Réalisateur : Michel Gondry
Acteurs : Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Charlotte Le Bon,…
Synopsis : L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite. (Source : Allociné)
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Que dire de L’écume des jours made in Gondry…
Autant commencer par le début : Le petit Boris Vina, né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray développe très tôt un goût prononcé pour les sudokus, le dessin au feutre Velleda et à ses heures perdues, l’écriture.
[Quelques dizaines d'années plus tard]
J’ai lu L’écume des jours il y a quelques années maintenant, et au moment de voir le film il ne me restait en mémoire que l’univers poétiquement absurde, quelques noms et bribes d’histoire. J’avais toute confiance en Michel Gondry pour l’adaptation, et en Romain Duris pour l’agacement (chacun ses têtes de turc hein).
Michel Gondry a vraiment une imagination débordante. Mais à tel point que celle-ci submerge tout le reste. Une bonne partie du film voit un défilement incessant d’effets spéciaux, de stop motion à en faire une overdose, de trouvailles visuelles,… qu’au bout de 10 minutes je saturais déjà et attendais avec inquiétude les 1h50 à venir. Tout va à 100 à l’heure, laissant à peine le temps de respirer (asthmatiques, emmenez votre inhalateur, épiléptiques, emmenez…euh… faites attention). J’exagère un peu, mais il m’a semblé avoir à peine le temps de me concentrer sur l’histoire.
En dehors de tout ce déchaînement visuel, je suis resté totalement de marbre sur la rencontre Colin/Chloé. Manque d’émotion, manque d’alchimie entre les personnages (ou acteurs ? Bref…), je n’ai rien ressenti. Heureusement le personnage d’Omar ajoute une touche de bonne humeur salvatrice, les autres personnages secondaires sont tout aussi sympathiques.
Et puis, miracle. Soudain le nénuphar débarque et m’a sauvé le film. Tristesse, mélancolie, peur et déchirements ont eu l’air d’apaiser un Michel Gondry sous ecstasy et de rendre (presque) sympathique Romain Duris. Personnages et décors péréclitent avec talent (sauf la souris qui m’aura cassé les… pieds jusqu’à la fin) dans une intense mais progressive descente aux enfers. Dommage, au final, d’avoir un film en deux temps. Parce que vraiment, je le redis, c’est beau, c’est bien joué, c’est absurde, c’est plein d’imagination.
Niveau acteurs, on trouve de tout : un talentueux Omar Sy, parfaitement choisi pour son rôle (et heureusement, parce que, et j’aimerais qu’on me dise si je suis le seul à penser ça, mais pour moi Omar Sy continue de jouer Omar Sy. Ca lui va bien, c’est sympathique et plein de bonne humeur mais ça reste Omar et j’arrête là ma parenthèse), un très bon Gad Elmaleh parfait (et transformé) en obsédé compulsif, une charmante et discrète Charlotte Le Bon, une Audrey Tautou toujours juste (mais toujours, je continue avec ça avec un jeu très Audrey Tautou, particulièrement sur l’intonation) et… Romain Duris. Pas non plus accroché sur Philippe Torreton, mais là je ne sais pas pourquoi.
Un peu de frustration tout de même sur cette écume des jours. Et d’admiration. Pour Boris Vian cette fois.

Film d’Olivier Nakache et Eric Toledano
Film de Michel Hazanavicius
Film d’Antoine Charreyron