Kingsman : Services secrets

Réalisateur : Matthew Vaughn

Acteurs : Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Sophie Cookson, Mark Strong,…

Synopsis : Harry Hart, super espion au service secret des Kingsman, prend sous son aile un jeune un peu perdu et le forme dans le but de sauver le monde d’un sombre complot. (Source : Senscritique)

Bande-annonce


Après 2 mois sans sortie ciné, il fallait bien un Kingsman pour relancer la machine. Le petit dernier de Matthew Vaughn (Stardust, Kick-Ass, X-Men : Le commencement,…) confirme une fois de plus le talent du monsieur pour la réalisation de films divertissants, (ultra-)vitaminés qui sortent du lot.

Pas sûr que Kingsman plaise à tout le monde, mais pour les amateurs de films d’espionnage & autres cocktails d’action/humour qui aiment donner des congés à leurs neurones, je ne me fais pas trop de soucis.

Kingsman, c’est le film dont on connaît la recette mais qui arrive quand même à surprendre. Et ça commence dès le début (ça tombe bien), lorsque les enceintes du ciné crachent du… Dire Straits. Voilà, au bout de 2 minutes de générique, j’étais conquis.

Un peu d’explications quand même. Kingsman est l’adaptation du comic book du même nom (et du même scénariste que Kick-Ass, réalisé par… le même réalisateur) et nous envoie dans le monde de la comédie d’espionnage. D’un côté une organisation secrète d’espionnage : Les Kingsman, gentlemen britanniques. De l’autre ; un vilain méchant mégalomane qui veut se faire l’humanité.

Ça ne fait pas dans la dentelle et c’est assumé. On a là tous les codes du genre (mais avec un hommage non pas à tous les films d’espionnage, non, non… aux « vieux » films d’espionnage) remixés à la sauce comédie. Et ça fonctionne plutôt pas mal du tout. D’abord, grâce à la réalisation hyper-péchue de Matthew Vaughn, de l’autre grâce à un casting pas mauvais à défaut d’être parfait. Bon, quand même un mot pour Samuel L. Jackson qui assure bien. Un bon film c’est avant tout un bon méchant.

Le paradoxe avec Kingsman c’est que c’est sa réappropriation des codes du film d’espionnage d’antan qui fait que j’ai beaucoup aimé le film et qui m’empêche de l’adorer. Tout est très attendu voire carrément pas crédible. Et à ce moment précis, je me dis que de toute façon le film ne cherche pas à être crédible et que ce serait n’importe quoi d’attendre qu’il le soit. Puisque de par sa nature, il ne peut pas l’être…
Bref, c’est un très bon film pour peu qu’on ne cherche pas la petite bête. N’empêche que l’attitude des dirigeants de la planète me paraît être franchement n’importe quoi. Et que le plan du méchant est complètement co… Ok, j’arrête.

En gros, les 2h passent vite, c’est très bien réalisé, il y a de très bonnes scènes, Colin Firth est super classe, on ne regarde pas sa montre et on sort avec le sourire. Et c’est le genre de film qu’on a très envie d’avoir en DVD. Voilà.

La dose

Auteur : Melvin Burgess

Date de parution : 11 septembre 2014

Résumé : Alors que le chômage et la pauvreté dominent chez les jeunes, qui ne croient plus en l’avenir, une drogue révolutionnaire appelée le Raid déferle sur Manchester. Elle offre une vie de rêve et tous les possibles pendant 7 jours puis conduit inexorablement à la mort. Quand la rock star Jimmy Earle meurt sur scène en plein concert après avoir ingéré la fameuse gélule, c’est le déclic pour des milliers de fans dont Adam, 17 ans, qui est dans la foule avec sa copine, Lizzie. Mais le garçon ne tarde pas à regretter son geste… (Source : Babelio)


 

Bon… j’avais écrit une première critique. Puis, l’ordi a décidé que c’était le meilleur moment pour planter. Y en a qui commencent bien l’année.

Je reprends donc, et ce sera beaucoup plus court, parce que ça fait quand même un peu suer, surtout pour un livre que je n’ai pas aimé.

La dose, c’est un roman jeunesse d’anticipation sur fond de crise, de révolte sociale et de drogue. On croise des vilains gangsters dealers de drogue, des gentils révolutionnaires sincères et des ados désoeuvrés. Oui, ça sonne follement original et ce n’est pas fini.

