Le règne hystérique de Siffoney Ier, roi d’Irlande

regne hystérique

Titre original : The Looney. An Irish Fantasy.

Auteur : Spike Milligan

Éditeur : Wombat éditions
Date de parution : 2015
Date de parution originale : 1987

Résumé : Ouvrier au cul d’une bétonnière sous la pluie d’un faubourg londonien gangréné par le National Front (dont le programme politique se résume à : « J’vais t’exploser la tronche, fumier »), Mick Siffoney serait-il en réalité un descendant des rois d’Irlande, comme son père le lui a juré, couché sur son lit de mort ?… Voilà donc la famille Siffoney au grand complet – avec femme, enfant, chien péteur et perroquet bavard (« Touche pas ta bite, matelot ! ») – qui débarque dans son village natal de Deghooleen pour reconquérir sa couronne. (Source : le livre lui-même)


Choisi grâce à l’opération Masse Critique de Babelio en grande partie car l’auteur est vendu comme étant « un dieu pour les Monty Python », Le règne hystérique de Siffoney Ier, roi d’Irlande vendait du rêve. Le synopsis semblait marrant et tout annonçait une lecture au mieux délirante, au pire légère et divertissante.

Et la lecture commença. Et peu de temps après, la prière qu’elle se termine au plus vite.

Avec un style familier, voire grossier et vulgaire (pas que ce soit choquant. Par contre, lourdingue oui sans soucis) plein de points d’exclamation et d’adresses au lecteur, Spike Milligan fait de l’humour de temps en temps et essaie d’en faire en permanence. Et c’est ce « en permanence » qui a tendance à fatiguer.

C’est sympathique, on guette les bons mots, les situations cocasses et les personnages tous plus déjantés les uns que les autres, mais l’humour fait trop forcé et on oublie les personnages au bout de quelques chapitres (qui sont, en plus, très courts). Ce manque de naturel fait que la sauce ne prend pas vraiment. Voire pas du tout, j’ai eu un mal fou à finir le bouquin qui m’est tombé des mains à plusieurs reprises. Je ne vais pas cracher dans la soupe, il m’est arrivé de sourire ou même de produire un bruit qui ressemblait à un rire mais sur un bouquin de 300 pages c’est tout de même assez décevant.

Finalement, il y a bien un petit côté Monty Python (ce qui est une excellente chose) dans l’absurde et le décalage mais j’aurais finalement vu ce règne hystérique être un film des Monty ou une série de sketchs de leur Flying Circus. Car certaines situations, personnages et autres jeux de mots font mouche, mais pas assez pour dire du livre que c’est un « roman comique au souffle irrésistible servi par un style pétaradant (…) humour ravageur (…) inimitable sens de l’absurde » (note de l’éditeur) ou alors c’est moi qui ai totalement perdu tout sens de l’humour.

Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E

Réalisateur : Guy Ritchie

Acteurs : Acteurs : Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Hugh Grant,…

Synopsis : Début des années 60, en pleine guerre froide, l’agent de la CIA Solo et l’agent du KGB Kuryakin sont contraints de laisser de côté leur antagonisme. Les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. (Source : Allociné)


(Mission) impossible de résister à Agents très spéciaux (malgré son titre tout pourri) et à Guy Ritchie, réalisateur du génial Snatch, de l’excellent Rock’n Rolla, du très bon Sherlock Holmes, du bon Sherlock Holmes 2 et du paraît-il fort sympathique Arnaques, crimes et botanique qui (lui) a un chouette titre VF.

Soyons honnêtes, en se basant sur la filmographie de Guy Ritchie, il y avait peu de chances d’être déçu. Au mieux le film était une révélation, au pire un bon moment.

Ce fut finalement un bon moment dont j’ai pensé qu’il avait été très bon en sortant de la salle, et « seulement » bon quelques heures plus tard.

