Lucy

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Min-Sik Choi, Amr Waked,…

Résumé : A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté,  une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. (Source : Allociné)

Bande-annonce


 

 Lucy. Beaucoup de curiosité en entrant, beaucoup de perplexité en sortant.

Pas de doute, c’est du Besson à 100%. Réalisé, scénarisé, produit. M’enfin on est encore loin du Besson du Cinquième Élément.

Le pitch rappelle Limitless ; on utilise qu’une petite partie du cerveau mais prenez un peu de machin synthétique et hop on utilise beaucoup plus. Là s’envolent tous points communs et presque mon intérêt.

Luc Besson m’avait quasiment réconcilié avec lui-même avec Malavita, il ne manquait plus que Lucy et il m’avait à 95% dans la poche. C’était presque déjà le cas avec la bande-annonce : Scarlett Johansson, un pitch qui envoie du pâté poitevin, beaucoup d’effets spéciaux.

Au final qu’est-ce qu’on a ? Scarlett Johansson et beaucoup d’effets spéciaux. J’imagine Luc Besson vomiss… écrivant son scénario « Mmhh, là on met des effets spéciaux, là une punch line… Zut l’histoire entre les deux prend trop de place, on la vire ». Je caricature, mais le monsieur semblait avoir oublié les mots développement et subtilité.

Il n’y a pas que du mauvais (heureusement). Tout va à cent à l’heure, difficile de réfléchir (paradoxalement). C’était peut-être le but, j’ai eu l’impression de souvent penser « Mais là, pourquoi il… ? Ah, mais il manque un bout de film, l’autre n’a pas… ah mais comment elle… ? » Mais les effets spéciaux sont très réussis et l’histoire se suit plutôt facilement.

Allez je m’organise. Les personnages ; le méchant est un méchant mafieux taïwanais qui n’a pas appris à ses abrutis d’employés qu’on ne frappe pas un ventre fraîchement ouvert et rempli de drogue, un flic qui confie son cerveau à Scarlett au premier coup de téléphone (bon là je ne le blâme pas), une Scarlett qui… fait ce qu’elle semble avoir à faire, un scientifique qui semble être là pour founir à Scarlett quelqu’un qui comprend ce qu’elle vit (ben oui, si c’était quelqu’un qui ne comprend pas, ça rallongerait le film),… et voilà.

La musique est forte, rythmée et forte. Les effets spéciaux sont très présents, bien faits et très présents. La réalisation, basique. Les cascades de voitures sonnent comme une réminiscence nostalgique de Taxi. Les multiples images de Discovery Channel,.. là je sèche,… là pour enfoncer le clou des fois qu’on aurait pas tout compris ?

Bref, c’est sympa (si, si) mais quand on creuse… Non, franchement c’est du divertissement honnête. C’est juste que j’en attendais un poil plus, mais c’est tout…

Malavita (Besson)

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, John D’Leo, Tommy Lee Jones,…

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien… (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

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Malavita… Une de mes plus grosses attentes 2013. Sans doute même dans le top 1.

Grosse perplexité au vu du réalisateur, espoir au vu d’un des producteurs (Martin Scorsese) et du casting (Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, Tommy Lee Jones).

Résultat… heureux. Malavita by Besson est une adaptation honnête de Malavita by Benacquista. (Et Capone seul sait que j’aime Malavita by Benacquista). Mon seul souci, andouille que je suis, c’est que j’ai passé le film à le comparer à mes souvenirs du livre (lu il y a 3 ans sur les bords de la river Lee, par beau temps quoiqu’un peu nuageux). Ca ne m’a pas gâche le film, loin de là, mais j’ai hâte de pouvoir le revoir dans quelque temps.

Premier point m’ayant marqué. La quasi-perfection du casting (parfait, dans le sens qu’il colle à ce que je m’étais imaginé des personnages bien sûr). De Niro est parfait en vieil ex-mafieux, Pfeiffer parfaite en épouse de vieil ex-mafieux, Dianna Agron parfaite en belle fille (moui, mal écrit… parfaite en fille au physique avantageux) de vieil ex-mafieux, John D’Leo parfait en fils mafieux de vieil,… bref. N’y a que Tommy Lee Jones qui me paraît un peu fatigué pour le rôle mais de le voir bouder lors du show de Fred Black valait bien cette petite surprise.

Le film simplifie le livre bien sûr, normal même. L’humour de l’histoire est toujours présent, bien qu’édulcoré mais comme à peu près tout. Et j’arrête là ma comparaison pour ceux qui n’ont pas lu le livre (mais doivent le faire).

