Ant-man

Réalisateur : Peyton Reed

Acteurs : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll, Bobby Cannavale, Michael Pena, Judy Greer,…

Synopsis : Doté d’un costume lui permettant de rétrécir à la taille d’une fourmi, un escroc s’allie à son mentor pour un casse qui pourrait sauver le monde. (Source : Senscritique)


Il est arrivé le Super-héros Marvel nouveau ! Pas que j’en ai marre d’Iron Man & Co mais le petit Ant-Man est quand même assez alléchant. D’abord parce qu’Edgar Wright était associé au projet (et écarté, certes) et puisqu’il parce qu’il y a un petit côté Chérie, j’ai rétréci les gosses.

Bilan des courses : Pari réussi sur Ant-Man, un peu moins sur le film.

Le super-héros d’abord. Un gars normal avec une combi qui le rend tout petit et qui en plus commande des fourmis. Et tout ça en ayant la classe et le sens de l’humour. Bref, j’ai hâte de retrouver le bonhomme. Bon point : Paul Rudd est très bien dans le rôle.

Le film, lui, est très classique. Non, en fait c’est la définition même du mot classique.
D’abord, qui dit premier film dit initiation du héros, découverte des personnages, de ses alliés, de son ennemi, des « pouvoirs » qu’il récupère. Ce qui donne au final, un film avec absolument zéro surprise.

Scott sort de prison (mais il n’est pas méchant, c’est simplement un Robin des Bois bis), il veut se racheter une conduite, pouvoir revoir sa fille qu’il aime plus que tout au monde tellement elle est mignonne,… On attaque classique d’entrée, pourquoi pas. Un super-héros est un archétype, celui-ci n’était pas encore présent dans l’écurie Marvel, soit.

Son entrée dans le monde magique des super-héros se fait de manière assez sympa et il se retrouve à côtoyer Michael Dougals et Evangeline Lilly. On trouve pire compagnie. Les rapports père-fille ne sont pas un sommet d’originalité (comme l’intégralité de l’aspect psychologique du film, surtout teinté des sacro-saintes valeurs familiales). Entraînement, préparation d’Ant-Man, là aussi c’est sympa mais on voit venir à dix années-lumière le gars qui rame au début et gère grave à la fin. Que le film soit prévisible était… prévisible mais que j’en vienne à le trouver parfois simpliste m’a un peu chagriné.

Je ne sais pas dans quelle mesure le départ d’Edgar Wright a changé les choses mais en bon fan du monsieur j’ai tendance à penser que le résultat aurait été différent (en mieux évidemment) s’il était resté aux commandes.

Je ne cracherai pas dans la soupe, j’ai passé un très bon moment. Il y a toujours ce traditionnel mélange Humour/Action typique du MCU, pas de doutes cet aspect fonctionne toujours. La distribution est excellente, quoique Corey Stoll (House of Cards) en fait un peu des tonnes mais le jeu inspiré de Michael Pena rattrape les choses. Le personnage de Michael Douglas est aussi suffisamment riche pour donner lieu à une belle petite préquelle.

Le plus d’Ant-Man réside dans les pouvoirs du héros. Les changements de plans en miniature et plan en taille réelle donnent des mouvements de caméra, des effets spéciaux et des situations incongrues assez savoureux (la scène de coombat avec le petit train est priceless). Bref, c’est très bien pensé et super à regarder.

En revanche, les gars qui enfilent leurs combinaisons en 3 secondes montre en main, c’est abusé. Même pour un film de S-F.

Au final, une bonne clôture de la phase 2, un bon super-héros avec un gros potentiel et un film qui se regarde avec plaisir.

Jurassic World

Réalisateur : Colin Trevorrow

Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Ty Simpkins, Jake M. Johnson, Vincent D’Onofrio,…

Synopsis : 20 ans après la destruction du Jurassic Park sur Isla Nublar, une nouvelle équipe a repris le projet.  (Source : Senscritique)


Jurassic World : Gros foutage de gueule ou mauvais blockbuster ?

Bon, j’y vais fort dès le début mais le visionnage du film n’aura été qu’une longue révision à la baisse de mes attentes. Pour votre plus grand bonheur, voici ce que ça donnait :

Avant la séance : « C’est un blockbuster avec des dinosaures, c’est cool, débranchage du cerveau et bon moment en vue »
Pendant la séance : « Cliché-cliché-cliché-réplique marrante-cliché-cliché-Il est cool Chris Pratt-Cliché-cliché-Chouette y a Jake Johnson-cliché-cliché »
(Arrive la dernière demi-heure du film)
« Mais c’est n’importe quoi, qu’est-ce que c’est que ces conneries ? »

Voilà, voilà.

