Gone Girl

Réalisateur : David Fincher
Scénariste : Gillian Flynn

Adapté du livre Les Apparences de Gillian Flynn

Acteurs : Ben Affleck, Rosamund Pike, Carrie Coon, Neil Patrick Harris, Tyler Perry, Kim Dickens, Patrick Fugit,…

Résumé : Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise, ils quittent Manhattan pour retourner s’installer dans la ville du Missouri où Nick a grandi. Mais le jour de leur 5ème anniversaire de mariage, Amy disparaît et Nick retrouve leur maison saccagée. Lors de l’enquête tout semble accuser Nick. Celui-ci décide, de son côté, de tout faire pour savoir ce qui est arrivé à Amy et découvre qu’elle lui dissimulait beaucoup de choses. (Source : Allociné)


 Il est arrivé le Fincher nouveau (Hallelujah).

Brisons le suspense dès maintenant. C’est un très bon film. Et là ce n’est pas une opinion, c’est un fait. Pis c’est tout.

Il est très difficile de parler de Gone Girl en fait… L’intrigue est tellement importante que je ne peux parler que de la première heure du film (sur 2h30).

Tout d’abord, il faut aborder l’évidence ; la réalisation est comme à son habitude impeccable et méticuleuse, tout est propre et maîtrisé, que ce soit la photographie toujours assez froide, la bande originale, l’utilisation des flash-backs et de la voix off, la tension permanente, tout est parfait. C’est sobre et classe (un peu comme le nouveau look du blog ) : c’est David Fincher.

Du côté de l’interprétation, pas grand-chose à dire si ce n’est que Rosamund Pike est absolument époustouflante dans toutes les facettes de son personnage. Du coup Ben Affleck souffre quand même un peu de la comparaison, ce qui n’empêche pas leur duo de bien fonctionner, Fincher merci. Sans casser des briques (vraiment étrange cet acteur, il peut faire du pire comme du bon) il ne démérite pas mais manque vraiment d’intensité. Je ne sais pas si c’est voulu ou lié à son personnage ceci dit.
Un petit mot sur Neil Patrick Harris. Et bien, comme Ben Affleck en fait. Sympa sans être transcendant. Et même si le personnage est différent de Barney, la série est encore trop récente pour moi. Et son personnage trop peu mémorable (ou trop peu exploité).

Ensuite, l’intrigue (oui, c’est très scolaire comme présentation mais j’ai pô d’idées). Bon là, ça va être rapide, le film entre direct dans le vif du sujet en expédiant promptement tout générique de début. Et décide de casser complètement le rythme et l’histoire au bout d’un moment. Passé ce moment, je ne peux rien dévoiler. Disons juste que… non, rien du tout.
Toujours est-il qu’au milieu de ce thriller à intrigues, on a l’occasion de voir un film abordant intelligemment les medias (ou plutôt un film à charge contre certains medias), le mariage (une vision cynique du mariage. Niark) et les apparences sous lesquelles se cachent les gens (Apparences étant le titre du livre duquel est adapté le film. Bien meilleur titre que Gone Girl d’ailleurs, beaucoup plus révélateur). Ces (fausses) apparences sont d’ailleurs créatrices de tension.

Le problème d’un film reposant sur son intrigue, c’est qu’on se met à scruter tous les petits détails, à guetter les incohérences,… et là, j’avoue que j’ai quelques petits doutes nécessitant (comme c’est dommage) un autre visionnage.

Ah, j’allais oublier la grande surprise du film. D’un thriller de Fincher, j’attendais du suspense mais de l’humour pas du tout. On n’est pas dans l’humour à la Toto mais de l’humour cynique toujours bien dosé et qui fait alterner une salle entre silence (admiratif bien sûr) et rires. On n’en est pas à se taper les mains sur les cuisses mais c’est suffisamment étonnant pour être signalé.

Rêves de garçons

Titre original : Boy heaven

Auteur : Laura Kasischke

Date de parution : 2009

Résumé : A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d’une Mustang décapotable dans l’espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar. (Source : Livraddict)


 

Il est arrivé le Kasischke qui ne m’a pas transporté. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit (ou écrit), la lecture a été agréable. Laura Kasischke a un style étonnant, fait de simplicité et de drogue (douce) rendant impossible de s’éloigner trop longtemps du livre en cours.

