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A Suspicious River

Auteur : Laura Kasischke
Traducteur : Anne Wicke

Editeur : Points
Parution : 2000

Quatrième de couverture : Leila est une ravissante brune de vingt-quatre ans. Son mariage est un échec, sa vie à Suspicious River, petite ville du Michigan, ennuyeuse. Réceptionniste au Swan Motel, elle peut, pour quelques dollars de plus, être incluse dans le prix de la chambre. Un jour, la situation dérape : un client la maltraite. Indemne, elle continue de se vendre. Pourquoi dépêche-t-elle sa descente aux enfers ?

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Ma première rencontre avec Laura Kasischke et certainement pas la dernière.

Cette dame a une plume et le talent pour garder l’attention de son lecteur quand l’héroïne est une jeune femme paumée qui se fout de ce qui lui arrive, de son corps et d’à peu près tout le reste.

Il y a une telle indifférence chez ce personnage que j’ai rapidement eu peur de m’ennuyer autant qu’elle. Que faire devant une femme qui semble ne rien ressentir et continue de s’enfoncer dans une lente et consciente descente aux enfers ? Cette femme qui se vend au même prix que les chambres qu’elle loue, pour de l’argent évidemment, mais de l’argent qui ne la motive, finalement, pas tant que ça. Un client la maltraite ? Bof, ce n’est que son corps. Sa vie l’ennuie, son mari l’indiffère ? Bof, ce n’est que sa vie.

Comme pour expliquer cette triste vie, Laura Kasischke glisse régulièrement des flashbacks, des bribes d’une vie qui s’annonçait déjà sans espoir. Ca peut expliquer, donner une excuse ou quoique ce soit, mais ça n’enlève pas la frustration. Les flashbacks s’accélèrent, prennent de plus en plus de place. De là à dire qu’ils submergent de plus en plus Leila au fur et à mesure que sa descente aux enfers s’accélère, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, je ne suis pas critique littéraire.

A Suspicious River est empli de… vide, de désespoir. C’en est d’ailleurs frustrant et donne envie de coller une bonne baffe à Leila (tout en sachant qu’elle n’en aurait rien à faire, ce qui renforce la frustration), et de la secouer en lui demandant, poliment bien sûr, de se bouger les fesses.

Le livre n’aura pas fait long feu. Et ce n’est pas pour l’envie de savoir ce qui arrivera à la jeune femme (on se doute que ça ne sera pas une fin à la Disney). C’est seulement parce que je ne pouvais pas m’en empêcher. Même lorsque les situations semblent se répéter, un client entre, prend la chambre et la réceptionniste, un autre client entre, etc… et qu’une pointe de lassitude semble se profiler, la lecture continue tout de même avec intérêt. Et sans goût particulier pour le sordide, merci de demander.

C’est triste, rageant, sombre, frustrant. Et c’est bien écrit, avec simplicité et force.

Et c’est un premier roman. Foutu talent, tiens…

A noter que le roman a été adapté au cinéma par Lynne Stopkewich en 2000 (même titre).

 

 

 

 


Némésis

Auteur : Isaac Asimov
Traducteur : Monique Lebailly

Date de parution : 1991

Résumé : Némésis, l’étoile du châtiment, se dirige inexorablement vers le soleil. Mais les Terriens n’en savent rien, car l’astre mortel est caché par un nuage de poussière. Le danger n’est connu que de quelques savants postés sur un lointain satellite artificiel, mais certains d’entre eux, oubliant la solidarité des hommes, ne pensent qu’à fonder une société nouvelle sur Erythro, une planète du système de Némésis. (Source : Babelio)

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"Ce livre ne fait pas partie de la série Fondation, ni de celle de l’Empire, ni du cycle des Robots." Isaac Asimov.

C’est une des raisons qui m’a fait lire Némésis. Ça et l’envie de lire autre chose que ses recueils de nouvelles. Non pas que je sois lassé (comment pourrait-on l’être ?), mais curieux plutôt.

Bilan des courses, un roman fort sympathique, pas un coup de cœur donc, mais-bon-on-peut-pas-avoir-un-coup-de-coeur-à-chaque-fois.

La Terre est toujours là, mais les humains vivent aussi dans l’espace, dans des colonies pour être précis, raillant et méprisant la planète-mère. Ceux-ci se sont divisés par race dans chaque colonie, aiment l’homogénéité, la propreté, l’uniformité,… bref deviennent chiants et racistes comme c’est pas permis. Une colonie, Rotor, a réussi à partir du système solaire et s’est installée autour de Némésis, une naine rouge et de son satellite, Erythro. L’Événement de Némésis c’est que cette étoile va, dans 5000 ans (et des poussières), passer très près de la Terre et rendre celle-ci inhabitable. Voilà pour l’événement -pour le moins- perturbateur.

