La chanson de Regina

Titre original : Regina’s song

Auteurs : David Eddings & Leigh Eddings

Date de parution : 2003

Résumé : Régina et Renata sont des jumelles aux liens très forts. Lorsque l’une d’entre elles – mais laquelle ? – est violée puis assassinée, l’autre sombre… (Source : Senscritique)


 

David Eddings (sans oublier Leigh) est (ou sont. Enfin bref…) un de mes auteurs favoris de fantasy. Belgariade/Mallorée/Préquelles sont de vrais bijoux.

Aussi, quand je suis tombé, totalement par hasard, sur La chanson de Regina, j’ai sauté sur l’occasion. Pas de fantasy mais un thriller fantastique. L’occasion parfaite de sortir de leurs sentiers battus.

Je n’ai pas retrouvé ce que j’avais ressenti avec leur fantasy, et certains éléments m’ont laissé dubitatif. Tout est beaucoup trop expliqué, trop bavard, trop de pages passées sur des situations banales, répétitives. On retrouve aussi le goût des Eddings pour former une communauté de personnages très liées, complémentaires avec un fort caractère. Sympathique, amusant, mais aussi un peu attendu.

L’histoire en elle-même est intéressante, originale, bien ficelée. Mais comme je l’ai écrit, aussi trop longue, trop bavarde. Les effets en sont un peu gâchés.

Heureusement, le temps passé à la lecture de la chanson est resté très agréable, le style sans être particulièrement brillant est toujours simple et plein d’humour dans les dialogues (là aussi, une autre caractéristique Eddingsienne).

Une excursion hors-fantasy que je ne regrette pas , loin de là, mais M. et Mme Eddings ont livré leur meilleur travail avec Belgarath & Cie.

Rêves de garçons

Titre original : Boy heaven

Auteur : Laura Kasischke

Date de parution : 2009

Résumé : A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d’une Mustang décapotable dans l’espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar. (Source : Livraddict)


 

Il est arrivé le Kasischke qui ne m’a pas transporté. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit (ou écrit), la lecture a été agréable. Laura Kasischke a un style étonnant, fait de simplicité et de drogue (douce) rendant impossible de s’éloigner trop longtemps du livre en cours.

Seulement cette fois, malgré le style, l’histoire ne m’a pas ému plus que ça. La faute en partie à l’histoire ; ce camp de cheerleaders en pleine forêt, ces intrus-harceleurs, bref cette histoire qui ne demande qu’à être adaptée au cinéma pour devenir un film de série Z.

L’ambiance est bonne, nerveuse et la tension monte petit à petit. Mais là-dessus aussi j’espérais mieux, la faute cette fois à la narratrice que rien de tout cela n’inquiète vraiment. Cette attitude est contagieuse et il n’y a que vers la fin où j’aurais presque eu peur de sursauter en tournant la page. La faute également à la présence beaucoup trop forte de flash-backs qui cassent cette tension naissante. Flash-backs intéressants, bien écrits, tout ça tout ça… mais là, dans le contexte… non.

A noter tout de même la dernière phrase, assez savoureuse.

Les revenants

Titre original : The Raising

Auteur : Laura Kasischke

Date de parution : 2011

Résumé : Une nuit de pleine lune, Shelly est l’unique témoin d’un accident de voiture dont sont victimes deux jeunes gens. Nicole, projetée par le choc, baigne dans son sang, et Craig, blessé et en état de choc, est retrouvé errant dans la campagne. C’est du moins ce qu’on peut lire dans les journaux mais c’est une version que conteste Shelly. Un an après, Craig ne se remet toujours pas. Il ne cesse de voir Nicole partout… Serait-il possible que, trop jeune pour mourir, elle soit revenue ?(Source : Amazon)


 

Eh beh quelle lecture mes aïeux… Pas au sens de lecture flamboyante qui marque à vie, mais de voyage inattendu à la fois très agréable et bien mené.

Je pensais que Les revenants serait une sorte de récit sociologique ayant pour sujet la mort, sur fond de campus, de sororité et autres joyeusetés.
Au final… oui c’est bien ça. Mais la facette thriller se greffe avec une telle discrétion sur le tout que ça force l’admiration.

