Le singe de Hartlepool

Scénariste : Wilfrid Lupano
Illustrateur : Jérémie Moreau

Date de parution : 2012

Résumé : En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l’équipage portant l’uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d’Angleterre, où personne n’a jamais vu de Français, l’animal correspond assez bien à l’idée qu’on se fait de l’ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, accusé d’espionnage… (Source : Bedetheque.com)

Magnifique démonstration par l’absurde de la connerie humaine.

Un brin d’histoire d’abord. Un navire français échoue au bord des côtes anglaises, seul rescapé (connu) : un singe. Imaginant qu’il s’agit d’un français, les anglais se déchaînent.

L’histoire est simple et terriblement percutante. Chaque personnage est assez détaillé pour apporter sa pierre à l’édifice. L’autre rescapé du navire qui a été balancé à la mer par les français parce que sa nourrice était anglaise, le médecin et son fils de passage dans le village et témoins neutres de la situation, le pasteur éructant et agressif, le maire trop heureux d’exercer son pouvoir, les enfants perpétuant la bêtise de leurs aînés mais à leur échelle,…

Toutes les raisons sont bonnes pour prouver qu’il s’agit bien d’un français, tous les clichés y passent, et trouvant raison finissent de persuader des pécores qui n’ont de toute façon pas besoin de ça pour exercer la « justice » populaire.

Le message est évident, mais après tout y a-t-il toujours besoin que le but soit subtil ? Les répliques font mouche et font écho au singe qui n’a que ses cris pour lui. Ce à quoi les villageois répondent « Oooh tu peux brailler frenchy. On ne comprend rien à ce que tu dis. – C’est tout de même très moche cette langue ».

La BD est imprégnée de fatalisme, avec juste ce qu’il faut de (petite) note d’espoir. Le cadre original de l’histoire est suffisamment original pour faire sourire et suffisamment discret pour ne pas cacher le message.

En plus de ça, et ce n’est pas un détail, le dessin est simple et agréable. Les contours des cases semblent tracés à la main et gondolent de temps à autre. Les personnages sont mis en valeur par un fonds soit « normal » soit uniformément coloré. Les couleurs varient elles aussi, soit ternes, violentes (rouges lors du procès),… Bref, la simplicité au service de l’efficacité. J’aimerais être plus précis mais les termes techniques me manquent. En gros, c’est beau.

C’est bien dessiné, bien colorisé, bien scénarisé. C’est absurde, émouvant, drôlement noir

Voici un p’tit extrait

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5 réflexions sur “Le singe de Hartlepool

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