Némésis se situe au croisement de la S-F, bien sûr, et du thriller psychologique (on parle d’Asimov là, donc conversations, discussions, etc… forment une bonne partie du roman). Par dessus tout ça, Asimov introduit un paquet de concepts d’astronomie, de physique,… qu’il vulgarise du mieux qu’il peut, mais qui m’a, tout au long du livre, tenu un peu à l’écart. Je ne dirais même pas que j’ai tout compris, ni même que j’ai vraiment essayé, mais assez pour comprendre l’histoire.

Il y a heureusement tous ces personnages, dont on distingue des similarités avec d’autres personnages asimoviens ; le personnage moyen mais futé, le personnage très (très) intelligent,… Seule ombre au tableau, et fait assez rare pour être souligné, un des personnages m’a tapé sur le système tout au long du livre. Le rôle de la mère inquiète et stressée est assez exaspérant, en ce sens qu’elle ne fait que suivre, n’apporte rien d’autre au récit que des jérémiades et des plaintes.
Ce qui apporte beaucoup à l’histoire en revanche, c’est la planète Erythro elle-même. Par les éléments qui la constituent (atmosphère, couleur,…) mais surtout par sa conscience. Je n’en dirai pas plus à ce sujet, mais c’est vraiment le point du roman qui m’a le plus emballé. La relation Erythro/Marlène est aussi un autre point fort, tout en subtilité et brillamment décrit par Asimov. Erythro n’est pas sans rappeler Gaïa dans Fondation d’ailleurs.

Asimov a l’intelligence (pléonasme) de livrer deux histoires qui finiront par se rejoindre : d’un côté les personnages d’Erythro/Rotor et de l’autre la Terre qui essaie de trouver une solution pour s’en sortir. Ça dynamise le récit et permet d’avoir une fin bien gérée (même si j’attendais plus de celle-ci, mais ça c’est une mauvaise habitude prise à cause de toutes ses nouvelles à chute).

Agréable donc. Mais pour les non-initiés à Asimov, je conseillerais de commencer par le cycle de Fondation. Némésis est sympa mais pas une de ses oeuvres majeures. Et pour les autres, faites vous plaisir, ça reste une bonne découverte.

Un petit point supplémentaire, j’ai lu ce roman sur liseuse et je n’ai aucune idée de la taille du livre. Mais j’ai tout de même l’impression d’un roman assez long.


Hunger Games – T1

Auteur : Suzanne Collins
Traducteur : Guillaume Fournier

Sortie : 2009

Résumé : Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.
Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix.
Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature… (Source : Babelio)

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Il m’aura fallu le temps mais j’ai fini par lire Hunger Games (bon, le tome 1 pour le moment, mais chaque chose en son temps voulez-vous ?). Pourquoi avoir mis autant de temps ? J’avoue que le film m’a pas mal refroidi, trop propre, trop lisse vu le sujet et deux acteurs principaux (Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson qui me laissent de marbre ou m’exaspèrent. C’est selon). Bref, il fallait que du temps passe et que je me fasse mes propres images.

Hunger Games a tout pour me plaire ; c’est une sorte de mélange entre l’excellent Battle Royale (film de 2001 de Kinji Fukasaku) et le culte Truman Show (qu’il n’est point besoin de présenter). Le tout sur un fond d’anticipation sociale, bâti sur les ruines post-apocalyptiques de ce qui fut l’Amérique du Nord. Il faut juste garder en tête qu’on est sur un livre de littérature jeunesse et que par conséquent la violence trouve certaines limites.

Un gouvernement répressif, une nouvelle situation géo-politique à découvrir, des Hunger Games calqués sur les combats de gladiateurs romains, une héroïne  bad-ass,… Tous les éléments sont là. Alors pourquoi diable ai-je apprécié et non adoré Hunger Games ? Et bien c’est une excellente question, merci de l’avoir posée. De rien.

