Ant-man

Réalisateur : Peyton Reed

Acteurs : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll, Bobby Cannavale, Michael Pena, Judy Greer,…

Synopsis : Doté d’un costume lui permettant de rétrécir à la taille d’une fourmi, un escroc s’allie à son mentor pour un casse qui pourrait sauver le monde. (Source : Senscritique)


Il est arrivé le Super-héros Marvel nouveau ! Pas que j’en ai marre d’Iron Man & Co mais le petit Ant-Man est quand même assez alléchant. D’abord parce qu’Edgar Wright était associé au projet (et écarté, certes) et puisqu’il parce qu’il y a un petit côté Chérie, j’ai rétréci les gosses.

Bilan des courses : Pari réussi sur Ant-Man, un peu moins sur le film.

Le super-héros d’abord. Un gars normal avec une combi qui le rend tout petit et qui en plus commande des fourmis. Et tout ça en ayant la classe et le sens de l’humour. Bref, j’ai hâte de retrouver le bonhomme. Bon point : Paul Rudd est très bien dans le rôle.

Le film, lui, est très classique. Non, en fait c’est la définition même du mot classique.
D’abord, qui dit premier film dit initiation du héros, découverte des personnages, de ses alliés, de son ennemi, des « pouvoirs » qu’il récupère. Ce qui donne au final, un film avec absolument zéro surprise.

Scott sort de prison (mais il n’est pas méchant, c’est simplement un Robin des Bois bis), il veut se racheter une conduite, pouvoir revoir sa fille qu’il aime plus que tout au monde tellement elle est mignonne,… On attaque classique d’entrée, pourquoi pas. Un super-héros est un archétype, celui-ci n’était pas encore présent dans l’écurie Marvel, soit.

Son entrée dans le monde magique des super-héros se fait de manière assez sympa et il se retrouve à côtoyer Michael Dougals et Evangeline Lilly. On trouve pire compagnie. Les rapports père-fille ne sont pas un sommet d’originalité (comme l’intégralité de l’aspect psychologique du film, surtout teinté des sacro-saintes valeurs familiales). Entraînement, préparation d’Ant-Man, là aussi c’est sympa mais on voit venir à dix années-lumière le gars qui rame au début et gère grave à la fin. Que le film soit prévisible était… prévisible mais que j’en vienne à le trouver parfois simpliste m’a un peu chagriné.

Je ne sais pas dans quelle mesure le départ d’Edgar Wright a changé les choses mais en bon fan du monsieur j’ai tendance à penser que le résultat aurait été différent (en mieux évidemment) s’il était resté aux commandes.

Je ne cracherai pas dans la soupe, j’ai passé un très bon moment. Il y a toujours ce traditionnel mélange Humour/Action typique du MCU, pas de doutes cet aspect fonctionne toujours. La distribution est excellente, quoique Corey Stoll (House of Cards) en fait un peu des tonnes mais le jeu inspiré de Michael Pena rattrape les choses. Le personnage de Michael Douglas est aussi suffisamment riche pour donner lieu à une belle petite préquelle.

Le plus d’Ant-Man réside dans les pouvoirs du héros. Les changements de plans en miniature et plan en taille réelle donnent des mouvements de caméra, des effets spéciaux et des situations incongrues assez savoureux (la scène de coombat avec le petit train est priceless). Bref, c’est très bien pensé et super à regarder.

En revanche, les gars qui enfilent leurs combinaisons en 3 secondes montre en main, c’est abusé. Même pour un film de S-F.

Au final, une bonne clôture de la phase 2, un bon super-héros avec un gros potentiel et un film qui se regarde avec plaisir.

Kidnapping Mr. Heineken

Réalisateur : Daniel Alfredson (réalisateur des Millenium 2 et 3)

Acteurs : Jim Sturgess, Sam Worthington, Ryan Kwanten, Anthony Hopkins,…

Date de sortie du DVD : 3 juin 2015
Éditeur : M6-SND

Synopsis : Le film raconte la mésaventure arrivée au fondateur de la marque de bière Heineken. En 1983, Freddy Heineken et son chauffeur Ab Doderer ont été kidnappés. (Source : Allociné)


Commençons par remercier Cinetrafic et son opération DVDtrafic pour l’envoi de ce DVD :)

Ensuite, que dire de Kidnapping M. Heineken ?

Ben en fait, c’est un peu comme la bière Heineken. C’est pas de la pisse d’âne mais c’est pas non plus de la Guinness.

