Birdman

Réalisateur : Alejandro González Inárritu

Acteurs : Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis, Andrea Riseborough, Amy Ryan,…

Synopsis : Un acteur has been, connu pour avoir incarné un célèbre super-héros, monte une pièce à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire passée. (Source : Allociné)


 

Birdman est le meilleur film que j’ai vu au cinéma en 2015. C’est aussi le deuxième. Mais ça donne un aperçu de mon ressenti à la sortie de la salle de ciné.

Son tour de force : avoir un film monté comme un seul plan-séquence. Ça donne un peule tournis et surtout ça épate par la maîtrise dont fait preuve Innaritu. Bon, ça m’a aussi gêné au début du film (dans le sens où je n’arrivais qu’à voir ce plan-séquence sans rentrer dans l’histoire), et puis au bout d’un moment, fin de la gêne et début du plaisir.
Le génie dans tout ça c’est que ce ce plan-séquence n’empêche pas la présence d’ellipses qui prennent une place toute autre grâce à l’absence des coupures entre les scènes. Bref, c’est beau.

Et ça l’est d’autant plus que la photographie elle-même est superbe, tous les gros plans sont magnifiques, comme cette scène de coup de gueule d’Emma Stone contre pôpa, tellement forte et belle qu’elle m’en a collé des frissons (la scène pas Emme Stone, faut pas déconner).

Pour le fond de l’histoire, y a pas grand chose à dire, c’est un film sur une pièce de théâtre sur un homme torturé joué par un acteur torturé dont l’histoire est quasiment celle de l’acteur qui le joue. Mais si c’est très clair. Ca semble aussi très nombriliste ce côté les artistes qui parlent des artistes. Mais ça ne l’est pas. Ca pourrait, il ne faut pas que l’idée soit trop reprise mais… ça fonctionne. La relation théâtre/cinéma (de divertissement) est plutôt intéressante d’ailleurs.

Le film a aussi un côté huis-clos très sympa ; tout ce petit monde dans un théâtre aux couloirs étroits et oppressants dans un fond sonore se résumant globalement à une batterie géniale et oppressante. A mentionner évidemment la voix de Birdman à classer dans les meilleures voix du cinéma à côté du pote Smaug. Ah oui, j’ai mentionné cette schizophrénie du personnage principal ? Non ? Tant pis.
Ce huis-clos théâtral m’a aussi donné une impression de « faux » sur les personnages, les dialogues, les situations… Ce n’est pas péjoratif, du tout, mais il a fallu un petit temps d’adaptation à cette impression tellement subjective qu’elle n’a pas forcément d’intérêt et je vais m’arrêter d’en parler à la fin de cette phrase qui n’en finit pas. Voilà.

Birdman n’est pas mon film parfait, évidemment ; la petite réflexion sur les critiques professionnels n’est pas hyper subtile tout comme les coupures du faux plan séquence mais là le petit spectateur amateur que je suis va juste fermer sa gueule parce que quand même cette maîtrise technique d’Innaritu est tout simplement à tomber par terre.

Un ptit mot sur le trio Keaton-Norton-Stone aussi à tomber par terre (bref, Birdman est un film qui donne des bleus).

Pour finir, le truc cool avec Birdman c’est que le sujet en soi n’est pas follement original (l’acteur has-been ayant des rapports compliqués avec sa fille et qui essaie de remonter la pente) mais le traitement technique époustouflant d’Innaritu, l’existence de Birdman himself et ce côté distanciation avec Keaton/son personnage, le film/la pièce qui questionnent la célébrité, l’ego,…. en font le meilleur film que j’ai vu en 2015 (et pas qu’au cinéma, pis là c’est pas le 2e film vu, c’est le 45e, c’est Seriebox qui le dit (super site, je vous le conseille)).

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9 réflexions sur “Birdman

  1. J’en sors abasourdie ! La bande-son à la batterie renforce l’effet schizophrénique, l’unique plan-séquence et la façon de passer d’une scène à l’autre est ahurissante de maîtrise, les acteurs excellents et ce qui est dit est tellement juste. Bref ! J’ai adoré !

  2. J’adore les films d’Innaritu mais la bande annonce de celui ci ne me tentait pas. Après lecture de cette chronique, je me dis que finalement, je vais aller le voir ! (en espérant pas me faire trop de bleus ^^)

  3. Si c’est un film qui donne des bleus, je ne sais pas si je vais aller le voir… A mon age, ce ne serait pas raisonnable !!! Allez… j’attends avril où il est programmé dans mon petit cinéma favori.

  4. Petit tour chez mes blogueurs préférés…j’ai laissé un commentaire ailleurs sur ce film baroque, brillant, pas ordinaire mais qui part tellement dans tous les sens que je me suis demandée si l’auteur pour faire des économies de personnel n’avait pas mis toutes les histoires qu’il avait envie de raconter dans le même film…Phrase trop longue aussi, petit sourire de dimanche frisquet.

      • Je m’explique, le scénario a l’air de partir dans tous les sens, car ça fait ensemble de scènes avec grosses performances d’acteurs, et ils sont vraiment tous très brillants, comme les opéras qui deviennent l’occasion de faire une succession de grands airs et dont on perd le fil conducteur…mais je ne dis pas que j’ai raison, c’est juste une lecture possible. c’est le plan séquence qui donne une impression de linéarité, à mon sens. ce film semble très ouvert à l’interprétation selon les sensibilités et les références que chacun projette sur lui.

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