Prenons les choses dans l’ordre. Je partais avec des a priori à cause du film, mais d’entrée le livre m’a agréablement surpris. Écrit à la première personne, au présent, tout est fait pour faciliter l’immersion. De même que d’autres petites choses telles que l’ambiguïté de la relation Katniss/Peeta (du moins d’un côté) qui permet d’éviter le cliché de l’amour-guimauve (mais pas les prises de tête à la "Mais quel est donc ce sentiment qui m’envahit ?"), l’aspect jeu télévisé et la nécessité de s’adresser aux téléspectateurs autant que de survivre,…

Mais je m’attendais aussi à un style à la Pierre Bottero, avec une lecture qui fasse perdre la notion du temps (surtout que vu la renommée de la trilogie, il ne me semble pas étrange d’attendre beaucoup). Je ne dis pas que c’est mal écrit/traduit, juste que le style n’est pas ébouriffant, et manque même parfois d’un brin de subtilité. Du style ""j’espère qu’ils croiront que je me dissimule à proximité. Alors qu’en réalité je serai en train de chercher Peeta". Merci pour la précision…

Bon, pas la peine de développer plus que ça, j’ai l’impression que Hunger Games a déjà été lu par la moitié de la planète… Quoique non, la moitié ce serait plus Harry Potter, un tiers alors.

Je suis tout de même assez curieux de lire les deux autres. Les Jeux étant juste finis, tous les jeunots se sont entre-tués, je ne vois pas encore ce que la suite peut réserver.


L’homme bicentenaire

Auteur : Isaac Asimov
Traducteur : Marie Renault

Sortie : 1978

4e de couverture : Andrew est un robot comme les autres. Comme les autres, vraiment ? Pas tout à fait. Il est même si singulier qu’il a décidé de devenir libre, malgré les Trois Lois de la Robotique et contre l’opinion de la majorité des êtres humains. Andrew ne sait pas qu’il vient de s’engager dans une lutte qui va changer l’histoire de la robotique, des robots et de l’humanité elle-même. «L’homme bicentenaire» est l’une des nouvelles les plus connues et l’une des préférées de l’auteur. Elle a été adaptée au cinéma en 1999 avec Robin Williams dans le rôle d’Andrew. Elle est ici accompagnée de onze autres textes appartenant, ou non, au cycle des robots et qui tous prouvent, s’il en était encore besoin, l’immense talent du bon docteur Asimov.

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Avertissement : J’ai opté pour une approche individuelle, avec une micro-critique par nouvelle (il y en a 11, à vous de voir !).

L’intuition féminine : Univers des robots avec la figure familière de Susan Calvin (présente dans le film I, robot). Toujours intelligent dans le propos, et surtout une nouvelle très bien structurée avec un vrai suspense. L’occasion pour Asimov d’aborder avec malice les rapports homme-femme.

Trombes d’eau : Nouvelle se déroulant dans une base sous-marine. Si l’idée est intéressante (la base lunaire et la base sous-marine de la Terre sont en concurrence pour les crédits alloués au développement), le tout est trop technique, trop lent. Bref, y a intérêt à avoir le cerveau aux aguets. Toutefois le dénouement rattrape le reste.

Pour que tu t’y intéresses : Aborde la place des robots dans la société. Nouvelle dans le pur style asimovien : la nouvelle est sous forme de dialogue, tourné sur la définition de l’être humain (ben oui, les 3 lois de la robotique ordonnent au robot d’obéir à l’être humain, le protéger,… mais si on n’a pas la définition de l’humain, ça coince).

Étranger au paradis : Deux histoires en une : l’envoi d’un robot sur Mercure et la rencontre de deux frères (sachant qu’apparemment la fratrie est un phénomène très rare et très bizarre). Mais la complémentarité des deux histoires n’a pas fonctionné et la nouvelle (assez longue) m’a paru laborieuse. On peut pas gagner à tous les coups. Asimov ne serait-il qu’un homme ?

La Vie et les Œuvres de Multivac : L’humanité est contrôlée par un méga-ordinateur. Asimov joue ici parfaitement son rôle de maître du suspense. La structure de la nouvelle et la fin sont très réussies, pas de doute là-dessus. Mais la nouvelle manque peut-être un brin d’intensité.

Le Triage : Problème de la famine mondiale… en 2005 (ah, la bonne S-F d’antan…). Des explications scientifiques au début (rien de bien méchant) mais la nouvelle est très bien menée. Elle aborde l’intéressante question du triage : un système par lequel on choisit qui sauver et qui laisser mourir dans les conditions ne permettent pas de sauver tout le monde. Ici à l’échelle de l’humanité. Ou quand la faim justifie les moyens. Une nouvelle courte, intense, bref excellente.

L’homme bicentenaire : La nouvelle la plus longue et la plus forte (intense, émouvante,…) du recueil. Elle se déroule sur 200 ans (étonnant vu le titre) et suit la vie d’un robot. Ou d’un homme. Ou d’un robot voulant devenir un homme. Asimov questionne une fois de plus la définition d’humanité et de robotité (euh…). Est-il besoin de préciser qu’on a encore là un autre exemple de grande intelligence asimovienne ?

