Calvary

CALVARY

Réalisateur & scénariste : John Michael McDonagh

Acteurs : Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly, Aidan Gillen, Marie-Josée Croze, Domhnall Gleeson,…

Synopsis officiel : La  vie  du  père  James  est  brusquement  bouleversée  par  la  confession  d’un mystérieux  membre  de  sa  paroisse,  qui  menace  de  le  tuer.  Alors  qu’il  s’efforce  de continuer  à  s’occuper  de  sa  fille  et  d’aider  ses  paroissiens  à  résoudre  leurs problèmes,  le  prêtre  sent  l’étau  se  refermer  inexorablement  sur  lui,  sans  savoir  s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend.


« J’ai goûté pour la première fois au sperme quand j’avais 7 ans.¹ »

Calvary ne s’embarrasse pas de préliminaires, et dès la première réplique, annonce la couleur. On aura droit à un humour noir, cynique, des phrases chocs, qui, comme celle-ci déclenchent des rires parfois surpris dans la salle.

Première scène, un confessionnal. Le curé (Brendan Gleeson) apprend d’un paroissien que celui-ci compte le tuer dans une semaine pile. Ambiance, ambiance dans le petit village irlandais (paysages magnifiques, beau pays, toussa, toussa).

Suspense sur l’identité du mystérieux paroissien ? Oui, mais seulement pour le spectateur. Le curé, lui, a parfaitement identifié la voix et ça ne semble pas particulièrement le faire flipper. Quoiqu’un peu par moments lorsque celui-ci se rappelle violemment à son bon souvenir.

La tension, d’ailleurs, est assez inégale. D’un côté, elle revient, à intervalles réguliers, lorsqu’apparait à l’écran le décompte des jours qui passent, mais d’un autre, le personnage lui-même n’en est pas à s’en ronger les ongles jusqu’au sang.

Pour nous aider à passer le temps jusqu’au fameux dénouement (magnifique de tension), nous assistons au quotidien d’un curé dans son pittoresque village. Plus précisément, nous assistons aux visites de celui-ci à certains de ses paroissiens (le reste du village étant tellement mis au second plan qu’on se demande s’il s’agit d’un hameau ou d’un village).

Et là, parmi ses visites, on se rend compte à quel point ses paroissiens vont de complètement paumé à carrément barge : La femme adultérine – mais ça va bien au mari parce qu’ainsi sa femme est moins chiante -, le richissime ex-spéculateur financier, la fille suicidaire du curé, l’inspecteur gay, le gigolo exubérant, le collègue curé con-con et tristement terre-à-terre, le tueur cannibale (et j’en oublie volontairement),… pas moyen de s’ennuyer. D’autant que le curé a lui aussi son caractère, son humour noir et surtout sa franchise, mais ne verse pas autant dans le cynisme que ses paroissiens.

D’ailleurs, tout le monde est fantastiquement franc – « mystérieux » confessé du début excepté évidemment. Chacun a son avis bien arrêté, sur l’Église, sur l’utilité du curé dans leur vie, sur la morale, mais aussi ses doutes sur le monde qui l’entoure, avec des questionnements qui résonnent directement avec ce que vit l’Irlande.

Je reprocherai quand même deux, trois choses à Calvary. D’abord, l’impression d’un ensemble de scènes trop hachées et déconnectées les unes des autres : Le curé va voir machin puis le curé pêche puis le curé boit puis le curé va voir bidule,… Le tout manque de lien – heureusement qu’il y a cette menace qui plane. N’empêche que ça plombe un peu le rythme du film.

La galerie de personnages est, en revanche, un des points forts du film ; caustiques, attachants, ravagés et/ou très très désabusés, ils sont très réussis. Mais le scénariste en a aussi trop fait. Celui du médecin désabusé notamment est too much et redondant (dommage, parce que c’est quand même Littlefinger de Game of Thrones). Ou pas assez : je cherche encore une utilité au personnage du vieil écrivain.

Vite fait, deux ptits mots pour se diriger vers la fin : un sur le casting de rêve : Brendan Gleeson, Chris O’Dowd (dans un rôle dramatique !), Kelly Reilly, Domhnall Gleeson,… Y a du gros talent.
L’autre sur des couleurs, une photographie et des plans superbes qui apportent un vrai plus au film (même si, à deux trois moments, ça semble un brin forcé, avec un effet carte postale). Mixez ça avec des personnages hauts en couleur, et ça donne certaines scènes très réussies à tous les niveaux.

Calvary sort le 26 novembre (oui, le blog d’Ameni se lance dans les avants-premières. En espérant qu’il y en ait d’autres. Et oui, ceci est un appel !), mais ce film, malgré quelques petits défauts, reste très agréable, autant réussi sur l’aspect comique que dramatique. En fait, je n’ai pas grand-chose à reprocher au film (du moins rien qui ne fasse saigner yeux et oreilles).


¹ : Cette réplique est la première phrase prononcée par le confessé au confesseur. Aucun contexte n’est fourni, juste la volonté de choquer, à la fois le personnage et le spectateur.

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4 réflexions sur “Calvary

  1. Oh bah zut, je suis passé à côté de ce film. Je me disais que ça manquait d’irlandais/ britannique dans mes séances de 2014…
    Ça a l’air spécial quand on te lit, Mais pas moins attirant. J’essaie de le voir prochainement !

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