Les revenants est quand même un bon pavé. Mais le style simple et fichtrement efficace ainsi que la structure narrative (simple et fichtrement efficace) de Laura Kasischke font merveille. Beaucoup d’indices, de pistes, de détails, de personnages qui se croisent, dans le passé, le présent et l’avenir. Bref, un paquet d’informations à emmagasiner. Et tout en douceur s’ils vous plaît. Toutes ces informations tournant ayant un point commun : le personnage (décédé) de Nicole Werner. Et des campus américains bien sûr (Bon, deux points communs…). Lieux tellement propices à toutes sortes d’histoires et d’intrigues…

Je ne vais pas épiloguer plus longtemps. Je dirai juste que Laura Kasischke a un talent certain (efficace et simple, est-il besoin de le préciser), qui m’a fait passer un très bon moment avec ses revenants.

A Suspicious River

Auteur : Laura Kasischke
Traducteur : Anne Wicke

Editeur : Points
Parution : 2000

Quatrième de couverture : Leila est une ravissante brune de vingt-quatre ans. Son mariage est un échec, sa vie à Suspicious River, petite ville du Michigan, ennuyeuse. Réceptionniste au Swan Motel, elle peut, pour quelques dollars de plus, être incluse dans le prix de la chambre. Un jour, la situation dérape : un client la maltraite. Indemne, elle continue de se vendre. Pourquoi dépêche-t-elle sa descente aux enfers ?

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Ma première rencontre avec Laura Kasischke et certainement pas la dernière.

Cette dame a une plume et le talent pour garder l’attention de son lecteur quand l’héroïne est une jeune femme paumée qui se fout de ce qui lui arrive, de son corps et d’à peu près tout le reste.

Il y a une telle indifférence chez ce personnage que j’ai rapidement eu peur de m’ennuyer autant qu’elle. Que faire devant une femme qui semble ne rien ressentir et continue de s’enfoncer dans une lente et consciente descente aux enfers ? Cette femme qui se vend au même prix que les chambres qu’elle loue, pour de l’argent évidemment, mais de l’argent qui ne la motive, finalement, pas tant que ça. Un client la maltraite ? Bof, ce n’est que son corps. Sa vie l’ennuie, son mari l’indiffère ? Bof, ce n’est que sa vie.

Comme pour expliquer cette triste vie, Laura Kasischke glisse régulièrement des flashbacks, des bribes d’une vie qui s’annonçait déjà sans espoir. Ca peut expliquer, donner une excuse ou quoique ce soit, mais ça n’enlève pas la frustration. Les flashbacks s’accélèrent, prennent de plus en plus de place. De là à dire qu’ils submergent de plus en plus Leila au fur et à mesure que sa descente aux enfers s’accélère, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, je ne suis pas critique littéraire.

A Suspicious River est empli de… vide, de désespoir. C’en est d’ailleurs frustrant et donne envie de coller une bonne baffe à Leila (tout en sachant qu’elle n’en aurait rien à faire, ce qui renforce la frustration), et de la secouer en lui demandant, poliment bien sûr, de se bouger les fesses.

Le livre n’aura pas fait long feu. Et ce n’est pas pour l’envie de savoir ce qui arrivera à la jeune femme (on se doute que ça ne sera pas une fin à la Disney). C’est seulement parce que je ne pouvais pas m’en empêcher. Même lorsque les situations semblent se répéter, un client entre, prend la chambre et la réceptionniste, un autre client entre, etc… et qu’une pointe de lassitude semble se profiler, la lecture continue tout de même avec intérêt. Et sans goût particulier pour le sordide, merci de demander.

C’est triste, rageant, sombre, frustrant. Et c’est bien écrit, avec simplicité et force.

Et c’est un premier roman. Foutu talent, tiens…

A noter que le roman a été adapté au cinéma par Lynne Stopkewich en 2000 (même titre).