Marching In : Sur l’enregistrement des sons par le cerveau. Le sujet est aride (la nouvelle est le résultat d’une commande comme beaucoup d’autres). Mais si la nouvelle est assez technique, Asimov réussit à vulgariser tout ça pour en faire une nouvelle courte et agréable. La fin est d’ailleurs assez amusante.

Démodé : Scénario catastrophe avec deux hommes coincés dans le champs d’attraction d’un trou noir. Assez technique aussi (décidément) mais le côté catastrophe favorise la compréhension (et ça vient d’une personne qui n’a pas du tout l’esprit scientifique).

L’Incident du tricentenaire : Le président des USA est tué (un de plus…). Partant de là, Asimov livre un dialogue entre deux hommes discutant de l’incident et de ses conséquences. Je n’en dis pas plus. C’est excellent, rationnel, intelligent et simple. C’est Asimov. Belle conclusion également.

La naissance d’une notion (et dernière nouvelle, j’en sens qui fatiguent) : Presque dommage de finir sur celle-là. La nouvelle est une commande pour fêter les 50 ans d’un vieux magazine de S-F. Sympatoche, mais un peu opaque pour qui ne connaît pas le magazine.

Allez, un ptit point général quand même.
Un recueil de nouvelles d’Isaac Asimov n’en serait pas un sans tous ces commentaires du maître de la S-F entre chaque nouvelle. Commentaires qui en éclaire même certaines et constitue une lecture aussi agréable que les nouvelles elles-même.

On retrouve toujours ce style simple sur des réflexions et des questionnements souvent en rapport avec les robots et toujours d’actualité. Même si certaines dates sont complètement dépassées (mais ça c’est plus drôle qu’autre chose, on reste sur une excellente lecture.


La Reine solitaire – T6

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 6 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : "Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l’usurpateur qui règne d’une main de fer sur les duchés de l’intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d’autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d’Artiseurs. L’art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l’implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l’assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?" (Source : Amazon)

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Dernier tome du premier cycle de l’Assassin Royal et dernier article qui n’intéresse pas grand-monde (mais bon, une fois commencé, y a plus qu’à finir comme doit le dire quelqu’un quelque part).

Comme le résumé si bien Fitz :

"Les privations et les épreuves continuelles finissent par donner des journées monotones qui ont tendance à se confondre quand on les raconte"

Je n’aurais pas mieux dit. Pour la première moitié de ce tome, je ne fais aucune différence avec le tome précédent. Tout est axé sur la recherche de Vérité (le roi, pas la notion). Et les retrouvailles sont à l’image de la saga, nuancées et compliquées (pourquoi ai-je l’impression de me répéter ?)

La seconde moitié est assez particulière (et c’est là qu’entre en jeu le numéro d’équilibriste qui est d’en dire le plus en disant le moins). La mission vitale réunissant les personnages garde en haleine, d’autant qu’on se demande jusqu’où chacun sera prêt à aller. On ne coupe également pas au traditionnel pic d’action avant l’épilogue, parfaitement maîtrisé, mais qui m’a quand même semblé un peu trop facile (dans l’idée) après quoi sont passés tous les personnages. De même qu’après avoir fini ce cycle, je ne vois pas trop l’importance du prophète blanc contrairement à son… acolyte.

Marrant comme les trois premiers tomes sont différents des trois autres. On passe d’un univers politique féroce et réaliste via le parcours initiatique d’un enfant à un long périple de fantasy incluant beaucoup de marche, de pensées et de magie. Deux parties très différentes qui réussissent toutefois à être complémentaires (même si pour le coup, c’est comme s’il y avait une baisse de régime)

Quoiqu’il en soit, ce dernier tome clôt admirablement le cycle. Son épilogue est également surprenant de classicisme (non pas que ce soit une mauvaise chose, c’est très reposant).

Et maintenant, direction le cycle des aventuriers de la mer pour un retour prévu à l’assassin royal (bon, là j’ai un Asimov en cours, et ensuite deux autres lectures. Et je ne pense pas refaire une chronique par livre vu le succès fou de ces tomes-ci^^)

En bref (parce toutes les bonnes choses ont une fin. Quoique non pas toutes. Ce serait horrible…). Bref… un excellent cycle de fantasy (oui, tout ça pour ça).

