la fin) dans une intense mais progressive descente aux enfers. Dommage, au final, d’avoir un film en deux temps. Parce que vraiment, je le redis, c’est beau, c’est bien joué, c’est absurde, c’est plein d’imagination.

Niveau acteurs, on trouve de tout : un talentueux Omar Sy, parfaitement choisi pour son rôle (et heureusement, parce que, et j’aimerais qu’on me dise si je suis le seul à penser ça, mais pour moi Omar Sy continue de jouer Omar Sy. Ca lui va bien, c’est sympathique et plein de bonne humeur mais ça reste Omar et j’arrête là ma parenthèse), un très bon Gad Elmaleh parfait (et transformé) en obsédé compulsif, une charmante et discrète Charlotte Le Bon, une Audrey Tautou toujours juste (mais toujours, je continue avec ça avec un jeu très Audrey Tautou, particulièrement sur l’intonation) et… Romain Duris. Pas non plus accroché sur Philippe Torreton, mais là je ne sais pas pourquoi.

Un peu de frustration tout de même sur cette écume des jours. Et d’admiration. Pour Boris Vian cette fois.