Seconde Fondation

Auteur : Isaac Asimov

Saga : Cycle de Fondation – Tome 3 sur 7 (Dans l’ordre d’écriture)

Résumé: Conçue par le psychohistorien Hari Seldon pour restreindre l’ère de chaos résultant de la décadence de l’Empire galactique, La fondation est désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d’imposer sa volonté à quiconque. Avec ses pouvoirs et les immenses ressources que lui procure La fondation, il s’est donné pour objectif d’étendre sa domination aux ultimes vestiges de l’Empire défunt.Mais déjà une nouvelle Légende prend forme : il existerait une Seconde Fondation, consacrée aux sciences mentales, œuvrant de façon occulte pour garantir l’accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon…

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Troisième tome du Cycle de Fondation. (J’ai toujours trouvé bizarre qu’on ne dise pas Cycle de la Fondation… M’enfin bon… Sans doute une tentative de trouver un défaut à cette saga)

Toujours aussi prenant, aucune lassitude à l’horizon. D’ailleurs, ayant déjà lu quelques sagas, ici il est impossible de se perdre, ou de confondre les différents tomes.

Seconde Fondation est divisé en deux parties, l’une consacré au Mulet, conquérant imprévu du plan Seldon, formant une continuation avec le second tome. Et l’autre consacré à la Seconde Fondation. Le titre du livre ne se limite toutefois pas à cette seconde partie puisque le Mulet consacre toute son énergie à trouver cette Seconde Fondation, aussi énigmatique à ses yeux qu’aux nôtres.

Pour essayer de faire apprécier cette construction : La 1ère partie du 3e tome forme une continuité avec le 2e tome partageant un même sujet : Le Mulet. Et les 2 parties du 3e tome forment un ensemble consacré au sujet de la Seconde Fondation. Les thèmes se chevauchent, et le tout avec naturel et simplicité.

J’avais peur, au début, d’une certain lassitude au fur et à mesure des tomes. Mais Isaac Asimov sait surprendre (Je ne devrais même plus en être surpris d’être étonné désormais…) L’intrigue autour de cette Seconde Fondation est sublime, et ce aidé par différents points de vue. Et en guise de coup de pouce : LA dernière phrase à la fin du chapitre qui est souvent fatale.)

C’est aussi cela qui me fait aimer Isaac Asimov : Il pense à tout. Sa vision du court terme, du long terme, les implications de telle action, etc… Les questions qu’on ne se pose pas trouvent des réponses au même titre que les questions qu’on se pose.

Mais la chose que je retiens surtout de ce 3e tome  est l’antagonisme entre la Première et la Seconde Fondation. Pas une gentille et une méchante Fondation mais Une dirigeant le Plan et l’Autre en faisant partie. Et je m’arrête là, de peur de trop en dire. Mais toute la psychologie de cet ensemble est formidable !

J’ai essayé, pendant ma lecture, de jouer au plus malin avec l’auteur, essayer de deviner les intentions, essayer de trouver l’emplacement de la Seconde Fondation en même temps que les personnages, démasquer les espions… (Le lecteur a plus d’informations qu’eux après tout, vu l’accès à différents points de vue) On se prend donc très vite au jeu. Mais évidemment, sans grande surprise, Isaac Asimov sait gérer son affaire, et on finit par applaudir (Au sens figuré pour ma part).

Et la toute dernière phrase : La cerise sur le gâteau !

Asimov, un maître de la SF certainement, mais de la manipulation, de l’intrigue aussi. (Et là je tiens à préciser à ceux qui auraient peur de commencer de la SF : Ici, pas de grandes batailles spatiales, mais de la finesse !)

Plus généralement, une chose me fait sourire ; C’est la place centrale que joue le nucléaire dans le summum de la technologie de cet univers. On passe aisément par-dessus mais j’aurais aimé qu’Asimov soit encore vivant pour voir la place du nucléaire aujourd’hui… et ses conséquences.

Hem… Il va falloir que j’essaie de faire des critiques plus courtes désormais…

Fondation

Auteur : Isaac Asimov

Saga : Cycle de Fondation – Tome 1 sur 7 (Dans l’ordre d’écriture)

Résumé: En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir.
Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici cinq siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : La fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

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Version courte :

Un chef d’oeuvre ! Bien résumé par ce passage :

« Qu’ai-je à me soucier de l’avenir ? s’écria Mallow. Nul doute que Seldon l’a prévu et qu’il a préparé sa venue.

