Inherent Vice

Réalisateur : Paul Thomas Anderson

Acteurs : Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro, Reese Witherspoon, Jena Malone, Martin Short,…

Synopsis : Los Angeles, années 70. Doc Sportello, un détective privé addict à la drogue, se retrouve mêlé à une affaire de disparition. (Source : Allociné)


Inherent Vice est un film assez exceptionnel (oui, cette critique sera sur un mode « Inherent Vice, c’est cool », je précise car ce film semble donner des réactions « j’adore » ou « je déteste »).

Joaquin Phoenix est une fois de plus à 10 kms au-dessus de la mêlée, Paul Thomas Anderson a une maîtrise de la mise en scène assez folle, la photographie est léchée comme c’est pas permis, quantité de seconds rôles ne déméritent pas non plus, et pour finir Inherent Vice est une sorte d’hybride entre The Big Lebowsky, à peu près n’importe quel film des frères Coen (Fargo disons) et un concert de Woodstock.

Bref, c’est foutraque, cool, planant, souvent drôle. Mais… je n’ai pas compris la moitié du scénario. Dans les grandes largeurs si, mais après, définitivement non. Ça foisonne de personnages, de sous-intrigues, ça part dans tous les sens, avec juste un petit fil rouge autour d’une femme. Et lorsque le personnage principal, défoncé en permanence, semble tout comprendre mieux que moi, je m’interroge sur mes capacités intellectuelles. J’aurais sans doute pu faire un p’tit effort mais honnêtement, c’est le genre de film où je préfère me laisser porter jusqu’à la fin.

Le plus marrant, c’est que j’ai toujours été pris dans les fumées d’Inherent Vice. Comme si l’effet planant de ce film à l’ambiance si particulière déteignait sur la salle (bon, pas toute, au moins 3 personnes sont sorties durant le film). Je ne dis pas que sur 2h30 je n’ai pas eu 1 ou 2 moments hors de l’histoire mais globalement je n’arrive moi-même pas à comprendre comment Paul Thomas Anderson a réussi à faire un scénario aussi bordélique tout en maintenant mon attention.

Quoique ça a peut-être un lien avec cette ambiance hippie si bien portée à l’écran, toutes ces répliques complètement absurdes, ces personnages décalés et/ou crétins , cette narration particulière et cet art du dialogue. Et Joaquin Phoenix bordel de merde… (Bon, y a Josh Brolin qui est cool aussi mais bon. Joaquin Phoenix quoi !).

Envie de le revoir, de repartir pour un trip Inherent Vice. En branchant mon cerveau. Envie de revoir Joaquim Phoenix. Envie de me marrer à nouveau. Envie d’apprécier encore une fois le film. Même si je me suis senti un peu con de ne pas tout piger… Merde, c’était quand même très bon !

The Voices

Réalisatrice : Marjane Satrapi

Acteurs : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki  Weaver,…

Synopsis : Jerry vit à Milton, petite ville tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit aussi régulièrement sa psy à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments… (Source : Cinetrafic)


 

The Voices nous conte la charmante histoire de Jerry, homme affable et souriant, ami des bêtes et meurtrier de son prochain. Ce dernier point n’est certes pas mentionné dans le synopsis, m’enfin à regarder l’affiche on se doute qu’il n’est pas en train de préparer une bolognaise. Bref, Jerry travaille dans une entreprise comme emballeur de baignoires et se voit affublé d’un immonde uniforme rose bonbon (rien que ça donnerait des idées de meurtre à n’importe qui). Sauf que ces idées viennent ici de M. Moustache, son chat psychopathe et plein de romantisme (parfaitement résumé par la délicieuse réplique « Did you fuck the bitch ? »).

On le comprend très vite, Jerry n’est pas un modèle de santé mentale. Mais  lorsqu’on croise : Gemma Arterton comme collègue, une psy con comme ses pieds (« Vous ne prenez pas du tout vos médicaments pour ne pas virer American Psycho, oh c’est pas bien mon p’tit Jerry ! »), une police quasi absente (sauf pour dire après un seul meurtre qu’on a affaire à un serial killer. Même dans Esprits Criminels, ils l’ont pas osée celle-là) et une voix qui pousse au crime, faut pas s’étonner que ça pète.