Seulement cette fois, malgré le style, l’histoire ne m’a pas ému plus que ça. La faute en partie à l’histoire ; ce camp de cheerleaders en pleine forêt, ces intrus-harceleurs, bref cette histoire qui ne demande qu’à être adaptée au cinéma pour devenir un film de série Z.

L’ambiance est bonne, nerveuse et la tension monte petit à petit. Mais là-dessus aussi j’espérais mieux, la faute cette fois à la narratrice que rien de tout cela n’inquiète vraiment. Cette attitude est contagieuse et il n’y a que vers la fin où j’aurais presque eu peur de sursauter en tournant la page. La faute également à la présence beaucoup trop forte de flash-backs qui cassent cette tension naissante. Flash-backs intéressants, bien écrits, tout ça tout ça… mais là, dans le contexte… non.

A noter tout de même la dernière phrase, assez savoureuse.

Les revenants

Titre original : The Raising

Auteur : Laura Kasischke

Date de parution : 2011

Résumé : Une nuit de pleine lune, Shelly est l’unique témoin d’un accident de voiture dont sont victimes deux jeunes gens. Nicole, projetée par le choc, baigne dans son sang, et Craig, blessé et en état de choc, est retrouvé errant dans la campagne. C’est du moins ce qu’on peut lire dans les journaux mais c’est une version que conteste Shelly. Un an après, Craig ne se remet toujours pas. Il ne cesse de voir Nicole partout… Serait-il possible que, trop jeune pour mourir, elle soit revenue ?(Source : Amazon)


 

Eh beh quelle lecture mes aïeux… Pas au sens de lecture flamboyante qui marque à vie, mais de voyage inattendu à la fois très agréable et bien mené.

Je pensais que Les revenants serait une sorte de récit sociologique ayant pour sujet la mort, sur fond de campus, de sororité et autres joyeusetés.
Au final… oui c’est bien ça. Mais la facette thriller se greffe avec une telle discrétion sur le tout que ça force l’admiration.

Les revenants est quand même un bon pavé. Mais le style simple et fichtrement efficace ainsi que la structure narrative (simple et fichtrement efficace) de Laura Kasischke font merveille. Beaucoup d’indices, de pistes, de détails, de personnages qui se croisent, dans le passé, le présent et l’avenir. Bref, un paquet d’informations à emmagasiner. Et tout en douceur s’ils vous plaît. Toutes ces informations tournant ayant un point commun : le personnage (décédé) de Nicole Werner. Et des campus américains bien sûr (Bon, deux points communs…). Lieux tellement propices à toutes sortes d’histoires et d’intrigues…

Je ne vais pas épiloguer plus longtemps. Je dirai juste que Laura Kasischke a un talent certain (efficace et simple, est-il besoin de le préciser), qui m’a fait passer un très bon moment avec ses revenants.

Gravity

Réalisateur : Alfonso Cuarón

Acteurs : Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris

Résumé : Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky qui effectue son dernier vol avant de prendre sa retraite. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

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Un autre excellent cru 2013.

Qui n’a pas entendu parler de Gravity ? Le pitch est simple. Des astronautes font leur job dans l’espace, dansent la macarena, bref la routine. Mais, évidemment un pépin (ou plutôt des milliers de pépins lancés à 80 000 km/h) arrive et les deux survivants doivent… survivre et donc regagner la Terre. Pas besoin d’aller plus loin, on peut d’ailleurs reprocher à Gravity son scénario un peu trop simple mais celui-ci recèle plus de trésors que prévu et l’enrobage est juste… magnifique (plein les z’oreilles et plein les mirettes).

Parlons donc esthétique, effets spéciaux et plans. Bref, le visuel. Là, pas de doute, c’est magnifique, époustouflant, fantastique, vertigineux, tourneboulifiant et fantastibuleux. Et, parce qu’il faut le reconnaître, la 3D mérite ici largement sa place. Comme quoi, tout arrive. Alfonso Cuarón sait s’en servir, sait se servir de l’environnement vide et angoissant, sait nous balancer des plans admirables (jusqu’à la scène de fin, très forte).

Gravity oppresse, Gravity angoisse et le silence n’en est que plus terrible. Même si pour le coup, moins de musique et plus de silence aurait sans doute aidé encore plus à l’immersion. Je chipote un peu car un film qui immerge autant le spectateur (par le spectateur j’entends votre serviteur of course), c’est rare. On n’est pas dans un bête film dans l’espace. Ici, l’environnement est véritablement mis en valeur.