Niveau réalisation je n’ai pas grand-chose à dire. Ce n’est ni mauvais, ni bon. C’est Besson ne faisant pas de bourde ni d’étincelles. Quant au scénario, il aurait fallu être abruti pour saloper une histoire aussi bonne. La famille de mafieux qui, sous couvert de programme de protection des témoins, se réfugie sans un trou paumé de Normandie et a beaucoup de mal à quitter ses vieilles habitudes. C’est de l’or en barres (de rire). Les personnages, surtout, sont  extraordinaires, d’où l’importance d’un excellent casting.

Honnêtement, si je me tiens uniquement au film lui-même, je m’attendais en fait à tellement pire que ça que ça a été un soulagement.

Malavita, c’est aussi la première fois que la VO me laisse dubitatif. C’est l’histoire d’une famille d’américains qui vient en France. Bon, le livre étant en français, j’imagine que Besson a dû gérer qui parle en quoi. Mais entendre tous ces français (collégiens inclus) qui s’expriment parfaitement en anglais (curé exclus. L’honneur de l’Eglise est sauf)… Le choc est rude. Et porte un coup à la crédibilité de l’histoire. Pas que je doute du niveau linguistique de mes compatriotes, mais… si, en fait, si. Le souci de la VF, d’un autre côté, c’est de remplacer les Fuck et autres Fucking (très importants dans Malavita) par des traductions franco-pourries.

J’arrête là, je pourrais écrire sur des pages concernant Malavita mais j’ai trop peur qu’on me dise (encore :p) que mes critiques sont trop longues. En bref, Malavita est un divertissement honnête et sympathique.
J’ai aussi très envie de connaître l’avis de ceux qui n’ont pas lu Malavita.

Ci-joint ma critique du livre. Qui date du temps où j’étais encore jeune et innocent, écrivant des critiques courtes et aérées.

9 mois ferme

Réalisateur : Albert Dupontel

Acteurs : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Philippe Uchan, Nicolas Marié, Jean Dujardin,…

Résumé : Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend… (Source : Cinétrafic)

 

Bande-annonce

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Est-ce que j’ai aimé 9 mois ferme ? Yep. Est-ce que j’en suis tombé de mon siège (qui grinçait) ? Nop.

9 mois ferme a tout de même fait fort. Effacer 35 minutes d’accumulation de frustration pour cause de pubs intempestives, et ce dès le début, c’est à mettre à son crédit.

Un autre bon point, c’est que le film m’a réconcilié avec Albert Dupontel réalisateur depuis son très décevant Enfermés dehors. Bon, je ne retrouve toujours pas le niveau de Bernie mais on n’peut pas tout avoir !

Albert Dupontel a un certain talent pour créer des personnages. Son personnage de marginal évidemment qui lui va (là aussi, évidemment) comme un gant. Dupontel fait du Dupontel et j’adore ça. La scène où celui-ci ré-imagine le meurtre est d’ailleurs assez tordante. La galerie de personnages secondaires assure aussi le show, de l’avocat incompétent au juge malchanceux jusqu’à l’apparition de Terry Gilliam ou de Jean Dujardin, tous roulent comme sur des roulettes.

Là où je n’ai pas adhéré, c’est… sur le reste. Le film fait 1h20. Ok, génial ça peut permettre un film défilant à un rythme endiablé. Mais j’y ai trouvé des problèmes de rythmes à certains moments, des scènes manquant de pep’s et un scénario trop grossier. Que  certains événements arrivent pile au bon moment (arf, cette difficulté de ne pas spoiler j’vous jure !), pas de problèmes, après tout c’est une comédie, pas un documentaire sur le système judiciaire, Dupontel est en droit de simplifier les choses pour aider l’histoire. Mais bon. Bof quoi. (il est 0h34 j’ai le droit de faire une pause dans mes arguments). Bref, on adhère ou pas. Moi… mouais. Ce serait passé si je n’avais pas espéré plus de dynamisme pour un film aussi court.

Après, la réalisation est quand même chiadée, des dialogues font mouche et la musique habille très bien le film. Mention spéciale au morceau « 9 mois ferme » de Camille sur le générique de fin.

Allez, en bref, j’ai passé un bon moment, j’ai ri, j’ai aimé les acteurs (le duo Kiberlain/Dupontel fonctionne super bien) et les personnages. Il n’y a que l’histoire qui ne m’a pas emporté, mais celle-ci est suffisamment originale pour fonctionner, de même que l’humour décalé à la Dupontel marche toujours. Emporté ou non, ça reste pour moi une comédie de qualité.