Pour prendre les choses dans l’ordre : Ryan Reynolds est cool. Il joue parfaitement le gars décalé, gentil, aussi attachant que psychopatement schyzo, qui se fait bouffer par ses voix. C’est qu’on aurait de la peine pour le bougre.
Autre bon point, le gore. A la fois suggéré, sanguinolent et bien mis en scène, notamment sur le premier meurtre. Et rien que ça, ça vaut d’être salué. Pas facile de se démarquer dans l’industrie du divertissement sur la question du sang.

Pour la suite, pas possible de faire une présentation classique. The Voices ne l’est pas. Bizarre, décalé, ça oui. Comédie horrifico-noire, elle joue parfaitement sur le décalage entre le monde réel et le monde vu par Jerry. Et pour ça, Marjane Satrapi (car c’était elle) joue sur les décors, les couleurs et les petits papillons. La propreté et le kitsch de l’univers de Jerry sont donc normaux (pour lui) et son appartement est le plus représentatif de cette fracture entre la réalité et sa réalité.

Mais lorsque j’écris comédie, on ne rit pas non plus à gorge déployée, on oscille plutôt avec quelques moments de tension, de malaise, de sourire,… Le « Terrifiant et à mourir de rire » de l’affiche est d’ailleurs franchement exagéré. En fait, j’ai même l’impression qu’en plus d’avoir par moments une réalisation maladroite, Marjane Satrapi a eu du mal à doser thriller et comédie ou au moins à donner une intensité aux deux genres. L’intrigue manque de tension, certains éléments ne sont pas assez développés ; le chien est, à mon sens, sous-exploité, la psy n’est pas crédible, même Jerry manque de… quelque chose, d’une violence dans son rapport aux voix peut-être.
Globalement, c’est tout le film qui m’a donné cette impression de manque. Un gros potentiel, un film original, décalé mais qui peine à s’imposer. Et à attendre toujours plus ; plus fou, plus noir, plus développé, plus « écrit », il m’a manqué l’enthousiasme nécessaire pour penser en sortant « ça, c’est un putain de bon film ».

Mais c’était sympa. Je le conseille, rien que pour l’expérience. Parce que des films comme The Voices, y en a pas 100 non plus. Si une partie de moi a aimé le film, une autre est plus mitigée. Et mMême à l’avoir vu hier, je sais que je le reverrai dès que possible, rien que pour me mettre d’accord avec nous-même.

Birdman

Réalisateur : Alejandro González Inárritu

Acteurs : Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis, Andrea Riseborough, Amy Ryan,…

Synopsis : Un acteur has been, connu pour avoir incarné un célèbre super-héros, monte une pièce à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire passée. (Source : Allociné)


 

Birdman est le meilleur film que j’ai vu au cinéma en 2015. C’est aussi le deuxième. Mais ça donne un aperçu de mon ressenti à la sortie de la salle de ciné.

Son tour de force : avoir un film monté comme un seul plan-séquence. Ça donne un peule tournis et surtout ça épate par la maîtrise dont fait preuve Innaritu. Bon, ça m’a aussi gêné au début du film (dans le sens où je n’arrivais qu’à voir ce plan-séquence sans rentrer dans l’histoire), et puis au bout d’un moment, fin de la gêne et début du plaisir.
Le génie dans tout ça c’est que ce ce plan-séquence n’empêche pas la présence d’ellipses qui prennent une place toute autre grâce à l’absence des coupures entre les scènes. Bref, c’est beau.

Et ça l’est d’autant plus que la photographie elle-même est superbe, tous les gros plans sont magnifiques, comme cette scène de coup de gueule d’Emma Stone contre pôpa, tellement forte et belle qu’elle m’en a collé des frissons (la scène pas Emme Stone, faut pas déconner).

