Archives mensuelles : septembre 2011

Désobéir à Big Brother

Auteur : Le collectif "Les Désobéissants"

4e de couverture: Biométrie, logiciels espions, vidéosurveillance, RFID, GPS… Arc-boutés sur les technologies de pointe et forts de l’arguments "anti-terroriste", pouvoirs publics et industriels développent des modes de contrôle social de plus en plus sophistiqués. Or, ni la menace de ces "outils" sur les libertés, ni leurs effets à long terme sur le lien social ne font l’objet d’un débat.Pour ces raisons, des collectifs de désobéissants s’efforcent de résister à cette nouvelle société de surveillance.

Désobéir : des données pour comprendre, des arguments pour discuter, des conseils pratiques pour s’opposer.

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Livre reçu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. (Que je remercie une fois de plus ainsi que les Editions Le passager clandestin.)

"Les Désobéissants sont un collectif activiste qui forme à la désobéissance civile et accompagne ceux qui entendent se battre pour le bien commun." (Les Désobéissants, Désobéir à Big Brother, le passager clandestin, 2011)

Ce livre, assez mince, est organisé en 3 parties ; Le développement de la société à la Big Brother à travers des dates, des événements (Lois, évolution des méthodes de sécurité,… – Un historique des résistances à cette même société – Comment agir pour se protéger. – Une bibliographie pour se documenter plus en profondeur clôt le livre.

Une cinquantaine de pages pour avant tout sensibiliser le lecteur. Et c’est, au final, bien suffisant. Pas de grands discours militant, moralisateur ou apocalyptique (Ce dont j’avais un peu peur) ; seulement les faits, mais aussi questions et réflexions qui permettent  d’enrichir grandement le livre. Pas de prétention d’exhaustivité non plus, mais des questions, des pistes et surtout des ressources pour aller plus loin.

Désobéir à Big Brother donne des clés à la fois pour comprendre ce qui se passe et savoir comment se protéger, tord le cou à quelques idées reçues et avant tout sensibilise avec justesse. Et le défi était de taille, car avec toutes ces lois liberticides (Loppsi 2 n’a rien à envier au Patriot Act par exemple), ces technologies d’entreprises développées pour amasser le plus d’infos possibles sur les consommateurs, etc… il est au final bien difficile de s’y retrouver.

A destination de ceux qui souhaitent y voir plus clair ou même de ceux qui étalent leur vie privée partout où ils le peuvent sans se poser de questions.

Un bon petit livre pour un grand débat ; Désobéir à Big Brother devrait être lu par chacun.

Et une citation qui résume, selon moi, assez bien tout cela:

Le développement de ces technologies et autres pratiques invisibles illustre à quel point la société de surveillance fait plus confiance aux machines qu’aux êtres humains : avec une machine, on ne parle pas, on ne négocie pas. Réputées infaillibles, elles suppriment la possibilité de toute confrontation, de tout arrangement entre le citoyen et l’autorité. C’est la "tolérance zéro", l’enterrement de la confiance. C’est donc le fondement même du contrat social qui est menacé. Notons au passage que nous rendons un service non négligeable aux partisans de cette logique de surveillance généralisée en adoptant si facilement les nouvelles technologies.

p17

Un petit extra :

Présentation des Big Brother Awards – Wikipédia


La rose de saphir

Auteur : David Eddings

Saga : La trilogie des joyaux – Tome 3 sur 3

4e de couverture: Emouchet a retrouvé le joyau légendaire. Il libère la reine Ehlana du trône de cristal, ce cocon qui la maintenait en vie tandis qu’il cherchait un remède à son mal mystérieux. Quelle déception pour l’empoisonneur, qui avait programmé secrètement l’extinction de la dynastie ! Et quelle tentation pour l’immonde Azash, dieu aîné des Zemochs, qui a besoin de la pierre sacrée pour devenir maître du monde !Mais il ne suffit pas d’avoir repris le joyau, il faut maintenant le protéger. Carsi l’empoisonneur arrivait à ses fins, il ne se contenterait pas d’usurper le trône, il pourrait livrer à son maître caché le joyau lui-même.
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Troisième et dernier tome de cette trilogie.