Comme on pouvait s’y attendre (vu la filmographie de Mr. Ritchie mais ça je l’ai déjà dit), le film (je ne dirai pas Agents très spéciaux, on dirait le nom d’une mauvaise comédie américaine des frères Farrelly avec les frères Wayans dedans). Trop de parenthèses, je recommence :

Comme on pouvait s’y attendre, le film est efficace avec des acteurs à l’aise dans leurs rôles et une réalisation particulièrement dynamique, rythmée, qui évite les longueurs, très maîtrisée aussi (dans le sens où on voit que ce n’est pas Jo le clodo ou Uwe Boll aux commandes, que ce soit par la qualité de l’image, le cadrage, l’ambiance très travaillée, etc…). En gros, Guy Ritchie livre le film typique qui ne lésine pas sur les moyens, aussi bon sur la forme que sur le fond et avec le bon équilibre entre action et humour. Tout pour en faire un film réussi.

Au final, toutes ces qualités desservent aussi le film (mais si c’est sensé). Déjà, on peut comparer le film avec une autre comédie d’espionnage d’un autre réalisateur anglais de la même année ; Kingsman : Services secrets. Et au jeu de la comparaison, je suis désolé de le dire mais Guy Ritchie s’incline devant Matthew Vaughn. Moins décalé, moins anglais, un peu moins de tout en fait.

Ensuite ce film est trop lisse, trop propre, pas assez décalé, pas assez imprégné de la patte de Guy Ritchie, pas assez « Snatch » (il y avait le même souci sur Sherlock Holmes 2 d’ailleurs).
Même souci avec Henry « Superman » Cavill, l’acteur anglais qui joue un américain quand Armie Hammer, l’acteur américain, joue le russe (aucun reproche là-dedans, c’est juste que ça m’a fait marrer. Oui, il m’en faut peu). Henry Cavill est très bon dans le rôle du James Bond du film mais… c’est tout. De même, les personnages des deux espions (« Aaah, il parle enfin de l’histoire ». En même temps pas besoin d’en parler, c’est une comédie d’espionnage, donc gentils espions vs méchants vilains) sont charismatiques, beaux, musclés, intelligents, totalement indestructibles mais pas mémorables.

Ah si, la musique apporte beaucoup au film, pêchue et très adaptée aux situations (oui la remarque vient comme un cheveu sur la soupe mais j’ai trouvé nulle part où caser ça).

6 heures, 6 minutes après être sorti de la salle, le verdict tombe. J’ai (déjà) le souvenir d’un film agréable, le genre qu’on revoit avec plaisir (et ça c’est pas rien), mais qui manque du « Petit Truc » pour en faire un film dont on se souvient.

L’honneur est sauf pour Guy Ritchie, mais vivement son prochain « Snatch » (film à voir évidemment). Rendez-vous pour ses deux prochains films : Knights of the Round Table: King Arthur et Sherlock Holmes 3.

A noter que ce film est adapté de la série du même nom de 1964 dans laquelle le rôle de l’espion soviétique était joué par David McCallum que l’on connaît aujourd’hui dans le rôle de Ducky du NCIS.

Le Tout Nouveau Testament

Réalisateur : Jaco Van Dormael

Acteurs : Pili Groyne, François Damiens, Serge Lariviere, Marco Lorenzini, Laura Verlinden, Didier de Neck, Roman Gelin, Yolande Moreaux, Catherine Deneuve, Benoît Poelvoorde,…

Synopsis : Dieu existe. Il habite Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde… (Source : Senscritique)


 

Je me suis retrouvé presque par hasard devant le tout nouveau testament, aidé par un concours de circonstances aussi variées qu’inintéressantes. L’occasion de (re)dire 1- que le hasard fait bien les choses, 2- qu’aujourd’hui est un grand jour puisque cela faisait une éternité que je ne n’étais pas allé voir un film francophone au cinéma et 3- que je suis bien content d’être allé le voir.

Le pitch est assez savoureux. Dieu est un odieux connard qui tyrannise sa femme et sa fille de 10 ans. Cette dernière en a plein le dos et pour punir son gros beauf de père (qui n’a créé l’humanité que pour la faire chier et tromper l’ennui), balance aux humains, par SMS, les dates de décès de tout le monde. Elle descend ensuite parmi nous autres pour trouver ses 6 apôtres.

