Archives de Catégorie: Réalisateurs français

Malavita

Réalisateur : Luc Besson

Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, John D’Leo, Tommy Lee Jones,…

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien… (Source : Cinétrafic)

Bande-annonce

-

Malavita… Une de mes plus grosses attentes 2013. Sans doute même dans le top 1.

Grosse perplexité au vu du réalisateur, espoir au vu d’un des producteurs (Martin Scorsese) et du casting (Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, Tommy Lee Jones).

Résultat… heureux. Malavita by Besson est une adaptation honnête de Malavita by Benacquista. (Et Capone seul sait que j’aime Malavita by Benacquista). Mon seul souci, andouille que je suis, c’est que j’ai passé le film à le comparer à mes souvenirs du livre (lu il y a 3 ans sur les bords de la river Lee, par beau temps quoiqu’un peu nuageux). Ca ne m’a pas gâche le film, loin de là, mais j’ai hâte de pouvoir le revoir dans quelque temps.

Premier point m’ayant marqué. La quasi-perfection du casting (parfait, dans le sens qu’il colle à ce que je m’étais imaginé des personnages bien sûr). De Niro est parfait en vieil ex-mafieux, Pfeiffer parfaite en épouse de vieil ex-mafieux, Dianna Agron parfaite en belle fille (moui, mal écrit… parfaite en fille au physique avantageux) de vieil ex-mafieux, John D’Leo parfait en fils mafieux de vieil,… bref. N’y a que Tommy Lee Jones qui me paraît un peu fatigué pour le rôle mais de le voir bouder lors du show de Fred Black valait bien cette petite surprise.

Le film simplifie le livre bien sûr, normal même. L’humour de l’histoire est toujours présent, bien qu’édulcoré mais comme à peu près tout. Et j’arrête là ma comparaison pour ceux qui n’ont pas lu le livre (mais doivent le faire).

Niveau réalisation je n’ai pas grand-chose à dire. Ce n’est ni mauvais, ni bon. C’est Besson ne faisant pas de bourde ni d’étincelles. Quant au scénario, il aurait fallu être abruti pour saloper une histoire aussi bonne. La famille de mafieux qui, sous couvert de programme de protection des témoins, se réfugie sans un trou paumé de Normandie et a beaucoup de mal à quitter ses vieilles habitudes. C’est de l’or en barres (de rire). Les personnages, surtout, sont  extraordinaires, d’où l’importance d’un excellent casting.

Honnêtement, si je me tiens uniquement au film lui-même, je m’attendais en fait à tellement pire que ça que ça a été un soulagement.

Malavita, c’est aussi la première fois que la VO me laisse dubitatif. C’est l’histoire d’une famille d’américains qui vient en France. Bon, le livre étant en français, j’imagine que Besson a dû gérer qui parle en quoi. Mais entendre tous ces français (collégiens inclus) qui s’expriment parfaitement en anglais (curé exclus. L’honneur de l’Eglise est sauf)… Le choc est rude. Et porte un coup à la crédibilité de l’histoire. Pas que je doute du niveau linguistique de mes compatriotes, mais… si, en fait, si. Le souci de la VF, d’un autre côté, c’est de remplacer les Fuck et autres Fucking (très importants dans Malavita) par des traductions franco-pourries.

J’arrête là, je pourrais écrire sur des pages concernant Malavita mais j’ai trop peur qu’on me dise (encore :p) que mes critiques sont trop longues. En bref, Malavita est un divertissement honnête et sympathique.
J’ai aussi très envie de connaître l’avis de ceux qui n’ont pas lu Malavita.

Ci-joint ma critique du livre. Qui date du temps où j’étais encore jeune et innocent, écrivant des critiques courtes et aérées.


9 mois ferme

Réalisateur : Albert Dupontel

Acteurs : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Philippe Uchan, Nicolas Marié, Jean Dujardin,…

Résumé : Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend… (Source : Cinétrafic)

 

Bande-annonce

-

Est-ce que j’ai aimé 9 mois ferme ? Yep. Est-ce que j’en suis tombé de mon siège (qui grinçait) ? Nop.

9 mois ferme a tout de même fait fort. Effacer 35 minutes d’accumulation de frustration pour cause de pubs intempestives, et ce dès le début, c’est à mettre à son crédit.

Un autre bon point, c’est que le film m’a réconcilié avec Albert Dupontel réalisateur depuis son très décevant Enfermés dehors. Bon, je ne retrouve toujours pas le niveau de Bernie mais on n’peut pas tout avoir !