Allez, j’argumente un brin quand même.

Un nouveau parc a ouvert, y a plein de jolis dinosaures, le T-Rex, les vélociraptors,… Ça va, tout est sous contrôle. Mais le parc décide de créer de toutes pièces un nouveau dinosaure, le prédateur ultime pour que ça fasse flipper et donc casquer toute la famille. Après tout, si on est arrivés à recréer les dinosaures, pourquoi pas en créer soi-même ? Logique marchande : les gens se lassent de tout, même des dinosaures, il faut donc du neuf. Ça se tient, c’est même bien pensé.
Évidemment, le nouveau dino fout la merde. Sauf que cette fois, il y a  20 000 personnes dans le parc. Grosse boucherie en vue ? Que nenni. D’ailleurs à part quelques employés se faisant croquer/écraser, c’est très décevant à ce niveau-là. Bref, les priorités sont de 1- sauver les enfants personnages principaux égarés dans le parc 2- stopper le vilain dino (qui est vraiment méchant puisqu’il tue même quand il a pas faim).

En fait, sur l’intrigue pure, pas de gros défauts je trouve, c’est classique, ça rappelle fortement Jurassic Park 1 (toujours le meilleur de la saga), c’est efficace, sans trop de temps morts ou de moments mélos (ah si, les parents qui vont divorcer. Bouhouh…). Pas de gros défauts jusqu’à ce qu’on arrive à la fin, notamment l’affrontement final. Là, désolé mais on tombe dans le grotesque. Et à plusieurs reprises, sinon ce serait pas drôle.

Un autre gros souci, ce sont les clichés. Pardon, les personnages.
L’un est le badass cool et courageux (Chris Pratt. Mais j’ai du mal à lui en vouloir, il fait ça tellement bien). L’autre est l’administratrice no-life, froide, rigide (et qui ne veut pas d’enfants, oh mon dieu how shoking !). Sans spoiler, il y a des étincelles entre les deux, mais même ça est mal foutu et artificiel. Et puis on a le vilain cupide pour qui vélociraptor rime avec gros potentiel militaire, les gamins dont l’aîné a un petit côté pervers mateur, le technicien geek sympa, le gars-qu’on-aurait-pu-couper-au-montage-ça-n’aurait-fait aucune-différence (ça, c’est Omar Sy)…

Qu’un blockbuster comme Jurassic World s’appuie – et rende même hommage, ça c’est cool par contre – sur sa saga ou sur les ficelles habituelles du genre, je n’ai rien à y redire, c’est le jeu. Mais qu’il y ait une telle fainéantise sur les personnages ou sur certains aspects du scénario, merde à la fin. Pourtant le film évite certains travers et s’en amuse même (cf le râteau). C’est beau, ça bouge pas mal mais c’est aussi paresseux et parfois incohérent (youhou, j’agite un truc qui fait de la lumière devant le T-Rex qui décide de me suivre au lieu de me bouffer direct alors que je cours en talons aiguilles – et ce, pendant tout le film s’il vous plaît).

Je n’ai pas parlé des effets spéciaux, de la réalisation ou de la bande originale ? Les premiers sont bien faits (encore heureux), la deuxième banalement normale et la dernière mal foutue, thème de la saga excepté.

En bref, j’aurais tellement aimé retrouver de la magie du Jurassik Parc 1. On en est loin. Ca reste un petit divertissement honnête mais guère plus. Et je suis gentil.

Avengers : L’ère d’Ultron

Titre original : The Avengers : Age of Ultron

Réalisateur : Joss Whedon

Acteurs : Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, James Spader, Samuel L. Jackson, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Cobie Smulder,…

Synopsis : Les Avengers doivent unir à nouveau leurs forces pour combattre Ultron, un être technologique qui veut éradiquer l’espèce humaine.


 

Et ben en voilà du bon film pêchu (ça change d’une belle fin).

Attention, cette critique est totalement inintéressante pour qui ne suit pas les films Marvel (et même peut-être pour les autres, un peu de modestie que diable !)