Je m’explique. Parce que si je m’arrête là 1- Les lecteurs de cette critique auront l’impression de l’avoir dans l’os et 2- Je ne suis pas sûr que cette analogie foireuse parle à tout le monde.

Le film est basé sur l’enlèvement (réel) du (vrai) patron des brasseries Heineken dans les années 80. Pour être franc, ce n’est pas vraiment le pitch qui m’a donné envie de recevoir le film, ce serait plutôt le casting : Anthony Hopkins, Jim Sturgess, Sam Worthington et Ryan Kwanten. Et là aussi, le casting est à l’image du film, ce n’est pas mauvais mais c’est très loin d’être transcendant.

Kidnapping M. Heineken rejoint donc la longue liste des films sympas, qui n’ont rien de mauvais mais qui ne décollent pas. Ici, le problème se situe plus sur le rythme. On a le schéma classique du film d’enlèvement : la préparation, l’enlèvement, la séquestration & l’attente, la rançon et les conséquences.
Le film se situe dans l’angle du ; on ne peut pas être à la fois riche en argent et en amis. Sans vraiment insister non plus là-dessus, bref ça fait pschiit. Tout comme la dernière partie du film dont on ne voit pas très bien où elle va. Ou la relation otage/ravisseurs qui n’est pas du tout développée.

C’est dommage car les acteurs sont bons, l’ambiance 80s est bien installée, l’intrigue est classique mais cohérente (quoique le coup du ravisseur qui se plaint parce que sa vie ne sera plus la même, qu’il n’est plus tranquille, etc. on a juste envie de lui dire qu’il fallait y penser avant).

Bref, un film sympathique et moyen qui ne se regarde pas avec déplaisir pourvu qu’on ait une petite bière en main (n’importe quelle marque, je ne voudrais pas qu’on m’accuse d’être payé par Heineken).


Liens Cinetrafic : un top cinéma d’action2015

 

Vice-versa

Titre original : Inside Out

Réalisateurs : Pete Docter & Ronaldo Del Carmen

Synopsis : Riley, une petite fille, doit déménager et se trouver de nouveaux amis. On suit le parcours de ses cinq émotions ; Joie, Tristesse, Colère, Dégoût et Peur. (Source : Senscritique)


Vice Versa me laisse assez embêté après m’avoir laissé beaucoup espérer.

J’ai aimé Vice-Versa, pas de soucis là-dessus. Mais sur le « À quel point j’ai aimé ? » c’est plus tendu. Ou plutôt non, c’est le « Pourquoi n’ai-je pas aimé à ce point-là ? » qui me tarabuste (ça m’empêche pas de dormir non plus hein)

Rendons à Pixar ce qui est à Pixar, l’idée de base est absolument géniale. Personnifier les émotions de l’être humain, matérialiser le fonctionnement du cerveau, de la mémoire, expliquer pourquoi une chanson nous reste dans la tête, parler de mémoire à long terme, de subconscient, d’oubli de souvenirs, des rêves, etc. Tout est parfait, brillant et intelligent. Et si ça peut aider à combattre l’idée reçue que les films d’animation sont pour les enfants, tant mieux.

Et en plus, Vice-versa me fait penser à une série animée, mais laquelle ?

Je n’ai pas utilisé le mot « parfait » parce qu’évidemment je n’ai pas accroché sur tout.

Vice-Versa alterne les moments de génie et de drôlerie (la fin me revient en tête avec ces sketchs-aperçus du cerveau de plusieurs êtres vivants, restez un peu à votre place de cinéma. Faut arrêter de taper un sprint dès le mot « Fin »), notamment ceux (je parle des moments de génie et de drôlerie, faut suivre ! ne vous laissez pas distraire par ces parenthèses qui n’en finissent pas) où les 5 émotions sont ensemble. Ce n’est heureusement pas tout, le film regorge de moments amusants et drôles. Bon, évidemment on trouve aussi  des passages j’ai trouvés trop faciles ou trop convenus.

A essayer d’y réfléchir, quelques petites choses m’ont déplu.

Pour faire simple, après la partie présentation de la situation et des personnages, on passe évidemment à l’élément déclencheur. La famille déménage, la pitite fille est toute chamboulée et ses 5 émotions partent en vrille. Tristesse fout le bordel et c’est parti pour un long périple où Joie et Tristesse doivent essayer de revenir au quartier général. C’est à partir de là que j’ai commencé à tiquer. Les espaces traversés sont certes très biens, les actions sont sympas, Tristesse est fort sympathique (tandis que Joie m’a semblé la moins intéressante bizarrement) mais les pérégrinations des deux émotions ne sont pas le point le plus réussi du film (tournage des rêves excepté). Et puis le personnage de l’ami imaginaire m’a copieusement gavé.