- Dans les épisodes précédents… -

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule
T-4 Le Poison de la vengeance
T-5 La Voie magique


La Voie magique – T5

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 5 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : "Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : "Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l’Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l’appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l’usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d’autres forces sont en marche… Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c’est par lui que s’accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c’est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie…" (Source : Amazon)

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Bizarre de parler de ce tome à part du tome précédent quand il ne s’agit que d’un seul livre (oui, j’ai déjà du le dire). Mais cette division artificielle se fait encore plus sentir lorsqu’on aborde (et qu’on finit) ce 5e tome.

La première moitié est à l’image du tome précédent : Robin Hobb fait bien traîner les choses (ou prend son temps, c’est selon le point de vue), ici sous la forme d’un bon vieux périple à la mode fantasy. Le côté imposé de la quête est intéressant cependant, le Fitz ne répondant pas à un vibrant appel du cœur ou quelque autre bon sentiment (enfin, pas seulement).

Péripéties, retrouvailles et une grosse blessure se succèdent. La patte Assassin Royal se retrouve toujours autant. Ne serait-ce que dans la blessure. Au moins celle-ci ne se soigne pas en 2 chapitres. De même que les retrouvailles sont empreintes de colère, de ressentiment, de joie, bref de sentiments conflictuels.

Mais à la fois, ça traine et à la fois on prend toujours autant de plaisir à lire, tout en trépignant d’impatience (oui, c’est bien fatiguant tout ça ! La vie de lecteur est parfois bien difficile…). Le pauvre Fitz continue à en prendre plein la gueule, mais les choses se sont plus claires à partir de la moitié du livre lorsque celui-ci retrouve un vieil ami. Suivi d’autres. Fitz se pose un moment (pas vraiment le choix de toute façon) puis c’est reparti pour un tour. A ce stade, j’ai vraiment eu l’impression d’être dans le SDA : beaucoup, beaucoup de marche. Mais, malgré le manque, parfois, de dynamisme, le refrain est toujours le même : une fois le livre fermé (ou la liseuse éteinte), il ne reste que l’envie d’y retourner.

Plus que pour le 4e tome, une nouvelle facette m’a captivé ; la place grandissante de l’Art chez Fitz (une des formes de magie de l’Assassin Royal), avec ce mélange de danger et d’attraction exercée sur son esprit. C’est aussi grâce à l’Art et son influence sur les rêves de Fitz qu’on sait ce qui arrive à certains personnages absents de l’aventure. On sort du petit groupe "Communauté de l’Anneau bis repetita", et ça fait un bon souffle d’air frais.

Mais une fois de plus, la fin du livre sonne comme la fin d’un "banal" chapitre. Que faire d’autre sinon embrayer sur le tome 6 ?

- Dans les épisodes précédents… -

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule
T-4 Le Poison de la vengeance


Le Poison de la vengeance – T4

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 4 sur 13

Date de parution : 1997

Résumé : "Au royaume de Castelcerf, le Mal a triomphé. Le prince Royal s’est emparé du pouvoir au détriment de son frère aîne, l’héritier direct, le prince Vérité. Celui-ci a disparu. Est-il mort ? Est-il caché dans le montagnes ?
Menacée par les raids des pirates, de plus en plus dévastateurs, la Cour s’est installée à l’intérieur des terres. Pour le jeune Bâtard Fitz, ressuscité d’entre les morts, il faut apprendre à vivre. Mais quelle voie choisir ? Celle de la civilisation que lui enseignent, chacun à sa manière, ses deux protecteurs, ou celle de la Nature vers laquelle le tire irrésistiblement son vieux complice, le loup Œil-de-Nuit ?" (Source : Amazon)

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Comme je l’avais entendu, un tome en-dessous des autres. Non pas qu’il ne s’y passe rien, mais on est tout de même souvent proche du degré zéro de l’intensité. 1/4 du livre est d’abord consacré au règlement des ressentiments, regrets accumulés lors des tomes précédents. Sorte d’inventaire sentimental des actions passées. L’inventaire passé, on passe à de longues marches, au gré des buts que se fixe Fitz.

La division française des tomes de l’Assassin Royal est vraiment naze (les tomes 4, 5 et 6 n’en sont en fait qu’un seul), ainsi la fin de ce tome n’est pas une fin de tome mais de chapitre (la parade est simple par contre : se faire les tomes 4 à 6 d’affilée).

Cette baisse d’intensité est battue en brèche lors de la tentative d’assassinat, qui fournit une action salvatrice pour le roman plus que pour son personnage principal grâce à un suspense, une fois de plus, savamment mené.