Une comparaison avec The Avengers 1 s’impose. Globalement c’est pareil, on reste sur le principe du « on met tous les super-héros ensemble et on leur fait affronter un super vilain méchant » mais en même temps la structure narrative est très différente. C’est rafraichissant mais il y a un côté plus brouillon au scénario (j’ai l’impression de faire mon consommateur conservateur en disant ça…).

Première seconde de film : Action-baston-explosions-courses poursuites. Les Avengers se connaissent déjà, bossent déjà ensemble, on rentre direct dans l’action. Et c’est cool. Puis, l’action se tasse, on fait la fête et là, bim, le méchant apparaît et on est reparti. Y a pas à dire, niveau rythme The Avengers se pose là. Mais nous ménage aussi quelques scènes plus reposantes qui permettent aux super-héros et aux spectateurs de souffler.

Toujours dans la comparaison : Les méchants. C’est à peu près du pareil au même. De Loki, frère de Thor, on passe à Ultron, création de Tony Stark.
Plutôt intéressant (notamment la réflexion sur l’IA quoique pas très creusé), bien fait, bonne voix et surtout bon prétexte à faire affronter une armée de robots pour remplacer les Chitauris, permettant à chaque super-héros de se défouler en explosant de la ferraille. Ça fait aussi un lien avec Avengers 1 (sur la cause de la création d’Ultron) et surtout – et ça vaut pour tout le film – ça permet de creuser les soucis de chacun, de creuser un peu plus Tony Stark, Black Widow, Captain America,… Je garde le meilleur pour la fin puisqu’un des plus gros changements est sur la place accordée à Hawkeye. Si je suis toujours perplexe de voir le gars se battre avec son arc, le bonhomme prend du galon et s’impose au même titre que les autres zigotos.

Sur le reste, pari réussi sur l’introduction des deux Maximoff, bons acteurs, bonne place dans le scénario,.. rien à dire. Sur l’autre nouveau personnage, plutôt réussi, si ce n’est qu’il m’a semblé sous-exploité (on est d’accord que pour développer tous les personnages il faudrait un film de 4h. Mais quand même). J’éviterai de trop jeter la pierre, car si Joss Whedon réussit bien une chose, c’est accorder une bonne place à chacun des Avengers. Et c’était pas gagné.

Pari réussi sur l’humour, toujours aussi bon et présent (mention spéciale au marteau de Thor), sur l’action, quoique les combats soient par moments un peu fouillis et enfin une bataille finale assez épique (bon, je reste un poil plus fan de la bataille de New-York).

Le scénario est certes prévisible et sans grandes surprises, parfois brouillon même si je ne peux m’empêcher de penser qu’avec le chantier titanesque que représente un film Avengers, il y a de quoi finir à l’asile. C’est parfois peu subtil et un peu lisse mais d’un autre côté on a des personnages plus fouillés, de supers scènes,…Bref, pas de grosse surprise, ça reste toujours aussi agréable. Avec tout de même une petite préférence de ma part pour le 1er Avengers.

Sans grosse surprise, le bon film du moment pour débrancher son cerveau, continuer la visite de l’univers Marvel et passer un bon moment (mais par pitié sans pop-corn ou tout sachet-qui-fait-du-bruit…)

Prochaines étapes 2015-2016 : Ant-Man, Captain America Civil War, Doctor Strange. Héhéhé :)

La dose

Auteur : Melvin Burgess

Date de parution : 11 septembre 2014

Résumé : Alors que le chômage et la pauvreté dominent chez les jeunes, qui ne croient plus en l’avenir, une drogue révolutionnaire appelée le Raid déferle sur Manchester. Elle offre une vie de rêve et tous les possibles pendant 7 jours puis conduit inexorablement à la mort. Quand la rock star Jimmy Earle meurt sur scène en plein concert après avoir ingéré la fameuse gélule, c’est le déclic pour des milliers de fans dont Adam, 17 ans, qui est dans la foule avec sa copine, Lizzie. Mais le garçon ne tarde pas à regretter son geste… (Source : Babelio)


 

Bon… j’avais écrit une première critique. Puis, l’ordi a décidé que c’était le meilleur moment pour planter. Y en a qui commencent bien l’année.

Je reprends donc, et ce sera beaucoup plus court, parce que ça fait quand même un peu suer, surtout pour un livre que je n’ai pas aimé.

