Archives de Catégorie: Auteurs anglais

La vie très privée de Mr Sim

La vie très privée de Mr Sim couverture

Titre original : The Terrible Privacy of Maxwell Sim

Auteur : Jonathan Coe
Traducteur : Josée Kamoun

Date de parution : 2011

4e de couverture (très succinct ; les résumés trouvés en disent tellement trop. C’est dingue ce besoin de tout dévoiler de l’intrigue. Si les gens veulent tout raconter, autant aller voir un psy) : Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s’accepte tel qu’il est et trouve même certaine satisfaction à son état. Mais voilà qu’une proposition inattendue [...] Et toujours Max pense à [...]
Plus d’une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout britannique, bien préférable au désespoir.

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Ah, renouer avec la littérature anglaise… Toujours un grand plaisir et l’impression de renouer avec un ami à l’humour fin, cynique parfois désabusé et s’exprimant toujours avec talent. Et qui aurait à ses côtés un autre ami, français, qui traduirait ses paroles et… bref, arrêtons là la métaphore.

A lire Jonathan Coe, il me semblait avoir sous les yeux une sorte de "David Lodge nouveau". Même personnage dépressif, à la vie morne et pleine d’échecs, portant un regard triste et lucide sur le monde qui l’entoure,… Même style plein de mélancolie et d’espièglerie. Avec en plus un ancrage fort dans le XXIe siècle : Facebook et autres marques, et bien entendu LE fameaux GPS. Personnage essentiel du récit.

Il serait assez inutile de raconter l’histoire avec trop de détails. Disons que Maxwell Sim (comme la carte) fait beaucoup de rencontres et de voyages. Personnages passés ou juste rencontrés, femmes, hommes, proches ou non. On trouve de tout. Tout pour nourrir des réflexions sur lui, sa vie mais aussi la société qui l’entoure.

L’histoire suit sa logique, son cheminement, et ce n’est qu’arrivé à la fin et au très astucieux résumé de l’auteur que j’en suis venu à mesurer la richesse du récit que je venais de traverser.

Avec son style simple et percutant (drôle également, combien de fois ai-je souri ou ri ?) Jonathan Coe déroule son histoire sans en avoir l’air, l’émaillant de récits "externes" à son personnage, et écrit, écrit, écrit… Ça coule tout seul et dans le même temps fait montre d’une belle écriture.

On pourrait penser qu’on a vu suffisamment de personnages dépressifs, faisant le point sur leur vie, leur mariage raté, leur relation compliquée avec leur paternel, leur rapport compliqué aux femmes, leur misanthropie latente n’ayant d’égal que leur désir profond de s’intégrer à leur prochain,… mais on arrive toujours à être surpris par des auteurs comme Jonathan Coe qui arrivent à force de stratagèmes d’ingéniosité à capter notre attention (je n’écouterai plus jamais un GPS de la même manière. Tout comme je posais un œil nouveau sur les fourmis après Bernard Werber). Du style donc, mais aussi, et surtout, beaucoup de justesse. Le bon écrivain doit-il donc toujours être fin psychologue ?

Cerise sur le gâteau (là me vient l’image d’un Homer Simpson, yeux dans le vide et bave aux lèvres sur le mot "gâteeeaaauuu". Il faut que j’arrête de regarder Les Simpson) : la fin est un pur bijou et permet de refermer son livre/éteindre sa liseuse un grand sourire aux lèvres.

Un esprit acéré dans une plume de velours. Merci et chapeau Mr Coe.

Hors de l’abri

Auteur : David Lodge

Résumé: Hors de l’abri est le plus autobiographique des Romans de David Lodge. le Blitz de Londres en 1940, l’évacuation à la campagne, puis les années d’austérité dans une banlieue londonienne et le collège catholique. Mais David Lodge ne fait pas oeuvre d’historien , il raconte avec sa verve et son humour habituels les aventures de Timothy, seize ans – son double -, pendant les vacances de l’été 1951, chez sa soeur qui travaille pour l’armée américaine à Heidelberg. Dans ce milieu, il découvre la vie, la fête, les premiers jeux de séduction. Ses rencontres seront pour lui le rite de passage entre enfance et vie adulte. Hors de l’abri est à la fois un "roman d’apprentissage" et un "roman international".

