Money Monster

Réalisateur : Jodie Foster

Acteurs : George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell, Dominic West, Caitriona Balfe,…

Synopsis : Lee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs… (Source : Allociné)


Money monster, ou quand le mélange des genres débouche sur quelque chose d’étrange. Et de raté. (« Wow, il attaque fort ! »)

Je ne m’attendais a rien de précis en allant voir le film, pas vu la bande annonce, juste lu le synopsis, et même après avoir vu le film je ne sais pas qul est le but ou le message. S’il y en a un.

Thriller ? Dénonciation de la finance ? De la collusion entre médias et entreprises ? Simple divertissement ou film politique ? Le problème c’est que le film semble vouloir jouer sur les 2 tableaux sans y arriver. Résultat il se retrouve le cul entre deux chaises et moi à me demander ce que j’ai regardé.

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Green room

Réalisateur : Jeremy Saulnier (Blue Ruin,…)

Acteurs : Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, Macon Blair, Mark Webber,…

Synopsis : Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires (Source : Allociné)


Blue ruin était déjà bluffant, d’un réalisme fort, avec une violence magnifiée par la maîtrise de la réalisation, et Green Room ? Pareil. La différence est qu’on passe d’un film de vengeance d’un homme à un film de survie d’un groupe.

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Desierto

Réalisateur : Jonás Cuarón (1er film)

Acteurs : Gael García Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Alondra Hidalgo,…

Synopsis : Un groupe de clandestins mexicains traversant le désert de Sonora en Californie, pour passer aux États-Unis est pris en chasse par un homme.


Un film par la Cuarón familia, un face-à-face mortel dans un désert mortel aussi (en gros, y aura des morts. Dont une un peu dégueu), un brin d’actualité (une histoire d’immigrés pourchassés par un supporter de Trump), il n’en fallait pas plus pour que j’aille voir Desierto.

Desierto est le film typique dont on peut dire que le scénario tient sur un papier à cigarette. Un redneck pourchasse des immigrés mexicains dans le désert. Certains sont plus durs à buter que d’autres. Fin du scénario, y a plus qu’à mettre le tabac.

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Midnight Special

Réalisateur : Jeff Nichols (Mud, Take Shelter,…)

Acteurs : Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Adam Driver, Jaeden Lieberher,…

Synopsis : Un homme et son fils sont en cavale depuis que le père a appris que son enfant possède des pouvoirs surnaturels. (Source : Wikipédia)


Quand suivre la filmographie d’un réalisateur qu’on aime bien rappelle une réplique de La Haine : « Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… »

Take Shelter est un petit chef-d’œuvre, Mud un excellent film, Midnight Special, un film sympa et une première déception.

Je ne vais pas balancer une tartine sur le danger des grandes attentes, ni l’envie, ni le temps, ni le talent. J’ai juste envie de rappeler qu’une grande déception ne fait pas nécessairement un mauvais film, je le précise pour ceux (oui, celles et ceux, c’est bon, c’est implicite…)  qui 1- se fichent du réalisateur 2- ne connaissent pas Jeff Nichols.

Mais quand même… Midnight avait tout pour faire saliver : Jeff Nichols (obviously…), Michael Shannon en rôle principal, Adam Driver en rôle secondaire, un film jouant sur plusieurs genres : science-fiction, road-movie, thriller,…

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Crimson Peak

Réalisateur : Guillermo Del Toro

Acteurs : Jessica Chastain, Tom Hiddleston, Mia Wasichowska

Synopsis : Après avoir succombé aux charmes d’un bel inconnu, une jeune femme se retrouve dans une étrange maison au faîte d’une montagne d’argile rouge sang (Source : Senscritique)


Guillermo Del Toro représente, normalement, tout ce que j’aime chez un réalisateur : la création d’un univers particulier et reconnaissable, un talent dans les ambiances, un goût prononcé pour le fantastique/S-F,… et pourtant j’ai du mal avec ce réalisateur. Si, j’ai bien aimé Pacific Rim.

Et il y a eu Crimson Peak. Qui n’a rien changé et qui s’inscrit finalement dans ce que j’ai dit précédemment.

Crimson Peak a une esthétique irréprochable (surtout à partir du moment où les personnages arrivent à la fameuse maison), Guillermo Del Toro est fidèle à lui-même et n’a pas lésiné sur les moyens.
Toujours dans la lignée Deltoroienne (Del Torienne ?), les créatures sont très réussies, quoiqu’un peu trop uniformes et lisses niveau couleur/texture pour certaines peut-être (oui, c’est du chipotage). Vous l’aurez compris, niveau technique, Crimson Peak est quasi-parfait.
Comme attendu, le casting Wasikoswka-Hiddleston-Chastain est toujours plein de talent, particulièrement pour les deux premiers. Pas que  Jessica Chastain démérite mais ça doit être la première fois que je la vois avec une autre couleur de cheveux que roux et ça m’a tout chamboulé.

