Magic in the Moonlight

Réalisateur & scénariste : Woody Allen

Acteurs : Emma Stone, Colin Firth, Hamish Linklater, Marcia Gay Harden, Simon McBurney,…

Synopsis : Dans les années 20, dans le sud de la France, un Anglais, magicien, est appelé à à démasquer une medium, potentielle escroc… S’ensuivent des complications tant professionnelles que personnelles. (Inspiré du synopsis d’Allociné)


 

Le nouveau Woody Allen : Bon cru ou piquette de supermarché ? (et là, s’arrête l’analogie oenologique, j’y connais que dalle en vin).

Agréable, sympathique, tout à fait honorable, mignon tout plein, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

Le film se résume (en gros) au duo entre le très classe et britannique Colin Firth (j’entends déjà les Hiiiiiiii Coliiiiiiiin) et la non moins charmante et délicieuse Emma Stone (là, je n’entends qu’un silence admiratif).

Magic in the Moonlight, qui partage déjà avec Minuit à Paris ce point commun d’avoir un titre qui commence par un M, se passe aussi en France. Mais dans le Sud cette fois. Et ce sera tout pour la géographie, ce n’est pas vraiment ce que j’ai le plus retenu du film. En gros, tout comme Paris, tout est très joli.

Magic in the Moonlight rejoint également Scoop et Le Sortilège du scorpion de Jade au club des films avec de la magie dedans.

Le magicien, ici, c’est Colin Firth à qui l’on demande de confondre une « médium » aka Emma Stone qui a élu domicile chez de riches pigeons. C’est l’occasion de confronter l’homme rationnel, qui pense qu’après la mort il n’y a rien, que toute démonstration magique peut être expliquée scientifiquement,… à ceux qui ont besoin de croire, tout simplement.

La thématique du film est intéressante, d’autant mieux mise en valeur que l’apôtre du rationalisme est très sûr de lui, égocentrique et, surtout, a la répartie facile ; ses très nombreux traits d’esprit font souvent mouche. Sa confrontation avec la charmante medium a le don de le tournebouler et de pimenter un peu l’histoire. Ces deux caractères forts, qui exercent déjà une attraction forte sur leur entourage, s’attirent irrémédiablement, malgré leurs différences (qui a dit d’âge ?) et l’alchimie fonctionne d’ailleurs parfaitement entre les deux. Heureusement vu l’importance du duo dans le scénario.

Sur ce casting principal, pari réussi. Impeccables, chacun joue sa partition sans fausses notes, à croire que les rôles ont été écrits sur mesure. Les répliques sont bien écrites, drôles, cinglantes, à croire que le scénariste a l’habitude de manier la plume… Magic in the Moonlight ferait d’ailleurs une très bonne pièce de théâtre.

Les personnages principaux monopolisent certes toute l’attention, mais deux, trois personnages secondaires réussiront à éveiller l’attention : la tante sympathique de Colin, le soupirant débile d’Emma.

Je me demande quand même si Magic in the Moonlight me laissera un grand souvenir. Sans doute pas. Trop repose sur les répliques (très travaillées, il faut bien l’avouer) et le duo gagnant. En dehors de ça, les scènes ont une tendance à se répéter et le changement de Colin Firth (mais quel changement ? Mystère) est trop brusque, trop caricatural pour y croire (même noyé dans cette légèreté qui n’excuse pas tout). De même que j’ai trouvé la fin brusque et bâclée.

L’ambiance est très soignée, que ce soit sur la photographie, les costumes, la musique (d’ailleurs sur la musique… chouette mais bon sang j’ai eu l’impression d’entendre le même morceau rétro durant tout le film), les paysages « carte postale »,… Soignée et proprette mais pas inoubliable.

Terminons sur une note positive : L’ensemble est léger, drôle, et parfois très bavard. Trop sans doute.
Re-terminons sur une note positive : En bref, c’est très sympathique et ça met bien en valeur Firth et Stone (oui, je n’écris que les noms de famille, j’ai moins l’impression de me répéter).

The Deep Blue Sea

The Deep Blue Sea afficheRéalisateur : Terence Davies

Avec : Rachel Weisz, Tom Hiddleston, Simon Russell Beale, Ann Mitchell,…

Synopsis : Dans les années 50 à Londres, une femme au foyer de milieu aisé décide de quitter son époux pour son amour de jeunesse, un pilote de la Royal Air Force. (Source : Seriebox)

Bande-annonce

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Que les choses soient bien claires d’entrée de jeu. Je suis allé voir The Deep Blue Sea car il y avait la ravissante, l’exquise, la talentueuse, la… Bref, il y a Rachel Weisz. Et je l’assume ! 😉

Le scénario de la femme quittant son mari fortuné pour retrouver l’homme qu’elle aime, n’était pas en soi un vibrant appel au visionnage, mais sait-on jamais après tout ? Ça donnait aussi l’occasion de voir Tom Hiddleston autrement qu’en Loki et son joli costume (Thor, The Avengers,… pour ceux qui ne connaîtraient pas).

