The Artist

Film de Michel Hazanavicius

Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, James Cromwell, John Goodman, Penelope Ann Miller, Missi Pyle, Malcolm McDowell, Beth Grant,…

Synopsis : À Hollywood en 1927, George Valentin (Jean Dujardin) est un acteur très célèbre. De son côté, Peppy Miller (Bérénice Bejo) est une jeune figurante. L’arrivée du cinéma parlant va bouleverser leur vie. Lui, autrefois véritable vedette, va tomber dans l’oubli, alors qu’elle va devenir une véritable star du cinéma parlant. Leur histoire d’amour sera alors traversée par de nombreux obstacles. (Source : Wikipédia.fr)

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Faire un film muet en noir et blanc à l’époque du tout 3-D, c’était un pari osé. Et bien, pari largement tenu pour Michel Hazanavicius ! Le muet c’est du passé, le film le montre bien, mais il reste très efficace.

Le film démarre sur une mise en abyme. Le personnage, joué par George Valentin, lui-même joué par Jean Dujardin, se fait torturer par les Russes et « hurle » « Je ne parlerai pas ! » Le ton est donné. Le film mulitiplie ces petites allusions au muet/parlant.

The Artist se situe au moment où le cinéma a décidé de passer du muet au parlant. Et laissant pour le coup certaines personnes sur le bord de la route. Comme George Valentin, véritable star du muet, mais qui refuse et moque ce changement. « Les gens m’aiment moi, ils n’ont pas besoin de m’entendre« . De l’autre côté, Peppy Miller embarque pile au bon moment et devient très vite une star. Les deux se rencontrent, mais l’une monte et l’autre plonge. Pour couronner le tout, la crise de 1929 met le Mr. Valentin sur la paille.

The Artist, c’est la rencontre de ces deux personnages qui, dans un contexte qui a bouleversé le cinéma, s’aiment, s’admirent, mais prennent artistiquement deux directions opposées.

C’est aussi une réalisation impeccable, des plans sublimes, des scènes géniales (Notamment le cauchemar avec « l’apparition » des sons dans un rêve où absolument tout est muet.) et surtout un Jean Dujardin magistral. Car, enlevez les répliques, les couleurs, les effets spéciaux et il ne reste plus que l’essentiel : Le jeu d’acteur pur.

Que ce soit dans les scènes comiques ou dramatiques, Jean Dujardin donne vraiment l’impression d’être à l’aise partout. Son prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes est amplement mérité. Les autres acteurs (Bérénice Béjo, James Cromwell, John Goodman) sont tout aussi impeccables. Le chien également !

Mon seul regret est de n’être pas plus calé sur le cinéma muet. Car on sent, (et on découvre après coup en furetant sur le Net) que le film est truffé d’allusions et de clins d’oeil aux films qui ont marqué ce genre.

Alors que l’idée d’aller voir The Artist n’était justement…hem.. qu’une idée, je pensais qu’il n’était qu’un film-hommage avec un scénario très simple. Une lubie de réalisateur nostalgique. Le scénario reste effectivement très classique (L’histoire d’amour notamment) et ne réinvente pas le genre. Cela marque sans doute une limite du film, il rend hommage à ce cinéma « de jadis » mais n’arrive pas vraiment à le dépasser.

Cependant, l’histoire entre les deux personnages n’est pas vraiment ce qui me restera. C’est ce personnage, qui se débat dans le tourbillon de la modernité et ce côté « Temps qui passe, société qui change, progrès en marche » réalisé à la façon de ces films-là justement, ceux qui ont disparu très rapidement, que je trouve très fort. Du genre « Oui , nous avons disparu, oui nous sommes désuets mais n’empêche que vous êtes scotchés sur vos sièges les gars… »

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