The Voices

Réalisatrice : Marjane Satrapi

Acteurs : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki  Weaver,…

Synopsis : Jerry vit à Milton, petite ville tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit aussi régulièrement sa psy à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments… (Source : Cinetrafic)


 

The Voices nous conte la charmante histoire de Jerry, homme affable et souriant, ami des bêtes et meurtrier de son prochain. Ce dernier point n’est certes pas mentionné dans le synopsis, m’enfin à regarder l’affiche on se doute qu’il n’est pas en train de préparer une bolognaise. Bref, Jerry travaille dans une entreprise comme emballeur de baignoires et se voit affublé d’un immonde uniforme rose bonbon (rien que ça donnerait des idées de meurtre à n’importe qui). Sauf que ces idées viennent ici de M. Moustache, son chat psychopathe et plein de romantisme (parfaitement résumé par la délicieuse réplique « Did you fuck the bitch ? »).

On le comprend très vite, Jerry n’est pas un modèle de santé mentale. Mais  lorsqu’on croise : Gemma Arterton comme collègue, une psy con comme ses pieds (« Vous ne prenez pas du tout vos médicaments pour ne pas virer American Psycho, oh c’est pas bien mon p’tit Jerry ! »), une police quasi absente (sauf pour dire après un seul meurtre qu’on a affaire à un serial killer. Même dans Esprits Criminels, ils l’ont pas osée celle-là) et une voix qui pousse au crime, faut pas s’étonner que ça pète.

Pour prendre les choses dans l’ordre : Ryan Reynolds est cool. Il joue parfaitement le gars décalé, gentil, aussi attachant que psychopatement schyzo, qui se fait bouffer par ses voix. C’est qu’on aurait de la peine pour le bougre.
Autre bon point, le gore. A la fois suggéré, sanguinolent et bien mis en scène, notamment sur le premier meurtre. Et rien que ça, ça vaut d’être salué. Pas facile de se démarquer dans l’industrie du divertissement sur la question du sang.

Pour la suite, pas possible de faire une présentation classique. The Voices ne l’est pas. Bizarre, décalé, ça oui. Comédie horrifico-noire, elle joue parfaitement sur le décalage entre le monde réel et le monde vu par Jerry. Et pour ça, Marjane Satrapi (car c’était elle) joue sur les décors, les couleurs et les petits papillons. La propreté et le kitsch de l’univers de Jerry sont donc normaux (pour lui) et son appartement est le plus représentatif de cette fracture entre la réalité et sa réalité.

Mais lorsque j’écris comédie, on ne rit pas non plus à gorge déployée, on oscille plutôt avec quelques moments de tension, de malaise, de sourire,… Le « Terrifiant et à mourir de rire » de l’affiche est d’ailleurs franchement exagéré. En fait, j’ai même l’impression qu’en plus d’avoir par moments une réalisation maladroite, Marjane Satrapi a eu du mal à doser thriller et comédie ou au moins à donner une intensité aux deux genres. L’intrigue manque de tension, certains éléments ne sont pas assez développés ; le chien est, à mon sens, sous-exploité, la psy n’est pas crédible, même Jerry manque de… quelque chose, d’une violence dans son rapport aux voix peut-être.
Globalement, c’est tout le film qui m’a donné cette impression de manque. Un gros potentiel, un film original, décalé mais qui peine à s’imposer. Et à attendre toujours plus ; plus fou, plus noir, plus développé, plus « écrit », il m’a manqué l’enthousiasme nécessaire pour penser en sortant « ça, c’est un putain de bon film ».

Mais c’était sympa. Je le conseille, rien que pour l’expérience. Parce que des films comme The Voices, y en a pas 100 non plus. Si une partie de moi a aimé le film, une autre est plus mitigée. Et mMême à l’avoir vu hier, je sais que je le reverrai dès que possible, rien que pour me mettre d’accord avec nous-même.

Hansel & Gretel

Hansel & Gretel : Witch Hunters AfficheTitre complet : Hansel and Gretel: Witch Hunters

Réalisateur : Tommy Wirkola

Acteurs : Jeremy Renner, Gemma Arterton, Famke Janssen, Peter Stormare, Thomas Mann, Pihla Viitala, Derek Mears,…

Synopsis : Quinze ans après avoir survécu aux « évènements » de la maison en pain d’épices, Hansel et Gretel, devenus adultes, se lancent à la chasse aux sorcières. (Source : Wikipédia)

Bande-annonce

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La première impression est souvent la bonne et lorsqu’on voit un film, celle-ci commence à se faire au générique de fin et se termine à la sortie de la salle. Pour Hansel et Gretel, l’impression a été simple : « Trop cool ce film, j’le veux en DVD ». Voilà ça résume tout !