Je passerai très rapidement sur les interprètes dans la mesure où ils ne sont que deux + 1 voix (c’est Ed Harris en même temps. Merci générique). Sandra Bullock est bluffante (d’autant plus quand on voit que son autre film 2013 est la comédie Les flingueuses. Cette femme est un caméléon). Bref, bluffante de sobriété et de talent. George Clooney est parfait dans son rôle, même en étant bien moins présent. D’autant qu’Alfonso Cuarón a l’excellente idée de le rappeler à notre bon souvenir.

Là où Gravity est intéressant, c’est sur le cheminement qu’il fait prendre. Le film se termine, on se remet des émotions ressenties durant 1h30 (court et intense), on se dit que quand même c’est un putain de beau film. Puis, on se dit que bon, l’héroïne a quand même bien la poisse mais que le scénario est ptête un brin faiblard. Mais bon, c’est une histoire de survie, dans l’espace, ça réduit pas mal le champs des possibles surtout quand le film joue autant la carte du réalisme. Ah, le réalisme… là on se dit que quand même la fin est un peu bancale et qu’il y a quand même des grosses ficelles (mais que c’est un putain de beau film).
Finalement, on réfléchit à d’autres éléments, d’autres plans. A cette femme qui a un passé qui se trouve mêlé très discrètement à sa mission (tout le truc de lâcher prise qui revient à au moins 2 occasions, de tourner la page, de renaître, d’évoluer. Et avec ces deux derniers verbes je pense que ceux qui ont vu le film comprendront).

Gravity est magnifique (est-ce que je l’ai déjà dit ?), son scénario n’est certes pas son point fort, comporte certaines bancalités (ça se dit ça ?), mais tout film ne peut s’appeler Prisoners. D’autant que celui-ci a aussi ses p’tites cachotteries. La fin est certes assez discutable, plus de noirceur aurait été sympa. Mais bon…
Là où j’ai un peu peur c’est sur le rendu de Gravity sur petit écran et en 2D. Est-ce que ça ne va pas trop réduire l’intensité du film ?

En tout cas, ça m’a soufflé et je n’en demandais pas plus.

Pis c’est bête mais dans le générique de fin, Alfonso Cuarón remercie David Fincher. Et ça m’a fait plaisir.

Ah, voici d’autres excellents articles sur le film : Gravity par Smellslikerock et Gravity par Tix et Mickdeca

Prisoners

Réalisateur : Denis Villeneuve

Acteurs : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Maria Bello, Melissa Leo, Paul Dano,…

Synopsis : Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

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Dans les films, si on aime que la force soit mise au service du juste, c’est parce qu’on aime la force, pas le juste. Pourquoi préfère-t-on les histoires de vengeance aux histoires de pardon ? Parce que les hommes ont une passion pour le châtiment. Voir le juste frapper, et frapper fort est un spectacle dont on ne se lassera jamais et qui ne crée aucune culpabilité.  Tonino Benacquista. Malavita

C’est le passage du livre Malavita (dont je vais aller voir l’adaptation très très bientôt et dont j’attends beaucoup beaucoup) qui m’est venu à la sortie du film (oui, quand je sors du ciné, des passages de livre me viennent à l’esprit,… c’est un don, qui suis-je pour lutter contre ça ?).

Bon, plus sérieusement (car le sujet n’invite pas à la poilade généralisée), Prisoners est un de mes meilleurs films 2013. Venant du réalisateur d’Incendies (un autre film à voir. Et oui j’aime les parenthèses), il aurait été étonnant de devoir se contenter d’un thriller basique.

Car Prisoners est tellement (tellement) plus que ça. Le pitch est très simple ; deux petites filles sont enlevées. La police est sur le coup (« Écoutez, laissez la police faire son travail, dès que j’aurai de plus amples informations croyez bien que vous en serez les premiers informés » comme dirait le commissaire Bialès), mais l’enquête n’avance pas vite et le père d’une des deux prisoners décide de prendre les choses en main. C’est à partir de là que le film prend toute son ampleur et dévoile un drame psychologique d’une complexité et d’une richesse qui n’ont d’égal que l’excellente construction du scénario.