 

 

 

 

Némésis

Auteur : Isaac Asimov
Traducteur : Monique Lebailly

Date de parution : 1991

Résumé : Némésis, l’étoile du châtiment, se dirige inexorablement vers le soleil. Mais les Terriens n’en savent rien, car l’astre mortel est caché par un nuage de poussière. Le danger n’est connu que de quelques savants postés sur un lointain satellite artificiel, mais certains d’entre eux, oubliant la solidarité des hommes, ne pensent qu’à fonder une société nouvelle sur Erythro, une planète du système de Némésis. (Source : Babelio)

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« Ce livre ne fait pas partie de la série Fondation, ni de celle de l’Empire, ni du cycle des Robots. » Isaac Asimov.

C’est une des raisons qui m’a fait lire Némésis. Ça et l’envie de lire autre chose que ses recueils de nouvelles. Non pas que je sois lassé (comment pourrait-on l’être ?), mais curieux plutôt.

Bilan des courses, un roman fort sympathique, pas un coup de cœur donc, mais-bon-on-peut-pas-avoir-un-coup-de-coeur-à-chaque-fois.

La Terre est toujours là, mais les humains vivent aussi dans l’espace, dans des colonies pour être précis, raillant et méprisant la planète-mère. Ceux-ci se sont divisés par race dans chaque colonie, aiment l’homogénéité, la propreté, l’uniformité,… bref deviennent chiants et racistes comme c’est pas permis. Une colonie, Rotor, a réussi à partir du système solaire et s’est installée autour de Némésis, une naine rouge et de son satellite, Erythro. L’Événement de Némésis c’est que cette étoile va, dans 5000 ans (et des poussières), passer très près de la Terre et rendre celle-ci inhabitable. Voilà pour l’événement -pour le moins- perturbateur.

Némésis se situe au croisement de la S-F, bien sûr, et du thriller psychologique (on parle d’Asimov là, donc conversations, discussions, etc… forment une bonne partie du roman). Par dessus tout ça, Asimov introduit un paquet de concepts d’astronomie, de physique,… qu’il vulgarise du mieux qu’il peut, mais qui m’a, tout au long du livre, tenu un peu à l’écart. Je ne dirais même pas que j’ai tout compris, ni même que j’ai vraiment essayé, mais assez pour comprendre l’histoire.

Il y a heureusement tous ces personnages, dont on distingue des similarités avec d’autres personnages asimoviens ; le personnage moyen mais futé, le personnage très (très) intelligent,… Seule ombre au tableau, et fait assez rare pour être souligné, un des personnages m’a tapé sur le système tout au long du livre. Le rôle de la mère inquiète et stressée est assez exaspérant, en ce sens qu’elle ne fait que suivre, n’apporte rien d’autre au récit que des jérémiades et des plaintes.
Ce qui apporte beaucoup à l’histoire en revanche, c’est la planète Erythro elle-même. Par les éléments qui la constituent (atmosphère, couleur,…) mais surtout par sa conscience. Je n’en dirai pas plus à ce sujet, mais c’est vraiment le point du roman qui m’a le plus emballé. La relation Erythro/Marlène est aussi un autre point fort, tout en subtilité et brillamment décrit par Asimov. Erythro n’est pas sans rappeler Gaïa dans Fondation d’ailleurs.

Asimov a l’intelligence (pléonasme) de livrer deux histoires qui finiront par se rejoindre : d’un côté les personnages d’Erythro/Rotor et de l’autre la Terre qui essaie de trouver une solution pour s’en sortir. Ça dynamise le récit et permet d’avoir une fin bien gérée (même si j’attendais plus de celle-ci, mais ça c’est une mauvaise habitude prise à cause de toutes ses nouvelles à chute).

Agréable donc. Mais pour les non-initiés à Asimov, je conseillerais de commencer par le cycle de Fondation. Némésis est sympa mais pas une de ses oeuvres majeures. Et pour les autres, faites vous plaisir, ça reste une bonne découverte.

Un petit point supplémentaire, j’ai lu ce roman sur liseuse et je n’ai aucune idée de la taille du livre. Mais j’ai tout de même l’impression d’un roman assez long.