« Oh non, continue ta critique, j’en suis fan !
– Bon d’accord… »

Des mois d’attente avant de pouvoir aller voir Hansel et Gretel. Tout ça pour que le cinéma de proximité décide de ne pas le passer… Du coup pas de VO, et direction le cinéma d’à côté. Heureusement, la VF du film est bonne et autre bon point, assez rare pour être noté ; même la 3D est sympa et a une certaine utilité (je n’avais pas pensé ça depuis… Avatar). Bon, la 3D se résume à des débris/flèches/projectiles vers le spectateur mais c’est un bon début.

Hansel et Gretel se déroule des années après le conte. Les deux gamins ont bien grandi et, mis à part un bon diabète pour Hansel, s’en sont plutôt bien sortis. Ils sont désormais adultes et chassent les sorcières à l’arbalète, au fusil, bref tout ce qui fait des trous. Plus précisément, le frère et la sœur recherchent ici des enfants disparus, enlevés par une sorcière. Les deux en imposent, ont la classe et touchent leur bille dans le dégommage de sorcières.

C’est d’ailleurs un des points forts d’Hansel et Gretel. Le casting est excellent, des deux acteurs principaux (Jeremy Renner qu’on ne présente plus et Gemma Arterton taillée pour le rôle) jusqu’à l’acolyte attachant ou la charmante jeune femme parce qu’il faut toujours une charmante jeune femme dans tout bon scénario. Ça ne fait pas un film certes mais ça contribue tout de même grandement à sa réussite.

Parfait pour un moment repose-méninges avec tous les ingrédients nécessaires, Hansel et Gretel se compose : d’humour (même si pas aussi présent qu’on aurait pu l’attendre cependant. Parlons de légèreté plus que d’humour), de sang (beaucoup de sang), d’armes (beaucoup d’armes), des héros qui s’en prennent plein la gueule mais se relèvent toujours, des méchantes très méchantes et très moches,…

Tous les ingrédients nécessaires implique aussi toutes les ficelles scénaristiques habituelles : les flashbacks sur l’enfance difficile (qu’on connaît tous, mais qui a tout de même été adaptée), ou la psychologie de certains (beaucoup de) personnages.

Aucun temps mort, et pour cause, Hansel et Gretel ne dure qu’1h30. Pour le coup, le film aurait mérité au moins un bon 1/4h de plus (1/2h pour les optimistes) ne serait-ce que pour développer un peu le scénario. En conséquence, un film qui va droit à l’essentiel et ne s’embarrasse pas de chichis ou de détails.

A noter également un générique de début plutôt réussi et une bande originale bien agréable (comme souvent quand Hans Zimmer est dans les parages)

Bref, un bon film du genre, sanglant et divertissant.

Frankenweenie

Réalisateur : Tim Burton

Synopsis : Après la mort soudaine de Sparky, son chien qu’il adorait, le jeune Victor se tourne vers le pouvoir de la science pour ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher sa création « faite main », mais quand Sparky s’échappe, les camarades de Victor, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences… (Source : Allociné)

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Que dire, si ce n’est que ça fait bien plaisir de retrouver du « pur » Tim Burton ? A croire que celui-ci ne s’épanouit qu’à travers l’animation. Ou que son univers si… « Burtonien » ne peut être retranscrit qu’à travers l’animé. Et particulièrement en stop motion.

En tout cas, c’est une fois de plus l’esthétique made in Burton couplé aux thèmes chers aux Maître qui fait mouche. Ajoutez à cela, un film animé en noir et blanc, qui colle parfaitement au fond.

Mais aussi, tout un tas d’éléments :

Les personnages,  les enfants notamment, sont particulièrement bien faits (autrement dit : flippants, décalés, dérangés et attachants) et reflètent parfaitement la maîtrise graphique qui caractérise le film.
Les références foisonnent ; il y en a pour chacun. Plusieurs visionnages et une culture cinématographique de base seront nécessaires. Avis aux amateurs !
Mélancolique, noir… l’univers est reconnaissable à dix kilomètres.

Cependant, nul film n’est parfait, Frankenweenie n’y fait pas exception, particulièrement pour la fin. Soit Tim se ramollit avec l’âge soit Disney a tenu à ajouter son grain de sel (en plus de la 3D, une fois de plus prétexte à entuber le spectateur)

Et pour ceux qui voudraient, prolonger l’expérience, il y a toujours possibilité de s’orienter vers le court-métrage d’origine, fait en 1984.