[…] A mes successeurs de résoudre ces problèmes, comme je viens de régler celui qui nous occupe aujourd’hui. »

Version longue :

On a de grandes attentes en commençant certains livres. Fondation en fait partie. Et le moins que je puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu. Une fois le livre fermé plusieurs réactions : L’admiration, devant tant d’intelligence (Oserais-je dire de génie ?…. Oui) Après tout, la théorie de la psycho-histoire est fascinante. La curiosité aussi, accrue quant à la découverte du reste du cycle, la frustration de l’avoir terminé aussi rapidement (Le livre est relativement court),…

Fondation est divisé en 5 parties, chacune séparée dans le temps par des dizaines d’années. Sauf sur 2 parties, on ne suit donc pas les même personnages. J’ai pu lire certaines réactions, critiquant le fait qu’on ne puisse du coup pas s’attacher aux personnages, et bien ce n’est pas du tout mon cas ! Les personnages ne sont que des pions au service de la Fondation, on ne s’attache pas à eux mais au projet en lui-même. Le personnage principal est comme le titre l’indique, la Fondation. Suivre l’histoire d’une société plutôt qu’un individu est au final d’une richesse extraordinaire.

Le scénario illustre bien tout le génie d’Asimov. Au fur et à mesure de la lecture lorsque je me posais certaines questions, les réponses apparaissaient toujours rapidement dans le fil du récit. Et à chaque fois la même admiration se faisait sentir.

Ingénieux, tortueux, intelligent et le tout en un seul volume, mais qui, paradoxalement nous pousse à vouloir en savoir toujours plus.

Les ellipses entre les différentes parties nous font explorer l’univers sous toutes ses coutures. La lecture prend du coup une tournure historique, et cette observation sur des dizaines d’années (Pour le moment. Ce n’est que le tome 1 après tout) ajoute bien des choses à ce roman.

Malgré sa complexité l’ensemble reste très cohérent et le style d’Asimov, très fluide et toujours axé sur les dialogues, y est pour beaucoup.

Si il fallait trouver un point négatif… Ce serait à propos des personnages : assez peu développés et plutôt semblables. Mais finalement au regard de l’étendue énorme de ce cycle, les personnages ne sont que de petites pièces d’un projet bien plus grand.

Les thèmes abordés sont très vastes et traités d’une remarquable manière. Bien que paru en 1951 ce livre n’a pas pris une ride. Et je n’ai qu’une envie : Lire le reste du cycle de la Fondation. Car je suis persuadé de n’avoir que gratté la surface…


Présentation très succincte du cycle

La trilogie initiale :

Plusieurs livres s’y sont ensuite ajoutés :

et un début :

Fondation et Empire

Auteur : Isaac Asimov

Saga : Cycle de Fondation – Tome 2 sur 7 (Dans l’ordre d’écriture)

Résumé : Tandis que les crises qui secouent l’Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, La fondation créée par le psychohistorien Hari Seldon pour sauvegarder la civilisation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitises et visées annexionnistes. En tout premier lieu, celles de Bel Riose, jeune général qui voit dans les secrets détenus par La fondation le moyen de monter sur le trône.
C’est alors qu’apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n’avait pas prévu…

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Cycle de Fondation : Tome 2 !

Tout comme le premier tome, celui-ci se lit sans heurts, tout en douceur grâce au style d’Asimov qui garde la recette toujours aussi efficace du dialogue et de la simplicité.
On approfondit nos connaissances de la Fondation, et arrivés à la fin, on en redemande !

La structure est modifiée : Deux trames au lieu de cinq dans le tome précédent. Plus de continuité dans l’action  et c’est tout aussi bien ! D’autant que ces deux trames se complètement admirablement : Dans l’une, la psychohistoire s’applique et c’est autant jouissif qu’avant. L’autre, très intéressante puisqu’elle n’avait pas été prévue. Les protagonistes, comme le lecteur sont dans le brouillard et cela casse toute cette prévision de l’histoire.