La question du film (entre autres choses) est de savoir si on fait confiance à la justice des hommes. Clairement, dans le cadre du personnage de Hugh Jackman, pas du tout. Le personnage est de toute façon assez particulier, religieux, survivaliste, très carré. Ce qui n’empêche pas de pouvoir s’identifier à lui. La religion est d’ailleurs présente dans le film mais suffisamment discrète pour ne pas détourner le propos. Il s’agit aussi pour Denis Villeneuve de brouiller un maximum la frontière entre victime et bourreau. C’est clair pour certains personnages et beaucoup moins pour d’autres. Bref, ça aborde et ça questionne la morale, l’humanité, la foi, les limites de chacun,…

Je l’ai déjà mentionné, mais je le redis, Prisoners est l’excellent aboutissement du suspense et du psychologique. Et réussit à être captivant durant 2h30, avec un pic d’adrénaline sur la fin qui a dû me faire louper un ou deux battements de coeur. Niveau suspense, les pistes et suspects se succèdent, à charge de l’inspecteur Loki de s’y retrouver entre deux tics nerveux. On peut avoir l’impression de brouillon dans les pistes mais…
La partie psychologie et toutes ses facettes sont, elles, représentés par les différents personnages et leurs réactions. Je n’en dis pas plus, mais chaque personnage a son utilité.

Évidemment, le personnage le plus ambiguë, extrême et (donc) intéressant est M. Dover (Hugh Jackman). Sa fille est enlevée, il ne veut pas rester chez lui à regarder les news. On peut comprendre. Il décide donc d’agir, à défaut de toujours réfléchir. Ca aussi, on peut comprendre. Mais pas tout non plus. Faut dire qu’il y va plus avec la tête du marteau qu’avec le dos de la cuillère.

En parler sur des pages serait vain (et ennuyeux) mais Prisoners réussit à s’inscrire dans la lignée des meilleurs thrillers américains et à y apporter beaucoup (dont la petite touche canadienne). Bon courage aux réalisateurs qui voudront s’attaquer aux histoires d’enlèvement à l’avenir.

J’expédie en vitesse tout le talent du casting, de Hugh Jackman, Jack Gyllenhaal, Paul Dano, Melissa Leo,…
Et je mentionnerai enfin la nécessité de revoir le film pour bien comprendre toutes les pièces du puzzle (ce qui n’empêche pas de comprendre et aimer le film dès le premier visionnage).
J’ajouterai tout de même, pour ceux qui aimeraient quand même savoir les défauts du film, que je n’en ai pas vraiment trouvé.

Insaisissables

Titre original : Now You See Me

Réalisateur : Louis Leterrier

Acteurs : Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Isla Fisher, Woody Harrelson, Mélanie Laurent, Michael Caine, Dave Franco, Michael Kelly,…

Synopsis : « Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, vient de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence. (Source : Allociné)

(excellente) Bande-annonce (bien qu’elle en montre beaucoup trop)

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Excellent film de divertissement. Insaisissables, à l’instar des 4 Cavaliers, fait le show. Un film à base de magie est souvent synonyme d’efficacité de toute façon (L’illusionniste, Prestige), et encore plus lorsqu’on a une touche d’Ocean’s Eleven

Ce qui m’a d’abord sauté aux yeux c’est le casting 5 étoiles, le talent qui s’en dégage et le fait que chaque acteur va comme un gant à son personnage. Qui aurait cru que Jesse Eisenberg puisse avoir autant la classe ? Ou Woody Harrelson ? (Bon, tout le monde sans doute…)

Les personnages sont, globalement, bien cernés. Le quator de choc est efficace, drôle (leurs répliques sont un délice), mais pas assez présent à mon goût (mais le  film tourne sans doute moins sur eux que sur l’agent du FBI et sa charmante collègue), le duo d’enquêteurs est extra (oui, j’aime beaucoup Mark Ruffalo et Mélanie Laurent), leur alchimie fonctionne plutôt bien, et les seconds rôles ne déméritent pas (pas besoin de parler de Michal Caine ou Morgan Freeman bien sûr). Le seul point négatif, c’est le truc qu’on essaie de faire passer vite fait sur une amourette vers la fin (je ne dirai pas entre qui et qui bien sûr, mais niveau amourette, y en a pas des tonnes).

