Les lectures des otages

Auteur : Yoko Ogawa
Traducteur : Martin Vergne

Parution : 2012
Éditeur : Actes Sud

4e de couverture : Huit touristes étrangers sont pris en otages. Après une importante mobilisation médiatique, l’attention de la presse internationale se détourne. Seule une ONG présente dans la région poursuit sa mission et parvient à introduire un minuscule enregistreur dans une boîte de premiers soins transmise aux otages.
L’opération réussie, les écoutes commencent. A des kilomètres de là, un casque sur les oreilles, un jeune homme mobilise toute son attention sur des voix qu’il ne comprend pas, une langue qu’il ne connaît pas. Ces gens semblent dire, raconter, faire preuve d’une sincérité troublante. Tous les soirs, à la même heure, l’un d’entre eux prend la parole.

Huit récits, huit souvenirs dits par des êtres pris au piège, confrontés à l’ombre de la mort. Huit lectures enregistrées, volées puis rapportées, inconsciemment léguées au monde des vivants.

Quoi, encore un livre de Yoko Ogawa ? Certes, mais ça fait longtemps, donc j’ai le droit. Toc.

Attention, présence d’un spoiler. Continuez si ça ne vous dérange pas (a priori ce n’est pas dérangeant mais ce n’est que mon humble opinion) ou si vous n’avez aucune intention de lire ce recueil malgré cette époustouflante critique.

Les lectures des otages est un recueil de nouvelles. Ces nouvelles sont toutes connectées entre elles, mais différemment de Tristes revanches. Ici, seul le cadre est commun. Je m’explique. Comme le dit le résumé, huit touristes ont été kidnappés. Chaque nouvelle représente une histoire racontée par un otage.

Le style lent et paisible de Yoko Ogawa fait toujours mouche. Le seul bémol étant que le style de chaque histoire est le même quand chaque conteur est différent. C’est un détail mais c’est tout de même dommage. En dehors de ça, c’est toujours un réel plaisir à lire. Mais comme pour Tristes revanches, j’aurai oublié le contenu des nouvelles dans quelques temps. Qu’importe, on pourra toujours dire que le plaisir immédiat est plus important que son souvenir.

Là où l’idée de récits d’otages racontant une histoire est excellente, c’est sur un détail qui n’a rien de menu. Yoko Ogawa pose la situation au départ, dans une sorte d’introduction au recueil et nous apprend que l’opération de sauvetage a échoué et que les otages sont morts, c’est donc une publication post-mortem de leurs histoires. Bon. C’est annoncé assez froidement, on ne connaît rien sur les touristes, l’empathie est donc très limitée, ce n’est pas si grave.
Et vient la première nouvelle. On apprécie, on apprend à connaître la personne via son anecdote, l’histoire se termine, et là Yoko Ogawa dans un élan de cruauté candide balance « (Décoratrice d’intérieur, 53 ans, a profité de ses longues vacances accordées après trente ans de travail pour participer à ce voyage.) » Bam. On se remémore la nouvelle, toute la tendresse, le calme et l’émotion qui s’en dégagent et on réalise que la personne qui a vécu tout ça est morte. Re-bam. A chaque nouvelle, les Bam retentissent.

Chaque nouvelle est différente dans le contenu et semblable dans l’idée. Toutes traitent d’un moment dans la vie de la personne qui est sorti de l’ordinaire, la plupart du temps sur une rencontre. Ce n’est jamais grandiose, extraordinaire. C’est même doucement ordinaire, reposant. La dernière nouvelle a, elle, un conteur différent des autres, permettant de clore ce recueil avec tact.

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3 réflexions sur “Les lectures des otages

  1. Je le vois souvent à la médiathèque et j’hésite à chaque fois mais je crois qu’après avoir lu ton avis, je vais arrêter d’hésiter et le prendre !

    • En espérant qu’il te plaise ! Si tu n’as pas lu Cristallisation secrète et qu’il est aussi à ta médiathèque, hésite encore moins 😉

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