Pour le fond de l’histoire, y a pas grand chose à dire, c’est un film sur une pièce de théâtre sur un homme torturé joué par un acteur torturé dont l’histoire est quasiment celle de l’acteur qui le joue. Mais si c’est très clair. Ca semble aussi très nombriliste ce côté les artistes qui parlent des artistes. Mais ça ne l’est pas. Ca pourrait, il ne faut pas que l’idée soit trop reprise mais… ça fonctionne. La relation théâtre/cinéma (de divertissement) est plutôt intéressante d’ailleurs.

Le film a aussi un côté huis-clos très sympa ; tout ce petit monde dans un théâtre aux couloirs étroits et oppressants dans un fond sonore se résumant globalement à une batterie géniale et oppressante. A mentionner évidemment la voix de Birdman à classer dans les meilleures voix du cinéma à côté du pote Smaug. Ah oui, j’ai mentionné cette schizophrénie du personnage principal ? Non ? Tant pis.
Ce huis-clos théâtral m’a aussi donné une impression de « faux » sur les personnages, les dialogues, les situations… Ce n’est pas péjoratif, du tout, mais il a fallu un petit temps d’adaptation à cette impression tellement subjective qu’elle n’a pas forcément d’intérêt et je vais m’arrêter d’en parler à la fin de cette phrase qui n’en finit pas. Voilà.

Birdman n’est pas mon film parfait, évidemment ; la petite réflexion sur les critiques professionnels n’est pas hyper subtile tout comme les coupures du faux plan séquence mais là le petit spectateur amateur que je suis va juste fermer sa gueule parce que quand même cette maîtrise technique d’Innaritu est tout simplement à tomber par terre.

Un ptit mot sur le trio Keaton-Norton-Stone aussi à tomber par terre (bref, Birdman est un film qui donne des bleus).

Pour finir, le truc cool avec Birdman c’est que le sujet en soi n’est pas follement original (l’acteur has-been ayant des rapports compliqués avec sa fille et qui essaie de remonter la pente) mais le traitement technique époustouflant d’Innaritu, l’existence de Birdman himself et ce côté distanciation avec Keaton/son personnage, le film/la pièce qui questionnent la célébrité, l’ego,…. en font le meilleur film que j’ai vu en 2015 (et pas qu’au cinéma, pis là c’est pas le 2e film vu, c’est le 45e, c’est Seriebox qui le dit (super site, je vous le conseille)).

Kingsman : Services secrets

Réalisateur : Matthew Vaughn

Acteurs : Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Sophie Cookson, Mark Strong,…

Synopsis : Harry Hart, super espion au service secret des Kingsman, prend sous son aile un jeune un peu perdu et le forme dans le but de sauver le monde d’un sombre complot. (Source : Senscritique)

Bande-annonce


Après 2 mois sans sortie ciné, il fallait bien un Kingsman pour relancer la machine. Le petit dernier de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men : Le commencement,…) confirme une fois de plus le talent du monsieur pour la réalisation de films divertissants, (ultra-)vitaminés qui sortent du lot.

Pas sûr que Kingsman plaise à tout le monde, mais pour les amateurs de films d’espionnage & autres cocktails d’action/humour qui aiment donner des congés à leurs neurones, je ne me fais pas trop de soucis.

Kingsman, c’est le film dont on connaît la recette mais qui arrive quand même à surprendre. Et ça commence dès le début (ça tombe bien), lorsque les enceintes du ciné crachent du… Dire Straits. Voilà, au bout de 2 minutes de générique, j’étais conquis.

Un peu d’explications quand même. Kingsman est l’adaptation du comic book du même nom (et du même scénariste que Kick-Ass, réalisé par… le même réalisateur) et nous envoie dans le monde de la comédie d’espionnage. D’un côté une organisation secrète d’espionnage : Les Kingsman, gentlemen britanniques. De l’autre ; un vilain méchant mégalomane qui veut se faire l’humanité.