La dose, c’est un roman jeunesse d’anticipation sur fond de crise, de révolte sociale et de drogue. On croise des vilains gangsters dealers de drogue, des gentils révolutionnaires sincères et des ados désoeuvrés. Oui, ça sonne follement original et ce n’est pas fini.

On suit un ado, Adam, qui a la bonne idée de prendre une pilule de Raid, la drogue à la mode. Problème, le Raid, si il semble avoirs de bons effets durant une semaine, fait inévitablement mourir au bout de la dite semaine. Faut donc quand même bien réfléchir avant de l’ingurgiter. En plus d’Adam, on aura la joie de côtoyer Lizzie, sa copine et qui sert accessoirement de conscience, Christian, gangster psychopathe et caricature devant l’éternel, 2 révolutionnaires,…

La dose a tout pour être le roman d’anticipation qui fait réfléchir sur la drogue, la vie et tout le reste, mais bute sur des personnages caricaturaux ou bêtes à manger du foin (qu’ils soient ou non sous l’effet de la drogue) et dont je me fichais totalement qu’il leur arrive quoique ce soit.
Un mot aussi sur le style, maladroit par moments, insipide à d’autres mais toujours constant dans sa banalité.

La situation sociale explosive n’est là qu’en toile de fond brouillonne, comme beaucoup d’autres choses, mais là, j’ai trouvé ça vraiment dommage. Il y avait matière en mixant la thématique de la drogue avec le contexte de crise à quelque chose de percutant. Mais là… non.

Dommage parce que la couverture a un petit quelque chose qui attire le regard. Une dureté qu’on retrouve sporadiquement dans le bouquin sans qu’elle paraisse sincère ou bien faite.

Une lecture dans le cadre du challenge de la rentrée littéraire 2014 et un premier couac. Tant pis. Suivant.

Nous autres

Titre original : My

Auteur : Eugène Zamiatine
Traducteur : B. Cauvet-Duhamel

Date de parution originale : 1920

Résumé : Journal d’un homme, D-503, dans une société dystopique.


Du côté dystopique, la lecture, peu concluante du meilleur des mondes m’avait quelque peu refroidi, surtout avec la réputation de classique que se trimballe (injustement, et toc) le roman dans le milieu. Il aura fallu que j’aille voir une pièce de théâtre adaptée de Nous autres pour me mettre le livre entre les mains.

Verdict ? Si j’avais trouvé Le meilleur des mondes vieillot et aride, Nous autres me faisait bien plus peur. Cliché quand tu nous tiens, après tout pourquoi un roman dystopique soviétique de 1920 serait-il rébarbatif ? Bref. Verdict, donc ?

Déjà, l’expérience a été meilleure qu’avec Le meilleur des mondes. C’est pas rien. Même si le bouquin a plus de 90 ans, le style n’est ni vieillot ni (trop) aride. Il serait même plutôt bon, si l’on excepte le fait que le personnage, mathématicien, fait tout tourner autour des maths. Et vas-y que je te compare la société à une droite, le ciel à une équation et la chaise au carré de l’hypoténuse de Pi. Ça ne se lit pas non plus aussi bien que du Asimov (Amen), il y a ces moments où il faut forcer la concentration parce qu’on se rend compte au bout de 2, 3 pages qu’on ne bite pas un mot de ce qu’on lit. La faute à ce style, qui reste, mine de rien, très mathématique.

La structure de la société décrite fait rêver – ou cauchemarder – : Chaque heure de la journée est planifiée, chacun fait la même chose que les autres, sauf sur deux heures « personnalisées ». La règle ici, c’est la logique pure. L’ennemi, c’est la liberté individuelle. La police « Les Gardiens » est relativement discrète et surtout bien moins anxyogène que 1984. Il manque un peu de danger dans l’air. Jusqu’à un certain point, et jusqu’au passage où tout s’accélère.