Réalisation et scénario sont assez proches dans l’opinion que j’en ai : divertissant, très sympa mais… il y a des mais. Des scènes assez énormes (les interrogatoires notamment), du comique de situation bien trouvé, des répliques bien écrites, des tours de magie et des effets spéciaux parfaits, un bon rythme même si celui-ci se tasse au bout d’un certain moment,… Insaisissables regorge de bonnes choses

Le rythme tourne autour des trois numéros de magie. Ca fonctionne bien, on ne s’ennuie pas, etc. Sauf que tout est fait (synopsis en tête) pour mettre le paquet sur le dernier numéro. C’est vrai que c’est pas du numéro d’amateur, m’enfin, je m’attendais à quelque chose de plus… fou, impressionnant. L’éternelle déception des grandes attentes.

L’autre grosse déception c’est un fil de l’histoire que j’ai trouvé mal exploité. (Et là, j’en parle comment moi, sans en dévoiler ? Hmm ? En dévoilant. Vous êtes prévenus ! ;) )
Cette d’histoire de l’Oeil est, je trouve, à la fois mal expliquée (j’ai lu que ça pouvait justement donner lieu à un 2e film, blablabla, bof, un film qui n’est pas conçu dès l’origine comme une saga devrait pouvoir se suffire à lui-même) mais est surtout de trop dans le film. Si cet aspect avait été zappé, le film n’en aurait été que plus solide, moins brouillon avec seulement l’histoire du mystérieux commanditaire. L’histoire s’en serait trouvée simplifiée sans perdre de crédibilité, au contraire même. C’est finalement l’aspect qui m’a le plus dérangé.

Ceci dit, fait assez rare pour être noté, c’est la première fois que j’aime vraiment un film de Louis Leterrier (bon, avec ce casting de rêve, casting dont pas un seul acteur ne me déplaît – à part peut-être Dave Franco que je trouve transparent – ça m’aurait fait mal qu’il gâche tout ça. Leterrier, pas Franco. Non, je ne m’embrouille pas)

Bref, c’est dynamique, efficace, drôle, bien joué et impressionnant. Oui c’est un film dans la plus pure tradition du divertissement américain, et on passe donc un excellent moment. D’autant que la french touch est bien plus qu’une simple touche tant les personnages de Mélanie Laurent, de José Garcia, du Crédit Républicain et de la Nouvelle-Orléans apportent au film.

Argo

Réalisateur : Ben Affleck

Avec : Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, Clea DuVall, Victor Garber,…

Synopsis : En 1979, un responsable de la CIA charge un agent de libérer des diplomates américains cachés à l’ambassade du Canada à Téhéran en Iran suite à la prise de l’ambassade américaine à Téhéran. Cet agent monte de toutes pièces un projet de film et fait passer les diplomates pour une équipe de tournage venue faire des repérages pour un film de science-fiction intitulé Argo.

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Prendre un événement historique « mineur » se déroulant simultanément à la célèbre « crise iranienne des otages »  était une idée alléchante mais un peu périlleuse. On a vite fait d’être accusé d’anti-iranisme et de glorification de la nation américaine.

Seulement, Ben Affleck semble avoir tout du réalisateur intelligent (et talentueux, est-il besoin de le préciser). Le genre de réalisateur intègre qui ne tord pas les événements mais les romance (c’est un film inspiré d’une histoire vraie hein, pas un documentaire) et par-dessus le marché réussit à pondre un thriller parfaitement rythmé avec une dose d’humour là où il faut et quand il faut.

Argo alterne avec brio les moments de détente, de comédie même, avec des scènes de stress et de suspense maîtrisé. Le tout avec à disposition un background riche. Pas de manichéisme non plus ; Argo commence et termine le film par des images d’archives et une voix off expliquant la situation ; des minutes pour expliquer des années, simple et efficace. A ce niveau-là, Ben Affleck remplit le contrat. Après, je n’ai pas été creuser sur les détails, mais… ça ne m’intéresse pas et Argo n’est pas fait pour ça.

Le scénario propose également un croisement (réussi) entre Téhéran et Hollywood en faisant alterner les deux composantes géopolitique et « artistique ». Pour cette dernière, l’angle de la critique lucide sur les studios fonctionne (carrément) bien et se trouve servi par de bonnes répliques et deux acteurs en or. La scène de la lecture du scénario à la presse est, d’ailleurs, particulièrement réussie.

C’est aussi là une des forces du film. Un casting en or avec un Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, Ben Affleck des grands jours. Ce dernier sait d’ailleurs rester plutôt discret en évitant la surexposition et se cachant derrière une barbe de toute beauté.

Pour faire court ; réalisateur talentueux, scénario efficace, acteurs excellents et rythme irréprochable.