 
Dans la lignée des deux autres. Ce 3e et dernier tome clôt avec brio cette trilogie. Enfin… Il fait plus que clore étant donné qu’il est plus long que les deux autres réunis. On sent comme une envie de l’auteur de faire deux tomes en un. Quelques longueurs pour le coup.

 
J’ai lu ce 3e tome, il y a quelque temps maintenant, et l’impression qu’il laisse est assez révélatrice finalement. Un très bon moment de lecture mais pas inoubliable. (La saga de la Grande Guerre des Dieux, elle, est inoubliable) Ce tome répond à de nombreuses questions, clôt les différentes intrigues, approfondit certaines choses… (Où l’on apprend que le Bhelliom n’est pas qu’un simple caillou mais est bien plus que ça) En somme, fait son travail de clôture. Tout comme la trilogie fait son travail de divertissement dans les règles, ni plus ni moins. (Moins que la Grande Guerre des Dieux et plus que les 2 tomes d’Althalus)

 
J’ai beaucoup apprécié l’épilogue par contre. David Eddings a eu l’heureuse idée de ne pas terminer sur un happy end. Les problèmes du quotidien ressurgissent. La page de l’extraordinaire est tournée, il faut replonger dans l’ordinaire et son lot de malheur. On a même le luxe d’avoir une surprise pleine de potentiel.

 

Une trilogie de Fantasy somme toute assez classique et qui a pour elle le style du Maître Eddings.

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T1 – Le Trône de Diamant de David Eddings

T2 – Le chevalier de rubis de David Eddings


L’avenir commence demain

Auteur : Isaac Asimov

Résumé: Voici quelques aperçus étonnants sur les " futurs probables " qui attendent notre humanité. Tous les ennuis du monde est l’histoire tragique d’un ordinateur géant, Multivac, qui, doué d’une puissance intellectuelle illimitée, découvre un jour la " difficulté d’être ". L’affreux petit garçon raconte comment un jeune néandertalien arraché à notre préhistoire est devenu le cobaye d’une impitoyable expérience scientifique. Avec un mélange inimitable d’humour et de réalisme, combinant la science et la fantaisie, Asimov parvient magistralement dans ce recueil de neuf récits, désormais classique, à nous dévoiler l’imprévisible.

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Je me demandais au début comment parler de ce recueil de nouvelles. Et puis finalement, chaque nouvelle allant du très bon au génial, il m’apparaît tout naturel de traiter de chacune d’entre elles.

Tous les ennuis du monde – Un super-ordinateur qui gère la planète entière, et à qui chaque individu confie ses pensées, ses secrets, ses actions… Une sécurité totale, une liberté nulle. Mais cet Ordinateur est sans doute un peu trop évolué pour son propre bien-être.

Profession – Une société où chaque homme à travers des tests se voit assigné le métier qu’il lui faut, ensuite les connaissances lui sont inoculées en une fois. Plus d’apprentissage sur le long terme, pas assez rentable. Mais qu’arrive-t-il à ceux, dont George le héros, qui n’entrent pas dans une case et préfèrent penser par eux-même ?

Sept fois neuf – Un homme, petit technicien de seconde zone a redécouvert le calcul mental, sans ordinateur et c’est toute la société qui s’en trouve bouleversée. Le calcul mental comme moyen de se sortir de la domination des ordinateurs. Car, qui aurait cru que l’humain pouvait imiter l’ordinateur ?

La nuit et la mort – Cette nouvelle est plus classique mais tout aussi agréable à lire. Elle se présente sous la forme d’une nouvelle policière avec 4 hommes voulant trouver le coupable et se soupçonnant l’un, l’autre. Très Hercule Poirot avec tous les suspects dans la même pièce.

Je suis à Port-Mars sans Hilda – Plus légère, humoristique mais tellement bien écrite (A la 1ère personne) que l’immersion est immédiate. 3 suspects, 1 coupable à trouver. Sachant que l’agent en charge est obnubilé par une femme qu’il doit retrouver…

Les tendres vautours – Nouvelle très intéressante, elle est uniquementdu point de vue d’extra-terrestres observant la Terre. Un point de vue trop rare en SF. Il est question de l’évolution technologique menant au nucléaire. Le tout manque un peu de consistance mais reste agréable à lire.