« Tous les matins, avec une exactitude de machines, à la même heure et à la même minute, nous, des millions, nous nous levons comme un seul numéro. À la même heure à la même minute, nous, des millions à la fois, nous commençons notre travail et le finissons avec le même ensemble. Fondus en un seul corps aux millions de mains, nous portons la cuiller à la bouche à la seconde fixée par les Tables; tous, au même instant, nous allons nous promener, nous nous rendons à l’auditorium, à la salle des exercices de Taylor, nous nous abandonnons au sommeil… »

Là, où Nous autres réussit son coup, c’est sur sa structure narrative. Le livre est écrit par D-503, afin d’être placé dans le vaisseau spatial en train d’être construit pour porter la bonne parole de l’État Unique aux pauvres extra-terrestres qui ne connaissent pas cette délicieuse et flippante société maniaque du contrôle. Le livre que le lecteur tient dans les mains est donc censé être un journal « intime », un carnet de bord d’un homme dont on lit l’évolution. Le narrateur s’adresse donc directement au lecteur, lui explique bien les choses,…

Ce qui est aussi intéressant, c’est que cet homme en vient à transgresser les règles qui régissent sa vie, pour une femme (1984 semble n’avoir pas tout inventé. Seulement (beaucoup) amélioré), mais sans vraiment essayer de remettre en cause la société qui l’entoure. Amoureux certes mais quand même content de cette vie. Cette lutte, interne, est particulièrement réussie.

Bref, même si loin de déloger 1984 de mon piédestal, Nous autres, a été une bonne découverte.

« Que mon journal, tel un sismographe sensible, donne la courbe de mes hésitations cérébrales les plus insignifiantes. Il arrive que ce soit justement ces oscillations qui servent de signes précurseurs. »

Interstellar

Réalisateur : Christopher Nolan
Scénaristes : Christopher Nolan & Jonathan Nolan

Acteurs : Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Casey Affleck, Mackenzie Foy, Michael Caine, Matt Damon,…

Résumé : Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour savoir si l’homme peut vivre sur une autre planète… (Commeaucinema.com)


 

Ayé, j’ai vu Interstellar, un de ces films dont il paraît qu’il ne faut pas les louper.

Alors, un des meilleurs films que j’ai vu en 2014 ? Yep, sans aucun doute. Le film de Christopher Nolan que je préfère ? Yep (même sans avoir vu son tout premier). Un chef-d’oeuvre de la SF/ »Le » film SF de notre génération ? Ne nous emballons pas s’il vous plaît.

L’avantage avec Nolan, et donc avec Interstellar, c’est qu’on en prend plein les yeux mais aussi plein le cerveau. Voilà un gars qui ne prend pas les spectateurs pour des porte-monnaies bêtes à bouffer du foin. Interstellar, c’est de la science-fiction qui envoie du pâté en effets spéciaux, c’est de la science-fiction qui fait réfléchir et c’est de la science-fiction qui reste excellente hors-espace, quand le héros est encore dans ses champs de maïs, sur Terre.

Interstellar, c’est aussi l’occasion pour Matthew McConaughey d’imposer une nouvelle fois son immense talent. Je reprocherai quand même à Christopher Nolan d’en faire vraiment des caisses sur le casting. Il y a quelques têtes connues : Anne Hathaway, Michael Caine, et tous les autres : Matt Damon, Jessica Chastain, Casey Affleck,… Si le côté casting 5 étoiles ne me dérange généralement pas, j’ai été perplexe en voyant apparaître Matt Damon. À sa première apparition, j’ai vu Matt Damon, pas son personnage. Et ça m’a gâché le moment.

Autre point cool d’Interstellar, c’est de paraître crédible scientifiquement (bon, pas sur la fin, là les frères Nolan ont clairement tapé dans leur réserve à fumette. Ce n’est pas négatif, attention. La fin hein. Pis la fumette). Je dis bien paraître, je ne suis pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un scientifique, mais qu’un film de S-F paraisse crédible, ça me suffit.

Sinon, que dire…
Le scénario est hallucinant : sur son contenu (la théorie générale de la relativité est utilisée avec talent, son importance l’est tout autant. Et si le terme scientifique n’est pas le bon, je veux parler de tout le truc autour du temps-qui-ne-se-déroule-pas-pareil-partout. :-p), sur le montage des scènes entre les différents lieux : la Terre, l’espace, une planète, de scènes en scènes, de plans en plans… et sur les moments de tension très efficaces que Nolan arrive à créer à partir du scénario. De manière générale, le coup du « La Terre est devenue inhospitalière, trouvons une solution », sans être originale, pose des questions intéressantes, encore plus intéressantes sont les questions que pose sa solution.

La carte de l’humour est jouée avec subtilité (les robots monolithiques sont excellents , même s’il m’aura fallu quelques scènes avant de les considérer sérieusement). L’esthétique du film est soignée, magnifique et même le grain de l’image ajoute au charme d’Interstellar. Il faut ajouter à tout ça une musique qui colle bien au film, entrecoupée de silences très reposants (c’était peut-être le cinéma mais j’ai cru à plusieurs reprises que mes tympans allaient exploser).