Ah, petit appel aux personnes qui ont vu le film. J’ai eu le temps d’apercevoir David Marsais & Grégoire Ludig au générique mais je n’ai pas vu pour quoi. Help.

Insaisissables

Titre original : Now You See Me

Réalisateur : Louis Leterrier

Acteurs : Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Isla Fisher, Woody Harrelson, Mélanie Laurent, Michael Caine, Dave Franco, Michael Kelly,…

Synopsis : « Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, vient de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence. (Source : Allociné)

(excellente) Bande-annonce (bien qu’elle en montre beaucoup trop)

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Excellent film de divertissement. Insaisissables, à l’instar des 4 Cavaliers, fait le show. Un film à base de magie est souvent synonyme d’efficacité de toute façon (L’illusionniste, Prestige), et encore plus lorsqu’on a une touche d’Ocean’s Eleven

Ce qui m’a d’abord sauté aux yeux c’est le casting 5 étoiles, le talent qui s’en dégage et le fait que chaque acteur va comme un gant à son personnage. Qui aurait cru que Jesse Eisenberg puisse avoir autant la classe ? Ou Woody Harrelson ? (Bon, tout le monde sans doute…)

Les personnages sont, globalement, bien cernés. Le quator de choc est efficace, drôle (leurs répliques sont un délice), mais pas assez présent à mon goût (mais le  film tourne sans doute moins sur eux que sur l’agent du FBI et sa charmante collègue), le duo d’enquêteurs est extra (oui, j’aime beaucoup Mark Ruffalo et Mélanie Laurent), leur alchimie fonctionne plutôt bien, et les seconds rôles ne déméritent pas (pas besoin de parler de Michal Caine ou Morgan Freeman bien sûr). Le seul point négatif, c’est le truc qu’on essaie de faire passer vite fait sur une amourette vers la fin (je ne dirai pas entre qui et qui bien sûr, mais niveau amourette, y en a pas des tonnes).

Réalisation et scénario sont assez proches dans l’opinion que j’en ai : divertissant, très sympa mais… il y a des mais. Des scènes assez énormes (les interrogatoires notamment), du comique de situation bien trouvé, des répliques bien écrites, des tours de magie et des effets spéciaux parfaits, un bon rythme même si celui-ci se tasse au bout d’un certain moment,… Insaisissables regorge de bonnes choses

Le rythme tourne autour des trois numéros de magie. Ca fonctionne bien, on ne s’ennuie pas, etc. Sauf que tout est fait (synopsis en tête) pour mettre le paquet sur le dernier numéro. C’est vrai que c’est pas du numéro d’amateur, m’enfin, je m’attendais à quelque chose de plus… fou, impressionnant. L’éternelle déception des grandes attentes.

L’autre grosse déception c’est un fil de l’histoire que j’ai trouvé mal exploité. (Et là, j’en parle comment moi, sans en dévoiler ? Hmm ? En dévoilant. Vous êtes prévenus ! ;) )
Cette d’histoire de l’Oeil est, je trouve, à la fois mal expliquée (j’ai lu que ça pouvait justement donner lieu à un 2e film, blablabla, bof, un film qui n’est pas conçu dès l’origine comme une saga devrait pouvoir se suffire à lui-même) mais est surtout de trop dans le film. Si cet aspect avait été zappé, le film n’en aurait été que plus solide, moins brouillon avec seulement l’histoire du mystérieux commanditaire. L’histoire s’en serait trouvée simplifiée sans perdre de crédibilité, au contraire même. C’est finalement l’aspect qui m’a le plus dérangé.

Ceci dit, fait assez rare pour être noté, c’est la première fois que j’aime vraiment un film de Louis Leterrier (bon, avec ce casting de rêve, casting dont pas un seul acteur ne me déplaît – à part peut-être Dave Franco que je trouve transparent – ça m’aurait fait mal qu’il gâche tout ça. Leterrier, pas Franco. Non, je ne m’embrouille pas)

Bref, c’est dynamique, efficace, drôle, bien joué et impressionnant. Oui c’est un film dans la plus pure tradition du divertissement américain, et on passe donc un excellent moment. D’autant que la french touch est bien plus qu’une simple touche tant les personnages de Mélanie Laurent, de José Garcia, du Crédit Républicain et de la Nouvelle-Orléans apportent au film.