Bon, au final, pourquoi est-ce que Crimson Peak n’a pas été LE film qui m’a fait changé d’avis sur Guillermo Del Toro ?

Le scénario et le rythme (et la musique aussi un p’tit peu)

Le scénario est inégal, pas subtil pour deux sous ; le début est convenu et pas super folichon, l’arrivée à la Maison est sympa… puis les choses font pschiit. Resituons le cadre : une maison jolie mais flippante et dans un sale état, une jeune femme qui erre dans les couloirs la nuit et se fait des frayeurs. Pas très original certes et ce qui aurait pu l’être n’est pas, à mon sens, suffisamment mis en valeur.
L’intrigue, contrairement à ce que laisse présager la bande-annonce, n’est pas axée sur un affrontement humains vs fantômes/monstres/maison hantée (ce n’est pas un reproche, loin de là) mais plutôt sur une sorte de conte gothique. Dit comme ça, ça fait envie mais dans les faits l’histoire est finalement assez pauvre, mal mise en valeur et avec de gros problèmes de rythme.

La dernière partie du film est complètement différente ceci dit ; rythmée, forte, violente, esthétiquement parfaite. Dommage qu’elle arrive aussi tard car elle laissait à voir toute l’intensité qui manquait au film.

Bref. Crimson Peak est un beau film. Et c’est déjà pas mal.

Sicario

Réalisateur : Denis Villeneuve

Acteurs : Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin,…

Synopsis : La zone frontalière entre les États-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l’équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre. (Source : Senscritique)


Et Denis Villeneuve frappa une fois de plus.

Pourquoi « de plus » ? Heureux que vous demandiez. D’abord, M. Villeneuve a réalisé Polytechnique. C’est très bon, à la Elephant (mais en moins bien quand même). Puis, M. Villeneuve a réalisé Incendies, une tragédie grecque contemporaine forte et puissante. M. Villeneuve fait ensuite Prisoners et impose son thriller comme un des meilleurs du genre. Il y a aussi Enemy, que je n’ai pas vu mais qui a l’air bien (barré) et qui a une affiche fantastique. (Il va de soi que je ne cite ici que les films du monsieur que j’ai vu mais jusque là aucun faux pas). Et enfin, M. Villeneuve fait Sicario. Et là, c’est le drame, comme il sait si bien les faire. Un thriller – comme Prisoners – mais partant dans une direction différente ; policiero-narco-guerro-psychologique. Quoique Sicario est aussi un film de guerre.

Après… à lire le synopsis, le scénario sent un peu le réchauffé ; la jeune agent du FBI, innocente, pleine d’idéaux qui découvre la dure réalité… bon… Sauf que c’est là qu’intervient le talent d’un réalisateur qui continue de prouver que son contact avec Hollywood ne lui a pas fait perdre sa « patte », son savoir-faire, bref son talent.

Des films sur la guerre que mène les États-Unis contre les cartels le long de la frontière, il s’en est fait à la pelle. Des très réussis (Traffic), des beaucoup moins réussis-alors-que-tous-les-ingrédients-étaient-là (Cartel). Alors, non Sicario ne renouvelle pas le genre, mais il se trouve tout de même dans le haut du panier.

On retrouve, comme pour Prisoners, une maîtrise du thriller magistrale, un talent absolu pour l’ambiance, le rythme, les plans (ces plans aériens mon dieu…, cette scène nocturne et ces affrontements souterrains, ce coucher de soleil absorbant les silhouettes, ces… bref.), la photographie (Sicario étant ici l’anti-Prisoners ; on passe du temps pourri et froid au désert). Sicario en bon polar avec plein de violence et de tension dedans, en balance plein les oreilles que ce soit sur les tirs et autres explosions ou sur la musique – excellente – de Jóhann Jóhannsson.

sicario

Ce qui peut passer pour une faiblesse scénaristique – la jeune agente à fond sur la justice et la loi – permet finalement de la mettre dans le même panier que le spectateur ; comme elle, on est maintenu dans le brouillard sur les motivations de ses nouveaux coéquipiers, comme elle on tâtonne, sans que nous soit imposé un quelconque jugement.
Et même si les scénaristes sont différents, on retrouve finalement exactement la même question que sur Prisoners : la fin justifie-t-elle les moyens ?

