L’homme irrationnel

Réalisateur : Woody Allen

Acteurs : Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey et les autres ne valent pas vraiment d’être mentionnés (et bim)

Synopsis : La relation tumultueuse entre un professeur de philosophie en pleine crise existentielle et sa jeune étudiante, dans une université de campagne. (Source : Allociné)


Et le Woody Allen 2015 arriva, réglé comme une horloge (américaine cette fois).

Il fallut environ 30 minutes pour que je prenne conscience que je m’emmerdais.

Pour le coup, je n’avais aucune connaissance du film ; bande-annonce pas vue, synopsis et critiques pas lus. Mes a prioris étaient positifs sur le duo d’acteurs Joaquin Phoenix/Emma Stone et positivement neutres sur Woody Allen.

Alors, que s’est-il passé ?

D’abord, le Cliché joué par Joaquin Phoenix de l’intellectuel, prof de philo, déprimé, n’attendant rien de cette chienne de vie, qui voit tout en noir,… Des personnages comme ça, il en existe des milliers et celui-ci ne fait clairement pas partie des plus réussis. Joaquin Phoenix, acteur pourtant très talentueux, n’a donc pas grand-chose à se mettre sous la dent (si ce n’est de la bière à en juger par le ventre proéminent qu’il exhibe) et échoue même totalement à retranscrire à l’écran le charisme dont son personnage est censé être doté.

Ensuite, l’intrigue. Simple. Il ne se passe quasiment rien durant le premier tiers du film. Que la phase de plantage du décor prenne son temps, ce n’est pas gênant en soi, mais là le cadre et les personnages n’ont rien d’extraordinaire ou même de simplement réussi (le milieu universitaire, la relation Emma Stone/petit-ami d’Emma Stone qui semblent avoir autant d’affinité qu’une poule et un couteau), l’ennui est donc venu assez vite.

Woody Allen a une façon bien particulière de faire ses films, avec des répliques travaillées, une ambiance légèrement artificielle (ceci n’est pas un reproche) et habituellement ces éléments ne me dérangent pas, au contraire il y a un certain charme. Mais là, les personnages pas intéressants, les acteurs principaux peu inspirés (à la différence des acteurs secondaires totalement transparents, Parker Posey exceptée), ça faisait beaucoup.

Même les acteurs semblent dépités.

Et puis finalement, un semblant d’intrigue a pointé le bout de son nez avec un élément déclencheur assez prometteur qui donnait vie au personnage de Joaquin Phoenix. Un espoir vite éteint, tant la manière de l’aborder a été lisse et surexpliquée à défaut de développée. Les conséquences psychologiques et relationnelles rappellent trop Match Point ou Le rêve de Cassandre à mon goût et manquent surtout de consistance.

On est certes dans une comédie légère (dans le fonds comme dans la forme) et l’aspect thriller était intéressant mais il y a cette impression persistante que Woody Allen s’est laissé aller à la facilité. Heureusement, le dénouement est réussi – bien qu’attendu – il est dommage que la toute dernière scène m’ait aussi donné cette impression de cliché.

J’en veux quand même à Woody Allen, pas pour le fait que tout est trop facile, vite expédié ou peu développé, mais pour la façon dont il s’est (mal) servi de deux acteurs talentueux. Le choix des personnages par rapport aux acteurs est attendu (comme pour Magic in the Moonlight mais ça ne m’avait pas gêné) et les deux ne peuvent finalement pas faire de miracle.

L’idée du film était intéressante. On ne partait pas sur un film majeur de Woody Allen mais le scénario semble être resté au stade d’esquisse. C’est dommage car on sent l’esprit Woody Allen à plein nez. Tout comme sa paresse.

7 réflexions sur “L’homme irrationnel

  1. Je vais me répéter mais encore une fois tu as les mots pour transcrire ma pensée que moi-même je n’arrive pas à si bien expliquer c’est fou !! Merci pour tes critiques !

  2. J’ai bien aimé cette espièglerie sans prétention à la Woody, cet humour spécial, tous ces décalages entre ce qu’on veut et ce qui arrive. C’est une fantaisie sans prétention légère et immorale avec un anti-Matt Damon bedonnant et pas très performant comme chouchou de ces dames. Ce qui m’a ennuyé ? La panne de chauffage au cinéma, j’étais congelée 😈

  3. Je d’accord avec toi, en plus des clichés qui d’habitude ne me dérangent pas plus que ça, j’ai eu l’impression de prévoir le film avec un bon quart d’heure d’avance. Mais j’aime bien la fin et l’évolution du personnage féminin, finalement moins naïve qu’elle n’en a l’air.

  4. J’addooorre ta deuxième phrase : « il fallut environ 30 minutes pour… » !!!
    Excellente critique pour un film passable !
    Mais je ne dis pas que je n’irai pas le voir quand même…

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