Plus globalement, j’ai trouvé la trame trop classique et stéréotypée pour un film de cette envergure (Le personnage mis à l’écart mais qui s’avère au final essentiel… Ouh là là quelle surpriiise !, Joie = la jolie fille en robe légère, Tristesse = la fille rondouillette à lunettes et col roulé, ok il fallait que les 5 émotions soient facilement reconnaissables mais on est dans un film de Pixar pas de The Asylum).

Il y a du génie dans Vice-Versa, vraiment. Les idées visuelles pour les mécanismes du cerveau sont poussées, rien n’est laissé au hasard, les personnages des 5 émotions sont supers. Une fois de plus, Pixar réussit à faire de la double-lecture pour grands et moins grands. Mais pour le coup, le contraste est tellement fort avec les moments/personnages moins intéressants qu’il y a déception.

Donc, oui j’ai beaucoup aimé Vice-Versa mais je suis déçu de ne pas l’adorer. Déçu aussi d’être sorti de la salle en me disant « J’ai aimé mais… mais pourquoi il y a un mais ? ».

Autres critiques : Boudicca du Bibliocosme

Jurassic World

Réalisateur : Colin Trevorrow

Acteurs : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Ty Simpkins, Jake M. Johnson, Vincent D’Onofrio,…

Synopsis : 20 ans après la destruction du Jurassic Park sur Isla Nublar, une nouvelle équipe a repris le projet.  (Source : Senscritique)


Jurassic World : Gros foutage de gueule ou mauvais blockbuster ?

Bon, j’y vais fort dès le début mais le visionnage du film n’aura été qu’une longue révision à la baisse de mes attentes. Pour votre plus grand bonheur, voici ce que ça donnait :

Avant la séance : « C’est un blockbuster avec des dinosaures, c’est cool, débranchage du cerveau et bon moment en vue »
Pendant la séance : « Cliché-cliché-cliché-réplique marrante-cliché-cliché-Il est cool Chris Pratt-Cliché-cliché-Chouette y a Jake Johnson-cliché-cliché »
(Arrive la dernière demi-heure du film)
« Mais c’est n’importe quoi, qu’est-ce que c’est que ces conneries ? »

Voilà, voilà.

Allez, j’argumente un brin quand même.

Un nouveau parc a ouvert, y a plein de jolis dinosaures, le T-Rex, les vélociraptors,… Ça va, tout est sous contrôle. Mais le parc décide de créer de toutes pièces un nouveau dinosaure, le prédateur ultime pour que ça fasse flipper et donc casquer toute la famille. Après tout, si on est arrivés à recréer les dinosaures, pourquoi pas en créer soi-même ? Logique marchande : les gens se lassent de tout, même des dinosaures, il faut donc du neuf. Ça se tient, c’est même bien pensé.
Évidemment, le nouveau dino fout la merde. Sauf que cette fois, il y a  20 000 personnes dans le parc. Grosse boucherie en vue ? Que nenni. D’ailleurs à part quelques employés se faisant croquer/écraser, c’est très décevant à ce niveau-là. Bref, les priorités sont de 1- sauver les enfants personnages principaux égarés dans le parc 2- stopper le vilain dino (qui est vraiment méchant puisqu’il tue même quand il a pas faim).

En fait, sur l’intrigue pure, pas de gros défauts je trouve, c’est classique, ça rappelle fortement Jurassic Park 1 (toujours le meilleur de la saga), c’est efficace, sans trop de temps morts ou de moments mélos (ah si, les parents qui vont divorcer. Bouhouh…). Pas de gros défauts jusqu’à ce qu’on arrive à la fin, notamment l’affrontement final. Là, désolé mais on tombe dans le grotesque. Et à plusieurs reprises, sinon ce serait pas drôle.