Mais surtout, Interstellar contient ses moments d’émotion. Et ça ne je ne m’y attendais pas. J’ai toujours considéré Nolan comme un très bon réalisateur, mais aucun de ses films ne m’a vraiment touché ou même ému, j’ai toujours trouvé ses films assez impersonnels, voire froids. Et bien, pas avec Interstellar.

Quand je vous disais qu’il y avait de l’émotion !

Mais… (car il y a un mais) j’ai trouvé la toute fin trop facile, bizarre. La révélation sur le fantôme était aussi cousue de fil blanc tout comme l’identité de « ils »/ »eux »,… Le passage du film autour de Matt Damon sonne pour moi comme un passage à vide du film, manquant de rythme + problème de casting avec le dit-Damon,… J’aurais aussi aimé plus de développement autour du personnage de Casey Affleck, surtout sur la fin. Et le film manque de mystère à la Nolan. Et peut-être un poil trop de démonstratif parfois. Ah oui, le mot Tesseract est franchement abusé à la fin. Je me serais cru dans The Avengers.

 Je chipote mais Interstellar, en plus d’être un excellent film de science-fiction est un excellent film sur l’humanité. Une excellente utilisation d’effets spéciaux (sans 3D !), un excellent scénario et un excellent Matthew. J’ai aussi choisi, une fois de plus, de ne pas trop parler du contenu. Il me semble qu’en général, et notamment pour un film comme celui-ci, moins on en sait mieux on profite.

Le Feu de Dieu

Auteur : Pierre Bordage

Date de parution : 2009

Résumé : Prévoyant la catastrophe, Franx a convaincu les siens de fortifier le Feu de Dieu, une ferme du Périgord, conçue pour une autonomie totale de plusieurs années. Mais le cataclysme le surprend à Paris et pour rejoindre sa famille, il entreprend une impossible odyssée, à pied dans des ténèbres perpétuelles en compagnie d’une autre survivante, une petite fille muette. Pendant ce temps, dans l’arche transformée en bunker, sa femme et leurs deux enfants se retrouvent sous la menace d’un dangereux paranoïaque qui a pris possession des lieux. (Source : Livraddict)


 

Et c’est reparti pour une autre exploration des mondes post-apocalyptiques. Cette fois, point de zombies, de virus ou de guerre nucléaire. Non, ce coup-ci, la Terre perd son magnétisme ou je-ne-sais-quoi-d’autre. En résulte une pluie de cendres perpétuelle, des températures entre -50° et -70°, des tremblements de terre,… bref c’est le bordel.

Au milieu de tout ça, une famille séparée et un psychopathe à tendance parasite.
Le père, Franx, à Paris au moment de la catastrophe et qui cherche à revenir dans l’abri qu’il a contribué à construire dans son délire survivaliste et dans le Périgord (mais comme l’a dit Desproges « Ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi »). Dans cette ferme, sa famille, enfermée avec un abruti psychopathe (oui, il est apparemment possible d’être les deux).

Structure très classique mais efficace d’alternance entre le périple du père et du huis-clos de la famille. Ça dynamise le récit, ça permet de faire des mini-cliffhangers à la fin des chapitres, c’est aussi très attendu.

Je ne cracherai pas dans la soupe, la lecture du Feu de Dieu a été très agréable, le livre malgré sa taille se lit comme du p’tit lait. Pierre Bordage a une écriture simple, claire, sans bavures. Ou presque. De temps en temps, au détour d’une phrase, on est pris en traître par une phrase du style : « Les chances de survie ne résidaient pas dans l’isolement, dans la fermeture, mais dans l’ouverture et le partage. » Vite, fermer le livre et aller vomir un peu…

D’un côté, le roman est terriblement prévisible, simpliste, voire exaspérant, cf le journal tenu par Zoé, jeune fille évidemment très mature, qui adooore s’interroger sur l’orthographe des mots et balancer des vérités profondes, ou le côté je-sais-exactement-tout-ce-qui-se-passe de Franx. De l’autre, l’ambiance post-apocalyptique est vraiment excellente, quelques traits psychologiques sont bien sentis, et la touche fantastique quoique me laissant perplexe sur son utilité, est bien amenée.

Du bon, du moins bon. Mais une sensation quand même agréable une fois le livre refermé. Pô mal.