On suit un ado, Adam, qui a la bonne idée de prendre une pilule de Raid, la drogue à la mode. Problème, le Raid, si il semble avoirs de bons effets durant une semaine, fait inévitablement mourir au bout de la dite semaine. Faut donc quand même bien réfléchir avant de l’ingurgiter. En plus d’Adam, on aura la joie de côtoyer Lizzie, sa copine et qui sert accessoirement de conscience, Christian, gangster psychopathe et caricature devant l’éternel, 2 révolutionnaires,…

La dose a tout pour être le roman d’anticipation qui fait réfléchir sur la drogue, la vie et tout le reste, mais bute sur des personnages caricaturaux ou bêtes à manger du foin (qu’ils soient ou non sous l’effet de la drogue) et dont je me fichais totalement qu’il leur arrive quoique ce soit.
Un mot aussi sur le style, maladroit par moments, insipide à d’autres mais toujours constant dans sa banalité.

La situation sociale explosive n’est là qu’en toile de fond brouillonne, comme beaucoup d’autres choses, mais là, j’ai trouvé ça vraiment dommage. Il y avait matière en mixant la thématique de la drogue avec le contexte de crise à quelque chose de percutant. Mais là… non.

Dommage parce que la couverture a un petit quelque chose qui attire le regard. Une dureté qu’on retrouve sporadiquement dans le bouquin sans qu’elle paraisse sincère ou bien faite.

Une lecture dans le cadre du challenge de la rentrée littéraire 2014 et un premier couac. Tant pis. Suivant.

Whiplash

Réalisateur & scénariste : Damien Chazelle

Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons

Synopsis : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… (Source : Allociné)

Bande-annonce


 

Une critique de Whiplash ne peut commencer que par un cri du coeur. MON DIEU QUE CE FILM EST BON.

D’abord, il y a la bande-annonce à regarder. Parce qu’elle retranscrit bien le concentré d’énergie, de tension et de beauté musicale dont le film transpire.

Ensuite, il y a la bande originale à écouter (c’est par là sur Deezer). Parce qu’elle est magnifique, tout simplement. Parce que du jazz comme ça, j’en redemande, et parce que mariée à la tension de Whiplash ça crée une ambiance de malade.

Whiplash parle de jazz, de musiciens, d’un batteur. Whiplash parle d’un jeune de 19 ans, élève dans la meilleure école de musique de New-York, et qui est remarqué par le meilleur prof de la dite école, prof qui a en charge un groupe d’élite qu’il mène d’une main de fer (dans un gant de fer). Mais là n’est pas toute l’histoire.

Car ce serait oublier de dire que Terrence Fletcher (le prof) fait passer le sergent major de Full Metal Jacket pour un enfant de chœur, ce serait oublier de dire qu’Andrew Neyman (l’élève) a en lui une détermination à être « parmi les meilleures » qui frise (ou tombe dans) l’obsession la plus extrême. Face à deux personnalités aussi fortes (et aussi odieuses), il n’y a qu’une issue : Whiplash est un fantastique film sur un duel entre deux egos. Sur fond de jazz.

Pour faire honneur à deux personnages pareils, il fallait deux acteurs d’exception. Et c’est le cas. D’un coté, il y a J.K Simmons, habitué des seconds rôles notamment chez Jason Reitman (producteur executif du film. Coincidence ?). Absolument magistral, hallucinant, charismatique, écrasant,… bref, qui a trouvé un rôle à sa mesure. Et Miles Teller, que j’ai plus connu dans des rôles moyens dans des films moyens (Divergente, The Spectacular Now,…), jamais transcendant. Jusque là. Un acteur que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui livre ici une sacrée performance, à la hauteur de son aîné.

Whiplash est l’oeuvre d’un jeune inconnu (ah si, il a scénarisé Le Dernier exorcisme : Part II, pardon) mais a tout de l’excellent film, maîtrisé à tous les niveaux.Une photographie léchée comme c’est pas permis, des plans et une façon de filmer la musique qui laisse franchement admiratif, un art de la tension comme j’en ai rarement vu. Le film m’a d’ailleurs fait penser à Black Swan sur ce point.

