Le cas Sneijder

Auteur : Jean-Paul Dubois

4e de couverture:  « Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m’est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. »
Victime d’un terrible – et rarissime – accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est l’unique rescapé. C’est le début d’une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.

Ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie étincelante. L’auteur d’Une vie française y affirme à nouveau avec éclat son goût pour l’humour noir.

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Le cas Sneijder nous envoie dans l’univers désormais bien connu des hommes d’une cinquantaine/soixantaine d’années, malheureux en ménage, pas très proches de leur progéniture et qui jettent un regard désabusé et cynique sur leur vie.

Mais c’est bien le point de départ du livre qui donne le ton. Un personnage rescapé d’un accident d’ascenseur ce n’est pas banal. Que ce même personnage se serve de cet accident et de l’image de l’ascenseur comme points d’ancrage à des réflexions sur sa propre vie et la vie en général c’est très bon.

Autour de toutes ces pensées, Jean-Paul Dubois fait lentement mais sûrement évoluer l’histoire croisant des personnages atypiques, une famille délicieusement haïssable,… Personnages qui, tour à tour, nourrissent les pensées du narrateur qui reste pourtant englué dans cette famille si odieuse.

Et cerise sur le gâteau ; le style. Efficace au possible, parvenant à être simple et captivant. On réussit à apprécier tout le talent d’écriture et dévorer les pages sans s’en apercevoir. C’est à la fois terriblement lucide, cynique, drôle, touchant.

 

Je n’oublie rien. Je suis privé de cette capacité d’effacement qui nous permet de nous alléger du poids de notre passé. En le retaillant saison après saison, en lui donnant une forme acceptable, nous nous efforçons de le cantonner dans des domaines raisonnables. C’est la seule façon de lutter contre cette fonction d’enregistrement envahissante et destructrice. Mais quelle que soit l’ampleur de nos coupes, année après année, tel un lierre têtu et dévorant, lentement, notre mémoire nous tue.

p.1

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