The Deep Blue Sea est adapté d’une pièce de théâtre et ça se sent. La réalisation est du coup très… théâtrale, les répliques et les acteurs tout pareil. Il y a indéniablement une ambiance propre au film, aidée par une lumière bien reconnaissable (intimiste, chaude, bref jouant un vrai rôle) et une réalisation très conventionnelle au mieux, un peu surannée au pire. Une fois qu’on s’est fait à ce côté traditionnel et théâtral, le film se passe plutôt bien, même si certaines ficelles utilisées sont assez too much. Le miroir entre la scène de début et de la scène de fin est bien gentil mais un poil plus de subtilité n’aurait pas fait de mal.

Le film bénéficie également d’un bon casting (assez restreint qui plus est) entre Rachel Weisz (pour tous les adjectifs déjà cités) et Tom Hiddleston qui a surtout la bonne tête de l’emploi plus qu’un talent extraordinaire (mais qui  se défend bien, il faut le reconnaître). Simon Russell Beale, qui joue le mari trompé et abandonné, apporte un ton juste à ce personnage au final assez attachant.

Pour le reste, il faut bien entendu accrocher à l’histoire de cette femme qui abandonne une vie plate avec un mari pas bien folichon qu’elle semble apprécier plus qu’aimer (la séparation aura ses bons côtés et permettra au mari trompé de dévoiler sa bonté) et qui tombe amoureuse d’un homme qui s’avérera l’être moins qu’elle. Elle fera avec, mais tout de même : grosse désillusion. Pour le reste, allez voir le film, le festival Télérama le permet.

Au final, un peu déçu par The Deep Blue Sea (je suis en tout cas beaucoup moins enthousiaste que Les Inrocks ou Télérama. J’apprécierai sûrement Die Hard 5 bien plus qu’eux, ça équilibre…), les acteurs sont bons (surtout Rache…. d’accord, j’arrête), mais l’histoire, certes sympathique sans être tourneboulifiante, de même que la réalisation un brin classique/vieillotte (rayez la mention inutile) ont fait que mon temps de cerveau disponible ne l’a pas été durant les 1h38 du film. Mais en partie, et c’est déjà pas mal après tout.

Moonrise Kingdom

Réalisateur : Wes Anderson

Acteurs : Edward Norton, Bruce Willis, Bill Murray, Frances McDormand, Jason Schwartzman , Kara Hayward, Jared Gilman, Bob Balaban

Synopsis : Dans les années 60, sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, deux jeunes amoureux prennent la fuite. Toute la ville se mobilise pour les retrouver… (Source : Allociné)

Bande annonce

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Attention : Film d’exception.

Un film du réalisateur de La Vie Aquatique et À bord du Darjeeling Limited , cela laissait déjà présager du bon. Wes Anderson met ici la barre au dessus et livre de l’exceptionnel.

Un scénario solide, un casting parfait, une musique magnifique et surtout une réalisation à tomber (manière de filmer, ambiance, idées, tout quoi…)

L’histoire est centrée sur deux enfants, leur amour, leur fuite et ses retombées.
Un film avec des enfants pour héros, on sent le sujet déjà vu. Wes Anderson ajoute son ingrédient secret et change la donne. Les enfants, leurs discours, leurs pensées, leurs actions, tout est d’une sincérité et d’un sérieux tel… qu’on oscille sans cesse entre amusement et stupéfaction.

C’est ce qui caractérise le film tout entier. Tout y est si décalé, surréaliste, voire absurde, toujours attachant et bourré d’énergie et en même temps mettant les émotions à jour avec une grande simplicité. C’est ici l’innocence de l’enfance qui mène la danse. Le film arrive également à n’avoir aucun temps mort entre la mise en situation, la fuite, l’après-fuite. Impossible de décrocher.

Les deux jeunes acteurs sont fabuleux et crèvent l’écran, Jared Gilman étant d’ailleurs assez étonnant. Les enfants en général, scouts & Co arrivent de manière générale à bien faire éclater le brio du scénario. Niveau adultes, il n’y a pas à rougir : Un Edward Norton à contre-emploi, excellent en chef scout, un Bruce Willis aussi loin de Die Hard en policier gentil mais triste, Bill Murray qui n’a plus rien à prouver de toute façon, et cet acteur que je ne connais pas (Bob Balaban), génial en narrateur en duffle-coat rouge/bonnet vert…

Et la musique ! Pas facile d’en parler, mais celle-ci est splendide. Jusque dans le générique de fin.

Pour tout dire, dès que je suis sorti de la salle, je n’avais qu’une envie ; y retourner.

Bref, gros coup de cœur. (Et, fait assez rare pour être noté : 10/10 sur Sériebox !)