Avec un S – Un homme veut changer de vie, va consulter un numérologue qui lui donne la réponse. On ne voit pas trop où tout cela mène, c’est même un peu confus et la fin donne une nouvelle dimension au tout. Bien amené !

L’ultime question – Une des meilleures, si ce n’est la meilleure. On retrouve le super-ordinateur de la 1ere nouvelle, mais cette nouvelle-ci se déroule sur des centaines de milliards d’années. Quelque soit l’époque, une même question posée à l’Ordinateur ne trouve pas de réponse… Et lorsque celle-ci arrive… Une fin de génie !

L’affreux petit garçon – La dernière reprend le thème connu des interactions entre époques. Et plus que la dimension scientifique c’est une nouvelle pleine d’émotion. Il est écrit sur Wikipédia que c’était une des nouvelles préférées d’Isaac Asimov.

Toujours intelligent, surprenant, drôle et/ou ironique (L’homme qui considère le fait de revenir au tout-manuel et se passer totalement des machines comme un progrès. Mais trouve en fin de compte le moyen d’améliorer ses compétences pour mieux faire la guerre..), ce recueil de nouvelles laisse s’exprimer le génie d’un Asimov maîtrisant parfaitement l’art de la nouvelle.

Chaque nouvelle traite d’un thème bien précis ; Le tout sécuritaire, l’apprentissage, le nucléaire, la place de l’homme dans l’Univers, et en règle générale la nature humaine avec tous ses travers, ses perversions, mais aussi parfois ses bons côtés.

Chaque chute est soit étonnante soit tellement bien amenée qu’on en reste bouche bée. Ce recueil a été écrit en 1959 et pourtant le style me laissait penser que le tout avait été écrit bien plus tard.
Un excellent moyen de découvrir le maître !

[...] Donc sept fois trois, cela fait vingt et un.

- Et comment pouvez-vous le savoir ? demanda le député

- Je me le rappelle tout simplement. Cela donne toujours vingt et un sur l’ordinateur. Je l’ai vérifié à de nombreuses reprises.

- Ce qui ne signifie pas qu’il en sera toujours ainsi, n’est-ce pas ? objecta le député.

p128


Cent ans

Auteur : Herbjorg Wassmo

Résumé: Sara Susanne, Elida et Hjørdis, sont respectivement l’arrière-grand-mère, la grand-mère et la mère de la narratrice. Cent ans est le roman de leurs vies, des hommes qu’elles voulaient et des hommes qu’elles ont eus, des enfants auxquels elles ont donné naissance. C’est aussi l’histoire d’une petite fille qui se cache au grenier pour l’éviter, lui. Elle a un crayon jaune qu’elle taille avec son couteau de poche et qui lui sert à écrire. A survivre.

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Gros coup de coeur sur cette grande fresque familiale et féminine sur fond de Norvège du XIXe, XXe

C’est le genre de roman dans lequel on trouve absolument tout : Un background riche, des personnages bouleversants et si… humains, un style puissant, réaliste et sans fioritures, une construction fine qui fait alterner les époques avec virtuosité… (Et même une belle couverture, que demander de mieux ?)

J’ai été complètement emporté par ces vies de femmes ; Sara Suzanne (L’arrière-grand-mère), et Elida (La grand-mère) en particulier, Hjørdis (La mère) mais personnage mineur, traitée surtout à travers sa mère et sa fille, et la petite dernière, Herborg (La narratrice) qui débute chaque cahier (6 au total)

A travers Sara Susanne et Elida, on est plongé dans l’Histoire et la culture norvégienne. Enrichissant.

Sara Susanne, c’est aussi la vie dans le Nord de la Norvège, l’apprentissage de l’amour, de la vie de couple, de famille… de la vie tout court, mais aussi la rencontre et le mariage avec un homme bon et bègue, une relation forte avec un pasteur…
Elida c’est la vie avec un mari amoureux et malade, la découverte des différences Nord/Sud, et tout un tas d’autres thèmes…

Et au milieu de tout ça des tas d’enfants !

Et finalement, Herborg, la petite fille qui subit sa présence, et nous emporte dans un univers bien différent de ses aïeules… Différent et fort.

Cent ans foisonne de tellement de thèmes et de personnages différents, le style et l’ambiance du livre sont tellement prenants, voilà un livre que j’appelle volontiers un chef-d’oeuvre !


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