Men, Women & Children

Réalisateur : Jason Reitman

Acteurs : Emma Thompson, Adam Sandler, Judy Greer, Ansel Elgort, Kaitlyn Dever, Rosemarie DeWitt, Dean Norris,…

Synopsis : Décrit la vie de lycéens et de leurs parents.


 Men, Women & Children : 6e film de Jason Reitman (qui semble très prolifique en ce moment, Last Days of Summer étant aussi sorti cette année) et énième film-choral sur les relations entre adultes et entre adolescents, cette fois via Internet.

Le problème de films comme celui-ci, qui essaie à travers la vie de quelques familles, de dépeindre des problèmes universels, c’est qu’il vaut mieux éviter les clichés et les banalités. Ce que n’évite pas (totalement) Men, Women, etc…

La galerie de personnages est assez inégale dans son intérêt et ses nuances, mais reste globalement plutôt réussie. Il y a d’abord la fille anorexique qui n’a d’yeux que pour le connard n°1 du lycée, footballeur, bien évidemment. On aura aussi la pom-pom girl/mannequin et sa mère/photographe/webmaster/agent/(maquereau ?) avides de célébrité.
Nous continuons avec l’ado – lui aussi footballeur – amateur de vidéos porno « déviantes », au contraire de son père qui est plus sur un combo porno classique/prostituées et de sa mère qui est, elle, amatrice de rencontres d’un soir ou deux, par Internet of course. Bref, la famille heureuse et épanouie dont le seul rapport à Internet se résume au sexe. Pourquoi pas.

On a aussi droit au personnage le plus con de toute la création, incarné par Jennifer Garner qui répond à la connerie du personnage par l’insipidité de son jeu. L’idée de ce personnage est de fliquer sa fille sur l’intégralité de ses communications, à recevoir les messages de celle-ci pour les supprimer, la traquer par géolocalisation, éplucher son ordi durant des heures, imprimer 50 pages de transcription de chat,… A ce niveau-là, ce n’est plus un balai dans le cul, c’est toute la clique de l’apprenti sorcier. Et pour le coup, le personnage est tellement caricatural et intégriste qu’il ne sert à rien si ce n’est peut-être donner un peu de suspense à la romance de la fille avec un autre ado, à l’histoire familiale chargée et qui passe son temps à jouer à Guild Wars (ce que ne comprend pas le papa qui préférerait que fiston aille jouer au foot, blablabla).

Certains personnages sont intéressants car nuancés, d’autres sont clichés. Bref, le tout est inégal. Et c’est dommage car l’intégration des navigations internet, des conversations SMS, bref de toute la partie numérique est très bien retranscrite à l’écran, le montage entre les différentes familles est impeccable et le casting, Jennifer Garner excepté, est excellent. Même Adam Sandler est juste. C’est dire.

Men, Women & Children a vraiment du potentiel sur l’idée, il y a de bonnes choses, les 2h passent assez vite, l’idée de la voix off et son ton décalé fonctionne très bien, la mise en scène est agréable et esthétique, les dialogues sont globalement bons et déclenchent souvent des rires dans la salle.

Après… 80% de l’usage d’Internet est résumé au sexe/aux sites pro-ana ou aux jeux vidéo (bon, on est d’accord que voir quelqu’un faire une recherche, consulter ses mails ou regarder des vidéos sur Youtube c’est pas bien passionnant), Guild Wars, normalement MMORPG gratuit, devient payant durant une scène, et les amateurs de porno semblent ne pas connaître l’option « Navigation privée » de leur navigateur. Le film a même tendance à dégager une impression de cliché dès qu’Internet entre en jeu. Pas sur tout évidemment mais suffisamment pour ajouter de la perplexité au divertissement.

Si le film n’est pas un film sur Internet mais bien sur les relations sociales ; Internet ne change au final pas grand-chose mais amplifie des problèmes déjà existants, il manque quand même de consistance et de développement sur la durée. Jason Reitman a aussi tendance à un peu trop forcer le trait, trop expliquer, quitte à passer pour moralisateur et chiant ou passer rapidement sur certains aspects du scénario. De plus, l’inégalité qui ressort fait dire « C’était vraiment bien, mais… en fait non, c’est juste sympa parce que quand même y a ça qui… ».

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2 réflexions sur “Men, Women & Children

  1. C’est vrai que c’était bof, mais il y a des choses à sauver malgré tout. Tu connais Disconnect ? J’attends de le revoir pour égaliser mes notes justement, car dans mon souvenir, c’est exactement pareil, en moins teen movie. Du coup, ton avis m’intéresserait aussi.
    Pour revenir à Jason Reitman, je ne sais pas vraiment si j’aime son cinéma. Sans avoir tout vu, j’ai le sentiment que c’est toujours un peu trop fade pour moi (même Juno n’avait pas été la pépite attendue).

    • Ah non, je ne connais pas. Je me mets sur le coup !
      Je n’ai pas vu toute la filmo de Jason Reitman (il me manque Young Adult), mais de ce que j’en ai vu pour le moment, je trouve ça assez inégal. En fait, mes trois films favoris de ce réal sont ses trois premiers films, ça promet pour la suite^^

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