Le conquérant non prévu apporte, en plus de sa flotte, tout un tas de questions sur la crédibilité de la psychohistoire, c’est parfaitement résumé par ce passage :

A quoi vous attendez-vous donc ? Voilà une civilisation tout entière élevée dans la croyance aveugle qu’un héros du passé a tout prévu et s’occupe de tous les détails de leurs foutues existences. Voilà un schéma de pensée qui a toutes les caractéristiques d’un sentiment religieux, et vous savez ce que ça signifie.

- Pas le moins du monde.

Mis n’était guère enchanté de devoir donner des explications. Il n’aimait pas cela. Il grommela donc, contempla le long cigare qu’il roulait d’un air songeur entre ses doigts et dit : « C’est une attitude qui se caractérise par un recours systématique à la foi et par des réactions de forte ampleur. Des opinions inébranlables. Sauf en cas de choc violent, où l’on observe alors une complète déroute mentale. »

De l’imprévisible dans une histoire où tout repose sur le prévisible, l’anticipation, la connaissance du futur. Rafraichissant !

Une fin explosive (au niveau du suspense !) bien que pas totalement imprévisible.

Et autant, on pouvait finir le premier tome sans avoir à lire le reste (C’est l’opinion générale qui ressort, mais quand on commence un cycle on le finit franchement !) Autant à la fin du deuxième tome on n’a pas d’autre choix que de commencer directement le suivant !

Les croisades vues par les Arabes

Auteur : Amin Maalouf

4e de couverture :Juillet 1096 : il fait chaud sous les murailles de Nicée. A l’ombre des figuiers, dans les jardins fleuris, circulent d’inquiétantes nouvelles : une troupe formée de chevaliers, de fantassins, mais aussi de femmes et d’enfants, marche sur Constantinople. On raconte qu’ils portent, cousues sur le dos, des bandes de tissu en forme de croix. Ils clament qu’ils viennent exterminer les musulmans jusqu’à Jérusalem et déferlent par milliers. Ce sont les « Franj ».Ils resteront deux siècles en Terre sainte, pillant et massacrant au nom de Dieu. Cette incursion barbare de l’Occident au cœur du monde musulman marque le début d’une longue période de décadence et d’obscurantisme. Elle est ressentie aujourd’hui encore, en Islam, comme un viol.

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Les croisades vues par les Arabes est d’une incroyable richesse. Et très bien mis en valeur par la plume d’Amin Maalouf.

La richesse est double : Un compte-rendu détaillé de tous les événements du début à la fin des croisades et surtout le point de vue de ceux qui subissent ces invasions. On ne parle donc pas de croisades mais d’invasion, pas de croisés (ou même des Anglais, des Francs, des Allemands..) mais des Franj, etc… Et ce point de vue arabe est d’autant plus authentique qu’Amin Maalouf s’appuie sur les écrits des chroniqueurs de l’époque.

Le défi était pourtant de taille : Les rapports géopolitiques de l’époque étaient très complexes, et pas tellement entre Franj et Arabes (Encore que leurs relations évoluent au fil du temps, entre différentes factions de chaque camp…) mais surtout entre Arabes. Maalouf rend tout cela bien compréhensible, même s’il faut par moments se concentrer pour ne pas se perdre, en particulier pour tout ce qui touche à l’événementiel, aux noms, aux batailles… Mais au final, on est complètement pris dans toutes ces guerres, intrigues, trahisons, retournements de situation… et ce sur un laps de temps très long (Pas le temps de s’attacher aux personnages ! :-p)

Qu’on ait des connaissances plus ou moins poussées sur les Croisades, on en apprend énormément. Tellement d’ailleurs qu’on ne peut lire ce livre en une seule fois ! Faire des pauses pour bien emmagasiner ce flot de connaissances est incontournable.

Un livre qu’il faut sans doute lire plusieurs fois (mais pas d’affilée) pour bien intégrer toutes les informations d’ailleurs.

Le point de vue inédit d’événements majeurs et complexes de l’Histoire à la portée de tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire. C’est Les croisades vue par les Arabes. Excellent.