La construction du film est plutôt simple, ce qui ne l’empêche pas d’être brillante. Le film est construit en chapitres de ce fameux tout nouveau testament. On découvre ces fameux apôtres avec leurs vies ternes et merdiques, mais chacun à leur façon. Sur la forme, Le tout nouveau testament fait simple. Sur le fond, il explose tout.

Car Jaco Van Dormael nous sert une comédie poético-dramatique tout en subtilité et en décalé. Les moments WTF succèdent à des instants plus posés tout en suivant le chemin tranquille d’Ea (fille de Dieu) poursuivie par papa (quoique cet aspect de l’intrigue n’ait pas grand intérêt).

Évidemment, sur 6 histoires certaines trouvent moins d’écho que d’autres, celle de Catherine Deneuve en tête. Son histoire d’amour est originale certes mais loin d’être la plus réussie et la dame ne dégage pas grand-chose. Ceci dit, la palme de l’acteur que j’aurais aimé ne pas voir dans le film revient à Benoît Poelvoorde qui à part gueuler, hurler, gesticuler ne fait pas grand chose d’intéressant. D’accord, son personnage est un beauf abruti de la pire espèce mais là Poelvoorde m’a plus fatigué qu’autre chose. (Dieu) merci, le reste du casting est absolument impeccable.

Le truc cool avec le film, c’est que la bande-annonce laissait penser à une comédie décalée sur base de religion. Or, le tout nouveau testament serait plutôt une comédie décalée sur fond de religion, particulièrement réussie sur l’aspect dramatique, pleine de réflexion et particulièrement bien construite. Car ce découpage en chapitres (Genèse, Exode, Vies de chaque apôtre) permet de faire pleinement connaissance  avec chaque personnage, le tout avec un petit air d’Amélie Poulain (présentation d’un personnage, avec voix off, personnage s’adressent à la caméra…). La comparaison s’arrête là, notamment au niveau de l’ambiance, plus sombre.

On pourrait regretter un manque de consistance avec ces histoires éparpillées, le côté foutraque et décalé du film ne suffisant pas toujours. Ce qui n’empêche pas le film d’être drôle, émouvant, grinçant, cynique. Et c’est aussi parfois un peu long ce qui est un petit peu dommage (mais quand même moins dommage que le fait d’avoir fait jouer Poelvoorde). Ceci dit, en racontant 6 histoires à la suite, Jaco Van Dormael prenait aussi le risque de lasser le spectateur.

En bref, un très bon film, plein de bonnes choses, intelligent et drôle, visuellement très beau, pas dénué de défauts certes, mais le jour où le cinéma français arrivera à faire un film comme celui-là n’est pas arrivé non plus.

Une autre critique sur le Bibliocosme.

Absolutly Anything

Réalisateur : Terry Jones

Acteurs : Simon Pegg, Kate Beckinsale, Robin Williams (Voix), Rob Riggle, les Monty Python (voix),…

Synopsis : Neil Clarke, un enseignant désenchanté, amoureux de sa voisine du dessous, se voit attribuer par un conseil extraterrestre le pouvoir de faire absolument tout ce qui lui passe par la tête. Neil l’ignore mais la manière dont il va se servir de ce nouveau pouvoir va dicter le destin de l’humanité. Un seul faux pas de sa part et les extraterrestres anéantiront la planète Terre. (Source : Allociné)


Déçu.

Je n’irai pas jusqu’à dire que j’attendais un Sacré Graal ou une vie de Brian mais je ne m’attendais pas non plus à un Bruce tout puissant voire même un Click : Télécommandez votre vie. L’important étant que j’attendais un Monty Python (même si, de la bande, il n’y a que Terry Jones à la réalisation et au scénario) et que j’ai, au final, eu le sentiment d’avoir une comédie américaine avec des trucs (et des gens) anglais dedans.

Manque l’humour pythonien, certes présent par moments mais pas à pleine puissance. Au niveau des Monty Python eux-même, ceux-ci font les voix des aliens. Souci, j’ai trouvé les créatures ratées au niveau des effets spéciaux. De bons vieux maquillages, ça l’aurait fait aussi, quitte à jouer sur le « Les vieux Monty Python sont de retour » autant y aller à fond.
Le scénario ne casse pas des briques non plus, rien d’étonnant mais là toute l’intrigue secondaire autour du militaire givré m’a complètement laissé de marbre et laisse même franchement à désirer sur sa fin.
Finalement tous les défauts se rejoignent ; je trouve que le film tombe dans la facilité. Et c’est décevant, (je l’ai déjà dit ça non ?) particulièrement de la part des Monty Python. Finalement, le concept n’est pas exploité à fond et le tout reste trop sage.