L’écriture est toujours aussi immersive, le contenu l’est un peu moins. Typiquement le tome dont je serai incapable de parler dans quelque temps. Le plaisir aura surtout été immédiat. Et c’est toujours sympa d’avoir un auteur qui prend le temps de faire traîner son personnage sans but, de le faire réfléchir, douter… Même si c’est la première fois que je trouve que la psychologie fouillée l’est parfois trop. Des réflexions intéressantes ont vite fait de se transformer en auto-apitoiement. M’enfin, il fallait bien que des points négatifs apparaissent !

Le Poison de la vengeance est tout de même un régal à lire. On parle de l’Assassin Royal après tout.

- Dans les épisodes précédents… -

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi
T-3 La Nef du crépuscule


La Nef du crépuscule – T3

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 3 sur 13

Date de parution : 1996

Résumé : "Il y a longtemps, le roi Sagesse a subi le siège implacable de pirates venus de la mer. Tout le reste ayant échoué, il a résolu de passer l’hiver à chercher un peuple légendaire: celui des Anciens." A l’heure ou Vérité arme sa flotte, les Six-Duchés sont plus que jamais menacés par les assauts des Pirates rouges. Et si le salut du royaume passait par la quête de ces êtres mythiques dont nul ne peut affirmer l’existence ? Mais le départ du roi-servant va ouvrir une voie royale à son cadet pour s’emparer du trône. Plus que jamais, FitzChevalerie devra faire usage de ruses – et de poisons – potin protéger la dynastie (Source : Amazon)

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J’ai bien conscience de la limite de critiques concernant les tomes composant une saga. Particulièrement, au fur et à mesure que j’avance. Mais bon… tant pis !

Effectivement, ce tome contient plus d’action. Les navires de combat sont opérationnels et permettent, partiellement, de mieux lutter contre les pirates. Notre bon héros expérimente donc le combat naval et s’investit beaucoup dans l’Art en conviant son roi-servant à partager son esprit. Sachant que Fitz le partage déjà avec son loup, la cohabitation est très intéressante. D’autant qu’on est plus que dans une simple cohabitation d’esprits, puisque Fitz va jusqu’à ressentir les émotions des autres, émotions qui sont des conséquences de ce qu’ils voient à travers ses yeux à lui. Compliqué ? Pas du tout. C’est seulement que je ne m’appelle pas Robin Hobb et que je n’ai pas son talent.

Ce tome n’est pas seulement plus dynamique, il est également beaucoup plus sombre. Le départ du "bon" roi-servant laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres et le méchant Royal s’en donne à cœur joie, face à un père tellement diminué… qu’il ne sert plus à grand-chose. A la fin de ce 3e tome, c’est l’apothéose. On voit mal comment la situation pourrait aller mieux. Tout fout l’camp ma pov’ dame.

Mais comme souvent, la noirceur des événements permet de faire briller les personnages (et l’écriture. A croire que le drame exacerbe le talent). Chacun à sa manière, qu’il soit bon, moins bon, lâche, acolyte, mère, mentor, amoureuse,… contribue à créer une ambiance de déclin et d’affaiblissement général. Même les bons personnages font des erreurs et des mauvais choix. Toute cette nuance est d’un enrichissement extraordinaire, à commencer par le héros, en proie permanente aux doutes, à la colère, à faire lui aussi des bons et des mauvais choix…

A titre de comparaison, j’adore (vraiment) (beaucoup) la saga d’Ewilan de Pierre Bottero, mais avec l’Assassin Royal, on sent très nettement que cette saga-ci joue dans une autre catégorie (et s’adresse à un public différent, évidemment. Les deux œuvres sont de toute façon très différentes).

Pour une fois, j’aurai un léger bémol concernant ce tome. L’histoire d’amour Fitz/Molly a tendance à traîner. Et même si elle trouve sa place au milieu de toutes les intrigues, la lassitude a fini par pointer le bout de son nez. A la décharge des personnages, la situation est, il est vrai, assez sensible.

