Archives mensuelles : février 2012

La Taupe

Film de Tomas Alfredson

Avec : Gary Oldman, Colin Firth, Tom Hardy, Mark Strong, John Hurt, Benedict Cumberbatch,…

Synopsis : George Smiley est l’un des meilleurs agents du "Cirque", quartier général des services secrets britanniques. Alors qu’il vient à peine de prendre sa retraite, le cabinet du Premier Ministre fait de nouveau appel à lui. Le centre de Moscou, leur ennemi juré, aurait un agent double, infiltré au sein du Cirque. Smiley est chargé de démasquer la taupe parmi ses anciens collègues. (Source : Allociné)


Je ne serai pas aussi catégorique que le Times "Grandiose" ou que le Point "Le meilleur du film d’espionnage" (Je ne m’y connais pas assez d’ailleurs), je me contenterai de dire que La Taupe est un excellent film (et c’est déjà pas mal).

La Taupe dispose d’atouts de poids (en plus de ses pattes puissantes) : ses acteurs, son scénario (adapté du livre de John le Carré) et son réalisateur (Même si celui-ci n’a jusque là réalisé qu’un film, mais quel film aussi… Morse, que je recommande vivement).

Un mot pour décrire La Taupe : (La) classe. La classe de ses acteurs (Gary Oldman, impressionant de sobriété, Colin Firth, l’élégance personnifiée, Benedict Cumberbatch, qui prouve que son talent ne demande qu’à être exploité, Mark Strong, impeccable, Tom Hardy, qui réussit une belle performance malgré sa coupe de cheveux, etc…) La classe du milieu de l’espionnage de l’époque et de ces années-là en général également,…

Pourtant quand on a "classe" et "espionnage" dans la même phrase on peut facilement avoir en tête James Bond (et je ne parle pas de l’éternel débat de qui incarne le mieux l’élégance de 007…). Rien ne serait plus éloigné de la vérité, déjà parce qu’il n’y a ici qu’espionnage, intrigues (un brin obscures par contre. C’est dommage), manipulations et réalisme, mais aussi car George Smiley est le parfait anti-James Bond. Et j’arrêterai là la comparaison !

Deux heures pour trouver la taupe ; pas trop de longueurs et un peu de temps pour le film à se mettre en place. Peut-être une tentative de Tomas Alfredson de laisser le temps au spectateur de s’immiscer dans cet univers assez complexe ou à lui-même de trouver ses marques ? (J’essaie de trouver des excuses, je n’ai pas dit qu’elles étaien bonnes)

Impossible de parler du scénario, mais l’essentiel est dans cette phrase (que je n’arrive pas à me sortir de la tête…) "There is a mole, right at the top of th Circus [le surnom du MI-6]". Je peux seulement en dire, d’après ma maigre expérience du film d’espionnage, que La Taupe est un film très classique, plus du classique-efficace que classique-sans saveur bien sûr. Quelques bons ingrédients également, en plus de ceux déjà cités, notamment deux personnages-clés de l’histoire… qu’on ne voit pas, ou du moins qu’on ne fait qu’apercevoir. Ou l’art de distiller le mystère au compte-gouttes.

Pour le reste… et bien que les amateurs de film d’espionnage se réjouissent, La Taupe est une réussite. Pas de quoi renouveler le genre mais qui y fait honneur.

L’occasion aussi de confirmer le talent d’une bonne fourchette d’acteurs et d’un réalisateur. (Bien que Morse, dans un genre très différent certes, m’ait plus marqué que La Taupe)

Je ne le précise habituellement pas, mais je recommande vraiment de voir La Taupe en VO !

Un vrai bijou cette bande-annonce, isn’t it ?


Sherlock Holmes: Jeu d’ombres

Film de : Guy Ritchie

Avec : Robert Downey Jr., Jude Law (V. F. : Xavier Fagnon ; V. Q. : Martin Watier) : Dr. John Watson, Jared Harris, Noomi Rapace, Rachel McAdams, Stephen Fry, Kelly Reilly,…

Synopsis : Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d’avance et semble tout près d’atteindre son objectif. S’il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l’Histoire pourrait bien en être changé à jamais… (Source : Allociné)


On reprend les même et on recommence. A quelques différences près of course.

