La pluie, avant qu’elle tombe

Titre original : The rain before it falls

Auteur : Jonathan Coe

Date de parution : 2010

Résumé : Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S’appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd’hui, l’histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l’enfance perdue et quelques lieux magiques. (Source : Livraddict)


Étonnant, La pluie, avant qu’elle tombe. Ce que je prenais au début pour une simple astuce scénaristique – la division du roman en 20 photos – s’est avérée progressivement être plus que la colonne vertébrale, l’âme du livre.

D’abord par le côté voyeur qu’elle donne au lecteur. Écouter cette vieille dame raconter sa vie à une personne absente et mystérieuse enlève, en quelque sorte, une légitimité à prendre connaissance de son histoire. Et puis on (et par on j’entends je) se dit que finalement on n’est pas le seul à écouter/lire cette histoire, et que même si c’est la vie d’une vieille anglaise, c’est quand même bien intéressant tout ça (oui c’est bizarre mais c’est dire combien je me suis pris au jeu).

L’autre point que j’ai adoré tourne aussi autour de ces photos. Faire décrire des photos, vraiment décrire, concrètement, en vue d’aider quelqu’un, et pas décrire pour le plaisir d’envolées lyriques (non je n’ai rien contre les descriptions, merci de demander), bref faire décrire ces photos donne une authenticité formidable à l’histoire et à l’histoire dans l’histoire. Rosamond qui se reprend, qui digresse, qui s’arrête à cause de tous ces souvenirs remontant à la surface,… tout ça est tellement vivant…

Et enfin, ce qui, bizarrement, m’a touché, c’est qu’au fond la destinataire, la vraie, la seule et l’unique reste… absente. Hors du regard des autres si je puis me permettre. Et tout ça est d’une poésie, d’une authenticité et d’une construction formidables. Ce qui n’empêche pas de dérouler une fresque familiale, oscillant entre psychologie (fine) et sentiments mais sans la patte humour habituelle de Jonathan Coe.

Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’on a affaire à une histoire simple (l’histoire n’est pas simple, m’enfin ça ne déborde pas de quiproquos, poursuites en voitures et twists divers) racontée par une personne à la fois extérieure et partie prenante de l’histoire qu’elle raconte, avec tout ce que cela implique de recul et de subjectivité mêlés.

Allez, honnêtement, il y a quand même eu un petit, léger bémol de rien du tout. Il m’a fallu quelques photos avant d’être pleinement conquis par l’histoire. La partie enfance de la narratrice m’a un peu moins captivé que les autres.

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2 réflexions sur “La pluie, avant qu’elle tombe

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