Le 2e tome a vraiment donné l’impression de préparer les bouleversements de ce 3e tome. Captivant. Mais, je vais me lire un livre différent avant d’embrayer sur le 4e (et 5e tome, voire 6e, puisque ces 3 tomes n’en formaient à l’origine qu’un seul. Et que ce tome clôt le premier cycle. Qu’ensuite il y a la saga des Aventuriers de la mer. Puis le 2e cycle de l’Assassin royal et blablablablabla. Trop chouette tout ce qu’il reste à lire)

- Dans les épisodes précédents… -

T-1 L’apprenti assassin
T-2 L’Assassin du roi


L’Assassin du roi – T2

Auteur : Robin Hobb
Traducteur : Arnaud Mousnier-Lompré

Saga : L’Assassin Royal – Tome 2 sur 13

Date de parution : 1996

Résumé : Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière, mais son contact avec la mort lui a laissé d’inaltérables séquelles. Revenu à Castelcerf, il retrouve celle qu’il a aimée, mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner irrémédiablement. Car autour de lui, la Cour fourmille d’intrigue, les menaces se resserrent, la mort rôde. Il a pourtant quelques alliés dans la place : un prince qui lui fait découvrir les mystères d’une magie toute puissante, un maître assassin qui lui veut malgré tout du bien, et un loup, avec qui il partage lien étrange et périlleux… (Source : Amazon)

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Enfin. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas eu entre les mains un livre qui me fasse complètement perdre la notion du temps.

J’ai relu, juste avant, le premier tome de l’Assassin royal, histoire de me remettre dans le bain. Le pauvre a été avalé en un rien de temps. Le deuxième tome n’aura, lui, duré qu’un après-midi. Est-ce seulement humain d’écrire des histoires tellement immersives que la seule façon d’en sortir est un estomac hurlant sa détresse ou… la fin ?

Une saga comme celle-ci me fait comprendre pourquoi j’aime tellement les séries télévisées et les sagas de fantasy. Quel point commun ? La possibilité de côtoyer un univers et ses personnages durant un temps long. D’autant qu’avec L’Assassin du roi, par exemple, la fin n’en est pas une. On est plus dans une fin de chapitre débouchant sur l’obligation de replonger tête la première dans le tome 3.

Allez, j’aborde la critique de l’Assassin du roi… (et autant que vous soyez prévenu, des spoils pourront être faits)

On retrouve Fitz dans la situation où on l’a laissé à la fin du tome 1 : mal en point, très malade. Une bonne partie du tome 2 est donc consacrée à son lent rétablissement. Rétablissement tellement lent qu’on se demande s’il arrivera à pouvoir continuer son boulot. Cette faiblesse physique laisse le temps de se focalsier sur des activités moins brutales mais tout aussi mortelles. D’autant que niveau caractère, le petit Fitz commence à bien s’affirmer.

Car au-delà de tout événement géopolitique, ce tome fouille particulièrement la psychologie et les rapports humains (et la place discrète mais essentielle de la magie ainsi que des "zombies" ajoute à la puissance de la saga). Car bizarrement, on ne trouve aucun événement vraiment majeur dans ce tome (dans le sens de bataille ou de mort de personnage illustre,…). Des relations changent et des personnages évoluent, mais ce qui reste c’est l’impression que les pièces du puzzle se mettent en place.
Malgré l’hiver qui fait que les attaques de pirates stoppent laissant le temps à Castelcerf de renforcer ses défenses, on ne s’ennuie pas. De plus, l’affaire des zombies/"forgisés" prend une tournure intéressante puisque ceux-ci semblent avoir pour but de se diriger vers la capitale… Affaire à suivre. Ce huis-clos de château-et-ses-environs n’empêche pas notre héros d’avoir affaire à une galerie de personnages étendue le laissant toujours en activité.

Une des grandes forces de l’Assassin Royal c’est son réalisme et sa complexité (oui, ça fait deux. Mais du deux en un. Comme du shampoing. Bref…). Robin Hobb aurait pu traiter la convalescence de son "héros" en quelques chapitres et repartir sur les chapeaux de roues. Et bien non, ce serait trop facile. A l’image du tome 1, on est de nouveau immergé dans ce réalisme moyenâgeux, pris dans les intrigues politiques, dans les stratégies guerrières visant à se défendre contre les Pirates Rouges et leur redoutable stratégie de "forgisation" (en clair, transformer en zombie ceux qu’ils ne tuent pas. Charmant, n’est-il pas ?), on assiste aussi à la violence crue de quelques combats,… Bref, on s’immerge totalement dans la richesse du récit.

Le tome 1 mettait la situation en place, avec une phase d’initiation très importante qui se concluait par une mission finale. Ce tome 2, en plus du rétablissement du héros, développe les relations entre Fitz et son mentor, entre Fitz et son oncle Vérité le roi-servant, entre Fitz et Molly, entre Fitz et Oeil-de-Nuit,… Bref, le tout prend de l’épaisseur. Le Vif, sorte de lien mental entre l’Homme et l’animal, est aussi beaucoup plus développé avec l’introduction du loup. Et, à travers ces situations de crises, de longues discussions et de non moins longues réflexions, notre petit assassin royal grandit et passe de garçon à jeune homme.