L’écume des jours

Réalisateur : Michel Gondry

Acteurs : Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Charlotte Le Bon,…

Synopsis : L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite. (Source : Allociné)

Bande-annonce

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Que dire de L’écume des jours made in Gondry…

Autant commencer par le début : Le petit Boris Vina, né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray développe très tôt un goût prononcé pour les sudokus, le dessin au feutre Velleda et à ses heures perdues, l’écriture.

[Quelques dizaines d'années plus tard]

J’ai lu L’écume des jours il y a quelques années maintenant, et au moment de voir le film il ne me restait en mémoire que l’univers poétiquement absurde, quelques noms et bribes d’histoire. J’avais toute confiance en Michel Gondry pour l’adaptation, et en Romain Duris pour l’agacement (chacun ses têtes de turc hein).

Michel Gondry a vraiment une imagination débordante. Mais à tel point que celle-ci submerge tout le reste. Une bonne partie du film voit un défilement incessant d’effets spéciaux, de stop motion à en faire une overdose, de trouvailles visuelles,… qu’au bout de 10 minutes je saturais déjà et attendais avec inquiétude les 1h50 à venir. Tout va à 100 à l’heure, laissant à peine le temps de respirer (asthmatiques, emmenez votre inhalateur, épiléptiques, emmenez…euh… faites attention). J’exagère un peu, mais il m’a semblé  avoir à peine le temps de me concentrer sur l’histoire.

En dehors de tout ce déchaînement visuel, je suis resté totalement de marbre sur la rencontre Colin/Chloé. Manque d’émotion, manque d’alchimie entre les personnages (ou acteurs ? Bref…), je n’ai rien ressenti. Heureusement le personnage d’Omar ajoute une touche de bonne humeur salvatrice, les autres personnages secondaires sont tout aussi sympathiques.

Et puis, miracle. Soudain le nénuphar débarque et m’a sauvé le film. Tristesse, mélancolie, peur et déchirements ont eu l’air d’apaiser un Michel Gondry sous ecstasy et de rendre (presque) sympathique Romain Duris. Personnages et décors péréclitent avec talent (sauf la souris qui m’aura cassé les… pieds jusqu’à la fin) dans une intense mais progressive descente aux enfers. Dommage, au final, d’avoir un film en deux temps. Parce que vraiment, je le redis, c’est beau, c’est bien joué, c’est absurde, c’est plein d’imagination.

Niveau acteurs, on trouve de tout : un talentueux Omar Sy, parfaitement choisi pour son rôle (et heureusement, parce que, et j’aimerais qu’on me dise si je suis le seul à penser ça, mais pour moi Omar Sy continue de jouer Omar Sy. Ca lui va bien, c’est sympathique et plein de bonne humeur mais ça reste Omar et j’arrête là ma parenthèse), un très bon Gad Elmaleh parfait (et transformé) en obsédé compulsif, une charmante et discrète Charlotte Le Bon, une Audrey Tautou toujours juste (mais toujours, je continue avec ça avec un jeu très Audrey Tautou, particulièrement sur l’intonation) et… Romain Duris. Pas non plus accroché sur Philippe Torreton, mais là je ne sais pas pourquoi.

Un peu de frustration tout de même sur cette écume des jours. Et d’admiration. Pour Boris Vian cette fois.

Sur la piste du Marsupilami

Film d’Alain Chabat

Avec : Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson,…

Synopsis : Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !
(Source : Allociné)

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Après un bon mois sans cinéma, Le Marsupilami d’Alain Chabat était une bonne façon de s’y remettre. Et de répondre par la même occasion à la question : Le dernier film de Mr Chabat sera-t-il plus proche de l’excellent Astérix et Obélix : Mission Cléopatre ou du pas très bon Rrrrrrrr ?

Sur la piste du Marsupilami est finalement entre les deux, le tout allant d’amusant à très drôle (Citerai-je la scène du chihuahua comme 95% des critiques ?). On y retrouve l’humour qui fait la marque de fabrique de l’ex-Nul, tout en étant (un peu trop) lissé et convenu de par un certain nombre de facteurs que je ne saurais analyser.

L’adaptation d’abord : Je connaissais déjà le Marsupilami par les BDs, sans être puriste au point de crier au scandale à la sortie d’un film s’en inspirant. Pour la bête en elle-même, rien à dire, le Marsupilami est magnifiquement fait, tant au niveau du physique que du comportement. Chabat a clairement su s’approprier la bestiole. D’autant que l’histoire en elle-même n’est pas adaptée d’une BD mais créée de toutes pièces (une histoire de droits je crois), la seule vraie question pour moi était donc sur la qualité de l’animal. Pour l’esprit humoristique, avec Chabat aux commandes, il n’y avait pas de tracas à avoir.