Cependant, cela ne suffit pas, et Denis Villeneuve n’est pas un faiseur de miracles. Malgré sa réalisation efficace et débordante de talent, le scénario reste le point faible. Trop classique, pas assez creusé quant aux personnages (tandis que les acteurs, Emily Blunt et Benicio Del Toro en tête, sont géniaux), il manque trop d’intensité ou d’originalité pour faire de Sicario un des meilleurs films de l’année. Ou même pour en faire un film mémorable. En revanche, il re-re-confirme le grand talent de Denis Villeneuve, assurément – pour moi –  un des meilleurs réalisateurs actuels.

Whiplash

Réalisateur & scénariste : Damien Chazelle

Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons

Synopsis : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… (Source : Allociné)

Bande-annonce


Une critique de Whiplash ne peut commencer que par un cri du coeur. MON DIEU QUE CE FILM EST BON.

D’abord, il y a la bande-annonce à regarder. Parce qu’elle retranscrit bien le concentré d’énergie, de tension et de beauté musicale dont le film transpire.

Ensuite, il y a la bande originale à écouter (c’est par là sur Deezer). Parce qu’elle est magnifique, tout simplement. Parce que du jazz comme ça, j’en redemande, et parce que mariée à la tension de Whiplash ça crée une ambiance de malade.

Whiplash parle de jazz, de musiciens, d’un batteur. Whiplash parle d’un jeune de 19 ans, élève dans la meilleure école de musique de New-York, et qui est remarqué par le meilleur prof de la dite école, prof qui a en charge un groupe d’élite qu’il mène d’une main de fer (dans un gant de fer). Mais là n’est pas toute l’histoire.

Car ce serait oublier de dire que Terrence Fletcher (le prof) fait passer le sergent major de Full Metal Jacket pour un enfant de chœur, ce serait oublier de dire qu’Andrew Neyman (l’élève) a en lui une détermination à être « parmi les meilleures » qui frise (ou tombe dans) l’obsession la plus extrême. Face à deux personnalités aussi fortes (et aussi odieuses), il n’y a qu’une issue : Whiplash est un fantastique film sur un duel entre deux egos. Sur fond de jazz.

Pour faire honneur à deux personnages pareils, il fallait deux acteurs d’exception. Et c’est le cas. D’un coté, il y a J.K Simmons, habitué des seconds rôles notamment chez Jason Reitman (producteur exécutif du film. Coïncidence ?). Absolument magistral, hallucinant, charismatique, écrasant,… bref, qui a trouvé un rôle à sa mesure. Et Miles Teller, que j’ai plus connu dans des rôles moyens dans des films moyens (Divergente, The Spectacular Now,…), jamais transcendant. Jusque là. Un acteur que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui livre ici une sacrée performance, à la hauteur de son aîné.

Whiplash est l’œuvre d’un jeune inconnu (ah si, il a scénarisé Le Dernier exorcisme : Part II, pardon) mais a tout de l’excellent film, maîtrisé à tous les niveaux.Une photographie léchée comme c’est pas permis, des plans et une façon de filmer la musique qui laisse franchement admiratif, un art de la tension comme j’en ai rarement vu. Le film m’a d’ailleurs fait penser à Black Swan sur ce point.

Du tout début, du roulement de baguettes sur fond noir jusqu’à la toute fin, la tension ne baisse pas. C’est d’ailleurs assez étonnant pour être souligné : le film n’a pas d’introduction, il attaque directement son sujet. Puis c’est le tourbillon ; entre admiration, manipulation, haine, respect, torture psychologique, dépassement (extrême) de soi, rien n’est épargné. Après avoir vu le film, si son énergie ne m’a pas surpris (merci à la bande-annonce), sa dureté psychologique si.
C’est aussi très fort de subtilité ; le harcèlement de Fletcher, l’attitude de Neyman, on les déteste, on les comprend ou on compatit (parfois) mais jamais le film ne cède à la facilité.

Tout au plus, regretterai-je des personnages secondaires assez transparents, du père d’Andrew Neyman à sa petite amie tellement bouffée par les ellipses qu’elle en devient anecdotique, tout au plus à valeur d’illustration de la mentalité d’Andrew. Bref, rien ni personne ne survit au duel des deux personnages.

Le duo d’acteurs magistral, la tension magnifique, le jazz, genre musical parfait dans le cas présent, le final en mode « bombe atomique », l’esthétique du film. Autant d’éléments qui font de Whiplash un des meilleurs films de 2014. A voir, à écouter.