Albert Dupontel a un certain talent pour créer des personnages. Son personnage de marginal évidemment qui lui va (là aussi, évidemment) comme un gant. Dupontel fait du Dupontel et j’adore ça. La scène où celui-ci ré-imagine le meurtre est d’ailleurs assez tordante. La galerie de personnages secondaires assure aussi le show, de l’avocat incompétent au juge malchanceux jusqu’à l’apparition de Terry Gilliam ou de Jean Dujardin, tous roulent comme sur des roulettes.

Là où je n’ai pas adhéré, c’est… sur le reste. Le film fait 1h20. Ok, génial ça peut permettre un film défilant à un rythme endiablé. Mais j’y ai trouvé des problèmes de rythmes à certains moments, des scènes manquant de pep’s et un scénario trop grossier. Que  certains événements arrivent pile au bon moment (arf, cette difficulté de ne pas spoiler j’vous jure !), pas de problèmes, après tout c’est une comédie, pas un documentaire sur le système judiciaire, Dupontel est en droit de simplifier les choses pour aider l’histoire. Mais bon. Bof quoi. (il est 0h34 j’ai le droit de faire une pause dans mes arguments). Bref, on adhère ou pas. Moi… mouais. Ce serait passé si je n’avais pas espéré plus de dynamisme pour un film aussi court.

Après, la réalisation est quand même chiadée, des dialogues font mouche et la musique habille très bien le film. Mention spéciale au morceau "9 mois ferme" de Camille sur le générique de fin.

Allez, en bref, j’ai passé un bon moment, j’ai ri, j’ai aimé les acteurs (le duo Kiberlain/Dupontel fonctionne super bien) et les personnages. Il n’y a que l’histoire qui ne m’a pas emporté, mais celle-ci est suffisamment originale pour fonctionner, de même que l’humour décalé à la Dupontel marche toujours. Emporté ou non, ça reste pour moi une comédie de qualité.

Ah, petit appel aux personnes qui ont vu le film. J’ai eu le temps d’apercevoir David Marsais & Grégoire Ludig au générique mais je n’ai pas vu pour quoi. Help.


Insaisissables

Titre original : Now You See Me

Réalisateur : Louis Leterrier

Acteurs : Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Morgan Freeman, Isla Fisher, Woody Harrelson, Mélanie Laurent, Michael Caine, Dave Franco, Michael Kelly,…

Synopsis : « Les Quatre Cavaliers », un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, vient de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence. (Source : Allociné)

(excellente) Bande-annonce (bien qu’elle en montre beaucoup trop)

-

Excellent film de divertissement. Insaisissables, à l’instar des 4 Cavaliers, fait le show. Un film à base de magie est souvent synonyme d’efficacité de toute façon (L’illusionniste, Prestige), et encore plus lorsqu’on a une touche d’Ocean’s Eleven

Ce qui m’a d’abord sauté aux yeux c’est le casting 5 étoiles, le talent qui s’en dégage et le fait que chaque acteur va comme un gant à son personnage. Qui aurait cru que Jesse Eisenberg puisse avoir autant la classe ? Ou Woody Harrelson ? (Bon, tout le monde sans doute…)

Les personnages sont, globalement, bien cernés. Le quator de choc est efficace, drôle (leurs répliques sont un délice), mais pas assez présent à mon goût (mais le  film tourne sans doute moins sur eux que sur l’agent du FBI et sa charmante collègue), le duo d’enquêteurs est extra (oui, j’aime beaucoup Mark Ruffalo et Mélanie Laurent), leur alchimie fonctionne plutôt bien, et les seconds rôles ne déméritent pas (pas besoin de parler de Michal Caine ou Morgan Freeman bien sûr). Le seul point négatif, c’est le truc qu’on essaie de faire passer vite fait sur une amourette vers la fin (je ne dirai pas entre qui et qui bien sûr, mais niveau amourette, y en a pas des tonnes).

Réalisation et scénario sont assez proches dans l’opinion que j’en ai : divertissant, très sympa mais… il y a des mais. Des scènes assez énormes (les interrogatoires notamment), du comique de situation bien trouvé, des répliques bien écrites, des tours de magie et des effets spéciaux parfaits, un bon rythme même si celui-ci se tasse au bout d’un certain moment,… Insaisissables regorge de bonnes choses

Le rythme tourne autour des trois numéros de magie. Ca fonctionne bien, on ne s’ennuie pas, etc. Sauf que tout est fait (synopsis en tête) pour mettre le paquet sur le dernier numéro. C’est vrai que c’est pas du numéro d’amateur, m’enfin, je m’attendais à quelque chose de plus… fou, impressionnant. L’éternelle déception des grandes attentes.

