La Marche de Mina

Auteur : Yoko Ogawa

4e de couverture: Après le décès de son père, alors que sa mère part suivre une formation professionnelle, la petite Tomoko, douze ans, va passer un an chez son oncle et sa tante. Tout dans la belle demeure familiale est singulièrement différent de chez elle : sa cousine Mina passe ses journées dans les livres et collectionne des boîtes d’allumettes illustrées qui lui inspirent des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin ; l’oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d’eau minérale et sa mère se prénomme Rosa.
A travers la littérature étrangère, les récits de Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux olympiques de Munich à la télévision, Tomoko découvre l’au-delà de son archipel, un morceau d’Europe et une autre réalité.

Hommage aux amitiés rêveuses de l’enfance, La Marche de Mina est un roman d’initiation combinant  étrangeté et tendresse, nostalgie et ironie insouciante.

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C’est toujours un tel plaisir de retrouver Yoko Ogawa…
La marche de Mina n’est que le quatrième livre de cet auteur que je lis/engloutis/déguste (Rayer la mention inutile) mais chaque ouvrage confirme qu’elle est un auteur estampillé « Valeur sûre ».

Si je n’ai pas retrouvé le côté chef-d’oeuvre de Cristallisation secrète ou Le musée du silence, La marche de Mina n’a cependant pas démérité. Yoko Ogawa est fidèle à ce qui semble être un thème fétiche : Les souvenirs. Et nous entraîne cette fois aux côtés de Tomoko, la jeune narratrice, à la découverte d’une famille assez étonnante avec laquelle elle passera un an et nous quelques heures.

Chaque personnage est parfaitement défini : Mr Kobayashi, le fidèle et discret jardinier-homme de main (Aucune parenté avec Usual Suspects à priori), Madame Yoneda,la vieille gouvernante quasi soeur de Grand-Mère Rosa la germano-japonaise qui donne une touche multi-culturelle à la famille, la tante, discrète et amatrice de coquilles (dans les textes), l’oncle, personnage à la fois protecteur, mystérieux et pas aussi blanc qu’il n’y paraît, Pochiko, l’hippopotame nain, mascotte de ce beau monde, et bien sûr Mina, l’enfant tellement fragile et intelligente.

C’est le Japon des années 70 qui est ici mis en scène, la nostalgie de l’enfance avec un air de Pagnol (J’ai l’impression de dire ça pour tous les romans d’initiation,…). Le regard de Tomoko apporte une touche nouvelle par rapport à ce que j’avais connu, une candeur et une innocence, qui petit à petit, s’estompent et commencent à voir que la vie n’est peut-être pas si rose qu’elle en a l’air.

En revanche, le thème parle moins qu’à l’habitude. Le genre du roman d’initiation était peut-être un cadre trop strict pour un style si puissant ? Au fond, ce n’est pas si grave, car ouvrir un livre de Yoko Ogawa c’est aller à la rencontre de cette écriture si reconnaissable, délicate, sensible qui enveloppe dès que le regard se pose sur la première ligne. Je remercie également que la traduction soit à la hauteur.

Le personnage principal (Mina) est aussi celui qui m’a le moins touché. Les personnages gravitant autour d’elle m’ont paru nettement plus intéressants, moins approfondis mais du coup plus dans la subtilité. Comme quoi, une santé fragile et un goût prononcé pour la littérature n’attirent pas forcément la sympathie ! (Ou quoique ce soit d’approchant.) Dommage que le titre porte son nom finalement.

A titre plus personnel, je suis soulagé d’avoir eu quelques critiques envers un livre de Yoko Ogawa, la peur d’avoir perdu tout esprit critique pour ses livres a finalement disparu.
Une fois le livre fermé, une seule envie ; en ouvrir un autre (du même auteur, of course) et retrouver cette ambiance si spéciale, presque palpable.

« Sur les murs des pièces, les livres s’alignaient presque jusqu’au plafond. Ils se tenaient là, tranquilles, sans manifester leur présence par des cris, sans arborer non plus de décorations voyantes. Même si de l’extérieur ils ne ressemblaient à rien d’autre qu’à des boîtes carrées, il en émanait une beauté égale à celle générée par les sculptures ou les poteries. Alors que la signification des mots gravés page après page était profonde au point de ne pas pouvoir en réalité tenir dans cette boîte, n’en laissant rien paraître, ils attendaient patiemment d’être ouverts par quelqu’un. J’en vins à ressentir du respect pour leur persévérance. »
p. 78

3 réflexions sur “La Marche de Mina

  1. Très belle critique, juste une précision en ce qui concerne le titre. Il n’a peut-être pas été choisi par l’auteur ,mais par l’éditeur. C’est parfois le cas,

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