Hunger Games – T1

Auteur : Suzanne Collins
Traducteur : Guillaume Fournier

Sortie : 2009

Résumé : Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.
Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix.
Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature… (Source : Babelio)

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Il m’aura fallu le temps mais j’ai fini par lire Hunger Games (bon, le tome 1 pour le moment, mais chaque chose en son temps voulez-vous ?). Pourquoi avoir mis autant de temps ? J’avoue que le film m’a pas mal refroidi, trop propre, trop lisse vu le sujet et deux acteurs principaux (Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson qui me laissent de marbre ou m’exaspèrent. C’est selon). Bref, il fallait que du temps passe et que je me fasse mes propres images.

Hunger Games a tout pour me plaire ; c’est une sorte de mélange entre l’excellent Battle Royale (film de 2001 de Kinji Fukasaku) et le culte Truman Show (qu’il n’est point besoin de présenter). Le tout sur un fond d’anticipation sociale, bâti sur les ruines post-apocalyptiques de ce qui fut l’Amérique du Nord. Il faut juste garder en tête qu’on est sur un livre de littérature jeunesse et que par conséquent la violence trouve certaines limites.

Un gouvernement répressif, une nouvelle situation géo-politique à découvrir, des Hunger Games calqués sur les combats de gladiateurs romains, une héroïne  bad-ass,… Tous les éléments sont là. Alors pourquoi diable ai-je apprécié et non adoré Hunger Games ? Et bien c’est une excellente question, merci de l’avoir posée. De rien.

Prenons les choses dans l’ordre. Je partais avec des a priori à cause du film, mais d’entrée le livre m’a agréablement surpris. Écrit à la première personne, au présent, tout est fait pour faciliter l’immersion. De même que d’autres petites choses telles que l’ambiguïté de la relation Katniss/Peeta (du moins d’un côté) qui permet d’éviter le cliché de l’amour-guimauve (mais pas les prises de tête à la « Mais quel est donc ce sentiment qui m’envahit ? »), l’aspect jeu télévisé et la nécessité de s’adresser aux téléspectateurs autant que de survivre,…

Mais je m’attendais aussi à un style à la Pierre Bottero, avec une lecture qui fasse perdre la notion du temps (surtout que vu la renommée de la trilogie, il ne me semble pas étrange d’attendre beaucoup). Je ne dis pas que c’est mal écrit/traduit, juste que le style n’est pas ébouriffant, et manque même parfois d’un brin de subtilité. Du style «  »j’espère qu’ils croiront que je me dissimule à proximité. Alors qu’en réalité je serai en train de chercher Peeta ». Merci pour la précision…

Bon, pas la peine de développer plus que ça, j’ai l’impression que Hunger Games a déjà été lu par la moitié de la planète… Quoique non, la moitié ce serait plus Harry Potter, un tiers alors.

Je suis tout de même assez curieux de lire les deux autres. Les Jeux étant juste finis, tous les jeunots se sont entre-tués, je ne vois pas encore ce que la suite peut réserver.

L’homme bicentenaire

Auteur : Isaac Asimov
Traducteur : Marie Renault

Sortie : 1978

4e de couverture : Andrew est un robot comme les autres. Comme les autres, vraiment ? Pas tout à fait. Il est même si singulier qu’il a décidé de devenir libre, malgré les Trois Lois de la Robotique et contre l’opinion de la majorité des êtres humains. Andrew ne sait pas qu’il vient de s’engager dans une lutte qui va changer l’histoire de la robotique, des robots et de l’humanité elle-même. «L’homme bicentenaire» est l’une des nouvelles les plus connues et l’une des préférées de l’auteur. Elle a été adaptée au cinéma en 1999 avec Robin Williams dans le rôle d’Andrew. Elle est ici accompagnée de onze autres textes appartenant, ou non, au cycle des robots et qui tous prouvent, s’il en était encore besoin, l’immense talent du bon docteur Asimov.

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Avertissement : J’ai opté pour une approche individuelle, avec une micro-critique par nouvelle (il y en a 11, à vous de voir !).

L’intuition féminine : Univers des robots avec la figure familière de Susan Calvin (présente dans le film I, robot). Toujours intelligent dans le propos, et surtout une nouvelle très bien structurée avec un vrai suspense. L’occasion pour Asimov d’aborder avec malice les rapports homme-femme.