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Il est écrit sur la quatrième de couverture qu’Hors de l’abri est le roman le plus autobiographique de David Lodge. Mais étonnamment, ce livre est pour moi le moins "Lodgien" de tous. Sans doute en raison des thèmes abordés ou tout simplement de l’époque. On est en effet plongé dans les années 30-40 entre l’Angleterre et l’Allemagne.
On retrouve en revanche l’éternel thème de la religion catholique, de son rapport au sexe, au péché…

Hors de l’abri est, comme l’écrit Lodge "une combinaison de deux genres : Le Bildungsroman (terme allemand bien commode, qui désigne un roman racontant le passage de l’enface à la maturité et la découverte de la vocation personnelle) et le "roman international" qui tourne autour des conflits de codes éthiques et culturels" Au croisement de ces deux genres se retrouvent une foule de thèmes : La seconde guerre mondiale/Après-guerre vécue par les Londoniens, l’après-guerre et la vie des Américains résidant en Allemagne…

J’ai eu, pour la première fois, du mal à rentrer dans ce roman. On commence par l’enfance de Timothy, et l’auteur se prend à écrire plus simplement, un peu comme un enfant, ou pour les enfants. "Roosvelt est le chef des Américains, Churchill est le chef des anglais, Hitler le chef des Allemands. Les Allemands sont les méchants" (Je caricature bien sûr) Et franchement… j’ai trouvé ça assez exaspérant. Heureusement, on finit par passer à l’adolescence, et on retrouve un style familier et fluide.

Les thèmes historiques abordés et ce genre du roman d’initiation/de voyage ont beaucoup de charme le tout à travers les yeux d’un personnage principal attachant. Mais passées les choses appréciées, je n’ai pas pu m’ôter de la tête ces petits grains de sable enrayant "la belle mécanique Lodgienne" ; Des situations qui traînent en longueur, des personnages qui m’ont ennuyé, et une ambiance de luxe tapageur et futile se dégageant de la vie de ces Américains ayant la belle vie au milieu de cette Allemagne meurtrie qui m’a laissé de marbre.

A découvrir pour les amateurs de cet auteur bien sûr. Mais bien que j’ai aimé ce livre (Il n’a pas fait long feu, c’est un signe) il me laisse une moins grande impression que ses congénères.


La vie en sourdine

Auteur : David Lodge

Résumé: Desmond a des problèmes d’ouïe. Et d’ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien. Lors d’un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu’on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d’outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l’aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d’étonnants loisirs… Comique, tragique, merveilleusement autobiographique, le nouveau roman de David Lodge s’inscrit dans le droit fil de Thérapie.

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Du grand David Lodge !

Cet écrivain a vraiment un style bien à lui, plein d’humour et de lucidité. C’est intelligent, frais, perspicace… Et ça se lit tout seul.
Comme il l’écrit "La surdité est comique", pari tenu ! Les autres thèmes ; le vieillissement, le suicide, les relations conjuguales, la religion… sont tout aussi mis à l’honneur.

Quant à la fin du livre, touchant au père de Desmond ; La dégradation de son état de santé jusqu’à.. la fin est menée de main de maître. Poignant.

Le côté autobiographique de l’oeuvre a-t-elle particulièrement inspiré Lodge ? Sans doute, même si il n’a pas besoin de ça, et peut-être cela participe-t-il au côté vrai, authentique de personnages ou de situations.

Monsieur Lodge, chapeau bas.


La Chute du British Museum

Auteur : David Lodge

Résumé : Que fera Adam Appleby s’il perd encore à ce jeu qu’est la " Roulette du Vatican ", seule forme de contraception autorisée par l’Eglise ? Ce jeune thésard catholique est hanté par la peur d’être père pour la quatrième fois, et Barbara, son épouse, observe fébrilement la courbe des températures.
Dans son troisième roman, La Chute du British Museum, David Lodge s’amuse à nous raconter les pérégrinations d’Adam Appleby dans le brouillard de Londres, et fait du dilemme religieux et sexuel du héros la structure obsédante de ce livre. Cocasseries, parodies et pastiches font des tribulations d’Adam un roman des plus comiques. En un jour, le héros est propulsé dans une série d’aventures picaresques tournant autour du British Museum et sa vie en est incroyablement transformée.

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David Lodge a réussi une fois de plus à faire mouche. Un comique de situation (24h de la vie d’un jeune chercheur, catholique de surcroît) servi par un style fantastique (et drôle aussi), ce livre est un très bon cru !

Le seul bémol n’est pas imputable à l’auteur. Il précise lui-même au début du livre que le lecteur français ne pourra pas identifier les parodies de style dont il ponctue son livre. Mais même sans ça, on apprécie pleinement la lecture. Sans compter qu’on peut tout de même reconnaître 2, 3 hommages.


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