Auteur : Atiq Rahimi
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Une lecture en deux temps pour ce livre.
Sur le début, je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans, j’en appréciais le style et l’histoire, sans plus. Mais en le reprenant, ça a été le déclic et la lecture d’une traite.
Syngué sabour se caractérise par deux choses ; Le style d’abord, simple, percutant et sans chichis. Et par moments poétique. L’histoire ensuite. Cette femme afghane qui devant le corps de son mari, inerte mais vivant, se livre à une confession à cœur ouvert.
Car ce mari qui n’a jamais su (et voulu) la comprendre, la traitant comme un objet, est dans son inaction un exutoire formidable. Sa femme lui lance tout ce qu’elle a caché en elle pendant des années ; ses frustrations, ses peurs, ses secrets, son ressentiment, ses attentes… C’est cette situation, et tout ce qu’elle lui lance à la figure qui fait aussi la force du roman. Cette libération émotionnelle et ce flot de paroles sonnant comme une revanche.
Syngué Sabour c’est aussi un huis-clos, qui laisse à penser que le livre pourrait aisément être adapté au théâtre. Et dans ce huis-clos : Une confession de femme, un moment de vérité crue au mileu de barbarie et de violence. Une revanche sur tout ce monde qui l’entoure. Mais ce monde justement sait se rappeler au lecteur par diverses interventions.
Et c’est là tout le paradoxe, pour moi, de ce livre : Avec un style simple (mais "diablement" efficace), l’auteur nous dépeint une situation d’une incroyable richesse.