L’autre grosse déception c’est un fil de l’histoire que j’ai trouvé mal exploité. (Et là, j’en parle comment moi, sans en dévoiler ? Hmm ? En dévoilant. Vous êtes prévenus ! ;) )
Cette d’histoire de l’Oeil est, je trouve, à la fois mal expliquée (j’ai lu que ça pouvait justement donner lieu à un 2e film, blablabla, bof, un film qui n’est pas conçu dès l’origine comme une saga devrait pouvoir se suffire à lui-même) mais est surtout de trop dans le film. Si cet aspect avait été zappé, le film n’en aurait été que plus solide, moins brouillon avec seulement l’histoire du mystérieux commanditaire. L’histoire s’en serait trouvée simplifiée sans perdre de crédibilité, au contraire même. C’est finalement l’aspect qui m’a le plus dérangé.

Ceci dit, fait assez rare pour être noté, c’est la première fois que j’aime vraiment un film de Louis Leterrier (bon, avec ce casting de rêve, casting dont pas un seul acteur ne me déplaît – à part peut-être Dave Franco que je trouve transparent – ça m’aurait fait mal qu’il gâche tout ça. Leterrier, pas Franco. Non, je ne m’embrouille pas)

Bref, c’est dynamique, efficace, drôle, bien joué et impressionnant. Oui c’est un film dans la plus pure tradition du divertissement américain, et on passe donc un excellent moment. D’autant que la french touch est bien plus qu’une simple touche tant les personnages de Mélanie Laurent, de José Garcia, du Crédit Républicain et de la Nouvelle-Orléans apportent au film.


L’écume des jours

Réalisateur : Michel Gondry

Acteurs : Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Charlotte Le Bon,…

Synopsis : L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite. (Source : Allociné)

Bande-annonce

———-

Que dire de L’écume des jours made in Gondry…

Autant commencer par le début : Le petit Boris Vina, né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray développe très tôt un goût prononcé pour les sudokus, le dessin au feutre Velleda et à ses heures perdues, l’écriture.

[Quelques dizaines d'années plus tard]

J’ai lu L’écume des jours il y a quelques années maintenant, et au moment de voir le film il ne me restait en mémoire que l’univers poétiquement absurde, quelques noms et bribes d’histoire. J’avais toute confiance en Michel Gondry pour l’adaptation, et en Romain Duris pour l’agacement (chacun ses têtes de turc hein).

Michel Gondry a vraiment une imagination débordante. Mais à tel point que celle-ci submerge tout le reste. Une bonne partie du film voit un défilement incessant d’effets spéciaux, de stop motion à en faire une overdose, de trouvailles visuelles,… qu’au bout de 10 minutes je saturais déjà et attendais avec inquiétude les 1h50 à venir. Tout va à 100 à l’heure, laissant à peine le temps de respirer (asthmatiques, emmenez votre inhalateur, épiléptiques, emmenez…euh… faites attention). J’exagère un peu, mais il m’a semblé  avoir à peine le temps de me concentrer sur l’histoire.

En dehors de tout ce déchaînement visuel, je suis resté totalement de marbre sur la rencontre Colin/Chloé. Manque d’émotion, manque d’alchimie entre les personnages (ou acteurs ? Bref…), je n’ai rien ressenti. Heureusement le personnage d’Omar ajoute une touche de bonne humeur salvatrice, les autres personnages secondaires sont tout aussi sympathiques.

Et puis, miracle. Soudain le nénuphar débarque et m’a sauvé le film. Tristesse, mélancolie, peur et déchirements ont eu l’air d’apaiser un Michel Gondry sous ecstasy et de rendre (presque) sympathique Romain Duris. Personnages et décors péréclitent avec talent (sauf la souris qui m’aura cassé les… pieds jusqu’à la fin) dans une intense mais progressive descente aux enfers. Dommage, au final, d’avoir un film en deux temps. Parce que vraiment, je le redis, c’est beau, c’est bien joué, c’est absurde, c’est plein d’imagination.