Ça ne fait pas dans la dentelle et c’est assumé. On a là tous les codes du genre (mais avec un hommage non pas à tous les films d’espionnage, non, non… aux « vieux » films d’espionnage) remixés à la sauce comédie. Et ça fonctionne plutôt pas mal du tout. D’abord, grâce à la réalisation hyper-péchue de Matthew Vaughn, de l’autre grâce à un casting pas mauvais à défaut d’être parfait. Bon, quand même un mot pour Samuel L. Jackson qui assure bien. Un bon film c’est avant tout un bon méchant.

Le paradoxe avec Kingsman c’est que c’est sa réappropriation des codes du film d’espionnage d’antan qui fait que j’ai beaucoup aimé le film et qui m’empêche de l’adorer. Tout est très attendu voire carrément pas crédible. Et à ce moment précis, je me dis que de toute façon le film ne cherche pas à être crédible et que ce serait n’importe quoi d’attendre qu’il le soit. Puisque de par sa nature, il ne peut pas l’être…
Bref, c’est un très bon film pour peu qu’on ne cherche pas la petite bête. N’empêche que l’attitude des dirigeants de la planète me paraît être franchement n’importe quoi. Et que le plan du méchant est complètement co… Ok, j’arrête.

En gros, les 2h passent vite, c’est très bien réalisé, il y a de très bonnes scènes, Colin Firth est super classe, on ne regarde pas sa montre et on sort avec le sourire. Et c’est le genre de film qu’on a très envie d’avoir en DVD. Voilà.

La dose

Auteur : Melvin Burgess

Date de parution : 11 septembre 2014

Résumé : Alors que le chômage et la pauvreté dominent chez les jeunes, qui ne croient plus en l’avenir, une drogue révolutionnaire appelée le Raid déferle sur Manchester. Elle offre une vie de rêve et tous les possibles pendant 7 jours puis conduit inexorablement à la mort. Quand la rock star Jimmy Earle meurt sur scène en plein concert après avoir ingéré la fameuse gélule, c’est le déclic pour des milliers de fans dont Adam, 17 ans, qui est dans la foule avec sa copine, Lizzie. Mais le garçon ne tarde pas à regretter son geste… (Source : Babelio)


 

Bon… j’avais écrit une première critique. Puis, l’ordi a décidé que c’était le meilleur moment pour planter. Y en a qui commencent bien l’année.

Je reprends donc, et ce sera beaucoup plus court, parce que ça fait quand même un peu suer, surtout pour un livre que je n’ai pas aimé.

La dose, c’est un roman jeunesse d’anticipation sur fond de crise, de révolte sociale et de drogue. On croise des vilains gangsters dealers de drogue, des gentils révolutionnaires sincères et des ados désoeuvrés. Oui, ça sonne follement original et ce n’est pas fini.

On suit un ado, Adam, qui a la bonne idée de prendre une pilule de Raid, la drogue à la mode. Problème, le Raid, si il semble avoirs de bons effets durant une semaine, fait inévitablement mourir au bout de la dite semaine. Faut donc quand même bien réfléchir avant de l’ingurgiter. En plus d’Adam, on aura la joie de côtoyer Lizzie, sa copine et qui sert accessoirement de conscience, Christian, gangster psychopathe et caricature devant l’éternel, 2 révolutionnaires,…

La dose a tout pour être le roman d’anticipation qui fait réfléchir sur la drogue, la vie et tout le reste, mais bute sur des personnages caricaturaux ou bêtes à manger du foin (qu’ils soient ou non sous l’effet de la drogue) et dont je me fichais totalement qu’il leur arrive quoique ce soit.
Un mot aussi sur le style, maladroit par moments, insipide à d’autres mais toujours constant dans sa banalité.

La situation sociale explosive n’est là qu’en toile de fond brouillonne, comme beaucoup d’autres choses, mais là, j’ai trouvé ça vraiment dommage. Il y avait matière en mixant la thématique de la drogue avec le contexte de crise à quelque chose de percutant. Mais là… non.

Dommage parce que la couverture a un petit quelque chose qui attire le regard. Une dureté qu’on retrouve sporadiquement dans le bouquin sans qu’elle paraisse sincère ou bien faite.