Apparemment, les tomes 2 et 3 forment un seul tome dans l’œuvre originale. Ce qui expliquerait la phase psychologique intense/mise en place des événements dans ce tome-ci et le sentiment de fin abrupte. Un tome 3 avec plus d’action est sans doute à prévoir.

Bon… je ne suis pas sûr d’avoir bien rendu compte du déroulement du tome de L’Assassin du roi... Mais pour décrire correctement la richesse du livre il faudrait beaucoup plus qu’un article, et un poil plus d’organisation. Frustrant. Mais tant pis, j’en ai déjà écrit une bonne tartine. Rendez-vous au prochain tome !

- Dans les épisodes précédents… -

T-1 L’apprenti assassin


Le Club des veufs noirs

Titre original : Tales of the Black Widowers

Auteur : Isaac Asimov
Traductrice : Michèle Valencia

Date de parution : 1989

Résumé : Les six membres du “club des Veufs noirs” ne sont pas nécessairement veufs ni même célibataires, mais ils se réunissent chaque mois entre eux pour boire, dîner, et…résoudre des énigmes, grâce, le plus souvent, au concours de l’inégalable Henry, leur maître d’hôtel.

———-

Il m’aura fallu du temps pour arriver au bout du club des veufs noirs. Non pas à cause d’une hypothétique piètre qualité (hé, on parle quand même d’Isaac Asimov là, un peu de respect…) mais du fait que ces dernier temps j’ai peu lu. Et pour ça, les recueils de nouvelles sont parfaits. D’autant plus, les recueils de nouvelles comme celui-ci.
Chaque nouvelle se déroule dans le cadre de réunions des Veufs noirs, des hommes, érudits, se réunissant régulièrement pour causer entre eux. A chaque réunion, l’un d’entre eux, hôte de la séance, invite une connaissance pour le questionner.

"Docteur docteur Stacey, commença brusquement Drake, comment justifiez-vous votre existence ?
— De moins en moins à mesure que le temps passe, dit Stacey sans sourciller"

Évidemment, à chaque fois, l’invité a un souci et les Veufs noirs essaient d’y apporter une réponse. Chaque nouvelle a ainsi un cadre familier, (ou qui le devient de plus en plus et fur et à mesure des lectures) mais les situations et protagonistes changent. Ces débuts en terrain connu permettent de s’immerger dans la nouvelle et de "se chauffer" pour aborder l’énigme avec toute la concentration nécessaire (Asimov laisse toujours les indices pour permettre de deviner avant la résolution finale). Et franchement, je trouve ce fonctionnement bien adapté au principe de la nouvelle (sachant que ces nouvelles étaient publiées dans des magazines puis, lorsque le nombre était suffisant, rassemblées en recueil, avec de légers remaniements d’Asimov).

C’est donc un recueil de nouvelles policières (policières seulement dans le sens où il y a une énigme à résoudre). Chaque nouvelle a la même structure : Les Veufs noirs discutent, puis l’énigme se pose à eux, etc… Sachant qu’invariablement la même personne trouve la solution. Isaac Asimov a en revanche la bonne idée de toujours varier les situations et la nature des énigmes. Ainsi, la lecture de plusieurs nouvelles d’affilée n’est jamais monotone.

Il m’aura en revanche fallu au moins 3 nouvelles pour me familiariser avec chacun des Veufs noirs. Autant dire que sur les premières nouvelles, j’attendais avec impatience l’énigme, et par la suite la nouvelle dans son entier était attendue.

Agréables à lire, par le style et l’intelligence qu’elles recèlent, ces nouvelles montrent bien qu’Asimov est aussi doué et intelligent en dehors de la S-F. Bien que pour le moment (en prenant en compte le fait que je n’ai fait que gratter la surface de son œuvre), j’ai une préférence pour ses récits de S-F.

On retrouve également les traditionnelles et croustillantes remarques du maître après chaque nouvelle, détaillant leur contexte d’écriture et publication. Remarques que j’attends toujours avec impatience lorsque la fin de la nouvelle se profile à l’horizon.

Au final, même dans un registre différent que celui que je connais, Asimov est toujours aussi bon. Avec quelques nuances, car même si ces nouvelles sont agréables, intelligentes,… à part sur quelques unes (il y en a 12) je n’ai pas non plus été aussi transporté que j’ai pu l’être sur un recueil tel que L’avenir commence demain. Agréables, divertissantes mais sans être sans être inoubliables.


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