Du tout début, du roulement de baguettes sur fond noir jusqu’à la toute fin, la tension ne baisse pas. C’est d’ailleurs assez étonnant pour être souligné : le film n’a pas d’introduction, il attaque directement son sujet. Puis c’est le tourbillon ; entre admiration, manipulation, haine, respect, torture psychologique, dépassement (extrême) de soi, rien n’est épargné. Après avoir vu le film, si son énergie ne m’a pas surpris (merci à la bande-annonce), sa dureté psychologique si.
C’est aussi très fort de subtilité ; le harcèlement de Fletcher, l’attitude de Neyman, on les déteste, on les comprend ou on compatit (parfois) mais jamais le film ne cède à la facilité.

Tout au plus, regretterai-je des personnages secondaires assez transparents, du père d’Andrew Neyman à sa petite amie tellement bouffée par les ellipses qu’elle en devient anecdotique, tout au plus à valeur d’illustration de la mentalité d’Andrew. Bref, rien ni personne ne survit au duel des deux personnages.

Le duo d’acteurs magistral, la tension magnifique, le jazz, genre musical parfait dans le cas présent, le final en mode « bombe atomique », l’esthétique du film. Autant d’éléments qui font de Whiplash un des meilleurs films de 2014. A voir, à écouter.

Le Hobbit : La bataille des cinq armées

Réalisateur : Peter Jackson

Acteurs : Le casting habituel

Synopsis : Suite et fin de la trilogie du Hobbit (je ne me foule pas mais c’est à l’image de Peter Jackson avec sa trilogie).


 Voilà, après 3 ans, c’est une nouvelle trilogie qui prend fin. Et qui, sans avoir à rougir, m’aura quand même biiiieeen moins marqué que le Seigneur des Anneaux.

La structure de ce troisième volet est assez simple. Dès la première minute on retrouve la fin du 2e film, comme après une coupure de pub d’un an. C’est reparti pour un petit moment d’action, de flammes et de dragon (mon dieu que ce dragon est impressionnant, beau et avec une voix qui me…bref). S’ensuit un léger passage à vide, non dénué d’intérêt fort heureusement, et enfin le film attaque le vif du sujet, j’entends par là le titre du film.

Il faut reconnaître une chose à Peter Jackson, après 5 films sur la Terre du Milieu, le ptit gars maîtrise grave. S’il n’est pas le meilleur réalisateur du monde, il est en revanche le meilleur guide touristique mondial de la Nouvelle-Zélande. Les vues aériennes sont magnifiques, les décors ne déméritent pas (même si la Terre du Milieu semble destinée à construire des murailles en carton pâte qui volent en éclats dès  qu’un caillou les touche) et cette fois le temps ne m’a pas semblé long, jamais eu besoin de regarder ma montre. Bon, l’action est (très) présente certes, mais les scènes huis-clos avec Thorïn et son Mal du Dragon sont aussi réussies (et peu subtiles, certes). Peter Jackson se paie même le luxe de nous pondre deux scènes hallucinogènes destinées à faire sortir les épileptiques de la salle (là, en revanche, je ne saurais pas dire si j’ai aimé ou non…).

Sauf que… il y a la romance entre le Roméo Nain et la Juliette Elfe. Tous deux confondants de niaiserie inutile et gâchant inévitablement leurs scènes. « Tu me fais sentir si vivant » « L’amour fait-il toujours aussi mal ? ». Sérieux, on entend même pas ces répliques dans les comédies romantiques. Ou peut-être dans 50 nuances de Grey pour la seconde. D’autant qu’attention, le petit Kili (le Nain) n’est évidemment pas aussi moche et trapu que ses potes Nains. Non, monsieur Kili est plutôt une sorte d’Aragorn d’1m40, c’est plus facile.

De manière  générale, cette romance est à mettre sur la liste des facilités que se permet Peter Jackson (et ses potes scénaristes, m’enfin c’est quand même lui le boss). A commencer par la quantité de sauvetages de dernière minute par Machin ou Bidule qui arrivent pile au moment où l’épée va s’abattre sur Truc ou Chose. Marrant comme les Orcs ont tendance à traîner sur un héros alors qu’un figurant va se faire zigouiller en moins d’une seconde. Évidemment, les aigles seront de la partie pour un énième deus ex machina.
Les facilités ne sont pas seulement sur l’action. Le lâche de service aurait gagné à plus de subtilité ou moins de temps d’écran, pareil pour le triangle Legolas/Tauriel/Kili, pareil pour la parfaite synchronisation du temps d’arrivée des armées de tout un chacun (ok, c’est pour l’effet dramatique mais au bout d’un moment, faut aussi se creuser la cervelle). Le montage avec les scènes de Gandalf au début auraient gagné  à être moins chaotiques, des boucs débarquent de nulle part en pleine bataille, et la liste continue…
Un petit mot sur Legolas qui semble avoir abusé de la chirurgie esthétique numérique mais conserve son habilité à des scènes toujours plus improbables les unes que les autres (mais bon, ça c’est rigolo alors ça va).

Je ne vais pas cracher dans la soupe, Le Hobbit reste un spectacle appréciable. Mais ça aurait pu être tellement plus que ça si Peter Jackson n’avait autant donné l’impression de s’être reposé sur ses lauriers. Ce qui n’est pas le cas de Martin Freeman qui illumine l’écran à chacune de ses scènes. Merci Martin.

Men, Women & Children

Réalisateur : Jason Reitman

Acteurs : Emma Thompson, Adam Sandler, Judy Greer, Ansel Elgort, Kaitlyn Dever, Rosemarie DeWitt, Dean Norris,…

Synopsis : Décrit la vie de lycéens et de leurs parents.


 Men, Women & Children : 6e film de Jason Reitman (qui semble très prolifique en ce moment, Last Days of Summer étant aussi sorti cette année) et énième film-choral sur les relations entre adultes et entre adolescents, cette fois via Internet.

Le problème de films comme celui-ci, qui essaie à travers la vie de quelques familles, de dépeindre des problèmes universels, c’est qu’il vaut mieux éviter les clichés et les banalités. Ce que n’évite pas (totalement) Men, Women, etc…

La galerie de personnages est assez inégale dans son intérêt et ses nuances, mais reste globalement plutôt réussie. Il y a d’abord la fille anorexique qui n’a d’yeux que pour le connard n°1 du lycée, footballeur, bien évidemment. On aura aussi la pom-pom girl/mannequin et sa mère/photographe/webmaster/agent/(maquereau ?) avides de célébrité.
Nous continuons avec l’ado – lui aussi footballeur – amateur de vidéos porno « déviantes », au contraire de son père qui est plus sur un combo porno classique/prostituées et de sa mère qui est, elle, amatrice de rencontres d’un soir ou deux, par Internet of course. Bref, la famille heureuse et épanouie dont le seul rapport à Internet se résume au sexe. Pourquoi pas.

On a aussi droit au personnage le plus con de toute la création, incarné par Jennifer Garner qui répond à la connerie du personnage par l’insipidité de son jeu. L’idée de ce personnage est de fliquer sa fille sur l’intégralité de ses communications, à recevoir les messages de celle-ci pour les supprimer, la traquer par géolocalisation, éplucher son ordi durant des heures, imprimer 50 pages de transcription de chat,… A ce niveau-là, ce n’est plus un balai dans le cul, c’est toute la clique de l’apprenti sorcier. Et pour le coup, le personnage est tellement caricatural et intégriste qu’il ne sert à rien si ce n’est peut-être donner un peu de suspense à la romance de la fille avec un autre ado, à l’histoire familiale chargée et qui passe son temps à jouer à Guild Wars (ce que ne comprend pas le papa qui préférerait que fiston aille jouer au foot, blablabla).

Certains personnages sont intéressants car nuancés, d’autres sont clichés. Bref, le tout est inégal. Et c’est dommage car l’intégration des navigations internet, des conversations SMS, bref de toute la partie numérique est très bien retranscrite à l’écran, le montage entre les différentes familles est impeccable et le casting, Jennifer Garner excepté, est excellent. Même Adam Sandler est juste. C’est dire.

Men, Women & Children a vraiment du potentiel sur l’idée, il y a de bonnes choses, les 2h passent assez vite, l’idée de la voix off et son ton décalé fonctionne très bien, la mise en scène est agréable et esthétique, les dialogues sont globalement bons et déclenchent souvent des rires dans la salle.

Après… 80% de l’usage d’Internet est résumé au sexe/aux sites pro-ana ou aux jeux vidéo (bon, on est d’accord que voir quelqu’un faire une recherche, consulter ses mails ou regarder des vidéos sur Youtube c’est pas bien passionnant), Guild Wars, normalement MMORPG gratuit, devient payant durant une scène, et les amateurs de porno semblent ne pas connaître l’option « Navigation privée » de leur navigateur. Le film a même tendance à dégager une impression de cliché dès qu’Internet entre en jeu. Pas sur tout évidemment mais suffisamment pour ajouter de la perplexité au divertissement.

Si le film n’est pas un film sur Internet mais bien sur les relations sociales ; Internet ne change au final pas grand-chose mais amplifie des problèmes déjà existants, il manque quand même de consistance et de développement sur la durée. Jason Reitman a aussi tendance à un peu trop forcer le trait, trop expliquer, quitte à passer pour moralisateur et chiant ou passer rapidement sur certains aspects du scénario. De plus, l’inégalité qui ressort fait dire « C’était vraiment bien, mais… en fait non, c’est juste sympa parce que quand même y a ça qui… ».

Astérix : Le domaine des dieux

Réalisateurs : Alexandre Astier & Louis Clichy

Résumé : Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de  tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : « Le Domaine des Dieux ». (Source : Allociné)


 

L’adaptation des aventures d’Astérix, Obélix, Idéfix, Panoramix i tutti quantix, énième épisode.

Alors, bon ou pas bon ?

Non, sérieusement, on parle quand même d’un film avec Alexandre Astier à la réalisation. Donc, bon film. Ce qui porte à deux, le nombre de films réussis sur les adaptations sur grand écran. Après Chabat, Astier. Deux Maîtres de l’humour, normal.
Sauf que… j’ai aimé Le domaine des dieux mais avec des nuances. D’abord, alors que sur Mission Cléopâtre, je sentais plus du Chabat que du Astérix, sur Le domaine des dieux, j’ai plus senti du Astérix que du Astier. D’où les nuances.

Commençons par l’adaptation en elle-même. Le film parle du postulat de départ de la BD et crée à peu près tout le reste. Là, rien de bien méchant au contraire, adapter fidèlement la BD ça voulait dire faire un court-métrage, soyons honnêtes. Le scénario est assez classique ; scènes répétitives pour montrer le temps qui passe, « gros » suspense et action de fin, moments familiaux avec le petit Applejus,…

Niveau animation, là c’est très réussi. Astérix en film « normal » c’est étrange, mais Astérix en film d’animation, on y est, c’est ce qu’il faut : les personnages ne sont pas dénaturés, il y a moyen de se faire plaisir sur les effets spéciaux et les sangliers,… Sauf que. Il y a les voix. Un des points noirs du film. A force de vouloir caser de la célébrité à tout va (et vas-y que je te colle tous les noms sur un quart de l’affiche,…), on perd de vue l’essentiel : le personnage. C’est bien beau d’entendre Elie Semoun, Florence Foresti ou Alain Chabat, mais lorsqu’on se met à entendre Elie Semoun (qui se fait bien plaisir à faire du… Elie Semoun) à la place de son personnage, y a un problème. C’est sans doute moi qui psychote, mais tant pis, j’ai quand même l’impression qu’on perd de vue l’essentiel.

Pour le reste, on reconnaît bien la patte Astier – et ça, ça fait plaisir -, aussi bien sur les dialogues que sur le fond (le centurion entouré d’abrutis, Astérix entouré… d’abrutis,… pourquoi est-ce que je pense à Kaamelott d’un coup ?). Autant dire qu’on se marre bien. A partir de là, le job est fait et Môsieur Astier se paie même le luxe de caser un ptit C »est pas faux », histoire de flatter du fan. Autre crédit à porter à l’attention du maître ; le choix l’adapter le tome du domaine des dieux. Un choix original et plus original qu’Astérix en Hispanie, en Corse, chez les Goths,… Ce qui l’est moins, c’est l’introduction de cette famille romaine dans l’histoire, trop lisse, trop familial, trop décevant.

À noter aussi, et c’est appréciable, l’équilibre qu’on peut trouver entre le scénario d’Alexandre Astier et la réalisation animée de Louis Clichy. Il y a un réel savoir-faire des deux côtés, l’animation autant que le scénario, ce n’est que du bonheur. Bon, presque que du bonheur, sur 1h20 de film, j’ai senti 2, 3 longueurs.

Très personnellement, pour moi, dans mon cas et ça n’engage que moi, j’ai quand même trouvé le talent astien comprimé par les codes d’Astérix, ou les respectant au choix (on a bien compris qu’il s’agissait d’irréductibles gaulois, qu’ils n’étaient pas très malins, qu’ils aimaient le sanglier,…) Je crois que je m’attendais aussi (surtout ?) à avoir un Mission Cléopâtre bis en terme de niveau d’humour, qui, finalement se servait plus d’Astérix comme d’un prétexte.

Bref, malgré les quelques reproches que je peux faire à cette adaptation, le format film d’animation correspond parfaitement à l’univers d’Astérix, Alexandre Astier est fidèle à lui-même et on passe un très bon moment, à supposer que l’on aime Astérix, bien sûr (et A. Astier mais qui ne l’aime pas ?)

Nous autres

Titre original : My

Auteur : Eugène Zamiatine
Traducteur : B. Cauvet-Duhamel

Date de parution originale : 1920

Résumé : Journal d’un homme, D-503, dans une société dystopique.


Du côté dystopique, la lecture, peu concluante du meilleur des mondes m’avait quelque peu refroidi, surtout avec la réputation de classique que se trimballe (injustement, et toc) le roman dans le milieu. Il aura fallu que j’aille voir une pièce de théâtre adaptée de Nous autres pour me mettre le livre entre les mains.

Verdict ? Si j’avais trouvé Le meilleur des mondes vieillot et aride, Nous autres me faisait bien plus peur. Cliché quand tu nous tiens, après tout pourquoi un roman dystopique soviétique de 1920 serait-il rébarbatif ? Bref. Verdict, donc ?

Déjà, l’expérience a été meilleure qu’avec Le meilleur des mondes. C’est pas rien. Même si le bouquin a plus de 90 ans, le style n’est ni vieillot ni (trop) aride. Il serait même plutôt bon, si l’on excepte le fait que le personnage, mathématicien, fait tout tourner autour des maths. Et vas-y que je te compare la société à une droite, le ciel à une équation et la chaise au carré de l’hypoténuse de Pi. Ça ne se lit pas non plus aussi bien que du Asimov (Amen), il y a ces moments où il faut forcer la concentration parce qu’on se rend compte au bout de 2, 3 pages qu’on ne bite pas un mot de ce qu’on lit. La faute à ce style, qui reste, mine de rien, très mathématique.

La structure de la société décrite fait rêver – ou cauchemarder – : Chaque heure de la journée est planifiée, chacun fait la même chose que les autres, sauf sur deux heures « personnalisées ». La règle ici, c’est la logique pure. L’ennemi, c’est la liberté individuelle. La police « Les Gardiens » est relativement discrète et surtout bien moins anxyogène que 1984. Il manque un peu de danger dans l’air. Jusqu’à un certain point, et jusqu’au passage où tout s’accélère.

« Tous les matins, avec une exactitude de machines, à la même heure et à la même minute, nous, des millions, nous nous levons comme un seul numéro. À la même heure à la même minute, nous, des millions à la fois, nous commençons notre travail et le finissons avec le même ensemble. Fondus en un seul corps aux millions de mains, nous portons la cuiller à la bouche à la seconde fixée par les Tables; tous, au même instant, nous allons nous promener, nous nous rendons à l’auditorium, à la salle des exercices de Taylor, nous nous abandonnons au sommeil… »

Là, où Nous autres réussit son coup, c’est sur sa structure narrative. Le livre est écrit par D-503, afin d’être placé dans le vaisseau spatial en train d’être construit pour porter la bonne parole de l’État Unique aux pauvres extra-terrestres qui ne connaissent pas cette délicieuse et flippante société maniaque du contrôle. Le livre que le lecteur tient dans les mains est donc censé être un journal « intime », un carnet de bord d’un homme dont on lit l’évolution. Le narrateur s’adresse donc directement au lecteur, lui explique bien les choses,…

Ce qui est aussi intéressant, c’est que cet homme en vient à transgresser les règles qui régissent sa vie, pour une femme (1984 semble n’avoir pas tout inventé. Seulement (beaucoup) amélioré), mais sans vraiment essayer de remettre en cause la société qui l’entoure. Amoureux certes mais quand même content de cette vie. Cette lutte, interne, est particulièrement réussie.

Bref, même si loin de déloger 1984 de mon piédestal, Nous autres, a été une bonne découverte.

« Que mon journal, tel un sismographe sensible, donne la courbe de mes hésitations cérébrales les plus insignifiantes. Il arrive que ce soit justement ces oscillations qui servent de signes précurseurs. »