L’homme bicentenaire

Auteur : Isaac Asimov
Traducteur : Marie Renault

Sortie : 1978

4e de couverture : Andrew est un robot comme les autres. Comme les autres, vraiment ? Pas tout à fait. Il est même si singulier qu’il a décidé de devenir libre, malgré les Trois Lois de la Robotique et contre l’opinion de la majorité des êtres humains. Andrew ne sait pas qu’il vient de s’engager dans une lutte qui va changer l’histoire de la robotique, des robots et de l’humanité elle-même. «L’homme bicentenaire» est l’une des nouvelles les plus connues et l’une des préférées de l’auteur. Elle a été adaptée au cinéma en 1999 avec Robin Williams dans le rôle d’Andrew. Elle est ici accompagnée de onze autres textes appartenant, ou non, au cycle des robots et qui tous prouvent, s’il en était encore besoin, l’immense talent du bon docteur Asimov.

Avertissement : J’ai opté pour une approche individuelle, avec une micro-critique par nouvelle (il y en a 11, à vous de voir !).

L’intuition féminine : Univers des robots avec la figure familière de Susan Calvin (présente dans le film I, robot). Toujours intelligent dans le propos, et surtout une nouvelle très bien structurée avec un vrai suspense. L’occasion pour Asimov d’aborder avec malice les rapports homme-femme.

Trombes d’eau : Nouvelle se déroulant dans une base sous-marine. Si l’idée est intéressante (la base lunaire et la base sous-marine de la Terre sont en concurrence pour les crédits alloués au développement), le tout est trop technique, trop lent. Bref, y a intérêt à avoir le cerveau aux aguets. Toutefois le dénouement rattrape le reste.

Pour que tu t’y intéresses : Aborde la place des robots dans la société. Nouvelle dans le pur style asimovien : la nouvelle est sous forme de dialogue, tourné sur la définition de l’être humain (ben oui, les 3 lois de la robotique ordonnent au robot d’obéir à l’être humain, le protéger,… mais si on n’a pas la définition de l’humain, ça coince).

Étranger au paradis : Deux histoires en une : l’envoi d’un robot sur Mercure et la rencontre de deux frères (sachant qu’apparemment la fratrie est un phénomène très rare et très bizarre). Mais la complémentarité des deux histoires n’a pas fonctionné et la nouvelle (assez longue) m’a paru laborieuse. On peut pas gagner à tous les coups. Asimov ne serait-il qu’un homme ?

La Vie et les Œuvres de Multivac : L’humanité est contrôlée par un méga-ordinateur. Asimov joue ici parfaitement son rôle de maître du suspense. La structure de la nouvelle et la fin sont très réussies, pas de doute là-dessus. Mais la nouvelle manque peut-être un brin d’intensité.

Le Triage : Problème de la famine mondiale… en 2005 (ah, la bonne S-F d’antan…). Des explications scientifiques au début (rien de bien méchant) mais la nouvelle est très bien menée. Elle aborde l’intéressante question du triage : un système par lequel on choisit qui sauver et qui laisser mourir dans les conditions ne permettent pas de sauver tout le monde. Ici à l’échelle de l’humanité. Ou quand la faim justifie les moyens. Une nouvelle courte, intense, bref excellente.

L’homme bicentenaire : La nouvelle la plus longue et la plus forte (intense, émouvante,…) du recueil. Elle se déroule sur 200 ans (étonnant vu le titre) et suit la vie d’un robot. Ou d’un homme. Ou d’un robot voulant devenir un homme. Asimov questionne une fois de plus la définition d’humanité et de robotité (euh…). Est-il besoin de préciser qu’on a encore là un autre exemple de grande intelligence asimovienne ?

Marching In : Sur l’enregistrement des sons par le cerveau. Le sujet est aride (la nouvelle est le résultat d’une commande comme beaucoup d’autres). Mais si la nouvelle est assez technique, Asimov réussit à vulgariser tout ça pour en faire une nouvelle courte et agréable. La fin est d’ailleurs assez amusante.

Démodé : Scénario catastrophe avec deux hommes coincés dans le champs d’attraction d’un trou noir. Assez technique aussi (décidément) mais le côté catastrophe favorise la compréhension (et ça vient d’une personne qui n’a pas du tout l’esprit scientifique).

L’Incident du tricentenaire : Le président des USA est tué (un de plus…). Partant de là, Asimov livre un dialogue entre deux hommes discutant de l’incident et de ses conséquences. Je n’en dis pas plus. C’est excellent, rationnel, intelligent et simple. C’est Asimov. Belle conclusion également.

La naissance d’une notion (et dernière nouvelle, j’en sens qui fatiguent) : Presque dommage de finir sur celle-là. La nouvelle est une commande pour fêter les 50 ans d’un vieux magazine de S-F. Sympatoche, mais un peu opaque pour qui ne connaît pas le magazine.

Allez, un ptit point général quand même.
Un recueil de nouvelles d’Isaac Asimov n’en serait pas un sans tous ces commentaires du maître de la S-F entre chaque nouvelle. Commentaires qui en éclaire même certaines et constitue une lecture aussi agréable que les nouvelles elles-même.

On retrouve toujours ce style simple sur des réflexions et des questionnements souvent en rapport avec les robots et toujours d’actualité. Même si certaines dates sont complètement dépassées (mais ça c’est plus drôle qu’autre chose, on reste sur une excellente lecture.

Publicités

5 réflexions sur “L’homme bicentenaire

  1. Je ne connais pas ce recueil mais tu m’as bien mis l’eau à la bouche. J’aime beaucoup Asimov, on sent bien que c’est un scientifique, tout est logique et intelligent.
    Et si en plus il commente entre chaque nouvelle, c’est le pied. Bon, y a pas à dire, il me le faut.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s