Archives de Catégorie: Réalisateurs canadiens

Cosmopolis

Réalisateur : David Cronenberg

Avec : Robert Pattinson, Jay Baruche, Paul Giamatti, Samantha Morton, Kevin Durand, Juliette Binoche, Sarah Gadon, Mathieu Amalric,…

Synopsis : Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie. (Source: Allociné)

———-
Pas facile d’en parler. Pour la simple et bonne raison que je ne pense pas avoir compris tout le film.

Le plus bizarre c’est que j’ai aimé Cosmopolis.

Un type, génie multi-milliardaire de la finance, sillonne la ville en limousine, à travers émeute, problèmes de circulation divers et ses rencontres, dans et hors de la voiture, avec toutes sortes de personnages, et comme but : aller chez le coiffeur. Avec ça, on ne touche qu’à l’aspect le plus terre-à-terre du film.

J’aimerais dire que l’essentiel est ailleurs, dans les dialogues, les idées, les réflexions. Bon, je le dis. Mais sans vraiment pouvoir l’argumenter. Le site Excessif critique beaucoup mieux que moi cet aspect.

Le film a "quelque chose" pourtant. Un petit truc qui, pour ma part, l’a rendu quasi hypnotisant. Par l’attitude de ses personnages décalés, à l’air souvent complètement stone et détaché du monde, qui parlent de choses qui doivent sans doute parler à eux seuls. La photographie aussi, a été une part de l’ambiance étrange de Cosmopolis. Et ces rappels à la réalité, entre deux dialogues interminables (ce qui n’est pas forcément péjoratif hein !).

Indéniablement, il y a une "patte" (après, je suis loin de connaître assez David Cronenberg pour dire que je reconnais la sienne), plus que pour A Dangerous Method.

Niveau acteur, je ne parlerai que de Robert Pattinson, très crédible dans son rôle. Le seul problème du film pour les acteurs c’est qu’il ne laisse pas vraiment libre cours à leur créativité. La palette d’expressions est assez étroite. Conséquence de ce détachement général. D’autant que les rôles se succèdent assez vite durant les 1h48 que dure le film. Du coup seul le bon Robert parvient à s’exprimer (Ah si Mathieu Amalric apporte une belle touche de folie). C’est un peu le souci du film d’ailleurs (toujours pour moi hein ! La personne qui a quitté la salle assez rapidement n’a semble-t-il pas le même avis bizarrement). Pourtant, la priorité n’est pas donné qu’aux dialogues, la réalisation, les décors et les costumes, tout semble très soigné.

Bref, pour une raison que j’ignore, j’ai aimé Cosmopolis mais David Cronenberg tire tout de même un peu trop sur la corde. Un bon quart d’heure de moins n’aurait pas été un mal. Dommage d’ailleurs puisque la dernière scène et la confrontation avec Paul Giammati est assez excellente.

Le film tout entier est plein de surréalisme, de décalage, amplifié par cette limousine où se déroule une bonne partie du film et qui ne laisse passer aucun bruit venant de l’extérieur. Une sorte de bulle protectrice.

La critique est faite à chaud, cette fois, mais Cosmopolis mérite sans doute un deuxième visionnage (pas au cinéma, faut quand même pas pousser, d’autant que Spiderman et La part des anges font la queue), de s’y attarder un peu,d’en lire des analyses… Content de l’avoir vu en tout cas. Ca permet aussi de mieux apprécier l’extrême diversité d’opinion des critiques. Apparemment, Cosmopolis, on aime ou on déteste.


A Dangerous Method

Film de David Cronenberg

Avec : Viggo Mortensen, Keira Knightley, Michael Fassbender, Vincent Cassel, Sarah Gadon,…

Synopsis : Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d’hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud… (Source : Allociné)
———-

Le moins qu’on puisse dire sur A Dangerous Method c’est que c’est un film bavard.

Des psys parlant de leurs méthodes (Assez dangereuse est-il besoin de préciser), de leurs patients, de leurs visions de la psychanalyse, de leurs propres rêves, des psys parlant avec leurs patients, des patients qui influencent des psys, des psys qui doutent, des doutes qui font naître des ruptures,…

Les discussions de Freud et Jung côtoient l’aventure de Jung et de Sabina Spielrein, patiente-collaboratrice-consoeur-maîtresse-amie,…
Si l’adultère de Jung a une place essentielle dans le film, l’évolution des rapports entre Jung et Freud est tout aussi intéressante.

Niveau interprétation, rien à dire : Un Michael Fassbender impeccable (Une fois de plus) en Carl Jung tiraillé entre sa vie privée mouvementée empiétant sur sa vie professionnelle qui l’est tout autant, Viggo Mortensen également, très bien en patriarche sûr de lui,  très catégorique dans ses croyances et Keira Knightley, et bien… fait sa part de travail.

La réalisation en elle-même est très classique, effacée et finalement très théatrale. Et conséquence de l’effacement de la forme, le fond prend son essor. Les dialogues  prennent le premier rôle, au risque sans doute de perdre l’attention du spectateur. Heureusement la puissance du thème (La psychanalyse, pas l’adultère), la force des rapports entre les protagonistes et les discussions entre psychanalystes empêchent toute somnolence.

Si A Dangerous Method n’est pas le film de l’année il s’en sort brillamment et avec ses 1h40 réussit à ne pas paraître trop long.

Il peut aussi être intéressant de voir A Dangerous Method et Shame dans un court laps de temps, histoire d’être une thématique Michael Fassbender/sexualité !


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 68 followers