Pour le scénario, celui-ci est tout à fait représentatif des comédies : facile à suivre, convenu, sans surprise et c’est tout ce qu’on lui demande. Servi par une galerie de personnages hauts en couleur (mention spéciale à Lambert Wilson) rendant pour le coup le personnage d’Alain Chabat un brin pâlot et celui de Géraldine Nakache un brin sous-exploité.
Du côté des autres acteurs, Jamel fait (encore et toujours) du Jamel, mais ça fonctionne encore.

Le début du film, en revanche, est assez laborieux, donnant pour le coup quelques sueurs froides. L’éternelle galère de devoir mettre en place la situation et les personnages…
Inévitablement, par la suite, quelques passages un brin gnangnans (souvent rattachés au côté sérieux et moralisateur des comédies, notamment au personnage de Jamel qui souffre beaucoup beaucoup que ses enfants ben ils pensent que c’est un vilain menteur…)
Mais passé le début, c’est un Chabat en forme qui arrive à déployer cet humour si Nul. Avec un ou deux crans de moins qu’Astérix pour le rythme et l’humour… et les personnages.

Une comédie réussie de plus donc !

Intouchables

Film d’Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec : François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot, Clotilde Mollet,…

Synopsis : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se téléscoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables. (Source : Allociné)

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Autant aller droit au but : J’ai adoré Intouchables.

La bande-annonce et les teasers m’avaient vraiment donné envie (Pour une fois qu’une bande-annonce ne dévoile pas tout le potentiel comique, ça mérite d’être souligné !), les critiques dithyrambiques aussi, bref l’attente était forte. Pari (largement) tenu.

Le film cartonne au box-office (Quoique qu’on voit de tout cartonner au box-office… Mauvais exemple) Enfin disons que cette fois ça ne m’étonne pas! Intouchables est la preuve qu’on peut trouver de bonnes comédies françaises. Et franchement ça fait du bien. Ca faisait bien longtemps que je n’avais autant ri devant un film. La faute aux répliques et scènes cultes, mais surtout naturelles.(On ne sent pas le scénariste devant sa copie pensant « Ah là j’ai trouvé un bon gros gag, ça va vraiment faire rire, aha-ah qu’est-ce que c’est drôle… »)

Drôle et naturel donc. Juste aussi. Dramatique sans être larmoyant également. Et le tout sans tomber dans la facilité. Un vrai numéro d’équilibriste. C’est cet équilibre-là, ce traitement de thèmes si souvent malmenés qui fait qu’Intouchables se détache de la masse.
L’histoire de la rencontre entre ces deux hommes qu’absolument tout oppose (Le  banlieusard rencontrant l’aristo qui plus est tétraplégique, je connais plus d’un réalisateur qui nous aurait bousillé ça en moins de deux…) Ici, aucune lourdeur, aucun pathos, rien d’inutile. C’est drôle sans se forcer et c’est sérieux sans être ennuyeux.
Un passage est très révélateur. En gros on avertit Philippe (François Cluzet) de faire attention parce que quand même ces gens des cités ils sont sans pitié hein ! Et Cluzet de répondre « Mais justement je n’en veux pas moi de la pitié » (En gros hein !)

Le handicap pas traité comme un handicap c’est aussi ça la force du film (Les entretiens au début montrent bien le regard condescendant empreint de pitié vis-à-vis du pauvre type dans son fauteuil).
Un petit mot sur les acteurs évidemment : Omar Sy est très bon, très naturel et trouve parfaitement sa place aux côtés d’un François Cluzet magistral. Les rôles secondaires sont bien aussi évidemment mais ces deux acteurs monopolisent ont monopolisé mon attention (Avec un avantage pour Mr Cluzet pour ma part.. Mais je me répète.) Agréable ceci dit de revoir La Dame du Lac de Kaamelott et Gina du Fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Après, tout n’est évidemment pas parfait mais développer serait chercher la petite bête. Intouchables reste parmi les meilleures comédies françaises que j’ai pu voir. Pas seulement grâce à la quantité de rires qu’elle déclenche mais parce qu’elle a ce petit quelque chose de plus qui la fait passer au niveau supérieur.

Bref… Enjoy !

PS : Pas pu le caser ailleurs mais les musiques sont très bien choisies ; Les morceaux connus côtoient une musique originale excellente (Ah ces petits morceaux au piano…) pour un tout très agréable.