Niveau acteurs, on trouve de tout : un talentueux Omar Sy, parfaitement choisi pour son rôle (et heureusement, parce que, et j’aimerais qu’on me dise si je suis le seul à penser ça, mais pour moi Omar Sy continue de jouer Omar Sy. Ca lui va bien, c’est sympathique et plein de bonne humeur mais ça reste Omar et j’arrête là ma parenthèse), un très bon Gad Elmaleh parfait (et transformé) en obsédé compulsif, une charmante et discrète Charlotte Le Bon, une Audrey Tautou toujours juste (mais toujours, je continue avec ça avec un jeu très Audrey Tautou, particulièrement sur l’intonation) et… Romain Duris. Pas non plus accroché sur Philippe Torreton, mais là je ne sais pas pourquoi.

Un peu de frustration tout de même sur cette écume des jours. Et d’admiration. Pour Boris Vian cette fois.


Sur la piste du Marsupilami

Film d’Alain Chabat

Avec : Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson,…

Synopsis : Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !
(Source : Allociné)

———-

Après un bon mois sans cinéma, Le Marsupilami d’Alain Chabat était une bonne façon de s’y remettre. Et de répondre par la même occasion à la question : Le dernier film de Mr Chabat sera-t-il plus proche de l’excellent Astérix et Obélix : Mission Cléopatre ou du pas très bon Rrrrrrrr ?

Sur la piste du Marsupilami est finalement entre les deux, le tout allant d’amusant à très drôle (Citerai-je la scène du chihuahua comme 95% des critiques ?). On y retrouve l’humour qui fait la marque de fabrique de l’ex-Nul, tout en étant (un peu trop) lissé et convenu de par un certain nombre de facteurs que je ne saurais analyser.

L’adaptation d’abord : Je connaissais déjà le Marsupilami par les BDs, sans être puriste au point de crier au scandale à la sortie d’un film s’en inspirant. Pour la bête en elle-même, rien à dire, le Marsupilami est magnifiquement fait, tant au niveau du physique que du comportement. Chabat a clairement su s’approprier la bestiole. D’autant que l’histoire en elle-même n’est pas adaptée d’une BD mais créée de toutes pièces (une histoire de droits je crois), la seule vraie question pour moi était donc sur la qualité de l’animal. Pour l’esprit humoristique, avec Chabat aux commandes, il n’y avait pas de tracas à avoir.

Pour le scénario, celui-ci est tout à fait représentatif des comédies : facile à suivre, convenu, sans surprise et c’est tout ce qu’on lui demande. Servi par une galerie de personnages hauts en couleur (mention spéciale à Lambert Wilson) rendant pour le coup le personnage d’Alain Chabat un brin pâlot et celui de Géraldine Nakache un brin sous-exploité.
Du côté des autres acteurs, Jamel fait (encore et toujours) du Jamel, mais ça fonctionne encore.

Le début du film, en revanche, est assez laborieux, donnant pour le coup quelques sueurs froides. L’éternelle galère de devoir mettre en place la situation et les personnages…
Inévitablement, par la suite, quelques passages un brin gnangnans (souvent rattachés au côté sérieux et moralisateur des comédies, notamment au personnage de Jamel qui souffre beaucoup beaucoup que ses enfants ben ils pensent que c’est un vilain menteur…)
Mais passé le début, c’est un Chabat en forme qui arrive à déployer cet humour si Nul. Avec un ou deux crans de moins qu’Astérix pour le rythme et l’humour… et les personnages.

Une comédie réussie de plus donc !


Intouchables

Film d’Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec : François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot, Clotilde Mollet,…

Synopsis : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se téléscoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables. (Source : Allociné)

———-

Autant aller droit au but : J’ai adoré Intouchables.

La bande-annonce et les teasers m’avaient vraiment donné envie (Pour une fois qu’une bande-annonce ne dévoile pas tout le potentiel comique, ça mérite d’être souligné !), les critiques dithyrambiques aussi, bref l’attente était forte. Pari (largement) tenu.

Le film cartonne au box-office (Quoique qu’on voit de tout cartonner au box-office… Mauvais exemple) Enfin disons que cette fois ça ne m’étonne pas! Intouchables est la preuve qu’on peut trouver de bonnes comédies françaises. Et franchement ça fait du bien. Ca faisait bien longtemps que je n’avais autant ri devant un film. La faute aux répliques et scènes cultes, mais surtout naturelles.(On ne sent pas le scénariste devant sa copie pensant "Ah là j’ai trouvé un bon gros gag, ça va vraiment faire rire, aha-ah qu’est-ce que c’est drôle…")