Un autre gros souci, ce sont les clichés. Pardon, les personnages.
L’un est le badass cool et courageux (Chris Pratt. Mais j’ai du mal à lui en vouloir, il fait ça tellement bien). L’autre est l’administratrice no-life, froide, rigide (et qui ne veut pas d’enfants, oh mon dieu how shoking !). Sans spoiler, il y a des étincelles entre les deux, mais même ça est mal foutu et artificiel. Et puis on a le vilain cupide pour qui vélociraptor rime avec gros potentiel militaire, les gamins dont l’aîné a un petit côté pervers mateur, le technicien geek sympa, le gars-qu’on-aurait-pu-couper-au-montage-ça-n’aurait-fait aucune-différence (ça, c’est Omar Sy)…

Qu’un blockbuster comme Jurassic World s’appuie – et rende même hommage, ça c’est cool par contre – sur sa saga ou sur les ficelles habituelles du genre, je n’ai rien à y redire, c’est le jeu. Mais qu’il y ait une telle fainéantise sur les personnages ou sur certains aspects du scénario, merde à la fin. Pourtant le film évite certains travers et s’en amuse même (cf le râteau). C’est beau, ça bouge pas mal mais c’est aussi paresseux et parfois incohérent (youhou, j’agite un truc qui fait de la lumière devant le T-Rex qui décide de me suivre au lieu de me bouffer direct alors que je cours en talons aiguilles – et ce, pendant tout le film s’il vous plaît).

Je n’ai pas parlé des effets spéciaux, de la réalisation ou de la bande originale ? Les premiers sont bien faits (encore heureux), la deuxième banalement normale et la dernière mal foutue, thème de la saga excepté.

En bref, j’aurais tellement aimé retrouver de la magie du Jurassik Parc 1. On en est loin. Ca reste un petit divertissement honnête mais guère plus. Et je suis gentil.

Artères souterraines

arteres souterrainesAuteur : Warren Ellis

Date de publication : 2010

Quatrième de couverture : Michael McGill, détective privé à la dérive, est embauché par la Maison Blanche pour retrouver la version originale de la Constitution des Etats-Unis, passée de main en main dans les sphères les plus louches depuis sa disparition dans les années 1950. […] Pour un demi-million de dollars, McGill va mener l’enquête et entrer dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque et déviant.


Mon premier policier… ça tombe bien, Artères souterraines est aussi le premier roman de Warren Ellis, plus connu pour son boulot de scénariste de comics. Et pour le coup, on sent une inspiration venant d’ailleurs lorsqu’on lit Artères souterraines.

Dès qu’on lit le résumé ; le détective privé chargé par la Maison Blanche de retrouver la seconde Constitution des Etats-Unis, deux options sont imaginées : soit on aura affaire à un livre premier degré mi-Benjamin Gates mi-thriller politique soit on lira un petit bijou de second degré, d’humour cynico-trash complètement déluré et délirant. Dieu merci, Warren Ellis a choisi la seconde option.

Avec une légère inspiration Malaussiène, le personnage principal « aimant à merde » se lance donc dans une enquête dont le déroulement s’avère très banal ; je vais voir Machin qui m’envoie vers Truc qui me dirige vers Bidule qui etc. En soi, l’enquête n’a pas vraiment d’intérêt, et sans trop spoiler, la nature même du livre recherché est assez décevante (quoique la première chose m’étant venue à l’esprit est plutôt : WTF ?!).

Voilà, après avoir dit pourquoi l’aspect purement policier du livre policier ne cassait pas trois pattes à un canard, abordons maintenant les vrais points forts du livre : son univers décalé et son style enlevé.

Warren Ellis nous fait côtoyer, via son « aimant à merde » toute une galerie de personnages pour le moins colorés. Le serial killer bavard, le privé et ses anecdotes dégueulasses (ou comment goûter un cadavre en 1 leçon), les policiers gays s’injectant de la solution saline dans les testicules, les pratiquants de la macroherpétophilie (« les gens qui veulent niquer avec Godzilla »), aux violeurs d’autruche, aux restaurants texans très spéciaux, etc. Bref que du beau monde. Il y a une certaine cohérence ceci dit vu que notre bon héros est accompagné d’une étudiante spécialisée en « expériences humaines extrêmes auto-infligées ». Et parce qu’on est dans Artères souterraines, le duo ne fonctionne évidemment pas comme un duo ordinaire et nous livre des discussions comme celle-ci :

– Trix, je suis pas bigot, mais plutôt crever que d’éjaculer dans la tête de Jésus.
– On verra ça.
– Et je ne me collerai pas non plus le petit Jésus dans le cul.
– Rabat-joie.

Cette acolyte est d’ailleurs assez savoureuse, ne s’imposant aucun tabou, elle est le pendant libertin et libéré du duo quand lui se spécialise plutôt dans le cynisme désabusé.

Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un oeil vide les morceaux  de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein.