Bon, Absolutly Anything reste une comédie agréable. Les sketchs fonctionnent et fournissent de bons moments de comédie, les répliques font mouche. Heureusement car l’idée des pouvoirs illimités est surtout prétexte a une succession de sketchs, avec la traditionnelle histoire d’amour et le méchant pour donner du corps. Simon Pegg est dans son élément, toujours aussi énergique et drôle. Kate Beckinsale, par contre, reste elle aussi trop sage et n’a pas toujours l’air de savoir qu’elle joue dans une comédie (c’est vrai que des fois on se demande… Non, trop méchant, je retire).

Bref, quand on a la chance, unique, de voir ensemble les Monty Python + Simon Pegg avec un pitch qui laisse la porte ouverte à absolument tout, on ne peut pas s’empêcher d’être déçu de tant de classicisme.

Comédie sympathique. C’est tout. Et c’est ça qui est triste.

Vice-versa

Titre original : Inside Out

Réalisateurs : Pete Docter & Ronaldo Del Carmen

Synopsis : Riley, une petite fille, doit déménager et se trouver de nouveaux amis. On suit le parcours de ses cinq émotions ; Joie, Tristesse, Colère, Dégoût et Peur. (Source : Senscritique)


Vice Versa me laisse assez embêté après m’avoir laissé beaucoup espérer.

J’ai aimé Vice-Versa, pas de soucis là-dessus. Mais sur le « À quel point j’ai aimé ? » c’est plus tendu. Ou plutôt non, c’est le « Pourquoi n’ai-je pas aimé à ce point-là ? » qui me tarabuste (ça m’empêche pas de dormir non plus hein)

Rendons à Pixar ce qui est à Pixar, l’idée de base est absolument géniale. Personnifier les émotions de l’être humain, matérialiser le fonctionnement du cerveau, de la mémoire, expliquer pourquoi une chanson nous reste dans la tête, parler de mémoire à long terme, de subconscient, d’oubli de souvenirs, des rêves, etc. Tout est parfait, brillant et intelligent. Et si ça peut aider à combattre l’idée reçue que les films d’animation sont pour les enfants, tant mieux.

Et en plus, Vice-versa me fait penser à une série animée, mais laquelle ?

Je n’ai pas utilisé le mot « parfait » parce qu’évidemment je n’ai pas accroché sur tout.

Vice-Versa alterne les moments de génie et de drôlerie (la fin me revient en tête avec ces sketchs-aperçus du cerveau de plusieurs êtres vivants, restez un peu à votre place de cinéma. Faut arrêter de taper un sprint dès le mot « Fin »), notamment ceux (je parle des moments de génie et de drôlerie, faut suivre ! ne vous laissez pas distraire par ces parenthèses qui n’en finissent pas) où les 5 émotions sont ensemble. Ce n’est heureusement pas tout, le film regorge de moments amusants et drôles. Bon, évidemment on trouve aussi  des passages j’ai trouvés trop faciles ou trop convenus.

A essayer d’y réfléchir, quelques petites choses m’ont déplu.

Pour faire simple, après la partie présentation de la situation et des personnages, on passe évidemment à l’élément déclencheur. La famille déménage, la pitite fille est toute chamboulée et ses 5 émotions partent en vrille. Tristesse fout le bordel et c’est parti pour un long périple où Joie et Tristesse doivent essayer de revenir au quartier général. C’est à partir de là que j’ai commencé à tiquer. Les espaces traversés sont certes très biens, les actions sont sympas, Tristesse est fort sympathique (tandis que Joie m’a semblé la moins intéressante bizarrement) mais les pérégrinations des deux émotions ne sont pas le point le plus réussi du film (tournage des rêves excepté). Et puis le personnage de l’ami imaginaire m’a copieusement gavé.

Plus globalement, j’ai trouvé la trame trop classique et stéréotypée pour un film de cette envergure (Le personnage mis à l’écart mais qui s’avère au final essentiel… Ouh là là quelle surpriiise !, Joie = la jolie fille en robe légère, Tristesse = la fille rondouillette à lunettes et col roulé, ok il fallait que les 5 émotions soient facilement reconnaissables mais on est dans un film de Pixar pas de The Asylum).

Il y a du génie dans Vice-Versa, vraiment. Les idées visuelles pour les mécanismes du cerveau sont poussées, rien n’est laissé au hasard, les personnages des 5 émotions sont supers. Une fois de plus, Pixar réussit à faire de la double-lecture pour grands et moins grands. Mais pour le coup, le contraste est tellement fort avec les moments/personnages moins intéressants qu’il y a déception.

Donc, oui j’ai beaucoup aimé Vice-Versa mais je suis déçu de ne pas l’adorer. Déçu aussi d’être sorti de la salle en me disant « J’ai aimé mais… mais pourquoi il y a un mais ? ».

Autres critiques : Boudicca du Bibliocosme

Kingsman : Services secrets

Réalisateur : Matthew Vaughn

Acteurs : Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Sophie Cookson, Mark Strong,…

Synopsis : Harry Hart, super espion au service secret des Kingsman, prend sous son aile un jeune un peu perdu et le forme dans le but de sauver le monde d’un sombre complot. (Source : Senscritique)

Bande-annonce


Après 2 mois sans sortie ciné, il fallait bien un Kingsman pour relancer la machine. Le petit dernier de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men : Le commencement,…) confirme une fois de plus le talent du monsieur pour la réalisation de films divertissants, (ultra-)vitaminés qui sortent du lot.

Pas sûr que Kingsman plaise à tout le monde, mais pour les amateurs de films d’espionnage & autres cocktails d’action/humour qui aiment donner des congés à leurs neurones, je ne me fais pas trop de soucis.

Kingsman, c’est le film dont on connaît la recette mais qui arrive quand même à surprendre. Et ça commence dès le début (ça tombe bien), lorsque les enceintes du ciné crachent du… Dire Straits. Voilà, au bout de 2 minutes de générique, j’étais conquis.

Un peu d’explications quand même. Kingsman est l’adaptation du comic book du même nom (et du même scénariste que Kick-Ass, réalisé par… le même réalisateur) et nous envoie dans le monde de la comédie d’espionnage. D’un côté une organisation secrète d’espionnage : Les Kingsman, gentlemen britanniques. De l’autre ; un vilain méchant mégalomane qui veut se faire l’humanité.

Ça ne fait pas dans la dentelle et c’est assumé. On a là tous les codes du genre (mais avec un hommage non pas à tous les films d’espionnage, non, non… aux « vieux » films d’espionnage) remixés à la sauce comédie. Et ça fonctionne plutôt pas mal du tout. D’abord, grâce à la réalisation hyper-péchue de Matthew Vaughn, de l’autre grâce à un casting pas mauvais à défaut d’être parfait. Bon, quand même un mot pour Samuel L. Jackson qui assure bien. Un bon film c’est avant tout un bon méchant.

Le paradoxe avec Kingsman c’est que c’est sa réappropriation des codes du film d’espionnage d’antan qui fait que j’ai beaucoup aimé le film et qui m’empêche de l’adorer. Tout est très attendu voire carrément pas crédible. Et à ce moment précis, je me dis que de toute façon le film ne cherche pas à être crédible et que ce serait n’importe quoi d’attendre qu’il le soit. Puisque de par sa nature, il ne peut pas l’être…
Bref, c’est un très bon film pour peu qu’on ne cherche pas la petite bête. N’empêche que l’attitude des dirigeants de la planète me paraît être franchement n’importe quoi. Et que le plan du méchant est complètement co… Ok, j’arrête.

En gros, les 2h passent vite, c’est très bien réalisé, il y a de très bonnes scènes, Colin Firth est super classe, on ne regarde pas sa montre et on sort avec le sourire. Et c’est le genre de film qu’on a très envie d’avoir en DVD. Voilà.

Astérix : Le domaine des dieux

Réalisateurs : Alexandre Astier & Louis Clichy

Résumé : Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de  tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : « Le Domaine des Dieux ». (Source : Allociné)


 

L’adaptation des aventures d’Astérix, Obélix, Idéfix, Panoramix i tutti quantix, énième épisode.

Alors, bon ou pas bon ?

Non, sérieusement, on parle quand même d’un film avec Alexandre Astier à la réalisation. Donc, bon film. Ce qui porte à deux, le nombre de films réussis sur les adaptations sur grand écran. Après Chabat, Astier. Deux Maîtres de l’humour, normal.
Sauf que… j’ai aimé Le domaine des dieux mais avec des nuances. D’abord, alors que sur Mission Cléopâtre, je sentais plus du Chabat que du Astérix, sur Le domaine des dieux, j’ai plus senti du Astérix que du Astier. D’où les nuances.

Commençons par l’adaptation en elle-même. Le film parle du postulat de départ de la BD et crée à peu près tout le reste. Là, rien de bien méchant au contraire, adapter fidèlement la BD ça voulait dire faire un court-métrage, soyons honnêtes. Le scénario est assez classique ; scènes répétitives pour montrer le temps qui passe, « gros » suspense et action de fin, moments familiaux avec le petit Applejus,…

Niveau animation, là c’est très réussi. Astérix en film « normal » c’est étrange, mais Astérix en film d’animation, on y est, c’est ce qu’il faut : les personnages ne sont pas dénaturés, il y a moyen de se faire plaisir sur les effets spéciaux et les sangliers,… Sauf que. Il y a les voix. Un des points noirs du film. A force de vouloir caser de la célébrité à tout va (et vas-y que je te colle tous les noms sur un quart de l’affiche,…), on perd de vue l’essentiel : le personnage. C’est bien beau d’entendre Elie Semoun, Florence Foresti ou Alain Chabat, mais lorsqu’on se met à entendre Elie Semoun (qui se fait bien plaisir à faire du… Elie Semoun) à la place de son personnage, y a un problème. C’est sans doute moi qui psychote, mais tant pis, j’ai quand même l’impression qu’on perd de vue l’essentiel.

Pour le reste, on reconnaît bien la patte Astier – et ça, ça fait plaisir -, aussi bien sur les dialogues que sur le fond (le centurion entouré d’abrutis, Astérix entouré… d’abrutis,… pourquoi est-ce que je pense à Kaamelott d’un coup ?). Autant dire qu’on se marre bien. A partir de là, le job est fait et Môsieur Astier se paie même le luxe de caser un ptit C »est pas faux », histoire de flatter du fan. Autre crédit à porter à l’attention du maître ; le choix l’adapter le tome du domaine des dieux. Un choix original et plus original qu’Astérix en Hispanie, en Corse, chez les Goths,… Ce qui l’est moins, c’est l’introduction de cette famille romaine dans l’histoire, trop lisse, trop familial, trop décevant.

À noter aussi, et c’est appréciable, l’équilibre qu’on peut trouver entre le scénario d’Alexandre Astier et la réalisation animée de Louis Clichy. Il y a un réel savoir-faire des deux côtés, l’animation autant que le scénario, ce n’est que du bonheur. Bon, presque que du bonheur, sur 1h20 de film, j’ai senti 2, 3 longueurs.

Très personnellement, pour moi, dans mon cas et ça n’engage que moi, j’ai quand même trouvé le talent astien comprimé par les codes d’Astérix, ou les respectant au choix (on a bien compris qu’il s’agissait d’irréductibles gaulois, qu’ils n’étaient pas très malins, qu’ils aimaient le sanglier,…) Je crois que je m’attendais aussi (surtout ?) à avoir un Mission Cléopâtre bis en terme de niveau d’humour, qui, finalement se servait plus d’Astérix comme d’un prétexte.

Bref, malgré les quelques reproches que je peux faire à cette adaptation, le format film d’animation correspond parfaitement à l’univers d’Astérix, Alexandre Astier est fidèle à lui-même et on passe un très bon moment, à supposer que l’on aime Astérix, bien sûr (et A. Astier mais qui ne l’aime pas ?)