On retrouve avec plaisir ce bon vieux Sherlock, toujours aussi talentueux et conscient de l’être, le Dr Watson qui cette fois vit avec sa femme mais n’arrive pas encore à couper le cordon, et… globalement c’est tout. Irène Adler, hélas, ne dure pas tout le film (je n’en dévoilerai pas plus) mais on voit avec joie l’apparition du frère de Sherlock, le cher Mycroft, personnage assez… intéressant et bien défini (interprété par un Stephen Fry toujours en forme). J’ai eu un peu plus de mal avec Sim, la gitane accompagnant les deux compères. C’est là tout le problème de vouloir caser à tout prix un personnage féminin aux côtés du héros, une sorte de syndrome "James Bond girl".

L’univers de l’opus précédent est toujours là, à ceci près que le cadre dépasse les frontières de l’Angleterre et nous fait voyager à travers toute l’Europe. Et c’est là que ce deuxième film arrive à se détacher du premier, à la fois dans le choix du méchant et dans la dimension internationale des péripéties.

Le méchant d’abord. On n’a plus à présenter le professeur Moriarty, génie du crime et égal intellectuel de Sherlock Holmes. Le personnage mythique trouve ici un acteur à sa hauteur en la personne de Jared Harris.

C’est un tout finalement très cohérent ; un super-méchant, l’Europe et la mission de sauver la civilisation européenne. Ca donne tout de suite un côté plus américain au tout (Sherlock devra-t-il sauver le monde la prochaine fois ?) mais l’époque justifie pleinement ce choix.

Pour ne pas faire trop long, on pourra citer en vrac et comme piliers du film la qualité des dialogues (Ah, cet humour toujours finement distillé…), le jeu de Robert Downey Jr toujours très à l’aise dans le rôle du gars très doué, sauf dans les relations humaines, et définitivement tête à claques tout en étant très attachant (Un classique finalement…), le duo Sherlock-Downey Jr/Watson-Jude Law qui fonctionne toujours aussi bien et le face-à-face avec Jared Harris.

Le film dépasse les 2h mais grâce à la réalisation dynamique de Guy Ritchie, tous les éléments cités précédemment et quelques scènes marquantes, on ne voit pas vraiment le temps passer.

Sherlock Holmes : Jeu d’ombres ne pouvait de toute façon qu’être un succès : De l’humour, de l’action "d’époque", et l’univers (même très librement adapté) de Sherlock Holmes : le trio gagnant.

Pour la fin, elle aura peut-être surpris ceux qui ne connaissent pas les aventures du célèbre détective et aura été l’occasion pour les autres de voir une énième adaptation du combat final Sherlock/Moriarty.

C’est aussi l’occasion aussi de très vivement recommander la (géniale) série britannique Sherlock avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman. Une autre adaptation plus que réussie et très différente du Sherlock américain.

Bande-annonce : Sherlock Holmes jeu d’ombres (Vostfr)


Millenium

Titre complet : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Film de David Fincher

Avec : Rooney Mara, Daniel Craig, Robin Wright, Stellan Skarsgård, Christopher Plummer, Joely Richardson,…

Synopsis : Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares… (Source : Allociné)


Pour Millenium, il est important de préciser que je n’ai pas lu les livres ni vu les films suédois. Je ne connaissais strictement rien à cet univers, David Fincher m’a donc servi de guide.

Et quel guide !

Histoire d’être sûr de bien en mettre plein la vue dès le début, mister Fincher se paie le luxe d’un générique de début prenant la forme d’un clip magnifique aidé d’un remix d’Immigrant Song de Led Zeppelin. Ca, c’est fait…

Pour la suite, je ne suis pas très familier du genre policier mais l’histoire est tout de même sacrément riche et bien construite. (Pas besoin de développer là-dessus je pense). Doublé du fait que David Fincher est très doué, et c’est un euphémisme, pour le genre du thriller, je n’ai eu aucun mal à rentrer dans l’histoire et à y rester malgré les 2h40 du film. Tout au plus une légère impatience de voir réunis les deux personnages principaux.

L’univers de ce premier tome de Millenium ne respire déjà pas la gaieté et la joie de vivre mais David Fincher contribue à développer cette ambiance froide et glauque.

A propos de ces personnages d’ailleurs, si le personnage de Mikael Blomkvist est sympathique et doué dans son métier, il me reste surtout en tête la ténébreuse Lisbeth à qui la complexité donne tout son intérêt. Rien à redire sur les interprétations impeccables des deux acteurs, mais il faut bien avouer que celle de Rooney Mara a tendance à un peu plus marquer…

Une ambiance glaçante grâce au trio Fincher-Thriller-Suède, un suspense maîtrisé d’un réalisateur que je continue à adule… adorer. Pas besoin de beaucoup plus développer ; C’est du lourd.

Bref, une première incursion réussie au sein de Millenium.


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