Une lecture dans le cadre du challenge de la rentrée littéraire 2014 et un premier couac. Tant pis. Suivant.

Whiplash

Réalisateur & scénariste : Damien Chazelle

Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons

Synopsis : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… (Source : Allociné)

Bande-annonce


 

Une critique de Whiplash ne peut commencer que par un cri du coeur. MON DIEU QUE CE FILM EST BON.

D’abord, il y a la bande-annonce à regarder. Parce qu’elle retranscrit bien le concentré d’énergie, de tension et de beauté musicale dont le film transpire.

Ensuite, il y a la bande originale à écouter (c’est par là sur Deezer). Parce qu’elle est magnifique, tout simplement. Parce que du jazz comme ça, j’en redemande, et parce que mariée à la tension de Whiplash ça crée une ambiance de malade.

Whiplash parle de jazz, de musiciens, d’un batteur. Whiplash parle d’un jeune de 19 ans, élève dans la meilleure école de musique de New-York, et qui est remarqué par le meilleur prof de la dite école, prof qui a en charge un groupe d’élite qu’il mène d’une main de fer (dans un gant de fer). Mais là n’est pas toute l’histoire.

Car ce serait oublier de dire que Terrence Fletcher (le prof) fait passer le sergent major de Full Metal Jacket pour un enfant de chœur, ce serait oublier de dire qu’Andrew Neyman (l’élève) a en lui une détermination à être « parmi les meilleures » qui frise (ou tombe dans) l’obsession la plus extrême. Face à deux personnalités aussi fortes (et aussi odieuses), il n’y a qu’une issue : Whiplash est un fantastique film sur un duel entre deux egos. Sur fond de jazz.

Pour faire honneur à deux personnages pareils, il fallait deux acteurs d’exception. Et c’est le cas. D’un coté, il y a J.K Simmons, habitué des seconds rôles notamment chez Jason Reitman (producteur executif du film. Coincidence ?). Absolument magistral, hallucinant, charismatique, écrasant,… bref, qui a trouvé un rôle à sa mesure. Et Miles Teller, que j’ai plus connu dans des rôles moyens dans des films moyens (Divergente, The Spectacular Now,…), jamais transcendant. Jusque là. Un acteur que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui livre ici une sacrée performance, à la hauteur de son aîné.

Whiplash est l’oeuvre d’un jeune inconnu (ah si, il a scénarisé Le Dernier exorcisme : Part II, pardon) mais a tout de l’excellent film, maîtrisé à tous les niveaux.Une photographie léchée comme c’est pas permis, des plans et une façon de filmer la musique qui laisse franchement admiratif, un art de la tension comme j’en ai rarement vu. Le film m’a d’ailleurs fait penser à Black Swan sur ce point.

Du tout début, du roulement de baguettes sur fond noir jusqu’à la toute fin, la tension ne baisse pas. C’est d’ailleurs assez étonnant pour être souligné : le film n’a pas d’introduction, il attaque directement son sujet. Puis c’est le tourbillon ; entre admiration, manipulation, haine, respect, torture psychologique, dépassement (extrême) de soi, rien n’est épargné. Après avoir vu le film, si son énergie ne m’a pas surpris (merci à la bande-annonce), sa dureté psychologique si.
C’est aussi très fort de subtilité ; le harcèlement de Fletcher, l’attitude de Neyman, on les déteste, on les comprend ou on compatit (parfois) mais jamais le film ne cède à la facilité.

Tout au plus, regretterai-je des personnages secondaires assez transparents, du père d’Andrew Neyman à sa petite amie tellement bouffée par les ellipses qu’elle en devient anecdotique, tout au plus à valeur d’illustration de la mentalité d’Andrew. Bref, rien ni personne ne survit au duel des deux personnages.

Le duo d’acteurs magistral, la tension magnifique, le jazz, genre musical parfait dans le cas présent, le final en mode « bombe atomique », l’esthétique du film. Autant d’éléments qui font de Whiplash un des meilleurs films de 2014. A voir, à écouter.