Si le livre est un road trip constitué de rencontres toutes aussi bizarres les unes que les autres, Warren Ellis arrive quand même à aborder la définition du mainstream ou de la circulation de l’information.  Je ne dis pas ça pour essayer de trouver une justification pseudo-intellectuelle au bouquin mais il y a un fond et c’est important de le noter !

Pour finir, au lieu d’un policier classique, je me suis retrouvé à lire un bouquin-patchwork trash, glauque, très porté sur le sexe, cynique, hilarant et outrancier avec des dialogues percutants et des descriptions pas piquées des hannetons. Bref, ce livre est cool, j’ai adoré.
Et un peu comme Malavita, je classerai Artères souterraines au rang des livres truffés de passages dont on a envie d’en faire des citations.

« Pas de cul tant qu’on crèche ici », elle a décrété. Je suis resté seul dans la rue étrangement silencieuse pour Las Vegas, et j’ai écouté mon pénis pleurer.

Le super-rat qui vit dans mon bureau. Un jour, j’ai mis de l’alu sur le sol devant son trou et je l’ai relié à une batterie de voiture. Quand il a posé la patte dessus, il aurait dû se dandiner comme un meurtrier sur la chaise électrique. Mais il est resté là, dressé sur ses pattes arrière comme Tony Montana dans Scarface, tu vois le genre, « je peux les encaisser, vos balles de merde. » Il a absorbé tous les volts de la batterie, a sauté sur mon bureau et il a baisé mon sandwich jusqu’à l’émiettement total. Je hais ce rat.

« Voilà vos frites », a annoncé la serveuse. Une bassine métallique de frites immergés dans huit litres de fromage fondu.
« J’ai demandé une petite portion, a fait Trix.
– C’est la petite portion », a répliqué la serveuse.
Trix a affiché un petit sourire. « Je comprends maintenant comment ils justifient les frites au menu, dans un endroit réservé aux aliments issus de la vache.
– Il faut que vous finissiez vos assiettes, a marmonné Bob. Sinon, je vais être mal vu. »
Trix lui a adressé son plus gentil sourire. « Bob, je t’aime bien. Je fais de mon mieux pour te mettre à l’aise. Mais franchement, si tu crois que je vais avaler toute cette merde, tu peux venir aspirer mes pets, pigé ? »

Mad Max : Fury Road

Réalisateur : George Miller

Acteurs : Charlize Theron, Tom Hardy, Nicholas Hoult,…

Synopsis : Max est capturé et fait prisonnier dans la Citadelle dirigée par Immortan Joe. C’est alors qu’il se retrouve embarqué dans une course poursuite explosive. (Source : Senscritique)


Sapristi, quel film ébouriffant.

Pardon. Je recommence.

Bordel, qu’est-ce que ce film envoie !

Univers post apocalyptique + Action + Course-poursuite + la « Mad Max touch » : Un excellent blockbuster.

Évacuons la question du scénario d’entrée. Non pas qu’il soit mauvais ou incohérent. Pas du tout. On a là un scénario dans sa plus simple expression. Un groupe de personnages allant de A vers B, de B vers A (mais sans la musique du groupe suédois),… et une course-poursuite qui constitue la majorité du film. Pourquoi s’embarrasser d’un scénario complexe et sources d’incohérences quand l’univers de Mad Max et la réalisation de George Miller se suffisent à eux-mêmes ?

Et… c’est bon. C’est décoiffant, ça scotche au siège. La musique est parfaite, l’action, même omniprésente (voire en accéléré) reste parfaitement lisible, d’une précision quasi-chirurgicale et d’un montage impressionnant. La photographie est magnifique ; les couleurs du film de jour et les couleurs de nuit sont, elles aussi, parfaites. Le casting est très bon, Charlize Theron en tête, juste, charismatique et pas caricature pour un sou, j’irais même jusqu’à dire qu’elle éclipse Tom Hardy que j’ai trouvé un peu pâlot.

Ce qui m’impressionne dans Mad Max : Fury Road c’est la cohérence de l’ensemble. Tout (et tous) respire(nt) la folie et la fureur.
Pourquoi j’ai aimé Mad Max ? Parce qu’avec ses paysages secs, désertiques, son métal cabossé, rouillé et omniprésent, ses dialogues réduits à peau de chagrin, aussi secs que ses personnages sont tarés ou déterminés,… et même dans sa grandiloquence (il suffit de voir ce véhicule-orchestre avec son guitariste suspendu en l’air jouant comme un malade)

Bref, grâce à tout ça, Mad Max est une référence à la fois dans le post-apocalyptique et l’action, un blockbuster avec une identité particulière. Un blockbuster qui change des copies interchangeables de Bay et Emmerich, grâce à qui le mot blockbuster est quasiment devenu péjoratif.