Et quelques passages, pour donner envie :

p43
Les princes seljoukides ont, en effet, pris l’habitude de désigner leurs esclaves les plus fidèles et les plus doués à des postes de responsabilité. Les chefs de l’armée, les gouverneurs des villes sont souvent des esclaves, des « mamelouks », et leur autorité est telle qu’ils n’ont même pas besoin d’être officiellement affranchis. Avant que ne s’achève l’occupation franque, tout l’Orient musulman sera dirigé par des sultans mamelouks. En 1098 déjà, les hommes les plus influents de Damas, du Caire et de plusieurs autres métropoles sont esclaves ou fils d’esclaves.

p55
A Maara, les notres faisaient bouillir des païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés. Cet aveau du chroniqueur franc Raoul de Caen, les habitants des localités proches de Maara ne le liront pas, mais jusqu’à la fin de leur vie, ils se rappelleront ce qu’ils ont vu et entendu. Car le souvenir de ces atrocités, propagé par les poètes locaux ainsi que par la tradition orale, fixera dans les esprits une image des Franjs difficile à effacer?
[...]l’impression produite par les Franj à leur arrivée en Syrie : un mélange de crainte et de mépris, bien compéhensible de la part d’une nation arabe très supérieure par la culture mais qui a perdu toute combativité. Jamais les Turcs n’oublieront le cannibalisme des Occidentaux. A travers toute leur littérature épique, les Franj seront invariablement décrits comme des anthropophages.

p61
Certains disent que, lorsque les maîtres de l’Egypte virent l’expansion de l’empire seljoukide, ils furent pris de peur et demandèrent aux Franj de marcher sur la Syrie et d’établir un tampon entre eux et les musulmans. Dieu seul connaît la vérité.
Cette singulière explication émise par Ibn al-Athir sur l’origine de l’invasion franque en dit long sur la division qui règne au sein du monde islamique entre les sunnites, qui se réclament du califat abasside de Baghdad, et les chiites, qui se reconnaissent dans le califat fatimide du Caire.Le schisme, qui date du VIIe siècle et d’un conflit au sein de la famille du Prophète, n’a jamais cessé de provoquer des luttes acharnées chez les musulmans. Même pour les hommes d’Etat comme Saladin, la lutte contre les chiites semblera au moins aussi importante que la guerre contre les Franj.

p85
Jamais les Franj ne se remettront de ce triple massacre. Avec la volonté d’expansion qui les anime en ces années décisives, l’apport d’un aussi grand nombre de nouveaux arrivants, combattants ou pas, leur aurait sans doute permis de coloniser l’ensemble de l’Orient arabe avant qu’il n’ait eu le temps de se ressaisir. Et pourtant c’est bien cette pénurie d’hommes qui sera à l’origine e l’oeuvre la plus durable et la plus spectaculaire des Franj en terre arabe : la construction des châteaux forts.

p117
L’arrogance des francs a en effet atteint les limites de l’absurde : début mars 1118, le roi Baudouin, avec exactement 216 chevaliers et 400 fantassins, a entrepris d’envahir… l’Egypte !

p138
Curieuse attitude [ndlr : Coup d'Etat à Antioche de la fille du roi de Jérusalem] qui annonce la naissance d’une nouvelle génération de Franj, la deuxième, qui n’a plus grand-chose en commun avec les pionniers de l’invasion.

Syngué sabour

Auteur : Atiq Rahimi

4e de couverture :Syngué sabour [sége sabur] n.f. (du perse syngue  » pierre « , et sabour  » patiente « ). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères… On lui confie tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres… Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate… Et ce jour-là on est délivré.

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Une lecture en deux temps pour ce livre.

Sur le début, je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans, j’en appréciais le style et l’histoire, sans plus. Mais en le reprenant, ça a été le déclic et la lecture d’une traite.

Syngué sabour se caractérise par deux choses ; Le style d’abord, simple, percutant et sans chichis. Et par moments poétique. L’histoire ensuite. Cette femme afghane qui devant le corps de son mari, inerte mais vivant, se livre à une confession à cœur ouvert.

Car ce mari qui n’a jamais su (et voulu) la comprendre, la traitant comme un objet, est dans son inaction un exutoire formidable. Sa femme lui lance tout ce qu’elle a caché en elle pendant des années ; ses frustrations, ses peurs, ses secrets, son ressentiment, ses attentes… C’est cette situation, et tout ce qu’elle lui lance à la figure qui fait aussi la force du roman. Cette libération émotionnelle et ce flot de paroles sonnant comme une revanche.