Drôle et naturel donc. Juste aussi. Dramatique sans être larmoyant également. Et le tout sans tomber dans la facilité. Un vrai numéro d’équilibriste. C’est cet équilibre-là, ce traitement de thèmes si souvent malmenés qui fait qu’Intouchables se détache de la masse.
L’histoire de la rencontre entre ces deux hommes qu’absolument tout oppose (Le  banlieusard rencontrant l’aristo qui plus est tétraplégique, je connais plus d’un réalisateur qui nous aurait bousillé ça en moins de deux…) Ici, aucune lourdeur, aucun pathos, rien d’inutile. C’est drôle sans se forcer et c’est sérieux sans être ennuyeux.
Un passage est très révélateur. En gros on avertit Philippe (François Cluzet) de faire attention parce que quand même ces gens des cités ils sont sans pitié hein ! Et Cluzet de répondre "Mais justement je n’en veux pas moi de la pitié" (En gros hein !)

Le handicap pas traité comme un handicap c’est aussi ça la force du film (Les entretiens au début montrent bien le regard condescendant empreint de pitié vis-à-vis du pauvre type dans son fauteuil).
Un petit mot sur les acteurs évidemment : Omar Sy est très bon, très naturel et trouve parfaitement sa place aux côtés d’un François Cluzet magistral. Les rôles secondaires sont bien aussi évidemment mais ces deux acteurs monopolisent ont monopolisé mon attention (Avec un avantage pour Mr Cluzet pour ma part.. Mais je me répète.) Agréable ceci dit de revoir La Dame du Lac de Kaamelott et Gina du Fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Après, tout n’est évidemment pas parfait mais développer serait chercher la petite bête. Intouchables reste parmi les meilleures comédies françaises que j’ai pu voir. Pas seulement grâce à la quantité de rires qu’elle déclenche mais parce qu’elle a ce petit quelque chose de plus qui la fait passer au niveau supérieur.

Bref… Enjoy !

PS : Pas pu le caser ailleurs mais les musiques sont très bien choisies ; Les morceaux connus côtoient une musique originale excellente (Ah ces petits morceaux au piano…) pour un tout très agréable.


The Artist

Film de Michel Hazanavicius

Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, James Cromwell, John Goodman, Penelope Ann Miller, Missi Pyle, Malcolm McDowell, Beth Grant,…

Synopsis : À Hollywood en 1927, George Valentin (Jean Dujardin) est un acteur très célèbre. De son côté, Peppy Miller (Bérénice Bejo) est une jeune figurante. L’arrivée du cinéma parlant va bouleverser leur vie. Lui, autrefois véritable vedette, va tomber dans l’oubli, alors qu’elle va devenir une véritable star du cinéma parlant. Leur histoire d’amour sera alors traversée par de nombreux obstacles. (Source : Wikipédia.fr)

———-

Faire un film muet en noir et blanc à l’époque du tout 3-D, c’était un pari osé. Et bien, pari largement tenu pour Michel Hazanavicius ! Le muet c’est du passé, le film le montre bien, mais il reste très efficace.

Le film démarre sur une mise en abyme. Le personnage, joué par George Valentin, lui-même joué par Jean Dujardin, se fait torturer par les Russes et "hurle" "Je ne parlerai pas !" Le ton est donné. Le film mulitiplie ces petites allusions au muet/parlant.

The Artist se situe au moment où le cinéma a décidé de passer du muet au parlant. Et laissant pour le coup certaines personnes sur le bord de la route. Comme George Valentin, véritable star du muet, mais qui refuse et moque ce changement. "Les gens m’aiment moi, ils n’ont pas besoin de m’entendre". De l’autre côté, Peppy Miller embarque pile au bon moment et devient très vite une star. Les deux se rencontrent, mais l’une monte et l’autre plonge. Pour couronner le tout, la crise de 1929 met le Mr. Valentin sur la paille.

The Artist, c’est la rencontre de ces deux personnages qui, dans un contexte qui a bouleversé le cinéma, s’aiment, s’admirent, mais prennent artistiquement deux directions opposées.

C’est aussi une réalisation impeccable, des plans sublimes, des scènes géniales (Notamment le cauchemar avec "l’apparition" des sons dans un rêve où absolument tout est muet.) et surtout un Jean Dujardin magistral. Car, enlevez les répliques, les couleurs, les effets spéciaux et il ne reste plus que l’essentiel : Le jeu d’acteur pur.

Que ce soit dans les scènes comiques ou dramatiques, Jean Dujardin donne vraiment l’impression d’être à l’aise partout. Son prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes est amplement mérité. Les autres acteurs (Bérénice Béjo, James Cromwell, John Goodman) sont tout aussi impeccables. Le chien également !