Le Hobbit : La bataille des cinq armées

Réalisateur : Peter Jackson

Acteurs : Le casting habituel

Synopsis : Suite et fin de la trilogie du Hobbit (je ne me foule pas mais c’est à l’image de Peter Jackson avec sa trilogie).


 Voilà, après 3 ans, c’est une nouvelle trilogie qui prend fin. Et qui, sans avoir à rougir, m’aura quand même biiiieeen moins marqué que le Seigneur des Anneaux.

La structure de ce troisième volet est assez simple. Dès la première minute on retrouve la fin du 2e film, comme après une coupure de pub d’un an. C’est reparti pour un petit moment d’action, de flammes et de dragon (mon dieu que ce dragon est impressionnant, beau et avec une voix qui me…bref). S’ensuit un léger passage à vide, non dénué d’intérêt fort heureusement, et enfin le film attaque le vif du sujet, j’entends par là le titre du film.

Il faut reconnaître une chose à Peter Jackson, après 5 films sur la Terre du Milieu, le ptit gars maîtrise grave. S’il n’est pas le meilleur réalisateur du monde, il est en revanche le meilleur guide touristique mondial de la Nouvelle-Zélande. Les vues aériennes sont magnifiques, les décors ne déméritent pas (même si la Terre du Milieu semble destinée à construire des murailles en carton pâte qui volent en éclats dès  qu’un caillou les touche) et cette fois le temps ne m’a pas semblé long, jamais eu besoin de regarder ma montre. Bon, l’action est (très) présente certes, mais les scènes huis-clos avec Thorïn et son Mal du Dragon sont aussi réussies (et peu subtiles, certes). Peter Jackson se paie même le luxe de nous pondre deux scènes hallucinogènes destinées à faire sortir les épileptiques de la salle (là, en revanche, je ne saurais pas dire si j’ai aimé ou non…).

Sauf que… il y a la romance entre le Roméo Nain et la Juliette Elfe. Tous deux confondants de niaiserie inutile et gâchant inévitablement leurs scènes. « Tu me fais sentir si vivant » « L’amour fait-il toujours aussi mal ? ». Sérieux, on entend même pas ces répliques dans les comédies romantiques. Ou peut-être dans 50 nuances de Grey pour la seconde. D’autant qu’attention, le petit Kili (le Nain) n’est évidemment pas aussi moche et trapu que ses potes Nains. Non, monsieur Kili est plutôt une sorte d’Aragorn d’1m40, c’est plus facile.

De manière  générale, cette romance est à mettre sur la liste des facilités que se permet Peter Jackson (et ses potes scénaristes, m’enfin c’est quand même lui le boss). A commencer par la quantité de sauvetages de dernière minute par Machin ou Bidule qui arrivent pile au moment où l’épée va s’abattre sur Truc ou Chose. Marrant comme les Orcs ont tendance à traîner sur un héros alors qu’un figurant va se faire zigouiller en moins d’une seconde. Évidemment, les aigles seront de la partie pour un énième deus ex machina.
Les facilités ne sont pas seulement sur l’action. Le lâche de service aurait gagné à plus de subtilité ou moins de temps d’écran, pareil pour le triangle Legolas/Tauriel/Kili, pareil pour la parfaite synchronisation du temps d’arrivée des armées de tout un chacun (ok, c’est pour l’effet dramatique mais au bout d’un moment, faut aussi se creuser la cervelle). Le montage avec les scènes de Gandalf au début auraient gagné  à être moins chaotiques, des boucs débarquent de nulle part en pleine bataille, et la liste continue…
Un petit mot sur Legolas qui semble avoir abusé de la chirurgie esthétique numérique mais conserve son habilité à des scènes toujours plus improbables les unes que les autres (mais bon, ça c’est rigolo alors ça va).

Je ne vais pas cracher dans la soupe, Le Hobbit reste un spectacle appréciable. Mais ça aurait pu être tellement plus que ça si Peter Jackson n’avait autant donné l’impression de s’être reposé sur ses lauriers. Ce qui n’est pas le cas de Martin Freeman qui illumine l’écran à chacune de ses scènes. Merci Martin.