Trombes d’eau : Nouvelle se déroulant dans une base sous-marine. Si l’idée est intéressante (la base lunaire et la base sous-marine de la Terre sont en concurrence pour les crédits alloués au développement), le tout est trop technique, trop lent. Bref, y a intérêt à avoir le cerveau aux aguets. Toutefois le dénouement rattrape le reste.

Pour que tu t’y intéresses : Aborde la place des robots dans la société. Nouvelle dans le pur style asimovien : la nouvelle est sous forme de dialogue, tourné sur la définition de l’être humain (ben oui, les 3 lois de la robotique ordonnent au robot d’obéir à l’être humain, le protéger,… mais si on n’a pas la définition de l’humain, ça coince).

Étranger au paradis : Deux histoires en une : l’envoi d’un robot sur Mercure et la rencontre de deux frères (sachant qu’apparemment la fratrie est un phénomène très rare et très bizarre). Mais la complémentarité des deux histoires n’a pas fonctionné et la nouvelle (assez longue) m’a paru laborieuse. On peut pas gagner à tous les coups. Asimov ne serait-il qu’un homme ?

La Vie et les Œuvres de Multivac : L’humanité est contrôlée par un méga-ordinateur. Asimov joue ici parfaitement son rôle de maître du suspense. La structure de la nouvelle et la fin sont très réussies, pas de doute là-dessus. Mais la nouvelle manque peut-être un brin d’intensité.

Le Triage : Problème de la famine mondiale… en 2005 (ah, la bonne S-F d’antan…). Des explications scientifiques au début (rien de bien méchant) mais la nouvelle est très bien menée. Elle aborde l’intéressante question du triage : un système par lequel on choisit qui sauver et qui laisser mourir dans les conditions ne permettent pas de sauver tout le monde. Ici à l’échelle de l’humanité. Ou quand la faim justifie les moyens. Une nouvelle courte, intense, bref excellente.

L’homme bicentenaire : La nouvelle la plus longue et la plus forte (intense, émouvante,…) du recueil. Elle se déroule sur 200 ans (étonnant vu le titre) et suit la vie d’un robot. Ou d’un homme. Ou d’un robot voulant devenir un homme. Asimov questionne une fois de plus la définition d’humanité et de robotité (euh…). Est-il besoin de préciser qu’on a encore là un autre exemple de grande intelligence asimovienne ?

Marching In : Sur l’enregistrement des sons par le cerveau. Le sujet est aride (la nouvelle est le résultat d’une commande comme beaucoup d’autres). Mais si la nouvelle est assez technique, Asimov réussit à vulgariser tout ça pour en faire une nouvelle courte et agréable. La fin est d’ailleurs assez amusante.

Démodé : Scénario catastrophe avec deux hommes coincés dans le champs d’attraction d’un trou noir. Assez technique aussi (décidément) mais le côté catastrophe favorise la compréhension (et ça vient d’une personne qui n’a pas du tout l’esprit scientifique).

L’Incident du tricentenaire : Le président des USA est tué (un de plus…). Partant de là, Asimov livre un dialogue entre deux hommes discutant de l’incident et de ses conséquences. Je n’en dis pas plus. C’est excellent, rationnel, intelligent et simple. C’est Asimov. Belle conclusion également.

La naissance d’une notion (et dernière nouvelle, j’en sens qui fatiguent) : Presque dommage de finir sur celle-là. La nouvelle est une commande pour fêter les 50 ans d’un vieux magazine de S-F. Sympatoche, mais un peu opaque pour qui ne connaît pas le magazine.

Allez, un ptit point général quand même.
Un recueil de nouvelles d’Isaac Asimov n’en serait pas un sans tous ces commentaires du maître de la S-F entre chaque nouvelle. Commentaires qui en éclaire même certaines et constitue une lecture aussi agréable que les nouvelles elles-même.

On retrouve toujours ce style simple sur des réflexions et des questionnements souvent en rapport avec les robots et toujours d’actualité. Même si certaines dates sont complètement dépassées (mais ça c’est plus drôle qu’autre chose, on reste sur une excellente lecture.