Peine perdue

Auteur : Olivier Adam

Date de parution : août 2014

Résumé : Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur : la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. (Source : Amazon)


 

Livre choral : 23 chapitres, 22 personnages. (y a intérêt à ne pas trop espacer les lectures, ou bien avoir une mémoire eidétique). A chaque chapitre correspond un nouveau personnage, que l’on essaie de situer dans la mosaïque sauf à voir le chapitre comme une nouvelle à part. Au choix.

« Le truc cool dans ce bouquin » (comme disait Victor Hugo), c’est qu’on se fait un avis sur un personnage à travers le regard d’un autre ; à travers un geste, une parole, parfois juste une présence. Et puis le chapitre sur ce personnage arrive, on découvre ses pensées, sa vie. On fait à nouveau (ou vraiment, au choix aussi) sa connaissance. On se dit qu’on l’a jugé un peu vite mais que quand même penser ça, ça fait un peu cliché.

L’écriture d’Olivier Adam est comme un flot (ou un torrent, décidément, que de choix), impression renforcée lorsqu’on est dans les réflexions des personnages et non dans l’action (mais sans explosions et poursuites de voitures). Heureusement, grâce a la ponctuation on peut respirer un peu. Mais la grande inspiration, celle qui fait du bien par là où ça passe, n’arrive qu’a la fin du chapitre.

Ce style se marie parfaitement avec un autre flot, celui des pensées des personnages (Mon dieu, serait-ce fait exprès ?). Gens simples, vrais grâce au talent d’Olivier Adam, et qui « en ont gros » comme diraient Perceval et Karadoc.

Tout est lié. Dans Peine perdue, on se connait ou on s’est croisé. Et on fait tous face a la même tempête, on fait tous partie de la même communauté. Pas du même « camp » par contre. On a beau être tous gris, certains tirent quand même bien sur le noir.
Heureusement qu’il y a un fil conducteur d’ailleurs, ou plutôt deux : une agression et la tempête (grosse ambiance en perspective), car parfois les pensées des uns et des autres dérivent et on se demande ou on est bien parti… C’est d’ailleurs bien agréable toutes ces digressions sur la vie de machin, les pensées de truc, hop un retour à l’agression, on repart sur les problèmes de bidule, on revient à la tempête,…

Peine perdue, c’est une lecture très agréable, immersive (la meilleure !), très bien construite et évidemment bien écrite. Olivier Adam sait aller à l’essentiel, à l’authentique. Et au pessimiste, au quotidien gris et difficile de tout un chacun (et y a du choix ! du jeune, du vieux, du seul, du couple, du malheureux, du encore plus malheureux, du fougueux, du routinier, du dépassé, de l’engagé,…). C’est sûr, c’est pas du Vieux fourneaux.
En revanche, sur le côté souvenir impérissable du roman, j’ai plus de doute. Peine perdue sonne comme du plaisir instantané, qui laisse par la suite un souvenir, bon mais diffus. Qu’importe, lire Olivier Adam c’est toujours un plaisir.

Ah si, j’allais oublier de mentionner le dernier chapitre et sa fin qui m’a déçu, ne m’a pas paru ni utile ni pertinente par rapport au reste. Ceci dit, ça ne gâche pas le roman, d’autant plus vu l’autonomie des chapitres.

Et voilà.

Peine Perdue, c’est aussi mon deuxième livre du challenge rentrée littéraire 2014.

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8 réflexions sur “Peine perdue

  1. Et bien, je suis intrigué. Je le tenterai peut-être. En as-tu lu beaucoup d’Olivier Adam ? Je n’avais pas spécialement aimé « Je vais bien, ne t’en fais pas ».

    • Je n’ai lu que Falaises. Je me souviens avoir aimé mais pas du contenu^^. J’ai vu Je vais bien ne t’en fais pas au ciné, j’avais bien aimé mais j’avais préféré en rester là et ne pas lire le livre.

  2. J’ai aimé qu’Olivier Adam délaisse cette fois-ci sa petite personne même si j’ai toujours apprécié son écriture. Ce livre choral me semble mieux construit que ses précédents romans. Je l’ai lu en septembre, et il me reste des images, surtout celle des deux vieux qui marchent vers la mer… elle vers sa mort, lui l’accompagnant… et plus tard cette autre image de lui… je crois que ce sont ces deux personnages qui m’ont le plus émue puisqu’ils sont restés dans ma mémoire.

  3. Serait-ce un de ces romans désenchantés très français ? un flot de mots fade, même si c’est bien écrit, car c’est le minimum pour un auteur de savoir écrire…. bref je passerai à côté à la médiathèque, pour rechercher quelque chose avec un peu plus de souffle. Je n’aime pas m’ennuyer en lisant.

    • C’est déjà ça 😉
      Oui, c’est sur le souvenir que le livre laisse que je suis le plus dubitatif. Mais tant que la lecture est bonne… 🙂

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