Syngué Sabour c’est aussi un huis-clos,  qui laisse à penser que le livre pourrait aisément être adapté au théâtre. Et dans ce huis-clos : Une confession de femme, un moment de vérité crue au mileu de barbarie et de violence. Une revanche sur tout ce monde qui l’entoure. Mais ce monde justement sait se rappeler au lecteur par diverses interventions.

Et c’est là tout le paradoxe, pour moi, de ce livre : Avec un style simple (mais « diablement » efficace), l’auteur nous dépeint une situation d’une incroyable richesse.

Sucker Punch

Film de Zack Snyder

Avec : Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Jamie Chung, Vanessa Hudgens, Carla Gugino, Oscar Isaac, Scott Glenn, Jon Hamm,…

Synopsis :Dans les années 50, une petite fille, enfermée dans un asile psychiatrique par un beau-père tyrannique, s’évade d’un quotidien cauchemardesque en inventant un monde extraordinaire

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Sucker Punch c’est le film qui paraît être seulement un film de filles, de flingues, d’ambiance de jeu vidéo. Et en gros effectivement c’est ça. Mais c’est aussi plus que ça

Sucker Punch c’est un déchaînement visuel bien digne de Snyder, une BO excellente et très présente (Qui fait de Sucker Punch une sorte de clip géant), des ralentissements à outrance (Ceci dit ça fait toujours son ptit effet…) et un scénario un peu bancal. (Et j’ai bien écrit bancal, pas simpliste)

Je suis sorti mitigé de Sucker Punch. Il est clairement, pour moi, le moins bon des 3 films de Snyder. (Premier scénario original aussi, y aurait-il un lien ?) Il reste cependant assez efficace quand on n’a pour but que de passer du bon temps mais sans aller plus loin.

Dans les atouts du film, nous avons :

- Les 5 premières minutes sont magistrales. Aucun dialogue, une version modifiée de Sweet Dreams qui rythme la situation de départ qui mène Babydoll à l’hôpital psychiatrique (Qui porte pour nom… Lennox. Lennox/Sweet Dreams… Joli clin d’œil !)
– Ensuite bien évidemment le style graphique. Là, je n’en attendais pas moins. Un vrai délire visuel.
– Les différentes séquences que j’appellerais « Scènes Geek/Jeux vidéo » aussi.  Là, en plus du délire visuel, on a le délire scénaristique le tout servi par une excellente réalisation. (Avion, flingues côtoyant dragons et orcs. Samouraïs géants, Zombis, robots allemands, train d’Unreal Tournament, etc…) On en prend plein les yeux et les oreilles.

Par contre, la petite touche « Inception « , différents niveaux de réalité… est à mon sens complètement loupée. On est loin de la maîtrise d’un Christopher Nolan avec … Inception justement. Sucker Punch est le premier film écrit par Zach Snyder et ça se sent. J’ai eu l’impression qu’il essayait de faire un film qui pourrait aller plus loin qu’un « simple » film d’action, mais sans avoir la maturité nécessaire pour que ce soit bien clair.

Une fois sorti du ciné, je suis allé voir des critiques du film, voulant savoir si mon interprétation était fondée ou non. Résultat : Les interprétations se bousculent. Autant de théories c’est le signe d’autant de carences scénaristiques. C’est le problème de vouloir faire un film plus complexe qu’il n’y paraît. Parce que Sucker Punch est à mon sens un immense brouillon/fourre-tout/dé lire visuel. Une sorte de premier jet.

Donc contrairement à ce qui pourrait circuler sur ce film, non ce n’est pas un bête film d’action sans scénario. Il en a bien un. Mais qui n’avait pas les moyens d’être compliqué. C’est très frustrant de sortir d’un film en ayant autant de questions. Bref, il faut que je le revois. Mais pas au ciné. A télécharg… Hem… A acheter en DVD bien sûr.

Sucker Punch c’est un magnifique brouillon d’un réalisateur qui a du potentiel !

Une analyse (que je partage) mais qui n’explique pas tout : C’est par là (Attention, 100% Spoiler !)