Pour le coup, je trouve que les moyens actuels donnent à Mad Max les moyens de son ambition. Mieux, George Miller prouve qu’avec un film d’action aussi ébouriffant, on peut rester dans une forme épurée et surtout avec une identité, une vision  qui font que son film ne peut tout simplement pas être réduit à une bête course-poursuite dans le désert.

Mais même Mad Max : Fury Road n’est pas exempt de défauts. Notamment, les flash-backs/hallucinations pleins d’émotion et de tension de Max qui-nous-font-bien-comprendre-à-quel-point-le-personnage-en-a-bavé. C’est mignon tout plein, pas spécialement subtil (le film en soi n’est pas subtil ceci dit) mais pas non plus vraiment utile. Pour le reste, on aime ou on aime pas le genre.

Bon, c’est pas l’tout mais à force de dire combien le film est hallucinant, dans son genre, faudrait peut-être penser à aller le voir maintenant.

Le monde de Charlie (livre)

Titre original : The Perks of being a Wallflower

Auteur : Stephen Chbosky (qui est aussi le réalisateur de l’adaptation de son propre livre)

Résumé : Au lycée,où il vient d’entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige ; pour les autres c’est juste un « freak ». En attendant, il reste en marge, jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, le sexe, les fêtes : le voilà entré dans la danse…et tout s’accélère. (Source : Livraddict)


 

J’ai un peu hésité avant de lire Le monde de Charlie. J’avais vraiment beaucoup aimé le film (que je vous conseille donc), je savais qu’il y aurait comparaison entre les deux. Et puis la curiosité l’a emportée (comme d’habitude).

Alors, ce monde de Charlie ?

Chouette. Un très bon moment de lecture.

Bien sûr, ce n’est pas un monde idéal. Même si on ne peut pas vraiment comparer livre et film (un livre et un film ça n’a rien à voir, blablabla), je préfère tout de même le film (et puis il y a tout de même cette foutue manie de coller l’affiche du film en couverture de livre. Comment ne pas penser à l’autre en lisant l’un, je vous le demande…).

Bref, ici, Charlie, ado troublé (suicide du meilleur ami, mort de la tante préférée, vie sociale faible,…) écrit (ah oui, c’est un roman épistolaire) couche son quotidien sur des lettres qu’il envoie à … quelqu’un. D’entrée, j’ai tiqué. Qui est ce destinataire, quel intérêt de lui écrire,… ? C’est con comme tout, mais cet aspect m’a gêné. On sait pourquoi Charlie a choisi un inconnu mais je n’ai pas aimé.

Le style est, lui, très fluide, volontairement oral, sans aucune négation, des Y à la place des il, des phrases très simples,… C’est sympa, ça ne pique pas les yeux mais je ne sais pas. Ce style m’a gêné à certains moments, je l’ai aimé à d’autres (pas chiant le lecteur).

Non, en fait, la force du monde de Charlie (titre original (génial) : The perks of being a wallflower. Ne cherchez pas sur Google Traduction, cet abruti vous met le titre VF du livre en traduction française au lieu de traduire comme on lui demande. J’adore). Bref. La force du monde de Charlie c’est son fond. La justesse du ressenti, des actions, des caractères des personnages. De tout. C’est aussi ce qui m’avait plu dans le film d’ailleurs (en plus de l’interprétation. Entre autres choses). Certes, le livre a sa galerie de personnages formatés (l’enseignant cool et compréhensif, le père autoritaire,…) mais bon. Ça passe.

La force du Monde de Charlie, c’est de sortir du tas des bouquins banals sur l’adolescence et ses petits tracas. Le mélange des personnages décalés, de la place importante du Rocky Horror Picture Show et de la justesse de tonB fonctionne. Bon, honnêtement, un énième livre sur l’adolescence, ça l’est aussi. Mais le livre réussit à avoir un « petit plus ». Certes, on y retrouve pêle-mêle des thématiques bien originales (le rejet, l’homosexualité, l’amour, l’amitié, les relations de couple, la violence, la drogue,…) mais, il le fait bien.

Pour finir, ce monde de Charlie-ci n’aura pas été une déception par rapport au film ni le meilleur-livre-que-j’ai-lu-de-ma-vie. Un bon livre.