Mon seul regret est de n’être pas plus calé sur le cinéma muet. Car on sent, (et on découvre après coup en furetant sur le Net) que le film est truffé d’allusions et de clins d’oeil aux films qui ont marqué ce genre.

Alors que l’idée d’aller voir The Artist n’était justement…hem.. qu’une idée, je pensais qu’il n’était qu’un film-hommage avec un scénario très simple. Une lubie de réalisateur nostalgique. Le scénario reste effectivement très classique (L’histoire d’amour notamment) et ne réinvente pas le genre. Cela marque sans doute une limite du film, il rend hommage à ce cinéma "de jadis" mais n’arrive pas vraiment à le dépasser.

Cependant, l’histoire entre les deux personnages n’est pas vraiment ce qui me restera. C’est ce personnage, qui se débat dans le tourbillon de la modernité et ce côté "Temps qui passe, société qui change, progrès en marche" réalisé à la façon de ces films-là justement, ceux qui ont disparu très rapidement, que je trouve très fort. Du genre "Oui , nous avons disparu, oui nous sommes désuets mais n’empêche que vous êtes scotchés sur vos sièges les gars…"


The Prodigies

Film d’Antoine Charreyron

Synopsis :Jimbo est un enfant roi, sorte de prodige inouï doté de capacités mentales inimaginables; il a grandi et est devenu un homme épanoui seulement il sait que quelque part il y a des enfants qui lui ressemblent et il veut les trouver et les réunir. Sa quête l’emmène à découvrir cinq adolescents comme lui incroyablement surdoués, capables même de manipuler les esprits. Mal dans leur peau, portant chacun leur lot de doutes et de souffrance, ils sont heureux de se trouver enfin des semblables…Mais leur joie est de courte durée : une nuit, dans Central Park, à New York, les cinq ados sont sauvagement agressés. Après avoir vécu l’horreur, ils décident d’agir ensemble pour se venger. (Source : Allociné) Adaptation du roman La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric, publié en 1981.

———-

La BO de The Prodigies m’avait vraiment donné envie de le voir : Un film d’animation fantastique (français, ça change en plus !) plutôt tourné vers un public adulte-ado avec comme protagonistes des jeunes-à-pouvoir et le tout servi par des graphismes fort sympathiques.

Au final, un bon film d’animation effectivement, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu. Par les graphismes notamment, c’est un style plutôt épuré, on n’a aucun détail (Et ça se voit surtout au niveau des visages, complètement figés), et c’est par moments même assez..rustique, voire bâclé. Globalement, ils se défendent pas trop mal, mais en surface seulement. J’ai bien aimé le design « général » tout en regrettant ce côté minimaliste (Les cheveux/barbes à la playmobil ça ne me dérange pas, la peau réduite à une couleur uniforme et sans expression un peu plus)

Par contre, il y a ces scènes épurées jusqu’au maximum, apparaissant dans des moments extrêmes : Fond blanc, aucun décor et les « méchants » transformés en monstres sanguinaires, superbe. Couleur bleu au lieu du rouge sang, formes géométriques à la place de giclées de sang, etc…

L’histoire, elle, est bien fichue (Dommage, la scène du bunker vers la fin  est… peu/pas crédible/satisfaisante  à mon goût, ça part un peu trop dans le n’importe quoi.) Le thème des cinq jeunes très intelligents  pouvant aussi contrôler les esprits et les corps des autres est bien traité. Ici pas de super-héros, mais des « enfants-rois » qui utilisent leurs pouvoirs pour se venger de ce monde qui les a toujours rejeté, agressé. Élément déclencheur : Une agression très violente (Laissez vos enfants chez vous ;-) ) dans Central Park, qui les fait basculer du côté obscur. Ou quand les victimes deviennent des bourreaux implacables et surpuissants. Cet aspect là de changement de rôle est bien sympathique par contre.

On est bien tenu en haleine de bout en bout, et la fin ouverte est plutôt satisfaisante. J’ai aussi apprécié le fait d’avoir droit un film d’animation qui peut être aussi dur qu’un film normal. (Est-ce que c’est une question de nationalité je n’en sais rien du tout !) Mais il manque quelque chose pour faire de The Prodigies un film d’animation incontournable.

Ah et dernière chose : Décidément la 3D continue film après film à prouver sa totale inutilité… (Car oui, c’est un film en 3D, mais ma critique aurait été exactement la même si je l’avais vu en 2D.)


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 85 autres abonnés

%d bloggers like this: