Deadpool

Réalisateur : Tim Miller (qui a fait les effets spéciaux sur Scott Pilgrim)

Acteurs : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, T.J. Miller,…

Synopsis : Wade Wilson, mercenaire, subit une expérimentation qui va accélérer ses pouvoirs de guérison. Devenu Deadpool, il va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.


Mais… Mais… Mais c’est TROP BIEN !

La campagne marketing menée de main de maître laissait présager le meilleur et redouter le pire. Et si le gars qui a fait le film n’était pas aussi bon que le gars qui a fait la pub ?

Mes doutes furent calmés durant le générique d’ouverture, excellent, et totalement balayés après les cinq premières minutes du film. Après la scène post-générique, le doute n’était plus permis : Deadpool est un des meilleurs films de super-héros, anti-héros anti super-héros (super anti-héros ?)  à ce jour. Et, pour le moment, le meilleur film sorti en 2016.

Mais comment ce fait-ce t’y donc ?

Facile. Deadpool, en plus de garder l’esprit des comics (Bon, comics que je n’ai jamais lus. Commencez pas à chipoter), ne garde pas seulement la capacité du personnage à casser le quatrième mur. Il défonce le dit-mur au tractopelle, piétine les débris et finit par éclater les miettes restantes au marteau-piqueur.

J’aimerais dire que Deadpool est un concentré d’humour mais ce serait presque en dessous de la réalité. Il n’y a qu’à écouter le personnage principal lui-même, dont les répliques doivent contenir environ 90% de punchlines.

L’humour ne faisant pas tout, le film a l’intelligence d’équilibrer avec de l’action à la pelle, et des références à la tonne ; référence aux X-Men, Wolverine, à la première version merdissimale de Deadpool dans Wolverine Origins, Coup de foudre à Notting Hill (oui, oui),… et j’arrête là sinon cette critique pourrait être publiée sur 10 volumes de 500 pages.

Mais le scénario dans tout ça ? A la fois étonnant et classique.
Étonnant car on n’est pas dans une structure à la MCU avec le héros qui débute sans pouvoir, les chope, les apprivoise, s’en sert et bat le méchant (Mon dieu, qu’Ant-Man me paraît fade comparé à ce film-ci). Non Deadpool choisit de nous placer directement au cœur de l’action, de faire du flash-back, de l’action, du flash-back, de l’action pour finalement continuer le cours de l’histoire. Bref, la construction narrative est assez époustouflante et fluide. Mine de rien, ça a son p’tit effet. D’autant que le film place la barre haut dès le début et ne redescend pas.

Et classique, ben, parce que Deadpool a une copine. Qu’il y a un méchant. Et qu’il se passe ce qui doit se passer (en même temps quand le super-héros est immortel, ça ruine un peu le suspense). Mais même ça, ne casse pas le film. Déjà parce que la dite-copine est cool, pas vraiment le genre « damoiselle en détresse » et que le méchant… et bien le méchant, honnêtement, on s’en tamponne le coquillard. Parce que ce qui compte, au fond, c’est Deadpool. Deadpool et la fin du quatrième mur. Deadpool et son humour de merde. Deadpool car il est n’est justement pas un super-héros et qu’il est simplement super-cool. Et à y réfléchir 2 secondes, même les scènes premier degré, entre Wade Wilson (Deadpool) et sa copine sont réussies car discrètes et bien dosées.

Alors, oui, on pourrait se dire « Tiens, mais le pauvre a perdu tout esprit critique, il encense un film gore à l’humour douteux, il n’y trouve aucun défauts ».

Mais quand on voit un film comme Deadpool, à ce point réussi sur l’humour, le second degré, la dérision, les références ciné, qui vous transporte de la première seconde à la dernière, qui vous donne une banane pas possible et que je compte bien retourner voir au cinéma, et bien les petits défauts qui pourraient exister, là aussi, je m’en tamponne l’oreille avec une babouche. Tout simplement parce que Deadpool c’est du divertissement de haute volée et pis c’est tout.

Ah, et Deadpool est aussi un bel hommage aux licornes.
Oh, et, pour les plus pressés, restez jusqu’à la toute fin de la séance.

Steve Jobs

Réalisateur : Danny Boyle
Scénariste : Aaron Sorkin

Acteurs : Michael Fassbender, Kate Winslet, Jeff Daniels, Seth Rogen,…

Synopsis : Voir le titre


Si on m’avait dit que je paierais pour voir un film sur Steve Jobs…. Seulement, c’était sans compter une réalisation par Danny Boyle, un scénario par Aaron Sorkin (scénariste de Social Network et créateur de la série Newsroom, à voir, je ne le rappellerai jamais assez) et avec Michael Fassbender, Kate Winslet et Jeff Daniels (que l’on peut voir dans la série The Newsroom, soit dit en passant). Ces 5 noms-là, ensemble, je n’étais pas de taille à lutter.Pas envie de lutter non plus ceci dit.

Bref, pour faire court, gros a priori négatif sur le sujet du film et gros a priori positif sur les 5 loustics. Les deux s’annulent et j’ai pris mon ticket.

Et là, c’est le choc. Steve Jobs n’est pas un biopic traditionnel, loin de là. Ce serait plutôt un huis-clos. Ou une série de trois huis-clos. Je ne m’y attendais pas du tout (de l’avantage finalement de ne rien connaître du film avant d’aller le voir), et j’ai adoré le principe.
Le film est divisé en trois parties. Chacune à un moment crucial de la vie de Jobs. Et chacune se déroulant sur les moments précédant ses grand-messes médiatiques autour de Macintosh, du gros cube noir de NeXT et de l’iMac. Résultat : trois ambiances différentes, trois looks différents, trois qualités d’image différentes, les même personnages à trois moments de leur vie. Le principe est brillant, le résultat est excellent. Évidemment, ça veut dire, ellipses conséquentes entre chaque acte mais pour moi c’est passé comme une lettre à la poste. D’autant qu’on peut compter sur Danny Boyle pour soigner les transitions.

Le seul souci, inhérent à cette structure, c’est qu’il m’est arrivé d’avoir des impressions de déjà-vu, ou d’un film parfois trop bavard. Heureusement, Michael Fassbender est parfait (comme d’habitude), d’autant qu’il quitte ses rôles de mec torturé pour celui du connard mégalomane, il y a du changement, et il fallait bien Kate Winslet pour réussir à ne pas se faire éclipser.

Finalement, le film aurait pu être autour de n’importe quel patron à col roulé, la qualité du combo réalisation-scénario-interprétation, reste le point fort du film. D’autant qu’Aaron Sorkin est un gars sur qui on peut compter, s’étant déjà frotté à Mark Zukerberg pour David Fincher. Il peut désormais ajouter « patrons controversés de la Silicon Valley » sur son CV.

Steve Jobs est donc à 100 kilomètres de l’hagiographie bête et méchante. Il y a une intelligence dans l’écriture de Sorkin qui me laisse admiratif. Et j’ai déjà dit tout le bien que je pensais du reste. Bon, après, un peu de nuances quand même, je ne suis pas débat d’admiration devant Steve Jobs (le film et le vrai), mais un vrai bon scénario avec une réalisation maîtrisée, ça suffit à mon bonheur.

Reste à voir Jobs, l’autre biopic avec Ashton Kutcher, mais qui me semble beaucoup moins… qui semble différent.

Spotlight

Réalisateur : Thomas McCarthy (Le chef de gare, Les winners,…)

Acteurs : Mark Rauffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Stanley Tucci, Liev Schreiber, Billy Crudup,…

Synopsis : Retrace l’enquête du Boston Globe qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Église catholique. Une équipe de journalistes d’investigation a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. (Source : Allociné)


Toujours très cathartique ce genre de film : on est avec les gentils reporters qui luttent pour faire éclater un (énième) scandale face à la méchante Église catholique. Niveau armes, les uns ont la ténacité, l’amour de la vérité, un cheval blanc et leur déontologie, pour les autres,… euh…

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Legend

Réalisateur : Brian Helgeland (Chevalier, 42,…)

Acteurs : Tom Hardy, Tom Hardy, Emily Browning, Taron Egerton, David Thewlis

Synopsis : Londres, années 60. Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray, célèbres gangsters britaniques, règnent en maîtres sur la capitale. A la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable. (Source : Allociné)


Après le western, le film de gangsters. Et gangsters anglais s’il vous plaît.

Le gangster anglais contrairement à son homologue américain peut fracasser le visage d’un gars à coups de marteau, en restant poli, et ensuite aller boire le thé chez sa mère. C’est ce petit côté british qui donne à Legend un charme badass. Bon, accessoirement, il y a aussi Tom Hardy qui livre une excellente interprétation. Et deux fois en plus.

Tout comme Jane got a gun pour le western, Legend est un film de gangsters très classique. Ascension, stabilisation et le reste. Pour confirmer la fin, il suffit de chercher en ligne, Legend fait aussi partie des films tirés d’une histoire vraie. Mais dans son classicisme, Legend m’a quand même surpris : pas de grosses fusillades, de sniffages de cocaïne au kilo ou de confrontations avec la police/gangs rivaux. Le gangster anglais reste civilisé. Il alterne même Guinness et thé.

L’autre bonne (ou du moins, pas trop mauvaise) surprise, en plus du jeu de Tom Hardy, a été l’histoire d’amour entre un des jumeaux et une fille du coin. Pas trop de guimauve, de questionnements, d’atermoiements,… L’anglais reste pudique. Pas pendant tout le film hélas, l’histoire prend beaucoup de place, et au bout d’un moment le coup du « Quitte le monde des gangsters, ayons une vie simple, je n’en peux plus, j’ai peur pour toi, tu ne rentres plus à l’heure pour le thé ! », ça lasse. Tom Hardy, il a trop la classe en gangster, on a juste pas envie qu’il se range. D’autant que Emily Browning c’est quand même pas Rachel Weisz… J’en rajoute un peu mais la relation Hardy/Browning ne verse pas non plus dans le pathos. En plus de ça, le tiraillement entre Tom Hardy/Emma Browning et Tom Hardy/Tom Hardy n’est pas exagéré. Et rien que ça, ça fait plaisir.

Niveau vie des gangsters, c’est finalement très/trop soft. La bataille pour le pouvoir de la pègre de Londres est vite expédiée, et on a finalement l’impression que la vie de gangster se borne à péter du nez de temps à autres tout en achetant des boîtes de nuit. Pour le coup, le « Les frères Kray règnent sur Londres », on ne le sent pas du tout. Résultat, tout ce qui est tension et gros enjeux, on ne le trouve pas. Ca enlève finalement pas mal d’intérêt au film de gangsters.

Venons en quand même à l’acteur qui porte le film. Même si Legend est sympathique, que ce soit sur la confirmation du talent de Taron Egerton (Kingsman), le running gag de la cigarette, la bataille du bar (géniale),… bref même si l’ensemble est agréable, celui qui donne à Legend une autre carrure, c’est Tom Hardy.
Et ses deux rôles (très classiques aussi) : le gars normal, bon chef, qui veut faire plaisir à sa copine mais adore d’être gangster et son jumeau… pas vraiment maléfique, disons plutôt schyzo-parano-psychotique avec pulsions de violence, qui kiffe grave sa race d’être gangster. Les deux personnages sont très réussis mais j’ai tout de même une préférence pour le taré sanguinaire. Tom Hardy a particulièrement soigné ce dernier au niveau voix et mimiques, et à quasi chaque apparition, une salve de rires le saluait. C’est ce mélange danger/comédie, savamment dosé qui fait aussi de Legend un film réussi.

Réussi, mais pas excellent ou même mémorable (Tom Hardy est mémorable par contre). Le tout est finalement assez (trop) léger. Alors, oui, Legend est un film qui laisse une bonne impression mais Tom Hardy en laisse une excellente.

Jane Got a Gun

Réalisateur : Gavin O’Connor (Le prix de la loyauté, Warrior,…)

Acteurs : Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan McGregor

Synopsis : Après l’arrivée à la maison de son mari criblé de balles, Jane appelle à la rescousse son ancien amant pour défendre son ranch d’une bande de hors-la-loi.


Jane got a gun et elle tire comme un pied.

Grand fou que je suis, j’ai tenté un western après être allé voir un western (Les huit salopards. Non je n’ai pas fait de critique. Oui je sais que vous êtes immensément déçus, aussi en voilà une vite fait (oui, une critique dans une critique. C’est aussi pénible à lire que des parenthèses dans des parenthèses) : c’est chouette !).

Et pour Jane got a gun ? C’est mignon. Car oui Jane got a gun inaugure le genre du western mignon.

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Star Wars : Le réveil de la Force

Réalisateur : J.J. Abrams
Acteurs : Daisy Ridley, John Boyega, Harrison Ford, Adam Driver, Domhnall Gleeson, Oscar Isaac,…

Synopsis : Septième épisode de la saga Star Wars et premier d’une nouvelle trilogie, dont les événements se déroulent trente ans après Le retour du Jedi.(Source : Senscritique)


Précision spéciale “Star Wars” (ou toute-franchise-pouvant-déchaîner-les-passions, mais c’est plus long) : je déclare solennellement bien aimer l’univers Star Wars sans faire partie des fans purs et durs. En gros, j’attendais tout de même avec une certaine impatience de voir Spoke à nouveau traverser la porte des étoiles.

Bilan de cet épisode VII ? Du divertissement clairement à la hauteur, une vraie maîtrise de J.J. Abrams, qui n’avait de toute façon déjà plus grand-chose à prouver en matière de blockbuster (j’avais tout de même un peu peur de ne pas voir de différence de réalisation avec ses Star Trek), un respect de l’univers Star Wars poussé à l’extrême. Un super visuel, de l’action bien filmée, bref un bon film très bien fait.

Et en précisant un peu les choses ?

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The Big Short : Le Casse du siècle

Réalisateur : Adam McKay

Acteurs : Ceux de l’affiche + Hamish Linklater, Jeremy Strong, Marisa Tomei, Finn Wittrock, John Magaro,…

Synopsis : Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre hommes anticipent l’explosion de la bulle financière et vont parier contre les banques. (Source : Allociné)


Présenté comme un Ocean’s Eleven bis par des abrutis du service marketing qui ont aussi eu la bonne idée de mettre en sous-titre « Le casse du siècle » dans le titre VF, The Big Short n’est finalement ni l’un ni l’autre. Pour le coup, il y a de quoi être perplexe quand on voit le film. Que la communication ou même le titre soient pourris, on commence à avoir l’habitude. Mais quand ils trompent sur la démarche même du film, là faut quand même pas déconner. Y a des licenciements qui s’perdent…

Le film est assez étonnant dans la forme et déprimant dans le fond.

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